p. 199- SOI t
I Voïex l'article de S. Perp^tno Evèque de Tours , page 637 do notre setoud
XI S1KCLE.
où il traite de l'accord des divers Tons, de consona Tonorum diversitate. il l'entreprit à la prière de deux de ses jeunes frères, nommés Puchard et Kerungue, ou plutôt Gerungue, un des interlocuteurs du dialogue sur le jeune des quatre temps. C'étoit deux Etudiants de Richenow ; et l'on comprend par la modestie et la discrétion avec lesquelles l'Auteur leur parle, à eux et à leurs condisciples, quoiqu'il se qualifie leur Abbé, qu'il craignoit de blesser la délicatesse de celui qui prenoit soin de les enseigner. Après leur avoir expliqué les huit Tons de la Musique, il leur en montre l'accord dans une douzaine d'Antienes, qu'il leur nota à cet effet. Mais Dom Bernard Pez, qui a trouvé le traité dans un manuscrit de l'abbaïe de S. Gai, s'est sagement borné à n'en publier que la préface.
Ce traité au reste paroit avoir servi de modèle à un autre sur le même sujet, que le P. Jaques Hommey a donné au public sous le nom de S. Bernard et ce titre Tractatus de tonis. Ce qu'il y a de vrai, est que plusieurs des Antienes et Répons, notés dans l'un et dans l'autre pour l'instruction des commençants sont les mêmes. On aura dans la suite occasion de mieux faire connoitre ce dernier traité, uir. 6°- 'Trithéme avoit lû un autre écrit de notre sçavant Abbé sur les instruments de la Musique, de instrument ismusicalibus, quicommençoit par ces mots : Musicamnon esse contem! Vossius semble aussi l'avoir connu, puisqu'il atteste, ce que ne dit pas Trithéme, qu'il étoit dédié à Aribon Archevêque de Maïence. Du reste on ne voit point paraître ce traité dans cette multitude de manuscrits, dont on nous a donné depuis peu les catalogues.
Trit ib. i Po«. ib. 7°. ' Le même Trithéme, et ceux qui l'ont suivi, comme Possevin et autres, attribuent encore à Bernon un écrit sur la mesure du Monochorde. Mais il est à craindre que cet écrit n'ait existé que dans l'idée de Trithéme, qui l'aura prise du traité des sy mphonies et des Tons, où il est beaucoup parlé du Monochorde et de ce qui le compose. Pareille chose lui est arrivée à l'égard du traité sur le jeûne des quatre temps. Comme il y est souvent fait mention du samedi, et que les semaines y sont exprimées dès le titre de l'ouvrage par le terme de sabata, ce Bibliographe en a pris occasion de grossir le nombre des écrits de Bernon, d'un traité' particulier sur le jeûne du samedi. Mais outre qu'il ne rapporte pas lui-même les premiers mots de ces deux traités, comme il en use à l'égard de ceux qu'il a vûs, au-
Tril.ib. |chr l. I. p. 160.
Vos», ib....
ABBÉ DE RICHENOW. 383
XI SIECLE
cun autre Ecrivain n'en a fait mention avant lui.
8°. II n'en est pas de même du recueil des letres qu'il attribue à Bernon, qui en écrivit effectivement un grand nombre, p«, tb. p. dont plusieurs sont venues jusqu'à nous. ' Dom Bernard Pez en 244 a publié onze, qu'il avoit découvertes de suite, mais sans beaucoup d'ordre, dans le manuscrit de S. Gai deja nommé. La première est écrite à un Abbé célèbre par sa vertu, dont le nom n'est désigné que par ces deux letres, Vo. Ce pourroit bien être Volberl, ou Volpert Abbé de Gladbac, qui le fut ensuite de Tuis. Bernon l'aïant une fois connu, desiroit ardemment de passer ses jours auprès de lui ; et c'est ce qui fait le sujet de sa letre. Le titre qu'il y prend de client des disciples de S. Benoît, porte à juger qu'il étoit encore alors à Fleuri, ou S. Benoit sur Loire. Les autres letres, excepté la onzième, ne contienent rien de fort remarquable. La troisième est pour remercier le Roi S. Henri, depuis Empereur, de lui avoir procuré la dignité d'Abbé de Richenow. ' On voit dans la cinquième, p. «os. *». qui est adressée aux Moines de ce monastère, la pratique des trente Messes consécutives pendant trente jours sans interruption, pour le repos de Pame d'un défunt. II s'agit de la mort du Moine Henri, qui paroît avoir été un des principaux Officiers du monastère. Bernon veut que non-seulement on soit exact à aquitter les trente Messes, mais aussi que le premier jour on nourrisse cent pauvres, deux cents le troisième jour, trois cents le septième, et quatre cents le trentième jour, et qu'on récite chaque jour un Psautier avec l'office des Morts.
