‹ Questions sur le mariage [microforme]Chapitre 31 sur 36 · VINGT-QUATRIÈME QUESTION · texte numérisé non relu

VINGT-QUATRIÈME QUESTION

Quelles sont les instructions à donner aux jeunes gens avant de

les marier ?

RÉPONSE

: Ceux qui entrent dans l’état du mariage, contractent des obligations très-graves, qui intéressent vivement non-seulement ceux qui se marient mais encore toute la société. Il importe donc souverainement qu'ils sachent bien non-seulement ce qu’ils ont à faire, sous peine de damnation, mais encore tout ce qui regarde le bien de la famille en particulier, comme aussi ce qui a rapport au bien commun de la grande famille du monde entier, pour laquelle le

contrat de mariage a été, par une bonté toute spéciale de Ia divine miséricorde, élevé à la dignité de Sacrement,

Mais ce qui retient le Pasteur, quand il lui faut enseigner à ceux qui se marient, les devoirs de leur état, c’est d’un côté la crainte de se souiller lui-même par des détails, qui répugnent tant à la pudeur sacerdotale ; et d’un autre, celle de faire connaître, avant le temps, des choses qui pourraient ternir l'éclat de l'innocence chez ceux qui vont recevoir un aussi grand Sacrement.

Piget me, inquit S. Liguorius, de hac materia..…..... habere sermonem ; sed utinam non esset hœc materia tam frequens in confessionibus excipiendis ! Si Angeli essent homines, talibus non indigerent. Si fœdus est sermo, fœdius est in peccato pu: trescere ; turpior est infcrnus.

Résumant donc ici les divers sentiments des Théologiens qui enseignent, les uns, qu’il faut se contenter de direaux nouveeux époux que tout n'est pas permis dans le mariage, les autres, qu’il faut entrer avec prudence dans tous les détails nécessaires, nous allons tracer aussi brièvement que possible, la ligne de conduite à tenir avec ceux qui sont sur le point de se marier. C’est surtout pour les nouveaux Prêtres que nous allons entrer dans ces détails.

10. Pour disposer ceux qui sont sur le point de se marier à recevoir avec plus d’abondance les grâces du Sacrement de mariage, il faut les faire entrer dans ces sentiments qu'’inspire le Rituel Ro-

main.

Admoneantur conjuges......…. ..quomodo in eo (matrimonio) recte et christiane conversari debeant, diligenter instruantur ex divina Scriptura, exemplo Tobiæ et Saræ, verbisque Angeli Raphaelis eos edocentis, quam sancte conjuges debeant convivere.

Le Prêtre trouvera toujours moyen de s'inspirer, en méditant ces paroles, de manière à pouvoir faire entrer ses pénitents dans des sentiments d’une vraie piété. Il trouvera aussi de quoi s’édifier et édifier les autres dans les prières et les cérémonies du mariage, qui sont de nature à inspirer aux bons chrétiens une haute idée de ce sacrement qui, hélas ! est aujourd’hui si indignement profané. La bénédiction de l'anneau, l’oraison ÆRespice, ete., la touchante bénédiction nuptiale, sont comme imprégnées des grâces que J.-C. a attachées à ce grand Sacrement. Elles seront donc au Prêtre d'un merveilleux secours pour lui et pour les autres.

20. Il est aussi bien important que ceux qui font partie de la noce entrent dans ces mêmes sentiments. Car alors il sera plus facile d'obtenir que Dieu ne soit pas grièvement offensé, dans un jour qui est malheureusement souvent profané par de honteux excès, tandis qu'il devrait se passer dans une joie toute sainte, puis-

que c'est celui où l’on a reçu un Sacrement dont les grâces précieuses importent si fort au bonheur de toute la vie.

30. Le Curé ne perdra donc pas son temps si, en mariant ses jeunes gens, et en leur souhaïtant tout le bonheur qu’un bon pè souhaite à ses enfants, en pareil jour, il donne quelques avis publics, pour qu’il n’y ait, durant les noces, ni excès de boissons, ni mauvaises danses, ni discours malhonnêtes, ni rendez-vous de jeunes gens, rien enfin qui puisse empêcher Notre-Seigneur, son Immaculée Mère et les Saints Apôtres d'assister invisiblement à leurs noces qui, pour cette raison, doivent se passer dans des joies pures et innocentes. C’est ce qu'il pourra faire, dañs son exhortation après le mariage. |

40. Ce serait le temps de s'élever contre les abus qui ont coutume de régner aux noces qui se font dans la paroisse ; par exemple s’il y a du pêle-mêle des deux sexes durant la nuit, soit dans la maison des noces, soit en retournant chez soi. Car, il faut faire une religieuse attention à ces paroles du Rituel Romain: Nuptiæ vero qua decet modestia et honestate fiant: sancta enim res est matrimonium, sancteque tractandum.

6o. Quant aux devoirs qu'auront à remplir les nou7eaux mariés, il faut qu'ils sachent qu'ils commettraient un péché mortei en refusant, sans raison, d'accomplir les obligations du mariage ; et qu’ils se rendraient dignes de l’enfer si, en accomplissant ce devoir, ils empêchaient en quelque manière que ce soit et .directement la famille: ce qui doit leur être dit en des termes chastes, mais si clairs, qu'ils comprennent parfaitement ce qui leur est dit.

60. Il faut aussi qu'ils sachent bien qu’ils doivent se conduire, dans ce saint état, comme il convient à des chrétiens, dont les corps sont lec membres vivants de J.-C. et les sanctuaires animés du Saint-Esprit.

7o. On doit les exhorter à ne faire l’action du mariage qu'avec des intentions pures et droites, n'ayant en vue que de donner des enfants à Dieu, et à l'Eglise; et n'ayant qu'un seul désir, celui d’allér au ciel avec tous les enfants qu'il plaira à Dieu de leur donner, à l'exemple d’un bon roi d’Angleterre,qui eut vingt-quatree enfants, que l'Eglise a canonisés comme saints,

80. Il faut leur inéulquer fortement les pieuses pratiques de faire quelque fervente prière avant et après l'action du mariage, et de se respecter si bien en la faisant, que leurs Anges Gardiens, qui veillent sur eux en se tenant auprès de leur lit, n'aient pas à rougir de les voir dans des états qui feraient assez connaître qu'ils seraient esclaves de quelques passions brutales, animaleset charnelles, et qn'ils ne respectsraient pas leurs corps, comme le recommande St. Paul à tous les époux chrétiens.

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90. Pour les encourager à être de dignes et chastes époux, il faut leur faire comprendre que l’action du mariage peut être pour eux méritoire pour le ciel, puisqu’en la faisant saintement, ils remplissent un devoir de leur état, qui est saint ; et que: les grâces qu'ils peuvent acquérir, en se montrant toujours dignes du Sacrement qu'ils ont reçu, attireront infailliblement sur leurs enfants, toutes sortes de bénédictions, dans ce monde et dans l'autre.

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