Tome VII. Ggg
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: compter Raoul Glaber, Syrus, Aldebald, desquels il a été
déjà parlé, et Iotsauld, Historien de notre pieux et sçavant Abbé, l'un des plus polis et plus judicieux Ecrivains de •n i. m. n. i8i9. son siècle. On peut leur associer' un Jean, Moine Italien, d'abord disciple de saint Romuald, qui dès le commenctment de ce siècle se retira à Cluni, pour s'instruire lui-même des usages de ce célèbre monastère, dont il écrivit deux livres, étant encore sur les lieux. Son ouvrage se trouve dans la Bibliothèque du Vatican.
SES ECRITS
NOi's avons observé ailleurs d'après un Ecrivain de Cluni même, que depuis saint Odon la Literature étoit devenue un bien héréditaire à l'égard des autres Abbés ses successeurs. S. Odilon ne laissa point inculte ce précieux héritage, malgré la foule des occupations inséparables de sa dignité. L'on a vu qu'il trouvoit encore du temps pour donner à l'Elude; et il nous en est venu diverses productions.
1°. Il y a de lui une vie de l'Impératrice Sainte Adélaïde, femme de l'Empereur Ollon !, mort en Décembre 99'.>. canin, b. t. s. par. On ne peut assez s'étonner, 'de ce que M. Basnage, hom- 1 p" 71 me d'esprit et de seavoir, ait tenté sur des raisons préten-
dues, qui se détruisent les unes les autres, et qui le trahissent lui-même, de ravir à saint Odilon l'honneur de cet ouvrage. Ce n'est pas assurément par principe de conviction, qu'il a pris ce parti. Nous laissons à d'autres à juger du motif qui r 7i> l'y a pu déterminer. Il est vrai ' que le manuscrit sur lequel
Canisius, premier Editeur de l'ouvrage, l'a publié, ne portoit point le nom de son Auteur. Mais Canisius avoit eu soin d'avertir sur le témoignage de Lupold de Bamberg, que ce nom se lisoit dans d'autres exemplaires répandus en Bourgogne et en Allemagne. D'ailleurs M. Basnage avoit connoissance de l'édition faite par Dom Marrier et du Chesne, à la tête de laquelle est une petite préface de l'Auteur, qui s'y nomme formellement, Préface que les premiers mots du corps de l'ouvrage supposent visiblement ; puisqu'ils en sont une induction , comme le montre Yiyitur : In hujus igiturœtit-
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lis, etc. Enfin le style, et tous les caractères sous lesquels l'Auteur se représente, conviennent sans équivoque à saint Odilon, à qui tous les autres critiques ne font aucune difficulté de donner cet écrit.
Malgré toutes ces preuves décisives, ' M. Basnage pré- P 7i. tend que c'est la production d'un courtisan affamé, qui faisoit sa cour à l'Impératrice pour en obtenir des charges et autres faveurs. N'importe qu'elle ne fût plus au monde, lorsqu'il en écrivoit l'histoire. N'importe que ce prétendu courtisan reconnoisse saint Maïeul pour son pere. N'importe ' qu'il p 79. n. u. se qualifie lui-môme Abbé, et qu'il nous apprenne avec une humble modestie, que la pieuse Princesse un moment avant que de mourir, prit dévotement l'habit négligé de l'Auteur , qui se trouvoîl présent, et le baisa comme une Relique, en se recommandant à ses prières et à celles de ses frères. De bonne foi reconnoit-on ici un Courtisan ambitieux?
