‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 109 sur 214 · SG H E R N 0 N · texte numérisé non relu

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troisième vie qui tinl le milieu entre les deux autres. C'est ce qu'il a exécuté avec quelques grâces, et avec une sage retenue; se bornant à abréger les endroits trop diffus, et à en changer le style, sans préjudice de la vérité de l'histoire. Son ouvrage fut fait avant 1030, qui est l'année de la mort de Fridebold. Mais quoiqu'il ait son mérite, celui de Gérard est beaucoup au-dessus. Aussi les Hagiographes que nous avons nommés, lui ont-ils donné la préférence, i. « v 6.i. 11°.' On attribue aussi à Bernon avec un juste fondement la

vie de S. Meginrad, ou Meinrad, Ermite et Martyr, mort en 861. Quoiqu'elle ne porte pas son nom dans les manuscrits, on y découvre sans peine toute sa manière d'écrire. D'ailleurs ce fut du temps de Bernon, que le Saint dont les Reliques reposoient à Richenow, fut eanonizé. Et il y a bien de l'apparence, qu" le motif de le faire eonnoitre alors, détermina l'Auteur à écrire son Histoire. Il l'a exécuté avec une grande précision, sans donner dans les épisodes ni les lieux communs, ou autres ornements étrangers; se bornant scrupuleusement à ce qu'on en seavoit dans son monastère, sur. ai. P. ' Surius est le premier qui a publie cette vie, avec quelques légei s changements ; quoiqu'il n'avertisse pas qu'il ait touché Bon si j». ». au style. ' On la traduisit depuis en allemand, et on l'imprima mi. n. 4 i M»b ^ ja gorle en ]fiQ3 avec jcs Origines de l'abbaïe d'Einsidlen,

ou Notre-Pame des Ermites dans la Forest noire. Dom Christofe Hartmanne, Moine du même endroit, la fil imprimer à son tour en sa langue originale, dans les Annales de son monastère, en avertissant qu'il la croïoit de la façon de Bernon de Richenow. Bollandns soupçonnant que cet Auteur avoit écrit Bernon, au lieu de Bennon, qui succéda à S. Meginrad daus ■b. y. tsi son ermiftige, ' ;i publié l'écrit sans nom d'Auteur, après l'avoir illustré dequelquesobs'Tvations. Surius en avoit use de môme. Mi.;, ii>. P. «.es ' Mais Dom Mabillon en le donnant à son tour, avec de nouvelles remarques, a cru le devoir décorer du nom de Bernon, et le rendre par-là à son véritable Auteur.

12°. On a vu que ceux qui ont fait l'éloge de notre pieux et sçavant Abbé, lui donnèrent la qualité de Poëte, avec plusieurs autres titres d'honeur. Cependant il ne paroît nulle part aucune pièce de Poésie de sa façon. Il y a seulement une inscription en six grands vers, qui se lisent à la tête d'un Sacramentaire,

au on voit dans la bibliothèque de M. le Président Bouhier à ijon, et dans lesquels Bernon est nommé, comme faisant ce

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ABBÉ DE KICHENOW. 387

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présent au Roi Henri. Ce Prince n'est autre sans doute que saint Henri depuis Empereur, ou plutôt Henri le Noir, à qui Bernon, comme on l'a remarqué plus haut, avoit coutume d'envoïer ses propres écrits. Quoiqu'il en soit, ces vers font juger fjue leur Auteur étoit très-mauvais Poêle, et que sa prose est incomparablement au-dessus de sa versification. ' Ces six vers se ™ i m. n. <n \ i. trouvent imprimés en trois endroits des ouvrages de Dom Ma- ?7 inp77d °\ïiC billon, qui les avoit copiés sur l'original.

Peut-être seroit-on en droit de donner à Bernon un poème sur la ruine de Troïes, publié par Goldast et Barthius. Ce qui paroit autoriser celte attribution, est d'une part que la pièce v*i>. tub. i&i i. a porte en tête dans l'édition de Goldast, le nom de Bernard de ,} ***' Fleuri, et de l'autre, qu'elle est anciene ' et faite avant la fin um. .nu i. m du XU siècle, ce qui convient à un Auteur * qu'on suppose ' F7b. ii». du siècle précèdent, tel que ce prétendu Bernard. Or comme on ne connoft point en ces temps-là de Bernard de Fleuri, et qu'on sçait que Bernon en étoit alors Moine, et que de son nom ordinaire Bern on a fait souvent celui de Bernard, ainsi qu'on l'a montré, il y a beaucoup de fondement à lui faire honeur de ce poëme.

