‹ Questions socialesChapitre 2 sur 10 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

brutalement ces deux forces sociales, c'est-à-dire d< creuser un abîme entre le capital induslriel et It capital manuel. Sa pensée constante, au contraire, a été de combler le fossé déjà trop élargi à son gré, de réconcilier le peuple et la bourgeoisie, de b amener à se rapprocher, à s'associer, à s'adapte i dans une commune fin de paix et de prospérité.

Aux bourgeois, oublieux parfois des origines, il a demandé au nom de quelle doctrine supérieure et transcendante ils considéreraient les classes ouvrières comme des clientes, en vertu de quelle souveraineté ils leur refuseraient l'usage de la liberté, de l'association, de la coalition, alors que, naturellement et politiquement, les travailleurs sont comme eux des citoyens et des égaux. Aux ouvriers, impatients, aux heures sombres, des solutions hâtives, il a déclaré sans réticences qu'on ne transforme pas l'état social d'un coup de baguette, par la vertu ou la magie d'un mot, qu'on ne traite pas les hommes comme on ferait d'une monnaie démodée qu'on mel au creuset pour la frapper en bloc à une effigi nouvelle, en un mot qu'ils ne doivent pas croire aux effets merveilleux de ce qu'il appelle ïalchimie sociale.

Aux premiers, il a conseillé de faire l'éducation sociale du peuple après avoir fait l'éducation primaire des citoyens, de fertiliser son intelligence, de susciter son initiative, d'entrer en contact avec lui au lieu de l'aigrir en le confinant dans un ilotisme dangereux, d'associer enfin ces deux forces qui ne peuvent être séparées sans péril : le travail et le capital. Aux seconds, il a montré les avantages certains d'une émancipation poursuivie par les voie pacifiques, par le travail, par l'épargne, par la coopération, par le syndicat, par l'union toute-puissante de leurs propres forces jusque-là éparpillées, annihi-

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es, évanouies dans une solitude impuissante. El comme les premiers s'effrayaient, il a dit : Il s'agit beaucoup moins d'énerver les forces sociales que de les mettre à profit, de détruire les conditions du travail que de les rendre plus égales, plus lucratives et plus fixes, pour mieux assurer la sécurité dans iordre social. Et comme les seconds se méfiaient, il a dit : Il s'agit beaucoup moins de vous enlever vos droits que de les faire entrer dans la loi, de supprimer votre liberté individuelle que de la garantir par ! puissance de la liberté collective, de toucher au roit de grève que de le régulariser et de le disciliner, il s'agit beaucoup moins de détruire l'insument du travail, l'outil — le capital — que d'en lire la conquête. Enfin, résumant ses conseils aux deux parties en une formule désormais historique, il a conclu : Il faut que le capital travaille et que le, travail possède !

Cet esprit d'égalité, de solidarité, de fraternité, ce n'est pas d'aujourd'hui seulement que M. Waldeck- Rousseau en est animé. Dès 1881, intervenant à la Chambre en faveur des employés des compagnies de chemins de fer, il en parut tout imprégné. En ce temps où il passait pour un autoritaire imbu de préjugés, il n'était aucune réforme ouvrière dont il ne 'inquiétât pour la faire aboutir. On retrouverait on nom au bas de la plupart des propositions ou projets de loi touchant l'organisation de l'éparçrne, !('s sociétés de secours mutuels, la création de caisses l»; retraites et d'assurances, la création de conseils !o prud'hommes mineurs, l'institution des délégués lineurs, la protection de l'enfance abandonnée, etc. t nous ne parlons ni de ses circulaires si libérales ux préfets sur les travailleurs et l'exercice de leurs iroits, ni des facilités par lui données aux sociétés rir -: de production, ni de cette célèbre loi sur

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