Il est donc clair que les faux raisonnements de M. Basnage ne peuvent rien contre la possession où est saint Odilon de l'ouvrage dont il s'agit. ' 11 n'y mit la dernière main tout au p. «*. plutôt qu'en 1046, lorsque Henri le Noir étoit déjà Empereur. Comme la sainte Impératrice lui avoit donné une part singulière à sa confiance, et qu'il possedoit le talent de bien écrire pour son siècle, il étoit fort en état de réussir dans cette entreprise. Aussi l'a-t-il exécutée avec beaucoup d'ordre, en Ecrivain aussi judicieux que bien instruit de ce qu'il raconte, et qui est entré dans un juste détail, sans donner dans une prolixité ennuieuse. Le style qu'il y a emploie, est clair, concis, agréable, et respire un air de pieté ; quoiqu'il y ait un peu suivi le goût du temps, qui étoit pour les consonances, et les vers intercalés dans la prose. ' S. Odilon ciun. bib. 1» ™. néanmoins n'avoit pas lui-même une idée si avantageuse de son ouvrage. Son humilité ne le lui faisoit regarder que comme une espèce d'épitaphe mal écrite, qu'il n'avoit entreprise que pour faire naitre à quelque habile homme , l'occasion d'emploïer sa plume à traiter une si riche matière.
Il a divisé son écrit en deux livres, dont le premier contient l'histoire de la vie de son Héroïne, et l'autre la relation de ses miracles. ' L'Auteur le dédie à André Abbé de Saint n»id Sauveur de Pavie, et à tous les frères qui vivoient sous sa discipline. Il n'en donne point d'autre motif, sinon que leur monastère reconnoissoit sainte Adélaïde pour sa fondatrice.
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Saint Odilon n'y prend que la qualité de frère, et du plus
méprisable de tous les pauvres de Cluni : Frater Odilo, Ciunierisiumpauperum cimctorumperipsema. Quand l'Auteur ne s'y seroit pas nommé, on l'y reconnoitroit à la qualification
spic. t. » P..T8U- qu'il donne à sa communauté. L'on voit effectivement par ses lelres, qu'il se plaisoit à la nommer la communauté des pauvres de Cluni.
Outre l'histoire de la Sainte Impératrice, on apprend de l'écrit de saint Odilon plusieurs traits des coutumes alors
r.iim bib. i« 36i. en usage dans l'Eglise. Une des plus remarquables ' étoit l'adoration rendue à l'Eucharistie : ce que l'Auteur de la Perpétuité de la foi a déjà fait observer, contre le Ministre Claude, qui prétend faussement, que cette coutume ne s'est introduite qu'après Berenger.
c™*. b. ib. P. ' Canisius est le premier qui ait publié cette vie de Sainte Adélaïde. 11 la donna sur un manuscrit de l'Abbaïe de Saint Magne, au bout du pont de Hatisbone en Bavière. Depuis on l'a insérée dans les dernières éditions des actes des Saints
ami. »»ib. P. 3.%»- par Surius. ' Dom Manier et du Chesne l'aïanl trouvée dans un manuscrit plus entier que celui de Canisius, lui ont donné place dans leur Bibliothèque de Cluni. Cette édition e?t la seule où se trouve la préface-, ou épître dédicatoire de
lf%»m brun*' ' ^uleur* En 1707 M. de Leibnitz fit entrer l'ouvrage de S. Odilon dans son recueil de monuments sur l'Histoire du
ca..is H.ib. ;..6:i- duché de Brunswick. ' Enfin M. Basnage renouvellant en 1725 la Collection de Canisius, l'y a réimprimé avec quelques remarques de sa façon, dont quelques-unes sont fort déplacées.
A la fin de toutes ces éditions se lit une hymne, avec cinq oraisons pour l'office, et la Messe de sainte Adélaïde. Mais on n'a point d'autre preuve pour les croire du même Auteur que la vie, sinon qu'elles se trouvent à sa suite dans les manuscrits.
