‹ Questions sur le mariage [microforme]Chapitre 3 sur 36 · DEUXIÈME QUESTION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME QUESTION

Le Prêtre est-il Ministre du Sacrement de Mariage ? RÉPONSE.

L'immortel Pontife Benoit XIV. (de Syn., Lib. 9, cap. 3), répond à cette question, en discutant les deux sentiments qui partagent l’école, et en faisant voir que l’un et l’autre sont appuyés sur de si solides fondements, que les Evêques doivent se bien garder de définir une telle question, sur laquelle l'Eglise n’a pas jugé à propos de se prononcer. Cependant après les paroles de N. $. Père le Pape citées plus haut, il paraîtrait beaucoup plus prubable que le Prêtre n’est pas le Ministre du Sacrement du Mariage. Ainsi, dans la théorie, chacun peut abonder dans son sens.

Pour ce qui est de la pratique, on ne saurait douter que les contractants ne soient eux-mêmes les ministres du Sacrement de Mariage ; et que le Prêtre n’en est que le témoin nécessaire, On çn jugera par les cas suivants, dans lesquels le mariage est certainement valide, d’après le St. Concile de Trente, ou diverses décisions de Rome, quoiqu'il n’ait pas été fait en présence du Prêtre.

lo. Tous les mariages clandestins, célébrés avant le St. Concile de Trente, sont déclarés valides, quoiqu’alors comme à présent, ils fussent réprouvés comme gravement illicites.

20. Il est aduis de tout le monde que le mariage clandestin de deux catholiques, dans les lieux où le St. Concile de Trente est publié, est valide, s’il leur a été moralement impossible de se présenter à leur Prêtre, pourvu qu’ils aient observé ce qui d’ailleurs, est de rigueur, savoir, s’ils ont donné leur consentement en présence de deux témoins.

30. Il est également certain que si deux catholiques donnent leur consentement devant leur Prêtre et deux témoins, leur mariage est valide, quoique ce consentement ait été donné en dépit du Prêtre qui n'aurait pas voulu assister à un tel mariege, et qui n’a voulu ni bénir l'anneau, ni dire la formule : Ægo comjungo vos, etc.

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40. Dans les lieux où le Décret Tumetsi n’est pas encore publié. le mariage des catholiques est, eans aucun doute, valide, quoique fait sans Prêtre ni témoins, pourvu qu'ils aient eu une véritable intention de s’unir pour toujours dans le mariage.

50. Lorsqu'ils se sont mariés de la sorte, on peut bien bénir leur mariage, s'ils le désirent, mais alors il est défendu de leur faire renouveler leur consentement. C’est ce que prouve la réponse suivante du Card. Somaglia, Pr. dela S. Cong. dela Prop., à Mgr. Plessis, Archevêque de Québec, en date du T6 Oct. 1824.

P unt Eninentissimi Patres monendos esse Missionarios ut in cosu de quo agitur, doceant conjuges benedictionem ad

-ritum unicè. non ad validutem pertinere.

C’est d’ailleurs ce que prescrit le Ritucl Romain, quand il nous enseigne comment il faut bénir les mariages déjà contractés validement.

Caveat (inquit) Sacerdos ne iterum à contrahentibus consensum exigat, sed tantum benedictionem illis conferat, celebrata missa.

Or, c’est en faisant les prières prescrites pour la célébration du mariage, que se donne la bénédiction dont 1! est ici question.

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