ABBÉ DE CLUNI. 415 XI SIECLE
' Il possédoit tous les talents nécessaires pour y réussir avec p. œ*. » s fruit. Quoique de médiocre taille, il scavoit réunir ensemble un air de gravité et d'autorité, avec un air affable et gracieux. Celui-ci le faisoit autant aimer des bons, que l'autre craindre des méchants. ' Doué du don de la parole, jusqu'à ib. i an», «p. p. être éloquent, il avoit le secret de proportionner ses discours 406' aux divers sujets dont il avoit à parler. La douceur et les grâces en étoient toûjours inséparables, comme une humble modestie 1 etoit de l'usage qu'il faisoit de son sçavoir.
' Son premier soin fut de régler sa conduite sur celle des Mab. u>. o. 4. Saints de l'antiquité. A leur exemple, ' tout le temps que lui n. e. laissoient ses autres devoirs, étoit partagé entre la prière et l'étude. 11 acquit par-là une grande intelligence de l'Ecriture, et ce fonds de doctrine qu'on trouve en partie dans ses Sermons et ses autres Ecrits. Autant il fut soigneux de cultiver lui-même les Letres, autant il eut d'attention à favoriser et exciter les Eludes dans les Monastères de sa dépendance. On a vu que ce fut par son ordre que Raoul Glaber composa l'Histoire de son temps, Syrus la vie de S. Maïeul, et un autre Ecrivain la Relation de ses Miracles.
' La réputation que se fit alors l'Abbaïe de Cluni par sa p. 657. n. 93. doctrine et la sainteté de ses mœurs, la rendit encore plus célèbre qu'elle n'étoit, dans toute la France et les Fais étrangers. Ce fut aussi ' ce qui mit S. Odilon en une si haute p- «3. »• estime, et lui acquit tant de crédit auprès des Papes, des Evôques, des Empereurs, des Rois, des Princes, et qui faisoit que tout le monde souhaitoit l'avoir pour pere et pour ami. 'Les Papes Sylvestre II, Benoit VIII, Benoit IX, Jean &■ 1 p- «m. 0.96. XVIll , Jean XIX et Clément II avoient pour lui les mômes égards, que s'il eût été leur propre frère. ' Trois Evê- p- ws-ioe. ques, Sanche de Pampelune, Gautier de Màcon , et Ledbald, dont on ignore le Siège, avoient conçû un si vif attachement pour le nieux Abbé, qu'ils allèrent à Cluni vivre sous sa conduite. Fulbert de Chartres, qui'étoit en relation j^b* «p- e6*6^ de letres avec lui, l'honoroit comme son Maître, et le consultoit, comme s'il l'eût été xéellement.
' Les Empereurs Otton III, S. Henri, Conrad le Salique, JgJ ^ ?;*f Henri le Noir son fils, l'Impératrice Sainte Adélaïde, aïeule p "388 389 " i'adu premier, les Rois de France Hugues Capet et Robert, «5!* 6br" p" 17f" ceux d'Espagne Sanche, Ramir et Garsias, S. Etienne Roi de Hongrie, Guillaume le Grand, Comte de Poitiers : tous
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s'étudièrent à donner à l'homme de Dieu des marques sensibles de la bienveillance et de la vénération qu'ils lui porto, p- mi- toient. ' S. Henri en particulier, l'attiroit de temps en temps à p. 173. sa Cour, pour jouir de ses pieux entretiens. ' Le Comte de
Poitiers, le regardant comme un temple vivant du S. Esprit, lui avoit donné toute sa confiance, et lui so&mit plusieurs Monastères de ses Etats. Odilon en conséquence y établi! les observances de Çluni. Il rendit nommément ce servite h p. 16"». S. Jean d'Angeli en Saintonge. 'Le Roi Hugues Capet vou-
lut aussi qu'il réformât l'Abhaie de $. Denys. ««bjb. p- «10- ' Il en reforma quantité d'autres, et en établit même de nouveaux , tant en Italie et en Espagoe , <ju'eu France et «n Boulogne. Sur la fin de ses jours, U fonda dans une Terre de sa famille le Monastère de la Voûte. Quelque amour . u>. p. 386- qu'il eût pour la pauvreté, ' jusqu'à prendre pour lui et pour ses frères la qualification de pauvres de Cluni, et quelque Mab. ui. p. 684. tendresse qu'il eût pour les indigents ' jusqu'à vendre les yases n- 9# Sacrés, et les autres choses les plus précieuses pour soulager
p. 687. leur misère, ' il n'épargnoit cependant rien pour les orne-
ments et la décoration de ses Monastères. Il avoit sur-tout grand soin de les fournir de livres convenables.
