‹ Questions sur le gouvernement ecclésiastique du District de MontréalChapitre 4 sur 6 · POSTSCRIPTUM · texte numérisé non relu

POSTSCRIPTUM

Depuis que la réponse ci-dessus a été écrite, Monseigneur J. O. Plessis a donné un nouveau Mandement, en date du 5e. Décembre, 1 822, qui ne confirme, ni ne révoque les dispositions de celui du 20 Février, 1821, et n'en parle même qu'indirectement, mais qui laisse en leur entier les raisons d'opposition, que nous avons déjà détaillées, et confirme même une des principales, sçavoir le refus du gouvernement de reconnoître un Evêque de Montréal. Nous ne nous permettrons sur l'exposé des motifs qui ont engagé Monseigneur notre Evêque à solliciter la division de son Diocèse, et la Cour Rome à accéder à sa demande, que deux observations. La première, c'est que dès Cannée 1783, le Clergé et les Citoyens de cette ville fde Montréal J avaient fait à ce sujet des démarches^ é$c. Les preuves de ce fait, prouveraient aussi que leur désir étoit d'avoir un Evêqu* en Titre, et non un Evêque in partibus, obligé de gouverner son Diocèse, sous la dépendance d'un autre. En supposant même que telle fût, il y a quarante ans, l'intention du Clergé et des Citoyens (ce qui veut dire ici, Marguilliers) de la ville de Montréal, dont il ne reste pas actuellement un seul de vivant, prétcndra-t-on que le Clergé et les Citoyens de Montréal d'à présent soient obligés de penser comme leurs prédécesseurs ? Dans un espace de temps aussi consi-

dérable, n'est-il pas survenu un changement de circonstances, qui justifie aussi un changement d'opinions ? Et si le vœu du Clergé et des Citoyens de la ville de Montréal d'autrefois, a été représenté en Cour de Rome comme le vœu du Clergé et des Fidèles composant maintenant le District de Montréal, prétendra-t-on que le St. Siège se soit déterminé d'après un exposé juste et véritable de l'état des choses? Nous observons en second lieu, qu'on nous cite l'exemple du démembrement du Diocèse de Wilna, pour autoriser le démembrement de celui de Québec» D'abord, c'est une exception à la règle, et pour s'autoriser d'une exception, il faudroit déduire les raisons de déroger aux Loix générales, et constater la similitude des circonstances qui justifient une pareille dérogation. Qui nous assurera (et dans le fond que nous importe de sçavoir ?) Si les Lithuaniens ont lieu d'être satisfaits ou mécontens de cette division ? Qui sçait si elle n'a pas été faite du consrjitcment et à la demande du Clergé ? Si FEvêque ê.e Wilna, avant de la solliciter en Cour de Rome, n'avoit pas pris toutes ses mesures, pour s'assurer qu'elle seroit favorablement reçue du Clergé et des Fidèles ? pue l'on compare la situation de la Lithuanie, sa population, ses fréquentes révolutions, ses changements de Souverains, avec la population du Canada, et la tranquilité dont il a joui depuis la conquête, et l'on verra qu'il existe entre les deux Pays une différence de circonstances, qui peut bien rendre utile et avantageux à l'un, ce qui seroit non-seulement inutile, mais très désavantageux à l'autre.

Nous n'avons plus qu*une remarque à ajouter ; c'est que le Mandement du 5 Décembre, ] 822, n'est pas plus que celui du 20 Février, 1S21, une publication légale des Rescrits de la Cour de Rome, au sujet du démembrement du Diocèse. Personne ne les a vus : personne n'en ai eu communication, personne n'a pu s'en procurer une copie. Les clause^ absque osientione Liiterarvm sedis Apostolkœ, iisque qivbus de Jure exhibitis, n'ayant point été remplies, la raison de refuser, ou de différer de s'y soumettre, que nous avons détaillée plus haut, demeure dans toute sa force. S'il en résulte du scandale, si c'est un obstacle au rapprochement des esprits, à la réunion des cœurs, à l'accomplissement des vœux du Souverain Pontife, il est au pouvoir de Monseigneur l'Evéque de Québec de le faire cesser, en donnant à ces Lettres Apostoliques toute la publicité qu'elle doivent avoir. Si cette démarche ne fournissoit pas un moyen prompt et sûr de mettre fin à toutes les difficultés, au moins elle procureroit probablement une belle occasion de se justifier, à ceux à qui l'on reproche si injustement leur attachement aux Loix ai l'Eglise.

District de Montréal^ 5 Janvier ', 1823.

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