2°. Quoique Syrus et deux autres Ecrivains eussent déjà fait la vie de saint Maïeul, et que saint Odilon eût connoissance de leurs écrits, dont il relevé le mérite, comme on l'a vu plus haut, le S. Abbé ne laissa pas d'entreprendre lui-même de traiter le même sujet. Mais il l'a exécuté plutôt en Panégyriste qu'en Historien : de sorte que son ouvrage est cm., bib.,..*™. moins une histoire, qu'un éloge de saint Maïeul. t L'Auteur l'adresse à Hugues, qui fut depuis son successeur, et à Al-
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mai. |».
manne, autre Moine de Cluni, à la censure desquels il le soumet. On juge par-là, que Hugues et Almanne étoienl hommes de letres ; et Ion y a en même temps de nouvelles preuves de l'humilité d'Odilon. Il nous apprend qu'il fit cet écrit lorsqu'il étoit à Romans , monastère en Dauphiné , dépendant de Cluni, par le motif de chercher quelque consolation à la douleur que lui causoient les malheurs du temps.
'L'écrit a été publié pour la première fois par les soins de Sur. n Surius, qui en a abrégé quelques endroits, retranché quel- ,(i6",7i aues autres, et changé le style à sa mode. ' Il a paru ensuite cion. bit». p n»dans la Bibliothèque de Cluni, où on lui a rendu sa première *90, intégrité. En dernier lieu ' les continuateurs de Bollandus Boll. 11. m.ii. i>. l'ont donné sur l'édition précédente, conférée à divers ma- mAmnuscrits, et l'ont illustré de leurs observations.
3". Notre Saint et sçavanl Abbé laissa de sa façon plusieurs sermons, ou discours familiers sur divers sujets. ' lot- Mai>. *-t. t » ,.. sauld, son Historien, en parle comme de pièces capables de mLn- fi faire connoitre tout à la fois l'orthodoxie de la foi de leur Auteur, l'intelligence qu'il avoit des divines Ecritures, et quelle étoit la douceur de son éloquence.
' On en a imprimé quatorze sous son nom dans la Biblio- uun. Mb j> mthéque de Cluni, d'où ils ont passé au bout de peu d'années 108 dans la Bibliothèque des Pères imprimée à Cologne, ' puis hîi.. pp. i. n p dans toutes les autres éditions du même recueil qui l'ont sui- ****** vie. Il y en a neuf sur les mystères du Seigneur, dont le premier sur Pâque est très-court; un sur la naissance de saint Jean-Baptiste ; un autre pour la veille de la fêle de S. Pierre et S. Paul ; deux de la sainte Vierge, l'un sur son Assomption, l'autre sur sa Nativité; et enfin le commencement d'un autre sur l'Invention de la sainte Croix. Celui qui le précède immédiatement n'est point entier non plus. Il y- manque le commencement , et quelque chose vers la fin. On trouve dans ces sermons de quoi justifier à la letre le jugement avantageux , qu'en porte l'historien Iotsauld. Nous pouvons ajoûter qu'on y découvre même tous les principes de la bonne Théologie et de la saine Morale. Il est peu de sermons de ce temps-là qui soient plus lumineux, plus solides, plus instructifs, et où les moralités suivent plus naturellement des principes qu'on établit. ' Saint Odilon y cite ■>. 665. i. m. *. les Pères Grecs comme les Latins, mais en des termes qui m' 1
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" montrent le profond respect qu'il avoit pour leur doctrine.
Man aner. i. 5. ' Dom Martene et Dom Durand, ont publié sur un ma- ,» ««Mai. nuscrit de Souvigni deux autres Sermons , sous le nom de notre éloquent Abbé, l'un de la Nativité de la sainte Vierge, l'autre de la sainte Croix. Le premier n'a ni commeni,. t«i -6*3. cément ni fin; et ce qu'on en a imprimé n'est qu'un for!
long morceau du second livre de saint Ambroise sur les Vier- Bihii. pp îb. cm. ges . tiré du second chapitre. ' Saint Odilon avoit une *• vénération particulière pour ce saint Docteur ; et il n'est
point surprenant qu'il se plût à copier ses écrits dans les siens. Ce fragment de sermon donné par Dom Martene, et l'autre fragment imprimé dans la Bibliothèque de Cluni nous paroissent appartenir au même sermon, et en faire le milieu et la fin. De sorte que si l'on pouvoit recouvrer le commencem»m. ii*. i>. «a- ment, on auroit la pièce en entier. Quant à ' l'autre sermon ,MR' sur la Croix, il n'y manque rien dans l'édition de Dom Mar-
tene. Mais il n'y en a que les treize à quatorze premières lignes dans la Bibliothèque de Cluni, où il est mal intitulé de l'invention de la sainte Croix, puisqu'il roule également sur son exaltation. Il est digne à tous égards de saint Odilon, qui y eile comme dans les précédents, les Pères Grecs et les Latins.