'11 est compris en quatre-vingt huit vers élegiaques, rimés iunh. ib. dans l'hémistiche et dans la fin, de façon que l'une et l'autre rime est la même dans le pentamètre et l'hexamètre, ce qui doit avoir coûté beaucoup de travail au Poëte, qui a réussi par là à rendre sa pièce plus curieuse qu'intéressante. Quoique ses vers retienent plusieurs traits de rudesse et de barbarie, on y en découvre d'autres qui ont leur mérite. On doit juger de là que la muse de Bernon étoit mieux montée, lorsqu'il travailla à ce poëme, que quand il lit l'inscription précédente dont il a été parlé.

Goldast est le premier qui l'ait tiré de la poussière. Il l'a F .b. a> publié entre les poésies faussement attribuées au poêle Ovide. Ensuite Barthius, qui ne connoissoit pas cette édition, aïant Hariu. ib. déterré la pièce dans les manuscrits, la fait réimprimer sans nom d'Auteur avec quelques observations de sa façon.

13°. ' Le même Goldast nous apprend qu'on attribue enfin à < m.i. ib. Bernon une Chronique; et ajoute aussi-tùl, qu'on ignore si elle existe. On pourroit même douter si jamais elle exisla, sur ce que Sigebert, l'Anonyme de Molk et Trilhéme qui ont fait plus de recherches sur les ouvrages de Bernon, ne parlent point de celui-ci.

Cccij

XI SIECLE

388 VAZON,

Il ne faut pas finir son article, sans dire un mot de sa manière d'écrire. Elle n'est pas à la vérité entièrement polie, mais aussi elle ne retient presque rien de la barbarie et rudesse de son siècle. On y découvre de la netteté, de la précision, de la clarté, un air aisé, certains traits d'un bon goût qui étoit alors rare, sur-tout en Germanie. 11 n'y a qu'à lire principalement ses vies de S. Udalric et de S. Meginrad, pour avoir des preuves de ce qu'on avance ici à ce sujet. On y reconnoîtra sans peine un disciple d'Abbon de Fleuri pour le style. Quant à son érudition, elle est connue de tous ceux qui ont lu ses écrits. Magd. mu. m. ' Les Centuriateurs de Magdebourg en particulier en font un c 10 P. 637 éj0ge accompjj . qUOiqUe ies grandes vérités qu'ils y ont trouvées contre leurs erreurs, les eussent mis de fort mauvaise humeur contre le pieux et sçavant Abbé.

VAZON,

RvÊQlF »>F LlE«E.

HISTOIRE DE SA VIE

M«b. a*, i. s. p. 't tAzos, ou W a t h o n , autrement nommé Gualï co'n5*1. Vthon, et même Vallon, suivant l'idiome des diffe- "9* ^ renls pais, devint par sa pieté un modèle de vertu, et par sa

doctrine un oracle de l'Eglise en son temps. On ignore le lieu de sa naissance, quoiqu'il soit à présumer qu'il étoit du diocèse

y&b Vib i' «oc ^e ^îege. ^s son enfant-'e il fut elev^ a l'abbaïe de Laubes,

n.ai:..' ' p 00(5 en la compagnie de condisciples célèbres dans la suite, et sousla discipline du scavanl Heriger. Il fit ù cette Ecole un égal pro-

w..n ib y. «-3 1 grès dans la science et les mœurs. Notger Evêque de Liège m.' ' 1 * aianl connu son mérite, le prit pour son Chapcllain, et lui confia bientôt après la direction Je l'Ecole épiscopale. On a dit autre (1) part , combien die devint alors florissante sous un aussi habile Modérateur. Après y avoir enseigné plusieurs an-

Mwr ib. \> M3. nées, ' Baldric II, successeur de Notger, le fit Doïen de son Eglise. Le zèle que fit paroître Vazon pour le maintien du bon ordre dans sa nouvelle dignité, lui attira des ennemis, qui

1. Vcm'i'x le nombre XX. Au Discours historique à la tete de ee volume.

ë v È y f E nr. lif.gr. m >|s[Ectr

mirent sa verlu à l'épreuve. Il crut devoir céder à leur passion; et s'élant défait de son Uoïené, il passa au service de l'Empereur Conrad, en qualité de Chapellain.

' Sa retraite ne servit qu'à mieux faire connoitre son mérite, p. m. Il ne fut pas longtemps a la Cour, sans gagner l'estime et les bonnes grâces de l'Empereur , et de tous ceux qui l'approchoient. Les Prélats charmés de sa pieté et de son seavoir, lui donnèrent leur confiance, le consultoient sur leurs difficultés, et le prenoient pour arbitre dans leurs différends.