Une vie remplie de tant de brillantes actions, est assurer ment un grand sujet d'éloge pour Odilon. Mais rien n'est plus ciab. i. j.t 4. p. glorieux à sa mémoire, ' que le refus persévérant qu'il fit J7'is7.TsSc.c!b.' d'accepter l'Archevêché de Lyon , principalement en un p. 387-388. temps où l'ambition et la simonie étaient si communes. Le Clergé de cette Eglise d'accord avec le peuple, avoit jette les yeux sur le S. Abbé pour en faire leur Archevêque. Le Pape Jean XIX ravi de ce choix, lui envoïa l'anneau et le pallium, avec ordre d'accepter cette dignité ; et voïant que tout cela n'avoit pû l'ébranler, il y joignit les motifs les plus pressants et la menace d'encourir la disgrâce du S. Siège. Ce fut en vain ; Odilon persista dans son généreux refus. <0*ieles Odilons sont rares en tous les temps ! Mab ib. p. 673. ' Enfin accablé de travaux et de vieillesse, il mourut à 676. 688. 690. Souvigni , dans le coyrs des visites de ses Monastères, la nuit du samedi au dimanche premier jour de Janvier 1049, 4. dans la quatre- vingt septième année1 de son âge, et la
Mallua. chr. p. 1 II s'eM etiisé plus d'une fanto dans la gouvernement.' Elle ne loi donne qoe
xrn^oitïï-^.&'VJ, s» tau* -
cinquante-
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xt SIECLK.
cinquante-sixième de sa prélature. Il fut enterré au même
lieu ; et l'Eglise célèbre sa mémoire au jour de sa mort. Sa sainteté fut attestée par le don des miracles, dont Dieu le gratifia avant et après son décès. ' lotsauld un de ses disci- P. 679-700 pies, qui a écrit sa vie avec une certaine éloquence, nous en a laissé un fort long détail. ' La letre circulaire des Moi- p. «73-675 nés de Souvigni sur sa mort, adressée à Albert Abbé de Marmoutier, comme il semble, atteste la même chose. ' p. 67t-67*. 1 cin. Grand nombre d'Ecrivains du même siècle et des suivants p' 339":M4 sont pleins des éloges du saint Abbé.
' Son caractère dominant étoit un grand fonds de bonté, Hug fi. chr. p. qui lui a fait donner le surnom de pieux, ou debonaire. ' Il m™ , jb p eta. aisoit, au rapport de saint Pierre de Damien, un de ses Pa- n 107negyristes, que s'il avoit à être reprouvé, il aimoit mieux l'être pour avoir péché par trop de douceur, que pour avoir usé de trop de sévérité. ' Une des actions qui l'ont rendu le plus p «*V6«« célèbre, est l'institution de la commemoraison générale des Trépassés, qu'il établit d'abord pour tout son ordre en particulier, au second jour de Novembre, et qui passa bien-tAt à l'Eglise universelle. ' M. du Pin voudroit aussi lui transpor- Dupin. 10 »ie. P ter l'noneur d'avoir institué la fête de tous les Saints. Mais 165 nous avons montré ailleurs, que son établissement a précédé de plus d'un siècle les temps de saint Odilon. Entre ses autres tonnes œuvres, ' on compte les mouvements qu'il se Man. an*-. 1. 1. donna pour faire observer la trêve de Dieu, en quoi il agit puis- îliflj,^"' Fl samment.
Aux trois Evêques déjà nommes entre ses plus illustres disciples, ' il faut joindre un Richard Evêque en Hongrie, «.ib.jt.. p tau. auparavant un des confidents du saint Abbé et des compa- n xi snons de ses voiages. Les Abbés qui se formèrent sous sa discipline, et devinrent ensuite célèbres par leur sainteté de vie et leur doctrine, sont sans nombre. Nous nommerons seulement ' saint AlftVr premier Abbé de Cave en Italie; p. «xuno Adrald, Abbé à Brème; Paterne et Garsias en Espagne, où ils répandirent avec succès la Règle de saint Benoît , avec les observances de Cluni; saint Hugues, successeur immédiat de notre Saint. Il ne faut pas oublier l'illustre Prince Casimir, fils de Misceslas II, Roi de Pologne, qui s'étant rendu Moine à Cluni sous le B. Olidon, fut ensuite contraint d'en sortir, pour prendre les resnes du roïaume. Entre ceux qui se sont distingués dans les letres, on doit