Les derniers Editeurs de saint Augustin ont observé dans Au*. ».r. «H' i'. leur censure, tout à la fin du XI volume, ' que le cent soixante-onzième sermon enlre ceux de l'appendice appartient à S. Odilon. Il est en effet à très-peu de chose près, le w.,u .p.«.w. même 'que le cinquième du saint Abbé, qui fait le premier sur Paque, et qui n'est pas entier, comme on l'a déjà remarqué.
" v,1, Quelques Critiques ont reconnu, que le cinquante-sixiè-
me Sermon entre ceux de saint Pierre de Damien , n'est point son ouvrage, quoique décoré de son nom, mais la production d'un Ecrivain François. C'est ce (jui paroît hors
r««r sor. de doute ' par les expressions de l'Auteur, qui y parlant d'abord de S. Martin, dit que Dieu par un effet de sa miséricorde l'avoit accordé à notre roïaume, regno nostro providit mi-
i> m. t. iav t. sericorditer. ' Dans la suite, qui roule entièrement sur la Morale, il cite deux fois sous le titre du Ciceron de son temps
R-> un Orateur, ' qu'on croit être Fulbert de Chartres. Ces deux
circonstances jointes à divers traits du style de saint Odilon,
ï».**?*»* *luon découvre dans le sermon dont il s'agit, ' comme la
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manière de s'excuser sur son peu d'éloquence, et les citations de saint Ambroise, son Docteur favori : tout cela porte à juger que la pièce appartient à l'Abbé de Cluni , contemporain de Fulbert.
' Sanderus avoit découvert en son temps à l'Abbaïe de s.ma. bii>. Laubes, un manuscrit qui contenoil plusieurs autres sermons ms ''*r 1 Mn sous le nom du même Abbé, pour les diverses fêtes de saint Benott. Il ne parott point que jusqu'ici l'on en ait rien imprimé.
4°. Iotsauld atteste, qu'il y avoit de S. Odilon grand nom- Mai». i. a. |.. bre de letres, multipliées epistolœ , qui comme les sermons 682 °étoient une preuve de sa doctrine et de son éloquence. Il en reste cependant très-peu ; ' quoiqu'on en ait plusieurs de Ai»bo. «p. p. wo. celles qui lui ont élé écrites, et qui en supposent au moins J'.'vXS!" !"h autant de sa part. 11 y en a deux d'Abbon de Fleuri, la septième et la douzième; quatre de Fulbert de Chartres, et une de son Clergé après sa mort. De toutes les réponses qu'y fit S. Odilon, nous n'avons qu'une seule lctre adressée h Fulbert. ' Elle est la cent huitième entre relies de ce grand Fuii>. um Evêque, ' et a été imprimée dans la Bibliothèque de Cluni. t:i..n. mi. w Fulbert n'avoit pas encore été élevé h l'épiscopat, lorsqu'cl- "m le fut écrite. 11 avoit consulté S. Odilon sur sa conduite, eu quoi il faisoit paroilre son humililé. L'Abbé de Cluni ne donne pas de moindres preuves de la siene dans sa réponse. On y découvre de plus, de quoi justifier le jugement que Iotsauld porloit des letres du sçavant Abbé en gênerai.
