LA RÉFORME SOCIALE PAR LA LIBERTÉ
^^^icientà leurs intérêts moraux et intellectuels, à l'éducation ^^'\ de leurs enfants, à l'exercice de leurs droits politiques et rils. Ils le sentent, et dès la première heure ils ont eu l'énergique volonté, sinon d'étouffer au moins d'entfaver à chaque pas, de réglementer et de guider, en le domiflant, le mouvement coopératif, en un mot de le fausser. I Ennemis de toute liberté, la plus dangereuse à leurs yeux est à coup sûr la liberté d'association, et ce n'est point sans une secrète espérance de succès qu'ils appellent de leurs vœux ardents la funeste intervention de l'État.
Ces deux genres d'ennemis ne sont point les seuls qu'ait à combattre l'association coopérative : ils rentreront dans la poussière au jour du grand réveil. L'ennemi redoutable réside au sein même des classes ouvrières.
Est-il bien sûr que des passions dangereuses surexcitées il y a vingt ans par de fausses doctrines, n'aient point laissé leur trace dans les couches profondes de la société française? Sans doute l'élite des travailleurs embrasse ardemment les principes démocratiques et fraternels de l'association coopérative. Là nous trouvons partout d'éminentes qualités d'esprit et de cœur, l'exercice quotidien des mâles vertus qui font le père de famille, l'honnête homme et le citoyen libre. Hélas ! pourquoi faut-il que l'idée coopérative ait tant de peine à ébranler la foule et que parmi les masses laborieuses tant de braves cœurs, ignorants ou crédules, se laissent encore séduire par ces théories décevantes et fatales, ,^ I la haine du capital, le droit au travail, la gratuité du crédit, dont il est si facile d'illusionner le peuple auquel on tend chaque jour la coupe enchanteresse mais empoison- ,j.l îiéel et des hommes sincères se font h dupe des ennemis
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du peuple, et il existe des feuilles publiques stipendii pour semer parmi les travailleurs la division, la défiance Tenvie I Voilà le mal : il est sérieux. Heureusem€»Mîrvi rite, l'honneur, la justice ont en France d'assez vaillan défenseurs pour n'être point en péril. Rien n'est poi ble en ce monde sans lutte et sans effort. Si de no breux obstacles, si de puissants ennemis entravent en la marche et le progrès de l'association ouvrière, en fa d'eux se dresse fièrement une phalange d'hommes de dont l'exemple seul doit être, parmi leurs compagnons et 1 frères, un élément irrésistible de propagande coopérative. Quels sont leurs guides ? Quel est leur drapeau? Nous avi désigné du doigt les adversaires de la coopération : elle i ses défenseurs et ses amis, plus ou moiqs^i^évoués à II cause des travailleurs, plus ou moins coufijçnts dans les destinées de l'association ouvrière : esquissons leurs principaux traits.
Un groupe assez restreint d'hommes intelligents et éclairés, économistes distingués, habiles écrivains, libéraux de i bon aloi, conservateurs sans préjugés, progressistes sans i précipitation, modérés et timides en toutes choses par tempérament comme par éducation, ont eu l'heureuse pensée d'embrasser dès le début la cause de l'association coopérative. Ils ont beaucoup parlé, beaucoup écrit sur elle : i ils l'ont fait avec sincérité, avec dévouement et sans arrièrepensée. Par malheur, s'attribuant en quelque sorte le rôle ce conseillers, de guides et de modérateurs suprêmes de la coopération, plus préoccupés de détourner les ouvriers de la mauvaise voie que de les pousser et de les encourager dans la bonne, jugeant les choses de trop haut et de trop