‹ Questions philosophiqueChapitre 42 sur 193 · LIVRE UUATRIÉME · texte numérisé non relu

LIVRE UUATRIÉME

M. Haumnann, préfet de la Seine, dans son exposé au conseil manicipal publié en novembre 1853, répond :

« La commune existe presque aussi anciennement que la famille. Elle est née spontanément de la force des choses. Ce n'est pas simplement une division territoriale; c'est l'élément qui a formé lesempires, le principe et le point de départ de toute organisation politique. Le^ individus qui la composent sont liés par des intérêts présents aux yeux de chacun^ intérêts tout à la fois moraux et matériels. Elle a toujours eu ses ressources propres^ son budget indépendant, ses affaires distinctes. Devenue partie intégrante et subordonnée de l'administration fE^oérale, et soumise à la forte tutelle de l'État, elle est encore une unité vivante, douée d'une féconde activité.

» Le département, au contraire, de création récente, a été tout d*abord une pure circonscription administrative, dont les limites pouwaieiit èire arbitrairement étendues ou restreintes. Le lien de ses habitants est essentiellement politique.

• Dans un but de décentralisation, la loi du iO mai 4838, inspirée par l'esprit pariementaire, a fait du département une personne civile ; mis l'individualité qu'elle lui a donnée était plus nominale que réelle. Les importants services dont la réunion constitue l'administration départementale sont d'utilité générale, d'ordre public, et n'ont de local que leur action immédiate et le contrôle dont ils sont l'objet. »

Enfin, Tempereur Napoléon !•' disait :

« Si la guerre ne m'était pas nécessaire, je commencerais la prospérité de la France par les communes.

• L'administration de la France est encore une machine qui s'organise, n reste, [>ar exemple, à reconstruire les communes.

• Chaque commune représente en Franco mille habitants. Travailler à to prospérité des trente-six mille communautés, c'est travailler au bonheur des trente millions d'habitants, en simplifiant la question, on «iminuant la difficulté de tout ce qu'établit de différence le rapport de treBle*six mille à trente millions. C'est ainsi que Henri IV entendait faire lorsqu'il fiarlait de sa poule au pot ; autrement il n'eût dit qu'un** sottise. •

Oo'est-ce, en résumé, que la conunune? — La commuiu* est rassociation d'habitants unis par le morne intérêt local.

Qu'est-ce que la paroisse? — La paroisse est Tassociatit»:! locale de croyants unis par la même foi religieuse.

08 LE VOTE UNIVERSEÎ.

Qu'est-ce que la corporation? — La corporation est l'association de tous les travailleurs d'une profession unis contre le même risque : celui d'atteinte, par la concurrence, au tan nécessaire de leur salaire.

Qu'est-ce que l'État? — L'État est l'association de tontes les communes d'un pays unies contre le même péril : celai d'atteinte, par la guerre, à Tindépendance de leur territoire.

Lorsqu'on a ainsi reconnu que la commune et l'État, la religion et la corporation ne sont que quatre formes différeoiei de l'association, tous les rapports s'établissent d'eux-mdmei} tous les nœuds se dénouent sans effort, tous les problànuB offrent leur solution.

S'il est vrai que l'État soit l'association de tontes les communes d'un pays unies contre le même péril : celui d'attelAte, par la guerre, à Tindépendancc do leur territoire, il snfflt que le risque de guerre disparaisse pour que l'État, sortant de m démarcations arbitraires, rentre dans ses limites naturelles.

S'il est de l'intérêt de toutes les communes de France, d'Angleterre, d'Allemagne, d'Espagne, d'Italie, qu^il en soit ainsi, la carte de l'ancien monde, violemment défaite par 11 guerre, se refera naturellement par la paix.

Les nations sont à chacun des trois continents qu'elles ont morcelés ce que les fractions d'un entier sont à cet entier, ce que les parcelles d'un champ sont à ce champ.

Une nation est une fraction, elle n'est pas un tout.

Une nation est un membre, elle n'est pas un corps.

Ainsi s'explique comment les nations palpitent et ne vivent pas ; la guerre est une convulsion, ce n'est pas la vie ; la miièR est la mort, car c'est la gangrène.

11 faudrait n'avoir pas d'yeux pour ne pas voir que, park progrès de la science, tout ce qui est limite territorialef démarcation de frontière, tend à disparaître.

Les corporations sont appelées à remplacer les nations.

En d'autres termes, les nations territoriales doivent se préparer H disparaître pour fdire place aux nations profession* nellcs.

Les intérêts ne se régleront plus de nation à nation, mail d» corporation à corporation.

Aussi l'honmie d État, l'homme aimanté, qui se sent Bnbê vers l'avenir comme l'aiguille de la boussole, l'uiguille aimen"

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