‹ Questions philosophiqueChapitre 54 sur 193 · LIVRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME

saison. Qui laisse passer le temps de Tune ne voit pas arriver le temps de l'autre .

L'expérience démontre que Tadolescent ne doit pas travailler manuellement; car, par suite du perfectionnement sans fin des machines et des instruments, lesquels tendent à économiser de plus en plus la force humaine, Tenfant, s'il travaille prématurément^ attendu qu'il produit autant et qu'il consomme moins, devient cause de chômage et d'avilissement du salaire, et, comme à Liverpool et à Manchester, condamne son père à l'inaction, sa mère à la misère.

Cette cause, que j'ai déjà signalée (i), n'est encore qu'imparfaitement et peu généralement connue; mais lorsqu'il sera pleinement et manifestement établi que le travail prématuré des enfants et des adolescents est plus nuisible que profitable aox parents, il suffira, pour l'abolir, de laisser s'exercer la liberté de réunion et la liberté d'association : la liberté de réunion, qui démontrera les efTels désastreux de ce travail prématuré ; la liberté d association, qui saura trouver les meilleures bases constitutives, sous le nom de corporation, de l'assurance contre le chômage et l'insuffisance du salaire.

Ainsi tout s'enchaîne; ainsi tout est alternativement cause et effet, effet et cause; ainsi l'assurance contre l'insuffisance du salaire mène à la nécessité de l'instruction, qui, à son tour, mène à l'abolition de la dernière des servitudes '.l'assujettissement de la raison humaine aux lois factices, décorées du nom de hà positives pour les distinguer des tois naturelles; ainsi le servage intellectuel, ce servage légal qui a survécu au servage corporel, au servage féodal, disparait par l'instruction nécessaire, par l'instruction universelle.

(1) L'AbMùm de la misère.

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