' Un Juif qui passoit pour le plu? habile Docteur de sa na- ij mu. «w. tion, et qui avoit grand accès à la Cour, à raison de la eonnoissance particulière qu'il avoit de la Médecine, fournit à Vazon le sujet d'une vicloire signalée. Ce Juif enflé de sa science, provoquoit souvent le Chapellain à la dispute. Enfin il arriva que celui-ci le confondit si pleinement, que le Juif s'avoua lui-même vaincu. Avantage qui inspira à l'Empereur une nouvelle estime pour le mérite de Vazon. A la mort d'Aribon Archevêque de Maïence, ce Prince voulut lui donner Vazon pour successeur; mais l'humilité de Vazon l'empêcha d'y consentir.

Jean, Prévôt de l'Eglise de Liège, l'ennemi capital de »■. «« «b Vazon étant mort, et sa place remplie nar PArchidiacre Lambert, l'ancien Doïen retourna à son Eglise se réunir à ses frères et jouir du repos du Cloitre. Mais au bout de trois mois il se vit contraint, malgré sa modestie, de se charger de la double dignité d'Archidiacre et de Prévôt , que Lambert laissa vacante par sa mort. ' Il en remplissoit les fonctions |. «w. «w. avec autant de zélé que de suffisance, lorsque l'Eglise de Liège perdit son Evêque. Tout le monde jetta aussi-tôt les yeux sur le Prévôt pour remplir ce ?iege. Mais l'humble et ingénieux Vazon trouva le secret de l'éviter, et d'y faire placer Nithard un de ses disciples.

Il n'en fut pas de même à la mort de celui-ci. ' Tous les ^ wi^ww.Gaii pieux artifices de Vazon se trouvèrent inutiles ; et quoique déjà w'|s^.'«n. i©«. avancé en âge, il fut ohligé d'entrer dans l'épiscopat. Son élection se fit en 1011 , et son sacre l'année suivante par Herimanne Archevêque de Cologne, son Métropolitain. ' Elevé un .1.. ,.. ««. sur le chandelier de l'Eglise de Liège, il y brilla par toutes les **' vertus épiscopales. Il sut réunir à la vigilance et aux autres exercices du sacré ministère, le jeûne, l'abstinence, la prière, l'amour des pauvres, et retraça de la sorte la conduite des

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grands Evêques de l'antiquité. Ses discours familiers étoient toujours assaisonés du sel de la sagesse, qui en bannissoit toute inutilité. Souvent il se plaisoit à proposer des difficultés sur l'Ecriture, afin d'avoir occasion de les résoudre, en quoi il réussissoit avec autant de grâce que de lumière. La réputation ». 8<u sa», a»* de sa doctrine répondoit au brillant de ses vertus. ' Elle étoit si connue, que les Papes, les Empereurs, les Evêques avoient recours à ses décisions. Un épiscopat soutenu de la sorte fut de M*b. act ii». p trop courte durée. Vazon n'y passa pas sept ans entiers; ' étant feau chr! ib ,.. mort le huitième de juillet 1048." Il fut enterré devant le 858 grand autel de sa Cathédrale, avec celte simple inscription,

qui dit beaucoup de choses en peu de mots :

Antc ruet mundus. quàm surgal Wazo secundus.

Son corps fui transféré dans la suite devant l'autel de S. André, où il repose maintenant.

n**3 un1' i v' ' ^ azon av0^ ^eux frL>res» l'un nommé Emmelin, et l'autre 74. Gonzon, ou Wenzon. Le premier, qui étoit un homme de

mérite, et comme le bras droit de S. Poppon de Stavelo, fut Abbé de S. Vaast d'Arras, et l'autre de Florines, qu'il illustra par sa pielé et sa doctrine.

S- il.

