‹ Questions sur le mariage [microforme]Chapitre 15 sur 36 · TREIZIÈME QUESTION · texte numérisé non relu

TREIZIÈME QUESTION

Que faut-il penser des mariages entre chrétiens et infidèles, et comment procéder, quand quelqu'un des sauvages infidèles ayant eu, dans son état d'infidélité, plusieurs femmes, qui sont encore vivantes, veut se faire chrétien, et demande à convoler à d'autres noces ?

RÉPONSE

En traitant cette question, nous portons nos regards vers Îles Missions de la hauteur des Terres de la Baie d'Hudson, de Ja Rivière-Rouge, de l’Orégon et de Vancouver, qui nous intéressent si vivement, et que nous avons tant de raisons d'encourager. Nous nous représentons nos jeunes Missionnaires, qui en vépandant les lumières de la foi dans ces vastes régions, se trouvent arrêtés ou embarrassés par de graves difficultés, en procédant au mariage de ieurs néophytes. Comme nous les voyons campés tantôt au milieu d'immenses prairies, tantôt sur les bords de. grands lacs, tantôt sur le sommet de hautes montagnes, nous comprenons qu'il ne leur est pas possible d'avoir sous la main, ou présentes à la mémoire toutes les décisions qni les peuvent tirer d’embarras,

C’est douce pour eux principalement que nous allons entrer dans quelques détails, en répondant à cette question, pour leur donner, dans un cadre aussi rétréci que possible, les principes

qui les dirigeront sûrement dans la célébration des mariages qu'ils auront à faire. Nous nous faisons surtout un devoir bien doux de leur mettre sous les yeux les décisions des savantes Congrégations Romaines, qui assistent le Souverain Pontife, dans le gougernement de la te. Eglise, pour l’aider à conserver le précieux dépôt de la Foi, dans les pays déjà chrétiens, et à le communiquer aux régions éhcore assises dans les ombres de la mort.

Puisse ce petit travail leur être de quelque utilité ! Nous en serions bien réjoui par la pensée que Nous aurions en quelque chose pu contribuer au succès de leur pénible mais glorieux ministère, en les aidaut à assurer à leurs tribus, nouvellement arrivées à la foi, toutes les bénédictions du vénérable sacrement de mariage que J. C. a laissé à son Eglise, pour la multiplication de ceux de ses enfants qui s'engagent dans cet état.

Au reste, cette question ne saurait manquer d’avoir pour nousmêmes, quoique nous soyons dans un pays de foi, un intérêt bien vif. Car nous vivons sous un gouvernement qui, dans la triste af faire Goram, a montré à l'Univers étonné qu’il ne reconnait plus la nécessité du baptême. Chez nos voisins, il y aurait, dit-on, environ vingt millions de chercheurs de religion, qui n’ont pas encore été baptisés. Des faits particuliers et bien prouvés démontrent que le baptême n’est plus, chez nos frères séparés, qu'unc pure cérémonie. Aussi, y attache-t:on si peu d'importance qu'il est fort à craindre que ceux qui ont été baptisés, ne l’aient pas été validement. A Londres, un Recteur qui baptisait deux enfants à la fois, devant un Prêtre Catholique qui l’examinait avec soin, versa l’eau sur l’un de ces enfants, et prononça les paroles sur l’autre. Dans une autre Eglise, un vieux Ministre de ces derniers temps, ne se donnait pas la peine de faire de l’eau baptismale, et il baptisait tout simplement avec sa salive, ce qu’il fit pendant au moins quarante ans.

Nous concluons de tous ce’ faits publics et particuliers que la question du mariage entre Chrétiens et [nfidèles, ne sera pas une question oiseuse ou de pure curiosité pour nous; et que nous aurons tous plus d’une occasion de la mettre en pratique.

Mais revenons à notre question et voyons: lo. si et comment le mariage des Infidèles est indissoluble ; 20. si et comment les Infidèles sont soumis à certains Empêchements ecclésiastiques, qui annulent leur mariage.

Pour résoudre ces deux graves questions, nous allons invoquer certains principes que la Théologie et le droit Canon admettent comme des axiomes ; et nous en tirerons des conséquences pratiques, pour aider nos jeunes Missionnaires à résoudre les principa-

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