‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 111 sur 214 · Tome VU. Eue · texte numérisé non relu

Tome VU. Eue

xr SIECLE.

frères de Glaber l'engagèrent à reprendre et finir son Histoire. Les motifs qui lui en firent naître le dessein, furent de voir que depuis le Vénérable Réde et Paul Warnefride, au commencement et à la fin du VIII siècle, personne ne s'étoit mis en devoir de conserver à la postérité ce qui s'étoit passe" dans l'Eglise et dans l'Etat.

e. i. P. 3. ' Glaber en conséquence se proposa d'écrire les princi-

paux événements, arrivés dans l'un et dans l'autre, depuis l'année 900 jusqu'au temps qu'il écrivoit : c'est-à-dire, comme on l'a déjà vu, jusqu'en Novembre 1046 au moins ; nonseulement en France, mais aussi dans tous les pais qui for-

Pr. p. 4. moient autrefois l'Empire Romain, ' ou comme il s'explique

lui-même ailleurs, dans les quatre parties du monde. Expression qu'il ne faut pas prendre à la letre, comme supposant que l'Amérique fut des lors connue, mais qui étoit

e. i. p s. s d'u-age, ' et dont noire Auteur tâche par des raisonnements mystiques au dernier point, de montrer la convenance avec les quatre Evangiles, les quatre vertus Cardinales, les quatre éléments, et enfin les quatre âges du monde; car il n'en compte pris davantage. Tel est le début de Glaber, qui ne prévient pas en faveur de son Histoire.

Aussi en a-t-il exécuté le dessein d'une manière fort défectueuse. Il n'y a ni bon goût, ni choix, ni ordre dans la plupart des faits, ni beaucoup de jugement. C'est un mélange confus d'Histoire Civile et d'Histoire Ecclésiastique, dans lequel l'Auteur a fait entrer des visions et apparitions nocturnes , avec d'autres minuties, qui ne devraient point paraître dans un ouvrage sérieux. A ces défauts généraux s', n réunissent plusieurs particuliers. Par exemple, il n'est

i < e. t> ne. pas toujours d'accord avec lui-même.' Il dit que Hugues li!s du Roi Robert fut couronné Roi, n'aïant pas encore divans accomplis, et qu'il mourut avant que d'avoir porté ce titre dix ans entiers, ce qui fait l'espace de dix-huit ans. Cependant il lui en donne vingt-huit : Ter dénis minus crevé-

Mai» «n. i. y, m. rat duolnts. ' Il faudrait lire A/> au lieu de ter; mais lesma-

chi>. i 5. r. i.P nnscrits portent cette dernière leçon. De même,' il place deux ans trop tard la mort de l'Empereur Conrad le Salique, et le mariage de Henri le Noir avec Agnès de Poi- Ben*, i j. p. tiers. ' D'autres ont remarqué ses fautes d'Etymologie et de Géographie.

Malgré tous ces défauts, l'Ouvrage de Glaber ne laisse pas

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M (UNE DE CLUN1. H>3 ¥ieitri

XI SIEC LE

uol. aut. p.

de contenir d'excellentes choses, tant pour l'Histoire généraie que la particulière. Il y en a même quelques-unes <ni'on chercherait inutilement ailleurs. Nous n'avons point d Historiens du temps, ' qui nous fassent mieux connoître que tiiab i. 3. 0. 4. lui, le Prince Hugues le Grand, (ils du Koi Kobert, el !' le B. Hené II Thrésorier de S. Martin de Tours. Ce qu'il nous apprend de celui-ci en particulier, mienne une suite presque entière de sa vie, et a été détaché de l'Histoire de Glaber, pour en faire un écrit isolé. ' Il se trouve de la sorte Nan.^nec^i. 3. dans quelques manuscrits, sur lesquels on l'a imprimé, p ir" sans seavoir qu'il fait partie de l'Ouvrage de notre Historien.

C'est apparemment en ne regardant Glaber, que par les beaux endroits de son Histoire, ' que le Cardinal Bona nous Bon. le donne pour un Ecrivain Ires-exact : Historiarum siti tem- 1*nsisaccurati$simmscriplor. 'LeCardinalIJaroniusrceonnois- iur. an. 990. p. soit aussi en lui delà fidélité, et lui reproche seul* ment d'à- ,H>* voir avancé que le Pape n'a pas plus «le juridiction sur un Diocèse étranger, que n'en ont les autres Evêques. ' C'est t.ub. 1 a. «. ». ce que Glaber entreprend de prouver effectivement, en parlant de la fameuse dédicace de l'Eglise de Beaulieu en Touraine. Quiconque souhaiterait avoir une plus ample notice de son Histoire, peut consulter la sçavanle Dissertation de-nisi .10 i\\ca«i. M. de la tourne de Sainte-Palayc sur ce sujet. rlS-Ma." 8 p'

' L'Histoire de Glaher a été imprimée pour la première j^'j- Fl '■ 1 lois par les soins de lierre Pithou, (jui l'a placée à la tète de son premier Recueil d'Historiens de France, imprimé à Francfort, in- fol. en 1391». Dans le litre l'Auteur est qualifie Moine d'abord de S. Germain d'Auvrre, puis de Cluni; et son Ouvrage y est annoncé comme ne contenant que quatre Livres, quoique l'édition comprenne les cinq. C'est sans doute sur ce titre erroné, que le Mire n'y compte non plus »n. me. .-. 31s.