SES ECRITS

rpOuTce qui nous reste des productions delà plume de X ce grand Lvêque, se réduit à quelques letres intéressantes à la vérité, mais qui toutes ne sont pas venues en entier Mari. iii. i> «T; jusqu'à nous. ' La principale, qui est entière, et qui pourroit passer pour un traité, à cause de sa prolixité, et du sujet dont il y est question, est adressée à Jean Prévôt de l'Eglise de Lieg*>, cet ennemi capital de Va/on, dont il a été parlé, quoiqu'auparavant un de ses intimes amis. Suivant la coutume alors établie dans cette Eglise, l'adrfîinistration du temporel appartenoit au Prévôt. Jean s'en acquilloit depuis longtemps avec une infidélité et une indépendance si marquée, que Vazon, alors Uoïen de la môme Eglise, se crut obligé de l'en avertir. Vazon pour tâcher de remédier au mal, en faisant connoître le sujet pour ce qu'il étoil, prit le parti de lui écrire la Ietre dont il s'agit. Elle est en un style un peu vif et piquant, mais rempli de grands principes, et soutenue par de justes raisonnements, qui peu-

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venl servir à quiconque est chargé de l'administration des biensecclésiastiques, sous la dépendance de Supérieurs. On voit par cette letrc, que son Auteur avoil non-seulement un zélé tout de feu pour le bon ordre, mais qu'il possedoit encore le talent de mieux écrire qu'on ne faisoit communément en son siècle.

' Nous sommes redevables de ce monument à Anselme et p. ra-wu) i Leod. Alexandre Chanoines de Liège, qui l'ont inséré dans la conti- ^ r%p i8ï nuation des actes des Evôques de cette Eglise. 11 y a deux éditions de ces actes, l'une par Chapeaville, l'autre par Dom Martene. La letrc est tronquée en plusieurs endroits dans la première édition ; mais elle est entière dans l'autre.

' Les mêmes Chanoines ont fait entrer dans leur ouvrage un «an. ih. P. «97. fragment considérable d'une autre lelre de Vazon, mais fort ÎTp1 io0'! ïm différente dans les deux éditions marquées. Cette letre étoil écrite à Henri I Roi de France, qui méuiloit de faire la guerre à Henri le Noir, pendant qu'il étoit à Rome, occupé à se faire couroner Empereur. Ainsi la lettre fut écrite en 1010. On découvre dans ce fragment autant de force que d'éloquence. Aussi eut-elle son effet, en détournant le Roi de l'exécution de son dessein. 'Vazon lui en avoit déjà écrit au moins une autre sur le M»n. ib. p. wn. même sujet ; mais on ne nous en a rien conservé.

II ya dans le même recueil une troisième li tre de notre Pré- r>. fw. 901 1 i^od. lat en réponse a Roger II, Evêque de Chalons sur Marne, qui ,"'V« T'™* m Pavoit consulté touchant les nouveaux Manichéens, qui se répandoient en France. Roger, après avoir exposé à Vazon fes erreurs de ces hérétiques, le prioit de lui dire, s'il étoit permis, ou non, de les livrer au bras séculier pour les punir de mort4? Vazon, établit la négative, tant par des raisonnements fort sensés, que par l'autorité de l'Ecriture et des Pères, nommément la parabole de l'yvraie et du bon grain mêlés ensemble, qui vient tout naturellement à son sujet. Il montre d'ailleurs que le pouvoir qu'ont reçu les Ministres de l'Eglise, est un pouvoir de vie, non de mort, pour édifier, non pour détruire. Quant aux erreurs de ces hérétiques, il dit qu'il y avoit longtemps qu'elles avoient été proscrites par les Pères. Cette letre, qui mérite qu'on la lise, paroit presqu 'entière dans l'édition de Dom Marlene : au lieu qu'elle est tronquée dans celle de Chapeaville.

On auroit fait un recueil aussi utile que considérable, si l'on avoit été soigneux de recueillir les autres letres de notre sçavant Evêque. ' Ses Historiens nous apprenent qu'il étoit sou- Mari, ih. P m

31*2 OLBERT,

vent consulté, et qu'il se faisoil un devoir de répondre à tous y. 9o« i Uod. tus ceux qui avoient recours à ses lumières. ' Ils nous ont encore tb. p 303. soi. conservé un fragment de sa réponse à l'Empereur Henri le Noir, qui l'avoit consulté sur le dessein de donner un successeur au Pape Clément II ; quoique Benoit IX, auparavant déposé, fût encore en vie. Mais les deux éditions où se trouve ce fragment le représentent d'une manière forl différente l'un de l'autre.

OLBERT,

Abbe' de Gembloi.

