AVANT-PROPOS
L'accueil fait au volume que' j'ai publié, sous le litre de Questions pratiqu£$ et doctrinales de Code Napoléon j m'a encouragé k traiter, sous le même titre, une nouvelle série de questions sur lesquelles la science hésite et laisse beaucoup à faire.
Plus je concentre mes études sur quelques parties importantes et difficiles de notre droit civil, plus je demeure convaincu que les ouvrages généraux, les livres qui embrassent l'ensemble du Code Napoléon ont et doivent avoir surtout pour objet comme pour résultat de résumer, d'affermir et de vulgariser la science ; qu'ils ne sont pas le moyen le plus direct de la faire progresser et de l'agrandir. S'ils s'attardaient aux problèmes qui ont été mal formulés ou mal résolus, ou qui n'ont pas même été abordés, ils
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s'exposeraient au reproche de manquer d*unité et de proportion; ils cesseraient d'être des classifications savantes et méthodiques , des exposés synthétiques et larges, pour dégénérer en collection de dissertations alourdies par des développements de principes élémentaires, inutiles pour ceux qui savent, et trop mêlés de controverses pour ceux qui ne savent pas.
Qu'on ne dise pas que l'alliance de l'enseignement dogmatique et des redressements critiques n^a pas toujours été sans succès.
Je ne conseillerais à personne de tenter à nouveau l'entreprise, sous Tappâtde la réussite. Le cumul des genres, je ne dis pas la confusion, sera toujours un péril, s'il n'est un écueil.
J'ajoute que ceux-là mêmes qui ont trouvé l'heureux secret d'unir à l'art didactique l'art polémique, semblent avoir redouté l'initiative. Ils s'abstiennent de discuter, même de soulever les questions que leurs devanciers et .les tribunaux n'ont pas résolues ; ils répondent plus aux besoins déjà nés, qu'ils ne prévoient les besoins qui peuvent naître. Ils suivent, pour la juger, la jurisprudence à laquelle ils obéissent ou résistent : ce n'est pas de leur part timidité d'esprit, prudence excessive ; c'est la nécessité, pour ne pas trop ralentir leur marche , d'entrer dans la route ouverte, plutôt que d'en créer une nouvelle.
A la vérité, nous-même, nous pouvons paraître
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infidèle à notre idée, puisque' dans notre premier volume, nous avons donné la forme d'un traité k notre œuvre de réfutation et de rectification, sur Vart. 3 du Code Nap., et que, dans ce volume, nous adoptons encore cette forme, pour classer nos reprises et distribuer avec quelque ordre nos contredits sur la nature du partage d'ascendant*
Il n'y a de notre part aucune inconséquence.
Quand l'opposition théorique s'attaque aux principales lignes d'un sujet, elle n'est pas affranchie des lois de la méthode; elle s'astreint à des divisions, et si elle peut s'adapter à des divisions usitées, elle se procure, au point de vue de la clarté, un avantage qu'elle ne doit pas dédaigner.
Mais la similitude du plan n'implique pas plus la similitude des procédés, que la similitude du but et des prétentions.
L'étude critique suppose que les principes dont elle se prévaut sdht connus, et si elle les rappelle, elle ne prend pas le soin de les établir et de les coordonner; ils ne sont pour elle que des instruments de démonstration , à moins qu'ils n'aient été contestés, et ne soient ainsi devenus eux-mêmes, l'objet d'une question.
L'étude critique, si pleine de modération et de courtoisie qu'elle soit, engage avec les théories qu'elle contrôle, un combat dont le prix doit être la conquête ou la mise en lumière de quelque vérité ina-
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perçue OU méconnue. — Elle n'a pas l'ambition d'être un répertoire, une sortede^owm^ juridique, un trésor de pour et de contre; elle est le démenti de ce qu'elle déclare erreur, l'élément complémentaire avec lequel elle prétend combler ce qu'elle nomme des lacunes.
Si elle groupe, masse et discipline ses objections dans un travail d'ensemble» c'est qu'elle a un système tout entier ^opposer à des systèmes généraux qu'elle tient pour faux.
Lorsqu'elle n'a affaire qu'à une difficulté isolée et secondaire, elle se réduit à une dissertation qui n'a que les caractères et les dimensions d'un article de revue ; elle se proportionne à l'importance des points controversés.
L'étude critique, dans le choix des matières, ne s'assujettit précisément à aucun ordre; elle ne s'arrête pas à celles qui sont éclaircies ; les sujets sur lesquels elle croit que la controverse a fait fausse route l'attirent : elle essaie de substituer à des idées contradic-* toires des idées cohérentes.
Ainsi, le partage d'ascendant se recommandait d'une manière toute particulière à notre attention et à nos efforts, parce qu'il se présente comme un sujet ardu et compliqué entre tous , parce qu'il divise à ce point les interprètes, qu'il y a, non pas seulement sur les détails, mais sur les principes fondamentaux, presque autantd'avisdivers que d'écrivains.
J'ai cru trouver dans l'influence énergique d'an-