DES SOCIÉTÉS COOPÉRATIVES
Le gouvernement, jaloux de ses privilèges, a interdit le congrès international des sociétés coopératives. Il y a quelques mois, les meilleurs amis de la coopération française, les principaux gérants de nos sociétés ouvrières, eurent la pensée que les merveilleux attraits de TExposition universelle seraient de nature à favoriser un concours libre de la coopération étrangère à Paris; qu'un congrès coopératif leur permettrait d'échanger leurs idées avec fruit, de coordonner leurs expériences, de poser les principes communs que les lois de la science et de l'honneur tracent aux instilulions ouvrières, et de nouer pour la première fois entre les travailleurs des diverses contrées de l'Europe un lien à lî» fois matériel et moral que le caprice des puissants de ce inonde n'ait pas le pouvoir de briser. L'opinion pubHque était en éveil; les coopérateurs étrangers répondaient à
rappel des travailleurs français; le jour et l'heure des réunions étaient annoncés, quand un refus verbal, et deux fois répété, du Préfet de police vint rappeler aux nations libres qu'une tutelle sévère pèse encore sur le peuple qui crut jadis s'émanciper en proclamant les droits de l'homme, e1 dont l'initiative est paralysée jusqu'à nouvel ordre. Nous 1( disons sans crainte d'être démenti par personne : l'effet d( ce refus est désastreux à l'étranger : la responsabilité ei doit peser sur ses auteurs (1). Mais nous ne pouvons reste sous le coup d'un pareil incident sans en rechercher le causes, sans en demander compte au Préfet de police et ai Ministre de l'intérieur, dans la mesure où les lois qui nou régissent promettent aux citoyens de discuter, de contrôler de critiquer les actes et la politique du gouvernement.
Comment ceux qui n'ont point hésité à porter un cou pareil au progrès de la coopération, essayeront-ils de s justifier aux yeux du public, et spécialement des socié tés ouvrières? On n'a point daigné jusqu'à ce jour faii connaître les motifs d'une décision aussi fâcheuse qu'in prévue.
Prétendra-t on que le congrès coopératif n'était auti