' Dom d'Acheri nous a donné trois autres letres de saint i. s. ,,. .•*«.- Odilon, qui sont fort courtes. La première, où il manque ™7, quelque chose à la fin, est adressée à Paterne, auparavant Moine de Cluni , et alors Abbé en Espagne. S. Odilon , qui n'y prend que la qualité de frère, y parle tant en son nom, qu'au nom de Sanche Evêque de l'ampelune, retiré à Cluni. ' La seconde est écrite au Roi Garsias, pour l'engager \>. m-w. à soulager la disele où se trouvoit Cluni depuis plus de deux ans, dans la famine générale qui aflligeoit toute la France. ' i>. wi-w». Enfin la troisième letre est auressée à une Dame de grande condition, dont le nom n'est désigné que par une H , pour la remercier du secours qu'elle avoit donné à Cluni, et l'assurer qu'on l'avoit associée, comme elle le souhaitoit , aux prières de la communauté.
Entre les letres de saint Odilon qui sont perdues, il y en
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• conc. t. 9. p. avoit une remarquable. ' C'étoit une consultation au Pape S"7*». Clnn- b™- Jean XIX , comme il paroît touchant un homme qui avoit tué par ruse un Evêque nommé Estienne, et qui ne trouvant point de pénitence proportionnée à un si grand crime, s'éloit rendu Moine à Cluni pour pleurer son péché. Dans la suite aïant appris à bien lire et à bien chanter, saint Odilon eut la pensée de le promouvoir aux ordres Sacrés. Mais ne voulant rien faire témérairement, il consulta le Pape, qui lui répondit , qu'un tel homme ne pouvoit non - seulement être élevé à aucun grade dans l'Eglise, mais non pas même recevoir la communion laïque, sinon à la mort, qu'on lui donneroit par grâce le S. Viatique. Il ne reste de cette consultation et de la réponse, que la notice qu'on en trouve dans les actes du Concile de Limoges de l'année 1031, telle qu'on vient de la lire.
o°. S Odilon laissa aussi diverses poésies de sa façon. Nous oui,. hi\,. p. se;», avons déjà parlé ' d'une hymne à l'honneur de sainte Adélaïde, pour vêpres de son office, qu'on trouve à la fin de sa P. ifirt.ii». vie par notre saint Abbé. ' Il en a fait deux autres à l'honneur de la sainte Vierge , l'une , qui n'est pas entière , sur son assomption, l'autre, dont il ne reste que la première strophe, sur la Nativité; et quatre, dont la première et la troisième, comme toutes les précédentes sont en vers ïambiques, et les deux autres en saphiques, pour l'office de S. Maîeul. i- Outre ces hymnes. ' il y a encore de saint Odilon un poè-
me de cinquante-trois grands vers, qui est une espèce d'Epïn.m, aiv. i. 3. c. cedion sur la mort de l'Empereur S. Henri. ' Barlhius le cite v 1 1 "Vr 10 comme fait sur la mort d'Otton le Grand dont le Poète relevé effectivement les vertus dans ses premiers vers. Mais la suite montre que saint Odilon l'entreprit plutôt pour pleurer la mort de S. Henri, et que ce n'est que par occasion qu'il y parle des trois Ottons. Ce Poëme se trouve entre les deux livres de la vie de sainte Adélaïde, dans la seule édition de la Bibliothèque de Cluni. Toutes ces pièces de poésie au reste n'ont rien au-dessus des autres du même temps, ciu... bii.. p. rwïi. 6°. ' 11 y a encore de S. Odilon deux petits Ecrits, imprir!7,r.vl. ",h PP ,l' més à la tête de ses Sermons. L'un est intitulé : credulilas, Croïance, et n'est qu'une Profession de foi sur le mystère de la Sainte Trinité, ceux de l'Incarnation, du S. Esprit, et les autres points de la fin du Symbole ordinaire. L'autre est une prière affective à la Sainte Croix.
