Tome VIL Fff
xi siècle. 410 SYRUS ET ALDEBALD,
. jesqUejg Syj.us est entré, montrent qu'il étoit bien instruit des actions du Saint. Il en a cependant omis plusieurs intéressantes. De sorte que, bien qu'il soit celui de tous les Historiens de S. Maieul qui a le mieux réussi à traiter cette riche matière, son ouvrage n'est pas suffisant pour le faire pleinement connoitre. C'est ce qui a fait prendre le parti à Dom Mabillon d'y suppléer par un éloge historique du même Saint , qu'il a tiré des Archives de Cluni , et des anciens Ecrivains. Du reste il y a beaucoup d'ordre dans ce qu'en rapporte Syrus; et le style qu'il y emploie, quoiqu'un peu p- *>r «j*. 809. dilfus, est "tolerable pour le temps. ' Il a inséré dans le troisième Livre trois petites pièces de vers, par où l'on voit non-seulement qu'il s'exerçoit quelquefois à la versification, mais aussi qu'il y réussissoit moins mal que presque tous les autres Versificateurs ses contemporains. Dans tout ce qu'il nous apprend de S. Maieul, il n'insinue nulle part, qu'il l'eut connu personnellement. D'où il suit, qu'il ne s'étoit rendu Moine à Cluni, qu'après 994, qui est l'année de la mort de ce grand Abbé.
p. set. n. s. Bon. ' Après celle de Syrus, Aldebald ne regardant pas son h^nui. p. 668- ouvrage comme parfait, entreprit d'y faire des additions.
C'est ce qu'atteste Reimbaui.d, autre Moine de Cluni, dans une épigramme d'une trentaine de grands vers, qu'il mit à la tête de la copie qu'il fit peu de temps après, de l'ouvrage ainsi retouché par Aldebald, dont il relevé beaucoup le Mab. ij. travail. ' Mais l'écrit de Syrus se seroit lort bien passé du service que ce Reviseur a prétendu lui rendre. 11 ne faut pas croire, que par les additions qu'il y a faites, il ait suppléé aux omissions de l'Auteur original. Elles ne consistent qu'en des Préfaces, qu'il a mises au devant de chacun des trois Livres, et en grand Fiombre de vers de sa façon, qu'il y a ajoutés, et intercalés dans le corps de l'ouvrage. Toutes pièces superflues; puisqu'elles ne nous apprennent rien de nouveau touchant S. Maieul, et dont quelques-unes, sur-tout la première Préface, sont si obscures qu on a peine à en saisir le sens. Du reste il a laissé le texte de Syrus tel qu'il étoit sorti de sa plume. Seulement il en a retranché sa Préface, abrégé quelques endroits du commencement, et y a ajouté une courte relation de la prise de l'isle de Lerins par les Sarasins, et de la barbarie qu'ils y exercèrent du temps de l'Abbé S. Porcaire. C'est par-là qu'il débute, sans montrer
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quel rapport peut avoir ce trait d'histoire avec la vie de S. Maieul. Aldebald a conservé la division de Syrus ; mais il a partagé le troisième Livre en deux Parties.
Il est visible par ce qui a été dit, que Syrus avoit publié son ouvrage avant 1049; puisqu'il est dédié à saint Odilon, qui mourut le premier jour de cette môme année. Il y a même des preuves, que l'ouvrage précéda cette époque d'un temps considérable. Il est en effet ' un de ces écrits, aux- Bon. a>. p. 687quels saint Odilon, qui a fait aussi à son tour une vie de S. *88" 10- Maïeul, renvoie ses lecteurs, et dont il relevé extrêmement le mérite: voluminaà doctissimisvirisordinata, sensu catholico, calamo conscripta rhetorico. En nommant de la sorte plusieurs écrits sur ce môme sujet, il est hors de doute qu il y comprend celui d' Aldebald, parsemé de vers, comme on l'a dit. C'est ce que confirme le reste du passage cité de saint Odilon : Et in quibusdam locis métro varia/a dactylico. Tous ceux qui depuis Syrus ont écrit sur saint Maïeul, ont beaucoup puisé dans son ouvrage. Un Anonyme en particulier, dont on va bien-tôt parler, le copie quelquefois mot pour mot.
