ANNEE
Fonds de la Société de secours mutuels (maladie, vie
lesse, veuves, orphelins). ...... fr, 120,0i
Prêts d'honneur 3,0<
Fonds déposés, caisse d'épargne 20,0<
Dans le cours d'une année la Société a avancé pour le magasin coopératif, au taux de 8 p. c,
une somme de fr. 9,6!
LE MOUVEMENT COOPÉRATIF EN ITALIE i8i
Avec ce capital, du 1" septembre 1865 au 1*' octobre 1866, le magasin coopératif a vendu
pour fr. 64,000
t II a distribué aux acheteurs 5 dividendes de
I 5 p. c. chacun, soit une somme de. . . . fr. 2,123
I Aux sociétaires, un dividende de 1,548
' destiné à enrichir les fonds de secours pour la vieillesse.
Ajoutons à ces deux chiffres :
1® Une somme de 786 fr. représentant les 8 p. c. d'intérêt du capital emprunté à la Société. . . 786
2o Une somme de 843 fr. représentant le dividende afférant aux acheteurs de passage : (la Société en bénéficie naturellement en leur lieu et
place.) 843
ce qui nous donne les résultats suivants :
Total des bénéfices de la Société, réalisés uniquement par le magasin coopératif fr. 3,169
Auxquels il faut ajouter les dividendes distribués aux acheteurs 2,123
Total. . fr. 5,272
obtenus à l'aide d'un capital de 9,700 fr., ce qui représente un bénéfice de 57 p. c.
Mentionnons, en passant, les encouragements accordés sous forme de livrets de 25 fr. aux enfants des sociétaires qui se sont distingués dans le cours de Tatinée scolaire.
2® Groupe des sociétés ouvrières de Lodi.
U Société de secours mutuels de Lodi n'est point comme
celle des serviteurs à gages, de Milan, exclusivement consacrée aux hommes. L'homme, la femme, Tenfaut, toute la famille est admise, à des conditions déterminées, au sein de la Société.
Comme à Milan, la Société fournit des secours à la vieillesse, à la maladie, aux veuves, aux orphelins; elle a institué le prêt d'honneur, créé une bibliothèque populaire, et avancé des fonds pour la création d'un magasin coopératif.
La ville de Lodi possède, en outre, une banque populaire dont nous faisons connaître plus loin la situation financière, et différentes associations, entre autres celle des honmies de peine, qui rend à ses membres les plus grands services.
La bibliothèque populaire de la Société de secours mutuels a été enrichie par les sociétaires aisés qui ont abandonné volontairement une partie de leurs dividendes annuels, et l'ont affectée à l'achat des livres. De même une portion des bénéfices nets du magasin coopératif alimente le fonds de la bibliothèque.
Le cô(| moral de ces associations n'est pas moins intéressant à étudier. Dès l'origine du mouvement, un certain nombre d'agitateurs ont tenté de le pervertir en y introduisant les discussions et les luttes ardentes du dehors, et en s'efforçant de transformer l'association populaire en un foyer de passions politiques. L'énergique résistance des hommes qui sont à la tête des institutions économiques de l'Italie, MM. Hauro Hacchi, Luzzati, Boldrini, Errera, Fano, ont arrêté les travailleurs sur la pente fatale où les entraînaient de séduisants mais pernicieux conseils. Que rassociatîoD coopérative soit une admirable école de liberté.
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qui le contestera ? Mais il n'y faut pas faire de la politique. La société coopérative est une école de liberté en ce sens que les hommes qui apprennent à^ gérer eux-mêmes leurs affaires apprennent en même temps à s'occuper des affaires publiques. De plus, il est bon, il est nécessaire que les coopérateurs s'intéressent à la politique, qu'ils s'en occupeot> qu'ils s'y passionnent. Ce qui nous semblerait fôcheux, c'est qu'elle s'introduisit au sein même de la société coopérative. Les ouvriers français ont l'intelligence de ne point affronter un semblable écueil, et cette modération est d'autant plus méritoire qu'il nous est actuellement difficile et pénible de im abstraction de la politique. Sevrés de vie publique et de liberté, nous sommes naturellement portés à réagir de toutes nos forces et par tous les moyens contre un état de choses désastreux. En Italie, où nous sommes en présence d'une coopération libre dans un pays libre, où le droit de réunion et la liberté de la presse sont aussi larges que possibles, où les citoyens peuvent traiter de politique dans les meetings ou ailleurs comme bon leur semble, nous comprendrions encore moins qu'elle fût admise dans les sociétés ouvrières. Il est sage de bannir les passions politiques des associations de crédit, de consommation, de production, terrain neutre où doit régner uniquement le principe de la mutualité et de la solidarité fraternelles, et où, grâce aux idées de tolérance qui inspirent de jour en jour davantage la société, de courageux et honnêtes travailleurs doivent pouvoir se donner la main sans professer absolument les mêmes doctrines politiques, philosophiques ou religieuses. Les Italiens l'ont merveilleusement compris, et cette fois encore ont fait preuve d'un bon sens
et d'une sagesse auxquels il est juste de rendre hommage.
Abordons maintenant l'étude du deuxième groupe d'as- f3 sociations coopératives : les banques du peuple.