‹ Questions philosophiqueChapitre 73 sur 193 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

LE DECIME UNIVERSEL

Le (locimo universel, c'est la question de rextinction du |i;iupérii>me réduite à sa plus simple expression.

Éteindre partout et h jamais la misère, ce n'est qu'une question de deux sous.

En effet, pour éteindre h jamais et partout la misère, que fout-il? Prélever 4 centime sur chaque heure de travail, 10 centimes par jour, 2 francs 50 centimes par mois, 30 francs par an, et, pendant trente années, 900 francs.

Au moyen de ces versements successifs, centralisés dans une caisse eommune, et concourant à toutes les combinaisons que multiplie la mortalité, devenue une science exacte, tout travailleur peut s'assurer contre le risque de misère avec autant de eertitode et plus de facilité qu'il ne s'assure présentement en France, moyennant une prime de 1200 à 1300 francs, contre le risque du recrutement militaire par la voie du tirage au sort.

S'il contracte, dans l'exercice de sa profession, une infirmité, ou 8*il reçoit une blessure équivalant à une incapacité «onstatéede travail, le cas est prc^vu, et, dans ce cas, la pen- «'iiin de prévoyance n'en est pas moins légitimement acquise, quoique avant terme, à rinvalide du travail.

L'impuissance de la charité, — charité privée et charité ;Mililiqiir, — est attest«'»e par les siiVles.

La charité a fait son temps.

Le temps est venu de Tassurance, assurance individuelle et universelle.

Au lieu de donner, comme on donne communément, inconsidérément, inutilement, un sou, deux sous au pauvre qui mendie, que quiconque fait travailler consente et s'habitue à allouer au travailleur un décime de plus, mais que ce décime soit centralise, universalisé dans une caisse de retraites poor y ser\'ir à la constitution de la pension de prévoyance.

Certes, rien de plus simple, et, quoique cela paraisse petii, rien do plus grand.

Uien de plus grand, car universaliser ainsi l'épargne individuelle, ce serait élever à sa plus haute puissance l'épaigne collective.

Ce serait faire de tout travailleur un rentier.

Ce serait faire de tout propriétaire un banquier.

Ce serait créer un monde nouveau à l'inébranlable solidité duquel tous et chacun, petits et grands, concourraient également, conmie toutes les pierres, grandes et petites, coocoorent également à la solidité de la voûte qui doit porter les plus fortes charges, subir les épreuves les plus décisives , et même traverser des siècles entiers.

Ce serait substituer la prévoyance à la compression*

Ce serait metti*e la ti*anquillité publique sous la protection de rintéret commun, protection sûre et peu coûteuse, an Uea de la mettre sous la protection de la force armée, protectioo coûteuse et peu sûre.

Ce serait traiter Thomme en homme, et ne {dus trtiter rhomme libre en enfant rebelle qu'il faut oonstanunaiit surveiller et incessamment chAtier.

A un acte en apparence insignifiant : à VActe éi mw^patii, TAngleterrii est redevable de la suprématie qu'elle a acquit sur toutes les mei-s du globe.

A une mesure dénuée en apparence de toute grandeur, w Décime universel, la démocratie peut devoir son entière libA* ration et son règne définitif, plus sûrement et plus rapidement (|u*à dos révolutions périodiques.

Toute révolution qui s'accomplit, s'accomplit sur des

décombres.

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