' Aussi Dom Mabillon lui a-t-il donné la préférence ; îkb. u>. p. u*n'aïant imprimé que lui entre tous les Historiens de saint 8i0* Maïeul. Cet Editeur est même le seul, qui jusqu'ici l'ait publié dans sa pureté, et dégagé des ornements superflus d' Aldebald. Il l'a placé dans le VII volume de son recueil d'actes choisis, ' où il est précédé de l'éloge historique dont on p. 760-786. a parlé, pour suppléer à ce qui manque à la narration de Syrus. ' Les successeurs de Bollandus, qui n'avoient pas Bon. mai. t. 7. p. d'abord connoissance du texte pur de cet Historien, en ont 684 n" *" réimprimé la préface d'après Dom Mabillon , avec les mêmes lacunes qui se trouvent dans le manuscrit de saint Martial de Limoges, d'où le premier Editeur a tiré l'ouvrage.
' Celui d'Aldebald a été mis au jour la première fois, sur n. mai. p. «esplusieurs manuscrits, par ces mêmes successeurs de Bollan- m' dus, qui l'ont accompagné de deux autres Historiens de S. Maïeul , et ' de quelques observations préliminaires. ' Mais p. 657. n. t. 3. s'étant apperçu dans la suite, qu'il leur y étoit échappé plu- 7 p' 683"687 sieurs fautes, ils ont eu soin de les corriger avec une humilité aussi édifiante qu'instructive pour toute sorte d'Ecrivains, dont il n'en est point qui soient infaillibles. 'A la tête de cet n. mai. p. eesécrit se lit l'épigramme de Reirabaud , que Dom Mabillon m'
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Clou. bib. p. 1763 ITM.
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m*, ib. P. 810- a réimprimée en partie. ' Il a aussi détaché de récrit d'Alde- 811, bald, la petite relation qui concerne les ravages de l'Isle de
Lerins par les Sarasins, et la transportée à la fin de l'ouvrage de Syrus.
Après Syrus et Aldebald, plusieurs autre» Ecrivains exercèrent encore leur plume sur l'histoire de saint Maïeul, dès ce siécle-ci et le suivant. Outre saint Odilon et Nalgod, qui sont du nombre, et dont on parlera en leur temps, deux Anonymes l'entreprirent aussi, et l'exécutèrent à leur façon. ' Il y a de l'un une vie de ce Saint, imprimée dans la Bibliothèque de Cluni, laquelle a paru aux Editeurs être l'ouvrage d'un Moine de Souvigni, où le Saint fut enterré, et où s'est trouvé le manuscrit sur lequel elle a été publiée. Quel qu'en soit l'Auteur, il en a pris tellement tout le fonds dans Syrus, qu'il copie à la letre plusieurs endroits de son écrit. Il Don. ib. p. 657. l'abrège en d'autres, et le paraphrase quelquefois. ' De sorte que cette vie ne contient rien qui ne soit plus exactement dans l'original. C'est pourquoi les Continuateurs de Rollandus lui ont refusé une place dans leur Collection, cinn. iib. P. 1783- ' Le travail de l'autre Anonyme sur saint Maïeul, est encore une vie abrégée, qui se trouve à la suite de la précédente dans le même recueil. Il est clair, que cet Abreviatcur a encore tiré tout ce qu'il dit, de l'ouvrage de Svrus. Il faut en excepter le très-court abrégé qu'il donne à la fin de son écrit, des miracles de saint Maïeul opérés à son tombeau, desquels Syrus n'a point parlé. L'Abrevialeur nous apprend aussi le nom du pere de ce Saint, que son original ne lui a point fourni. Il n'est pas moins visible qu'il nous manque au moins les deux tiers de cet abrégé , soit par la négligence des copistes, ou autrement. La preuve en est p. 1784. sans réplique ; ' puisque ce qui en est imprimé, passe brus-
quement de rarchidiaconat de saint Maïeul dans l'Eglise de Maçon , au temps de sa vieillesse, et ne contient rien ni de son entrée à Cluni, ni de son élévation à la dignité d'Abbé, ni de ses autres actions les plus éclatantes dans l'exercice de cette charge. 11 y manque ainsi l'abrégé de dix-huit pages entières de l'original. Il est néanmoins évident par ce qui en reste, que l'Abreviateur avoit dessein d'abréger de suite et par ordre l'Auteur sur lequel il a travaillé. Cet abrégé a été fait avec un certain bon goût, et beaucoup de jugement, quoique les consonances y soient fréquentes v et quelquefois
affectées ; il peut appartenir au siècle qui nous occupe ; et il y a de l'apparence, qu'on l'avoit fait pour servir à l'Office du Saint.
