LIVRE SIXIÈME
le à résoudre que le problème des lihérés (I); il mé-
placé au inrme rang que le problème des bâtards^
oent, en France, une nation dans la nation, car
nombre de doux millions huit cent mille : I sur 13.
termes où ces deux problèmes ont été posés jusqu'à
sont aussi insolubles Tun que Tautre.
iinantde près et attentivement la Société ou la Loi,
l'expression, on reconniiît que la Société fait ce
me idiote (qu'on me passe la vulgarité de la com-
ui retirerait Técume d'un pot-au-feu pour la jeter
ndre, et qui ramasserait ensuite l'écume dans la
r rejeter cendre et écume dans la marmite.
de la demeure ! Oui sans doute. Eh bien ! n'est-ce
fait la loi pénale cjuand elle jette Técume de la
s la boue des [trisous et des bagnes, pour rejeter
ans la société cette écume mêlée à la boue?
idu a coniniis un des vols qui, aux tenues de lar-
I Code pénal, sont punis d*un an d'emprisonnement
t de cinij ans au plus ; il est arrêté, condamné et
ION D€8 PRISONS. Moyenne de 1S3§ à iS40 : ^ 16,969.
de 1846 à 1850: — 18,641.
tous. proportion : 35 0/0.
10 0/0. Mfluo.
!!niUL£S. Httppffrt tiu ministre de CiniérieHr (H mii 1854).
Mouv(»ni4*nt d>iitrr*« 28,861
Ëotrt^es 10,4«6.
SorUe« !),1«1
lUr au 21 dL>cvmbru 1H52 19,7£0
1011 pro^rt^^tAive niir Icm aiiut*!*» antiTieures.
, «,9;îfi, !M)it 3% pour 100.
inqiiir't.i'iti*, ni l'on ^<lll•«i(I^^l* que, d'uprès let stati^tiqoeii
ur 100 liiM''r«>H d«»ii mniHoiis eeniniira, 31 pour le* hommef et
•ronifH ((i2; Hont ordiniirenient jugeai de nouvesu dtns les
|Ui ^ulvt•llt Irur litiôrahoii.
>rlioii «-»l tiKMi plutf rouaiiiérablo dans les étabiia— ment» qui capitaU*. L'ii rap[K)rt du dirrctear de la maieon centrale de >9 «Mitn'fs (lu (Irniier iH«nie«tre de 1859, a ooBitalèle ehillW» i»U:» ftur iOU coudamaés.
leo LA JUSTICE UNIVERSELLE .
conduit dans une des prisons centrales, appelées fnaùom de contçtion.
Quand il y arrive, quel est le sentiment qu'il éprouve TEsl^ce de la honte? Interrogez les hommes spéciaux, les inspecteors généraux des prisons, ils vous répondront que le plus souvent c'est de l'humilité. S'il rougit, s'il est embarrassé, c'est d'avoir été condamné pour trop peu, c'est de n'avoir à avouer rien qui égale ou surpasse les hauts faits des vétérans de cette armée du crime dans laquelle il vient d'être incorporé en qualité de recrue. Singulière manière de punir le coupable! manière plus singulière encore de l'amender !
L'individu qui commet un vol le commet, d'abord avec la certitude, s'il est découvert et arrêté, qu'il sera logé, noairi et vêtu par TÉtat; ensuite avec l'espérance qu'à sa sortie de prison, l'on ignorera qu'il y est enti^; il calcule que, grâce à l'obscurité dans laquelle la société est plongée, il loi sofBra de changer de résidence ou de nom.
Souvent, trop souvent ce calcul se trouve juste.
Ainsi dans la prison la honte ne l'atteint pas, et il y échappe ou espère y échapper hors de la prison.
Il n'y échapperait pas, il n'espérerait pas y échapper, ai tout individu, français ou étranger, était muni de I'inscription ni VIE ou de la pouce d'assurance GÉiiiRALB dont le modèle a été imprimé à la fin du volume que j'ai intitulé tlmpôi.
Cette INSCRIPTION de vie est rédigée de telle sorte, qu'eDe sert d'acte de naissance, de passeport, de carte électorale, de livret. Aucun renseignement nécessaire n'y est omis; elle porte avec elle-même son propre contrôle, car elle est visée chaque mois par le percepteur, et une place est réservée au juge de paix pour y consigner la déclaration que le porteur de ladite inscription de vie n'a encouru aucune condamnation judiciaire, toutes les fois que celui-ci le requiert de l'attester.
Moyennant cette inscription de vie, où tout est transcrit,
Bagnes et prisons deviennent inutiles ;
Le rôle des juges en matière criminelle ou correcUomMlle change presque entièrement.
A l'exception des réparations pécuniaires qu'ils coDtinaeraient de prononcer, on pourrait dire :
Ils ne condamnent plus, ils constatent.