3ue quatre livres, et que lui et les autres qui l'ont suivi, onnent à Glaber les mêmes qualifications.

Les Duchene ont donné dans la suite une autre édition iim-h.-*. ». » p. de Glaber, dont ils ont revû le texte avec soin sur un ancien manuscrit de la Bibliothèque de M. de Thou. 11 est placé à la tête du IV volume de leur Collection, imprimé à Paris en 1641, l'inscription annonce les cinq Livres que contient son Histoire, et ne donne* à l'Auteur que le simple Titre de Moine, conformément au manuscrit, comme il est à croire. ' Le P. le Long a avancé, que l'Histoire du Glaber a été u ung. bib. fr.

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XI SIECLE

Glab. I. 4. c. 4.

404 KAOUL GLABEK,

traduite dans les Chroniques de saint Denys. Mais M. de Sainte-Palaye assure, qu'après y avoir examiné avec attention tout ce qui regarde le temps où Glaber a écrit, il n'y a rien trouvé qui y ressemble tant soit peu.

2°. ' Glaber a composé un autre Ouvrage, qu'il publia avant son Histoire, dans laquelle il est annoncé. C est la vie du B. Guillaume Abbé de saint Bénigne de Dijon, dont il avoit été disciple, comme il a été dit. 11 étoit donc Mab aci, i. 8. p en droit de protester, ' ainsi qu'il fait dans la petite Préface qui se lit à la tôle, que ce qu'il entreprend d'écrire, il en avoit été témoin en partie; ayant appris le reste de personnes très-véridiques. Le Saint mourut en 1031; et Glaber écrivit en 1047 l'Histoire de son temps, dans laquelle il fait mention de cet autre ouvrage. 11 s'ensuit de-là, qu'il y mit la main peu de temps après Ta mort de saint Guillaume. L'Auteur l'adresse à tous les Fidèles, et s'y qualifie le dernier des Moines. Il a assez bien réussi à y pe indre le caractère, et décrire les principales actions du Saint. Mais son écrit ne suffit pas pour le faire entièrement connoitre. Reom p. U y a trois éditions. ' La première a été donnée par le

P. Pienv Rouvierc, dans son Histoire de Réomé, ou Mou- Bon. i.jan.p. 57. tier S.iint Jean, imprimée à Paris i«-4°. en 1C37. 'Au bout de six ans Bollandus publia de nouveau cette vie, avec quelques remarques de sa façon, au premier jour de son mois de Mai), ib. p. 330- Janvier. ' Enfin Dom Mabillon Va fait entrer, sur les deux éditions précédentes conférées à un manuscrit de S. Bénigne et à un autre, dans le VIII volume de sa Collection d'actes. Celle édition est préférable aux autres, non-seulement à raison des notes et des nouvelles observations dont elle est illustrée, mais aussi parce qu'on y a rectifié à la faveur des manuscrits divers endroits transposés, et qu'on y a joint en forme de supplément, ce que la Chronique de S. Bénigne nous apprend du B. Abbé.

j;iab. i. 5.c. i. p ( 3". ' Lorsque notre Historien ùenieuroit à saint Germain d'Auxerre, il renouvella les inscriptions des autels, effacées par l'injure des temps, et fit des épitaphes pour orner les * tombeaux des personnes illustres qui y a voient été enterrées.

Ce-s autels éloient au nombre de vingt-deux, ce qui montre que Glaber eut de quoi exercer sa Muse. Quoique ces inscriptions renouvellées, qui étoient en vers hexamètres, fussent biffées peu de temps après par un effet de l'envie, ou

MOIN E DE CLUNI. 405 xi siècle.

de la jalousie, il peut y en être resté quelques-unes, A cela près, on ne trouve point que Glaber ait composé d'autres poésies, ' qu'un petit poème en vers ïambiques rimés sur l 3 c. 9 p. la mort du Roi Hugues, dont il a été parlé, et un autre 3' en vers hexamètres sur le luxe et la dépravation des mœurs, qu'introduisirent en France les peuples d'Auvergne et d'Aquitaine, c'est-à-dire de Provence, en conséquence du mariage de Constance avec le Roi Robert, Glaner a inséré l'un et l'autre dans le dernier Chapitre du III Livre de son Histoire, (xn.)

