DR0G0N, EVÈQUE DE BEAUVAIS
Mais il étoil trop éloigné du V siècle, où vivoil le Saint, pour avoir réussi à écrire une bonne histoire de sa vie. ' Aussi ne citet-il pour ses garants que des vieillards, dignes de foi selon lui, mais qui n'en éloient pas mieux instruits. De sorte que manquant de bons mémoires, ' il a été réduit à nous donner des paroles et des lieux communs, sans aucun trait historique, si l'on en excepte le martyre du Saint. Il y a même inséré des fables insipides cl indignes de la pieté chrétiene. Tant de défauts ont fa* regarder cette Légende par les bans Critiques, tels que Baronius, M. deTillcmont et les Continuateurs de Bollandus, comme une pièce non seulement suspecte, mais aussi à rejetter entièrement. C'est sans doute pour les mêmes raisons, que Suriuset Mosander, qui en avaient un exemplaire, lui ont refusé une place dans leurs collections.
' Il n'y a que Jean-Jacques Chifllet qui ait entrepris de la justilier. Mais tous ses clloris ne seront jamais capables de lui concilier la créance des p rsnncs éclairées et judicieuses. ' Il n'a pas laissé de la faire imprimer sur deux divers manuscrits. ' Les successeurs de Bollandus ont eu aussi la complaisance de la publier à leur tour, malgré tous les défauts que les servantes observations, dont ils l'ont accompagnée, nous y font appercevoir.
' Les Du Cbesne nous ont donné une très-courte Chronique de F it a n <: k, qui appartient en partie à ces temps-ci. C'est proprement une liste assés suivie des Princes et des Bois François, depuis Pépin l'Ancien jusqu'à Henri 1, à quoi l'on a ajouté le plus souvent la durée de leur règne. On y distingue deux Auteurs di'TeienK Le premier écriwit en la quarantedeuxième année du règne de Charlemagne el la neuvième de son empire, ;'i laquelle linil celle petite Chronique. L'autre Ecrivain la reprend à Pépin le Bref, et la conduit jusques vers le milieu du règne de Henri 1. Ou lit dans celte seconde partie d s choses assés singulières touennnl le règne de Charles le Simple.
' Dom Mabillon rapporte deux traits d'une autre petite Chronique des Rois de France, qui montrent qu'elle est du même temps que la dernière partie de la précédente. Elle est conservée dans la bibiliothéque des Carmes Déchaussés de Clermont en Auvergne, ainsi nous nous boni un à l'indiquer.
' il y a une relation assés bien écrite de la dédicace de l'église de S ta velo. et de l'invention du corps de S. Remaclc.
XI SIECLE
fondateur de cetle abbaïe. C'esl la production de la plume d'un Moine du lieu, qui y parle comme témoin oculaire. Ne s'étant proposé pour objet de son écrit, que ces deux événements avec leurs principales circonstances, il s'y est précisément borné. L'un de ces événements arriva le cinquième de juin lOiO, et l'autre le douzième de mars 10 42. Notre Auteur cependant n'entreprit d'en écrire l'histoire, que dans le cours de l'année 1048, sous l'Abbé Pierre, qui avoit succédé à Poppon, mort en janvier de la même année, et qui eut pour successeur des 1049 l'Abbé Thierri.
' Un authe EcnivAix,qui ne nous est connu que parsa qua- Nor. s cri. «t. P. lité de Moine de S. Bertin, nous a laissé de sa façon un ouvrage ,73' intitulé : Eloge d'Emme, Heine il' Angleterre, fille de Richard I Duc de Normandie. Titre aussi impropre qu'insuffisant pour exprimer la nature de l'ouvrage, et en donner une juste idéeT C'est effectivement moins l'éloge de celle Princesse que l'histoire de Canut le Grand, Hoi de Danemark et d'Angleterre, qu'elle épousa en secondes nôees, et d'Hurald fils et successeur de ce Roi. ' Il est divisé en deux livres, dont le premier, p. i6t-i66. qui est fort court, contient l'hi>toire abrégée de Sucin, Roi de Danemark pere de Canut, et les commencements de celle de ce dernier. ' L'autre livre, qui est plus prolixe, est emploïé à p. iw-m. décrire le règne de Canut, et les révolutions dont il fut suivi en Angleterre sous Ilurald et après sa mort, lors qu'Edouard, fils du Roi Ethclrede et de la Reine Emme parvint à la Courone. Cet événement arriva en 1042 ; et notre Auteur n'a pas poussé son histoire plus loin. Il la finit par la bonne intelligence et l'union qui regnoient entre ce Prince et Canut II son frère utérin Hoi de Danemark : ce qui montre que l'Historien n'entreprit d'écrire que quelque temps après l'époque qu'on vient de marquer. Mais il est certain qu'il l'exécuta avant l'année 1032, qui est la date de la mort d'Emme, à qui l'écrit est dédié par une épitre détachée du corps de l'ouvrage, et suivie d'un avertissement, ou sommaire de toute l'histoire.
' Cet ouvrage, que Du Chesneadonné au public sur un ma- p. i6i-m. nuscrit de la bibiliothéque Cotloniene, paroit peu connu ; puisqu'il n'y en a encore que celle seule édition. Au moins n'en connoi.-sons-nous point d'autres. Uauroil assurément mérité de trouver place dans les recueils des Historiens d'Angleterre et de Danemark, qu'on a imprimés depuis un siècle ou environ. Outre quanti léae traits propres à illustrer l'histoire de ces deux
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X( SIECLE