ABBE' DE CLUNI. 425 x, slm^
7°. * Les Bibliographes comptent encore entre les Ecrits • i...mi. i. i de S. Odilon, le Décret ou Statut qu'il fit pour l'établisse- "U|""' ment de la Commémoration des Trépassés. Nous en avons i. uuii. L.b. j> deux éditions, l'une dans la Bibliothèque de Cluni, où ce JÏbJmt. ' ' Statut est plus entier; l'autre dans l'Eloge de notre S. Abbé, par Dom Mabillon. Suivant l'opinion commune cet établissement fut fait dès 993, mais le Statut n'en fut publié qu'après " la mort de l'Empereur S. Henri, dont la mémoire y est nommément recommandée.
8°. Enfin à tous ces Ecrits il faut joindre ' le Cartulaire de y^/'i'"*- <•* r Cluni, tel qu'il subsiste encore à présent, dans lequel S. Odilon fit recueillir et rédiger par ordre, tous les Diplômes, et Chartes accordées à l'Abbaïe sous, son gouvernement et celui de ses Prédécesseurs.
HUGUES
Evkoi k iiE Neveu s, ET AUTRES ÉCRIVAINS.
HLÎ<;iKs, surnommé le (ïrand , gouvernoit l'Eglise caiEchr. m i. s. de Nevers , au moins dés 102G. (in en a la preuve înT'sv J. wi,h' dans l'act'- d'une donation faite à l'Abbaïe de Flavigni la même année. Hugues y a souscrit le dernier des Evêques, ce qui montre qu'il n'y aîoit pas longtemps qu'il étoit revêtu de 1 Episcopal. ' En 104S il asista au Concile de la Province de Cunc i. ■•. t.. ;»*7. Sens, dans lequel fut confirmé l'établissement du Monastère de S. Ayou de Provins. ' Au mois d'Octobre de l'année sur- i>. i<> vante , il se trouva aussi au grand Concile que oélébra à Reims le Pape Léon IX. ' Il fui un des Prélats François qui v. wn. \ »u>. suivirent ce Pontife à Rome, et qui assistèrent à un autre li'1,*1' " Concile qu'il y tint après Paque 1050, contre l'hérésie de Berenger. 'Messieurs de Sainte-Marthe supposent, que Iïu- r.Mt. .-in. h. . gues se trouva aussi au Concile de Verceil, qui fut tenu en Octobre de la même année. Mais c'est de quoi l'on n'a point d'autre preuve. Peut-être oul-ils nommé h- Concile de Ver-
Tom* VU. H h h.
ict m HUGUES, EVEUUE DE NEVERS,
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ceil pour celui de Rome, dont ils ne disent rien. Hugues de Mai.. ib. retour en France, y mourut le huitième de Mai. 'Anselme
de S. Remi de Reims, Historien du temps, le cite pour garant
d'un fait qu'il rapporte.
Notre Prélat avoit tant d'attrait pour la versification , in,., i i. ». ' qu'il l'emploïoit quelquefois dans ses souscriptions. C'est ce
qui paroît par un Acte public fait en la quinzième année du
règne de Henri I auquel il a ajoûté les trois Vers barbares
qui suivent :
Annus quiiulenus lien rici inm: rotabatur Kegni, sextilis mensis et in idibus ipsis. Sic chronicabat et huuc indectio tertia ehor.
Au lieu du dernier mot il faut lire deca. Nous ne copions au reste ces mauvais vers, que pour mieux faire connoître le goût et le génie de ce siècle. On juge par-là, que la perte des autres Poésies de Hugues n'est pas à regretter.
ân. i. 55. n. 9J!. ' C a t w allon, Abbé de Redon au Diocèse de Vannes, Contemporain de ce Prélat, étoit illustre par sa naissance et sa vertu. Il avoit pour frère, comme on croit, Geofroi Duc de Bretagne. Après avoir passé quelques années dans la profession monastique sous le pieux AbbéMainard, il fut chargé d'aller établir une Colonie de Moines dans le nouveau Monastère de Guedel, ou Belle-Isle, que Redon tenoit de la libéralité du Duc son frère. A la mort de Mainard vers 1025, Catwallon fut rappellé à Redon, et élù Abbé en sa place. 11 commença par en renouveler les édifices, et continua de le gouverner avec beaucoup de sagesse, au moins jusqu'en 1049.
