‹ Questions philosophiqueChapitre 78 sur 193 · LA PROPRIÉTÉ UNIVERSELLE · texte numérisé non relu

LA PROPRIÉTÉ UNIVERSELLE

Dans la langue économique, le nom de capital est donné ft tout fonds inconsommable et productif d'une rente on d'na profit, qu'il s'agisse d'immeubles, d'inscriptions sur l'État, d'actions d'entreprises, d'effets de commerce, de billeCa de banque, de numéraire disponible, de marchandises emmagasinées, de charges achetées, de professions exploitées, d'arts on de talents lucratifs, etc., etc.; le nom de capital s'étend ainsi à peu près à tout ; dans la langne usuelle, au contrairt, le nom de propriété n'est guère usité que pour désigner la possession d'immeubles; d*où l'on voit que l'acception usuelle do mot propriété est aussi étroite que l'acception économiqoe dn mot eapitai est large.

Il n'entre pas dans le plan de ce livre de disserter longuement sur la propriété, d'en rechercher l'origine douteuse, le earacière distinctif, la légitimité contestée; on a pu mmsr quer qu*écrivant l'histoire de Tavenir et non l'Ûsicire du pai^, je datais exclusivement du présent.

Le présent est mon point de départ. Je prends donc la propriété telle qu'elle existe, seulement je la prends dans sa pins large* acception, et jappelle propriété tout^ce que U kuiigiie économique appelle capital. Pour moi, capital et propriété

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sont tout un. Je n'admets pas, je ne veux pas admettre de différence entre la propriété terrienne, la propriété industrielle, la propriété scientifique, la propriété littéraire, la propriété artistique, ou toute autre propriété. Matérielle ou immatérielle, naturelle ou ariificielle, personnelle ou impersonnelle, inconsommable ou viagère, peu m'imporie !

S'il y avait une propriété à laquelle j'hésitasse à donner ce nom commun, ce serait précisément celle qu'il est d'usage de considérer comme étant la propriété par excellence, c« serait précisément la terre.

Je m'explique, et mon explication va être une hypothèse. Je suppose que, par suite de la liberté du commerce et de la réciprocité des échanges, la terre cultivable et cultivée ne rapporte plus que strictement ses frais de culture et la somme prélevée par l'État sous le nom d'impôt ou d'assurance : que deviendrait, dans ce cas, la rente foncière ou fermage? Elle s'annulerait. Plus de rente foncière, conséquemment plus de propriété terrienne proprement dite. La terre ne serait plus aux mains de l'homme qu'un instrument de travail, qa*un

. moyen d'appliquer ses forces, ses facultés personnelles pour en tirer un salaire qu'il se payerait h lui-même. Ce que je viens de supposer peut se réaliser et se réalisera peat-^tre plus tôt que je ne l'entrevois. Dans ce cas, des trois éléments principaux dont se compose la richesse sociale : la terre^ U$ facultés personnelles et les capitaux artificiels^ il n'en restera plus que deux, et la propriété terrienne ne serait plus qu*ane propriété de même nature que la propriété industrielle,

. scientifique, littéraire ou artistique. La terre vaudrait ce que vaudrait le cultivateur, ce qu'il tirerait de ses facultés personnelles ou de ses cai)itaux ariificiels employés & la culture du sol.

Que la propriété terrienne, propriété d'origine séculaire et d'essence aristocratique, ne se hÂte donc pas de m'accuser de la faire déchoir du rang suprême qu'elle occupe pour b confondre avec les propriétés qu'elle conteste ou qu'elle dédaigne, propriétés d'origine récente et d'extraction démocratique, propriétés qui s'appellent maintenant : industrielle, scientifique, littéraire, artistique!

'41 propriété terrienne aurait tort de se plaindre qo'ainri

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