Il y a encore sur l'histoire de saint Maïcul , une relation de ses miracles divisée en deux livres, chacun avec sa préface. 'Elle se trouve à la suite de l'ouvrage de Syrusdansle Mai>. u». P. 76*. manuscrit de saint Martial de Limoges, dont il a été parlé. n* 6* Mais elle n'appartient point à cet Historien ; ' quoique son Bou. u> p. 69i. Auteur avertisse qu'il l'a faite par ordre de saint Odilon. *' Outre qu'on n'y reconnoit pas le style de Syrus, ' celui qui ciua.hib. p.nw. lui a prêté sa plume dit avoir mis au devant un abrégé de la vie du Saint : Compendiosa,prout scire potuimus, descripsimus raiione, ce qui ne convient pas à son principal Historien. ' Aus- u». I Bon. u>. p. si la croit-on d'un Moine de Souvigni, le même sans doute 657 ' n' 3' qui est Auteur du premier abrégé, dont on a rendu compte, t'est ce qui est confirmé, non-seulement par un manuscrit de Fecam, où cette relation est à la suite de cet abrégé, quoique l'autre abrégé de la même vie soit entre deax ; mais aussi par quelques circonstances décisives, tirées de la relation même. On a déjà vû que l'Aoteur l'a entreprise par ordre de saint Odilon : Circonstance qui convient a un Moine de Souvigni, dont saint Odilon étoit le Supérieur général, en qualité d'Abbé de Cluni. ' Cet Ecrivain se donne pour té- Boii. a> p.»i n. moin oculaire du premier miracle opéré au tombeau de saint 1 Maleut, qui fut enterré dans son monastère. Enfin il n'en rapporte presque point d'autres que ceux qui se firent au même tombeau.
Sa narration annonce un Ecrivain de bonne foi, et fort au fait de ce qu'il écrit. ' Mais elle contient peu de choses in- mj>. û>. iéressantes. C'est pourquoi Dom Mabillon n a pas jugé à propos d'en grossir son Recueil. Nous en avons deux éditions, qui doivent suffire : ' l'une dans la Bibliothèque de Cluni, sur cinn. wb. P.i787un Manuscrit de Souvigni, où se trouvent les deux Abrégés ,8U' de la Vie ; l'autre dans la grande Collection des Bollandistes, Bon. a», p sur un manuscrit de Fecam, tout semblable à celui de Sou- m vigni.
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Abbe' de Cluni.
HISTOIRE DE SA VIE
Abbo. ep. p. 406. '/-xDilon, qui brilla entre tant d'autres Abbés de son j m*j>. an. i. m. temps, illustres par leur science et leur vertu, sortoit d'une noble et ancienne famille, qu'on croit être celle des Mab. «et. t. s. p. Seigneurs de Mercœur. ' Il nàquit en Auvergne en l'année 680 962, et eut pour pere Berald, surnommé le Grand, et pour
mere Girberge, qui se fit ensuite Religieuse à l'Abbaïe de S. Jean d'Autun. ' Dés son enfance il fut mis dans le Clergé de S. Julien de Brioude, où son avancement en âge fut marqué par le progrès qu'il faisoit dans la connoissance des Letres et la pratique de toutes les vertus. L'attrait qu'il se sentit pour la perfection évangélique lui inspira ensuite le désir p. s», n. as. de quitter le monde. ' Le B. Guillaume, depuis Abbé de S. Bénigne, aïant eu occasion de le voir, le confirma dans p.68i.D. a. son dessein; 'et S. Maïeul passant par Brioude, acheva de le déterminer.
n. 3. i Hag. pi. ' En 991, Odilon quitta donc son pais et ses parents, et se «' iP iMn!Ï9b' retira à Cluni, où le même S. Maïeul lui donna l'habit Monastique. Il n'avoit pas encore fini le temps de sa probation lorsque le S. Abbé, déjà chargé d'années, jetta les yeux sur lui pour en faire son successeur. Ce choix, en quoi il n'y avoil rien que de conforme à ce qu avoient pratiqué tous les autres spie. t. 6. p. 425. Abbés de Cluni, ' se fit peu après avec cérémonie, en présence de grand nombre de personnes de presque tous les Adem. chr. P. états , Evêques, Comtes , Abbés et simples Moines. ' Le ,68, Roi Hugues Capet, qui fut, ce semble, consulté, y ap-
plaudit comme les autres. Odilon fut le seul qui y résista. Mab. ac». ib. d. 4. H eut encore plus de peine à y consentir, lorsqu à la mort de S. Maïeul en 994, il lui fallut exercer seul les fonctions d'Abbé.