On a de cet illustre Abbé, deux Lettres assés bien écrites pour le temps et le païs où il vivoit ; et l'on y trouve de
iiiij. grands traits de son humilité. ' L'une qui contient quelques
faits pour l'Histoire générale, est écrite à Hildegarde, Coni-
l. s7. n. io7. i tesse d'Anjou, femme de Foulques Nerra. ' L'autre est adres-
app- »»- 7w. ^e ^ î>eDUrge> ou Lieburge, première Abbesse de Notre- Dame de la Charité, connue depuis long-temps sous le nom du Ronceray à Angers.
Warin, Abbé de S. Arnoul de Metz, s'est aussi fait
An». 1. 1. p. m. connoitre par une production importante de sa plume. ' Il étoit d'abord Clerc de l'Eglise de Liège, où il paroît qu'il
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ET AUTRES ECRIVAINS. 427 vi c, ,
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avoit fait ses premières études, en un temps où celle Ecolo ~~ étoit florissante. De-làMl passa à l'Abbaïe de Gorzc, où il * p.sr.. | an. embrassa la vie monastique. Il en fut tiré dans la suite, et éta- !»."; "i. 79 1 '" bli Abbé de S. Arnoul à la mort d'Oddon. En 1049 le Pape Léon IX se trouvant à Metz , Warin l'engagea à faire la Dédicace de son Eglise, qu'il avoit achevé de faire rebâtir. Ce Pontife attacha au maltre-Autel le même privilège qu'il avoit déjà accordé à celui de S. Rémi de Reims, et à quelques autres, et permit à l'Abbé l'usage des ornements pontificaux à la Messe les jours de solemnilé. Warin ne jouit pas long-temps de celte faveur, ' étant mort le vingtième d'Août l .mu. m. de l'année suivante.
' 11 y a de lui une fort longue Lettre, en réponse à une à»:v ih. i». tanautre de Jean, ou Jeannelin, Abbé de Fécam, au sujet d'un 4:0 Moine nommé Benoit. Jean le répetoit comme appartenant à son Monastère, et avoit écrit en conséquence à SVarin une Lettre peu mesurée et fort vive, dans laquelle il prononçoit la peine d'excommunication contre Benoit, jusqu'à ce qu'on l'eût satisfait sur ce point; Warin y répond avec modération, mais par des raisons fortes et bien soutenues. Et après avoir montré fort au long, que le Monastère de S. Arnoul avoit plus de droit sur Benoit, que celui de Fécam, et fait sentir à Jeannelin l'indécence de son procédé, ' il vient à l'article i». «a *u. de l'excommunication. C'est le plus bel endroit de sa Lettre, et qui la doit faire regarder coin me un précieux monument de l'antiquité. Warin y montre fort bien, que c'est contre l'esprit de l'Evangile et la pratique de l'Eglise, que d'en venir à cette peine, la plus terrible de toutes, pour un su jet aussi léger.
' 11 est parlé avec éloge d'At.ini lfk, Moine de Mont- ,\n. i. V7. ». 7u i majour sous l'Abbé Benoit, qui gouvernoit ce Monastère M " sMl depuis 1036 jusques vers le milieu de ce siècle. On nous le représente comme un sçavant du premier ordre, oui avoit laissé de sa façon divers beaux écrits. Mais le malheur des temps nous les a enlevés; et l'on ne nous en a pas même conservé la notice d'aucun en particulier. Il y a toute apparence qu'Aginulfe étoit disciple de Domnus, autre Moine du même lieu, qui l'avoit été neuf ans entiers du Docteur Fulbert à Chartres : ou d'Umbert, qui enseignoit à Mont-majour au commencement de ce siècle. Dom Mabillon, en parlant d'Aginulfe, le qualifie eximius scriptor, ce qui ne peut signifier qu'un habile Copiste, comme nous l'avons exprimé ailleurs.
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