Moine de Fléchi.

HISTOIRE DE SA VIE

HEl<;aud, 1 ou Helcai.i) qui mériteroit mieux le titre de Panégyriste que celui d'Historien, éloit contemporain de Glaber, dont on vient de parler. ' 11 nous apprend *>«• Rf,b- plui-même, qu'il avoit été Moine de Fleuri sous l'Abbé Gauzlin, qui réunissoit en sa personne cette dignité avec celle d'Archevêque de tiourgcs, et qui mourut en 1029. De-là il est à présumer, qu'Helgaud avoit étudié sous Abbon, ou sous Constantin, son successeur dans la direction des Ecoles de Fleuri. Mais s'il y fit du progrès dans les autres connoissances litcraires, il "ne seul guéres profiter de leurs leçons pour apprendre a bien écrire. Son stile est effectivement si peu naturel, ou pour mieux dire, si affecté, si rude, si obscur, qu'on n'y rcconnoilroit jamais un disciple d Abbon.

L'on ne peut d'ailleurs s'empêcher de convenir, qu'Helgaud étoit nomme de mérite et de piété. C'est ce que fait juger la part singulière qu'il aveit à l'honneur dès bonnes grâces du Roi Robert, qui ne contractoit ordinairement d'étroites liaisons qu'avec des personnes de ce caractère.

I ' Pour-vin le nomme HeU'acitus , sius. Mais c'est par corruption. ''os*, app I . J p.

on Hclgacidus, suivant la leçon de Vos- ,,.' *.. •

XI SIBCLB.

40IÏ HELGAUD,

Non-seulement, il avoit un libre accès auprès de ce Prince, qu'il regardoit comme son pere, il ose même dire, i». ™ comme sou ami, amicus de amico, dilectus de dilecto ; ' mais

p 7,i encore Robert aimoit véritablement Helgaud comme son

p. 75. 76 fils, affectu diligebat paterno. ' Les preuves qu'en donne notre

Ecrivain sont concluantes, et ne permettent pas d'en dou-> p. 7»> ter. ' Helgaud a\oit un autre illustre ami en la personne d'O-

dolric, Evèque d'Orléans, sur l'amitié duquel il pouvoit compter, jusqu'à en obtenir tout ce qui seroit conforme aux régies de l'équité.

p 7i ' Gauzlin avoit aussi des égards particuliers pour Helgaud.

11 le choisit pour prendre soin de faire construire sur le fonds de l'Abbaye de Fleuri, une Chapelle sous l'invocation de S. Denis èt de ses Compagnons. Helgaud ne la fit d'abord

p. 75. que de buis. ' Le Roi Robert étant allé dès lors la visiter par

dévotion, y fil des présents, et l'enrichit peu de temps après de quelques Reliques des Saints Martyrs. Un embrasement inopiné l'aïanl ensuite réduite en cendres, Helgaud trouva le moïen de la rebâtir de pierres. Et afin d'apprendre à ceux qui . y iroient prier, que c'éloit son ouvrage, et de les engager à se souvenir de lui dans leurs prières, il mit à droit et à gauche de i'Autel deux inscriptions en Vers, dans lesquels il a eu soin de se nommer, et de reclamer les suffrages de ceux qui les liroient. On peut tirer de-là, qu'Helgaud étoit Prêtre, puisqu'il étoit chargé de deservir cette Chapelle.

p. 7*. 76. Entre ses autres bonnes qualités, ' il avoit la reconnoissance en grande recommandation. C'est ce qu'il montre par les prières qu'il fait pour le bonheur éternel de ses bienfaicteurs, lorsqu'il parle de leurs bontés à son égard.

Il seroil difficile de fixer précisément le terme de sa vie. Il est certain qu'il a vécu au-delà de 1033, qui est l'époque

p. 7v de la mort d'Odolric, E'vêquc d'Orléans, ' dont il parle

comme d'une personne qui n'étoit plus au monde. II y a même beaucoup d'apparence, qu'il n'écrivoit qu'après 1042 : c'est-à-dire, après que le Roi Henri, fils de Robert, se fut signalé contre Etienne, Comte de Champagne, Galeran de Meulan et les factieux de Normandie, qui refusoient de reconnoitre Guillaume le Bâtard pour leur Souverain. Ce qui

p -T9. en fait ainsi juger, ' est la fin de l'ouvrage d'Helgaud, où

parlant de ceux qui entreprendroient d'écrire les exploits militaires du Roi Robert, il dit qu'ils y trouveroient matière

XI SIBCLE

à faire paroître le pere et ses (ils, comme de grands Capi-

Le Long.

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