La plus intéressante, comme la plus longue de toutes, est la onzième, écrite à un Frideric ami de l'Auteur. ' Dom Martene m»h. amPi. coii et Dom Durand l'avoientdeja publiée en partie, mais sur un ma- 1 1 p 390 3W nuscrit plein de fautes, lorsque Dom Pez l'a donnée en entier et plus correctement. ' Bernon l'emploie à résoudre la question p«, a>. p. auque lui avoit proposé son ami, dans une entrevûe qu'ils avoient eue à Cologne : pourquoi Cassien qui a écrit plusieurs choses utiles sur l'institut des Moines, se trouve répréhensible sur d'autres? L'Auteur pour mettre Frideric au fait de ce qu'on reprochoit à Cassien, et lui prouver que ce n'est pas sans raison, lui copie d'abord le jugement qu'en porte Cassiodore, qui loue la censure qu'en avoit fait S. Prosper, et qui atteste que Victor Evêquede Martirite en Afrique, s'étoit cru obligé de le purger de ses erreurs, et d'y joindre un correctif. Ensuite il lui transcrit plusieurs passages de Cassien, avec ceux de S. Pros-
per en réponse, et le renvoie à l'ouvrage même de ce dernier, pour se mieux convaincre delà vérité de sa doctrine, dontBernon se déclare zélé partisan .
Entre ses autres letres il y en aune adressée à Geron Archevêque de Magdebourg, d'autres à quelques autres Prélats, dont les noms ne sont designés que par les letres initiales, d'autres à des Abbés. On voit en partie par-là, quelles éloient les liaisons de Bcrnon.
Mab. an», t. 4. p. A ces onze letres, qui sont peut-être les mêmes que ' Dom *! tii5 Mabillon avoit découvertes, et qu'il promettait de aonner au
nn. i. r*. D. 91. public, ce qu'il n'a pas exécuté, il en faut joindre ' une autre,' que le même Ecrivain rapporte presque entière. Celle-ci est écrite à l'Empereur Henri le Noir, qui se plaisoit à avoir les écrits de notre Abbé. Bernon l'y loue de l'accueil favorable qu'il avoit fait à Pierre Roi de Hongrie, qui avoit eu recours à sa clémence, et lui recommande Hirmingarde Abbesse à Zurich, qui aïant eu le malheur de violer son vœu de virginité, en faisoit alors une pénitence convenable. Man de ni. ecci. ' Dom Martene dans ses Kits ecclésiastiques, cile un assez t. ♦ . v i8. jong p^sagg d«une autre jetre je Bernon à un autre Bernon et
à un Meginfroi. L'Auteur y parle du travail de S. Jérôme sur le Psautier, et dit que c'est la version de ce Pere qui étoit passée dès son temps aux Eglises de Gaules et de Germanie, et que c'étoit pourquoi on la nommoit le Psautier Gallican.
Kl**, ib. | Bac. an. ' Possevin d'après Eisingrenius,et l'Annaliste Bucelin , font
"ntt ''■ 2,0 mention d'autres letres de notre Abbé à l'Empereur S. Henri, et en relèvent beaucoup le prix. Elles rouloient sur le vrai sujet de l'éloge du Roi : De vera lande Régis. On ne nous apprend point si elles existent encore quelque part. Il est hors de doute qu'il s'est perdu grand nombre d'autres letres de Ber-
Tni. *tn. r. 309. non. ' Il y en avoit autrefois quelques-unes qu'Aribon Archevêque de Maïenee lui avoit écrites, et qui en supposent au moins autant de la part de l'Abbé de Richenow. Cependant entre celles dont nous venons de rendre compte, il n'y en a qu'une seule qui peut lui être adressée.
<".»r. i.ir. ib 9°. ' Trithéme fait entrer dans le catalogue des écrits de
Bernon plusieurs sermons, ou discours familiers, qu'il avoit
Muu. .-m. ii». faits à ses frères. ' Bernon dans sa letre à Henri le Noir parle lui-même de deux de ces discours, qu'il envoïoit à ce Prince, en le priant de les faire réunir à ses autres écrits. Il y en avoit un de l'Epiphanie et l'autre de la Céne du Seigneur, dans lequel
l'Auteur