LIVRE SDOBlfE
Qae fait la loi 7
S'applique-tr-elle à faire entrer dans les mœurs et dans les esprits ces idées de liberté, d'égalité, de fraternité?
Oblige-t-elle celui qui veut être le plus grand à n'être qoe le serviteur de tous?
Avant tout et par-dessus tout, de quoi se préoccnpe-t-elle ?
Est-ce de la charité ? — Non, c'est de la propriété.
Dans ses prescriptions et dans ses préoccupations, fait-elle passer le pauvre avant le riche ? Non ; elle fait passer le riche avant le pauvre ; elle protège l'héritage et poursuit le vagabondage : elle punit la mendicité et ne punit pas l'oisiveté ; elle écrase indirectement le travail sous l'impôt, afln d'en rendre directement au patrimoine le poids plus léger.
Elle punit d'un emprisonnement de deux à cinq ans les chefs ou moteurs de coalitions d'ouvriers, et seulement d'un emprisonnement de six jours à un mois, plus une amende de 200 francs à 3,000 francs, les coalitions formées entre les chefs d'industrie.
Partout où la révolution ne l'a pas détruit, elle maintient abusivement l'esclavage de l'homme, et je ne sache pas de codes où elle n'ait expressément écrit l'inégalité de la femme. (I)
Inégalité et légalité sont deux mots synon3rmes dans les dictionnaires de tous les peuples qui ont des dictionnaires.
(1; CODF. CIVIf. rnvNÇAis :
:*13. Le mari doit protection h sa femme, la femme obéûsanee à ton mari.
3U. La (efflme est obiigée d'habiter afec le mari et de le enivre partout où il juge à propos de résidi'r.
^IS. La femme ne peut ester en jufcement sans l'autorisation du mari.
:i\'î. La femme non commune ou S4*parée do biens ne peut donner, aliéner, hypothéquer, acquérir à titre gratuit ou onéreui, sans le concours du mari dans l'acte ou le consentement présent.
^\. Dans le cas de dirorce, admis en justice pour oaase d'adoltère, répouK coupable ne pourra jamais se marier avec sa complice. La ffmme adultère sera condamnée par le même jugenlent, et sur la r^uisition du ministère public, à la réclusion dans une maison de correction.
OODS PÉNAL :
324. Dans le cas d'adultère de la femme, le meurtre eommia par l'époui
j40 LA JUSTICE UNIVERSELLE -
Ce que la loi prescrit est le plus souvent le contraire de co que la foi commande.
Montesquieu établit entre les lois humaines et la religion la distinction suivante :
« Les lois humaines, faites pour parler à l'esprit, doivent donner des préceptes et point de conseils ; la religion, faite pour parler au cœur. doit donner beaucoup de conseils et peu de préceptes. »
Distinction subtile ! La loi, conversion des conseils en préceptes, ne devrait être que la sanction pénale de la foi.
Montesquieu, dans le chapitre qui suit celui que je viens de citer, ajoute :
« Les points principaux de la religion des habitants de Pégu sont di» ne point tuer, de ne point voler, d'éviter l'impudicité, de ne ftirf aucun déplaisir à son prochain, de lui faire, au contraire, tout le bien qu'on peut. Avec cela, ils croient qu'on se sauvera, dans quelque religion que ce soit. »
Habitants de Pégu, vous avez raison, et je ne demande rien de plus à la justice pour qu'elle suffise à sa tâche et devienne univorsolle.
Mais rÉvangile lui-même ne prescrit rien de plus; que dit-il? 11 dit:
« Si tu veux entrer dans la vie, garde les commandements : » Tu ne tueras point.
» Tu ne commettras point d'adultéré.
» Tu ne déroberas point.
» Tu m* diras point de faux témoignage.
» Honore ton |>ère et ta mère, et tu aimeras ton prochain coinme loi-méme. »
sur son épouse, ainsi que sur le complice, à l'instant où il les «arprend on flagrant délit dans la maison conjugale, est exrasable.
337. La femme convaincue d'adultère subira la peine de l'emprisonnement pendant trois mois au moins et deux ans au plus.
330. Le mari qui aura entretenu une concubine dans la maison conjugah et qui a été convaincu, sur la plainte de la fiMnme, sera puni d'une nde de 100 francs à 10,000 francs.