IJVHl!: SIXIÈME lêl
Constater qu^un individu a commis un vol, un faux, un rapt, etc., ce serait lui infliger un supplice égal -h celui qui consistait, avant rordonnance de 1670, à écrire sur le front du coupable la peine qu'il avait encourue ; car à toute porta incomine à laquelle il frapperait pour demander un iisile, et quelque acte civil ou politique qu'il voulût accomplir, il lui serait demandé d'exhiber son UfscniPTiON db vie.
Si, à défaut de sa famille maternelle, il n'avait pas sa commune natale, la commune more, qui consentît à le prendre soua sa haute iurveillance^ ou, à défaut de sa commune natale et de sa corporation, un ami solvable qui offrît une caution suffisante, que i>ourrait-il devenir, et quelle dernière ressource lui resterait-il?
<— Une seule : celle d'obtenir de l'Imitât, presque comme une faveur, qu*il le prît à bord d'un de ses vaisseaux et qu'il le transportât a l'une des extrémités du monde, dans quelc]ue colonie peuplée de ses pareils. r4Ar, aussitôt qu'un seul État aurait consacré i)ar l'usage l'utilité de riNSCRimoN de vie, ce |M>rfectionnement du passeport, qui en aurait tous les avantages sans en avoir les inconvénients, cette contremarque d'entrée et do sortie dans l'amphithéâtre social, il n'y aurait pas de pays civilisé qui ne s'emjircssàt de l'adopter.
Par le fait, tout malfaiteur serait alors condamné, comme ilàïn et comme le Juif errant, au supplice de marcher toiyours, jusqu'à ce qu'il eût ti*ouvé une terre où la civilisation n'eût pas encore pénétré.
r.r serait, dit-on, le rétablissement de la marque/ Je ne le nie pas ; mais ce serait la marque transformée ; ce >erait le titre de l'homme vérifié et constaté, comme, dans les htVtels des monnaies, on constate le titi*e des métaux. Des lioninies dont l'iiiscRiPTioif de vie serait immaculée, on pourriiit justement dire qu'ils vaudraient leur pesant d'or; tandis que les autres seraient estimés ne valoir moralement que leur l>esant d'argent ou de cuivre.
La crainte de la plus lég«*re ctmittniatwn deviendrait une
{.f iiî,re fix«% car Tavoir encounit* serait !»• plu» insn{i]iortal)le supplice.
Le rc&s(irl de la houle, ce ressttrt aui|ucl les prisims puur ;»*iii«;!i ont fuit perdre sa puissance criiitiiuidation sulut^iin*, la
IM LA JUSTICE UlflVBEISELLE
retrouteraitt telle que Montesquieu l'a décrite en ce* termes admirttbtes :
« SdlvDiis lA nAHirei qui a donné aux hommes la àoitrt cooiflie km TLtkv, el «fie fa phiê ttààde fMrff» de la peUk «dU ffiifUmil ék h
» Que s*il se trouve un pays où la honte ne soit pas une suite da supplice, cela vient de la tyrannie qui a infligé les mêmes peines au scélmls et aux gens de bien.
» ci si vous en voyéx d'auties où les hominés ne sotit retenus que pAr \éi Mpiilicës chiéUi, comptez encore que cela vient, en gMde ptHIe, Se là tiëlèuce du goUvêhiement qui a emplo)^ cM sb^pHte» peut éta fautM iégires. n
Cette pensée de Montesquieu étuit aussi cblle de Mimbaan : on là retrouve eonsignée dans ce passage du diseours qiill prononça le 28 octobre 1789 :
c Pendant que vous vous occupez des conditions à exiger pdur être électeur et éligîMe, Je vous propose de consacrer une idée qui m'a paru très-simple, très-noble : ce serait d'attribuer aux assemblées du peuple la fonction d'inscrire solenneUement les hommes qui auront atteÎBt Tàge de vingt et un ans sur le tableau des citoyens, c'est ce que j'appelle Vinioription civique (I). Il suflit aujourd'hui à mon but de vous montrer dU'il est important d'apprendre à la jeunesse les rapports qui l'unissent à Is (fatrit!, de se saisir de benne heure des mouvements du casbr humain pour lès cfiHger au bien général, et d'attacher aux ^iremières aflections de l'homme les anneaux de cette clialne qui doit lier toute son existence à l'obéissance des lois et lui devoirs du citoyen. . • Si vous consacrez le projet que je vous proposci vous pourrez vous en servir dans le Code pàuit, en déterminant qu*une des pemes les plus graves pour les fautes de la jeunesse sera la suspension de son drait à l'HlsCriptlon civique et l'humiliation d'un retard pour deux, trois ou mèniëpour cinq années. Une pdne de cette nature est heureusement assortie aux errent^ de cet Age, plutôt fHvole que corrompu, quil ne faut ni flétrir, comme on l'a fait trop longtemps, ptr des puuitlsiis arbitraires, ni laisser sans frein, comme il arrive aussi quend ke Ma sont trop rigoureuses. Qu'on imagine combien, dans TAge de Témula-
(i) Cette idée de Mirabeau était empruntée à un lifre réoent ak>rt de l'abbé Sieyèt.