‹ Questions politiques et socialesChapitre 22 sur 38 · LA BOËTIE · texte numérisé non relu

LA BOËTIE

aimait de la sorte et inspirait à la Boétie un attachement profond n'était certes point un froid sceptique. Qu'importent après tout les doutes de la pensée? Si peu de chose est la raison humaine 1 II faut pardonner à l'homme de cœur ses défaillances d'esprit. Pectus est qiiod disertos facit! On l'a dit et répété: les grandes pensées viennent du cœur. Pascal s'écriait un jour : a Le cœur a des raisons que la raison ne connaît pas » et un pocte aimé s'adressant à son ami lui disait avec émotion :

Âh! frappe-toi le cœur, c'est là qu'est le génie 1

A travers les siècles, sous des formes diverses, c'est toujours la même pensée, vfaie et profonde. Grâce à leur touchante amitié, malgré leurs différences d'esprit, les deux noms de la Béotie et de Montaigne resteront éternelleftient unis : l'histoire ne saurait les séparer. Quant au petit livre sur la Servitude volontaire, il est de ceux qui ne meurent pas et son influence est destinée à grandir, car c'est un de ces livres qui savent inspirer la passion de liberté, que traverse un rayon de jeunesse et d'enthousiasme, et qui remplissent d'une émotion virile les cœurs ardents et les âmes républicaines.

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