HISTOIRE DE SA VIE

chr. p.Mi. '^vLbert' ne survécut que de sept jours l'E\êque Va- Uzon, son intime ami dès l'enfance, et fut comme lui p. M9. un Docteur célèbre en son temps. ' 11 étoit d'une famille honê-

te et chrétiene au diocèse de Liège, ou de Cambrai, en un lieu alors nommé Le de k va. N'étant encore qu'enfant > il fut mis à l'abbaïe de Laubes pour y élre élevé dans la connoissanee des Letres et de la Religion. Il y embrassa la vie monastique , à laquelle il paroit que ses parents l'avoient destiné. Les premiers progrès qu'il fit dans la v ertu et l'étude des sciences, annoncèrent dès-lois ce qu'il seroit un jour. A peine eutil pris quelque connoissance des sept Arts Libéraux, sous le sçavant Abbé Heriger, qu'il conçut une ardeur insatiable pour l'Etude. C'est pourquoi, lorsqu'il entendoit parler de quelque habile Maître qui excellât dans les Lctrcs, il y voloit aussi-tôt. Il parcourut ainsi plusieurs Ecoles célèbres; et plus il acqueroit de connoissances, plus il en desiroit acquérir. Il fut d'abord à S. Germain des Prés -à Paris, où il étudia quelque temps, sans négliger de profiter des exemples de vertu qu'il y eut sous les yeux ; la discipline régulière y étant alors en vigueur. De Pans il passa à Troïes, où il emploïa trois ans à perfeclioner ses connoissances ; et de Troïes il alla à Chartres prendre les leeons du docte Fulbert. Telles furent les voies par lesquel-

Tril. «cri. c. 308 | 1 ' Tntheme le nomme ladif/oremmoat Albert et Adelbwt.

hir. t. t. p. Jgg

ABBfi DE GKMBLOU. 393 ¥f0trip

les ' il se lit ce grand fonds de Literalure ecclésiastique et sé- «s* «en. «. ua. culiere, que Sigebert reconnoissoit en lui. l,eil,lK c',r lb

' S'étant ainsi enrichi des thrésors de la doctrine, Olbert retourna à Laubes, et y reprit avec son assiduité ordinaire les exercices du Cloître. Il commeriroit à peine à y jouir de auel- p. si9. mo. que repos, que Baldric Evêque de Liège l'envoïa à Bouchard nouvellement ordonné Evéquc 1 de Wormes. qui lui avoit demandé quelque habile homme, qui put l'aidera perl'ectioner ses études. ' Bouchard trouva en la persone d'Olbert tout P. sao. ce qu'il souhaitoit ; et quoique revêtu de la dignité épiscopale, il ne fit pas difficulté de se rendre son disciple. ' On jugea bien- ium. ij^ an. tôt de son progrès dans la science ecclésiastique sous la direc- b^L1 p. sir'1 tion de cet habile Mailre, par le recueil de Canons qu'il mit au jour dès 1007, ou l'année suivante. Le Prélat auroit fort souhaité de retenir Olbert à Wormes, pour avoir lieu de reeonnoitre les services qu'il lui avoit rendus ; mais Olbert préfera le parti de retourner à Laubes.

' Au bout de quelque temps, l'Evêque Baldric le lit élire G.mb chr.p.jno. Abbé de Gemblou, ou lîiblou, dont il prit le gouvernement $il en 1012, après avoir reçu la bénédiction abbatiale le vingtun de septembre de la même année. ' Dès ce moment Olbert fit p. s-m. son capital de remplir à la lettre tous les devoirs d'un bon Pasteur. Il trouva de quoi exercer son zèle ; le monastère étant extrêmement déchu et pour le spirituel et pour le temporel. Mais le vigilant Abbé travailla avec tant d'application et de sagacité à remédier à l'un et à l'autre, qu'il eut la consolation d'y réussir en peu de temps. ' Il en renouvella l'église et tous p. ->n. les lieux réguliers, et parvint à établir parmi ses frères une exacte discipline. ' Et afin de l'y maintenir solidement, il les p. sx. 5». appliqua à l'étude des livres Sacrés , des Ecrits des Pères et des autres Ecrivains Ecclésiastiques, dont il eut soin de fournir la bibliothèque de son monastère, jusqu'au nombre de plus de cents volumes, ce qui passoit alors pour fort considérable. Il voulut aussi qu'ils prissent quelque teinture des Belles Letres, comme utiles à acquérir la science ecclésiastique; et il * leur en procura cinquante volumes. Exemple instructif pour tous les temps, dans lequel on a une nouvelle preuve de la connexité entre la vigueur de la discipline et les bonnes Etu-

1' I.o Continuateur de l'histoire de* noine de Lieye, lorsqu'il éludioit sou» Sptc. i. fi.p. *91. Abbés de Laub<-s suppose par erreur, que Olbert ; et son erreur a été suivie juir plu- Bourhard n'était encore <ju* «impie Cha- sieur» Ecrivains.

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