HUGUES, EVEQUE DE NEVERS
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. p su-sac * Il a mis à sa suite l'Abrégé, qu'en fit assés long-tems après Hubert, un Ecrivain anonyme. Celui-ci a tellement suivi son original, qu'en l'abrégeant par ordre, il y a souvent ajouté sur. «. j.in p. diverses circonstances, qu'il a prises d'ailleurs. ' Surius avoil ««inc. jéja publia cet Abrégé, mais après y avoir fait de légers
changements dans le style : au lieu que Bollandus la donné dans sa pureté.
Boii. is Jun. p. ' Ses successeurs ont fait imprimer avec leurs observations ordinaires, qui valent beaucoup mieux que le texte, uneLcende de Sainte Pezaine, Vierge du huitième siècle, onorée en Poitou, qu'ils croient écrite peu avant le milieu du onzième. Leur opinion est fondée sur ce que ce fui alors qu'on bâtit, ou répara l'Eglise ou Chapelle, dédiée à l'honneur de la Sainte. Peut-être y auroit-il autant de fonde- Maiiei fhr. P. ment à dire, que ce fut la découverte de son corps ' trouvé en s,v 1098, qui fit naître l'occasion d'écrire sa Légende. Mais il
importe peu d'entrer dans la discussion du temps où elle a été faite. Elle est de ces mauvais écrits, dont on ne doit parler que pour montrer qu'on ne les oublie pas. C'est tout dire en Bon. ib. P. s*, il un mot : ' ses propres Editeurs y ont aecouvert tout le génie d'une fable. Le style au reste n'en est pas mauvais pour le temps.
Gmii. chr. nov. t. 'La Vie de S. Grats, Evêque de Châlons sur Saône, «8»p'j8D]ii.87ioct. que Perry à la fin de son illustre Orbandale et Cusset ont puiat>. c. n 7 bliée, sur un ancien Légendaire de cette Eglise, ne vaut guéres mieux que l'écrit dont on vient de parler. Ses partisans voudroient nous la donner pour être d'un Auteur contemporain, c'est-à-dire, du milieu du septième siècle, où vivoit le S. Evêque. Mais la pièce même les trahit ; puisqu'il y est parlé de la translation de ses Reliques qui ne se fit que sur la fin du dixième siècle. Encore paroit-il par les expressions de cette mauvaise Légende, qu'elle ne fut écrite qu'au bout de plusieurs années, et peut-être tout au plutôt vers le railieu du siècle suivant. Toutefois, quoiqu'on y découvre d^s choses peu vraisemblables, et d'autres visiblement fausses, on juge qu'il ne faut pas entièrement rejetter tout ce qu'elle contient.
On a une époque plus certaine du temps, auquel a été écrite l'Histoire de l'Invention et de la Translation du Chef de S. Auapit, Martvr. Il est visible qu'elle le fut peu cbit. *muo. i>*r. après ' la Dédicace de l'Eglise de S. Etienne de Besançon,
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en 1048 par le Pape Léon IX qui plaça ce Chef sur le grand autel, comme on l'apprend aune inscription rapportée par Jean-Jacques Chifflet. ' L'Ecrivain anonyme qui a Bon. i». »nt. p. prêté sa plume à cette Histoire, avoit connu particulière- m n ** ment l'Archevêque Vautier mort en 1030. ' Mais il n'y mit n. si. la main que sous Hugues son successeur, dont il fait un grand éloge. ' Sa Relation, dont nous sommes redevables aux Con- p^wo-mj. n. mtinuateurs de Bollandus, est courte, mais assés bien écrite et intéressante pour l'Histoire de Besançon. L'Auteur n'v a pas oublié le soin au apportait 1 Archevêque Hugues a avoir •» ;»-3i. un Clergé bien règle, et instruit des bonnes Lettres, tel que nous l'avons représenté ailleurs. ' Il est cependant tombé n. dans un anachronisme considérable, en confondant les temps de l'Empereur Constantin le Grand avec ceux de l'Evêque Quelidoine.
Evkqc e de Cambrai.
HISTOIRE DE SA VIE
pERARD, premier du nom, l'un des plus célèbres Pré- cam.rhr. t. j. c. \Jlats de tout ce siècle , tant par la doctrine , que par la .' \l f^iiTJiu vigueur épiscopale, nâquit sur les frontières de France et de î1."*,. p^e.' i afùb . Lorraine, d'une famille distinguée par sa noblesse. Il eut pour »» «• ™ pere Arnoul, Seigneur de Florines et de Rumigni, et pour mere Ermentrude. Dès sa première jeunesse il fut élevé dans le Clergé de Reims , sous les yeux de l'Archevêque Adalberon son proche parent. Le docte Gerbert dirigeoit alors l'Ecole de cette Eglise, à laquelle Gérard fit de grands progrès dans les letres humaines et la science ecclésiastique. De là il passa au service du Roi Henri, depuis Empereur, en qualité de Clerc de sa Chapelle. ' Gérard ne fut pas long temps Aib -u. »n. ioj». à la Cour, sans s'y faire une brillante réputation.
'Il n'étoit encore que Diacre, lorsqu'à la mort d'Erluin, cam^ciir.^.c. j. Evêque d'Arras et de Cambrai, qui étoient encore gouver- *-, pK
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— nés par un seul el même Evêque, le Roi Henri le nomma à cet Evêché. C'étoit le premier jour de Février 1012 ; et néanmoins Gérard ne fut sacré que le lendemain de la Purification de Tannée suivante. La cérémonie s'en fil à Reims. Henri auroit fort souhaité qu'elle se fût faite à Bamberg, à la dédicace de la Cathédrale qu'il y avoit nouvellement érigée. Mais Gérard craignant de donner par-là atteinte au droit commun, préfera de recevoir l'ordination de la main de l'Archevêque Arnoul son Métropolitain, ib. ' Si lôt qu'il eut pris le gouvernement de son Eglise, tout !b. cIOi8; 1 C>m s'y ressentit de sa vigilance pastorale. Il acheva le monastère de saint Gingulfe de Florines, que son pere avoit commencé pour une communauté de Clercs, et y en fonda un autre pour des Moines , sous l'invocation de saint Jean-Bap- Mnb ib. i s» n. tisle. ' Son affection pour l'ordre monastique, parut encore i Mir. not necd. dans la fondation d'un troisième monastère à Château-Camb«ig. c.8». bresis, et dans le rétablissemeul de l'Abbaïe de Marolles, où il remit des Moines en la place des Clercs, qui s'y étoienl Gaii. chr. nov. t introduits. ' Ses soins s'étendirent aussi à trois autres monasle- ?hrp ib0c.l6Laïï: res, Maubeuge, S. Guilain et Hautmont, dans lesquels il rappella le bon ordre, el fit revivre l'esprit de S. Benoit.
Tant de dépenses pour toutes ces fondations n'empêchèrent point, que le zélé et la charité de notre généreux Prélat ne trouvassent des ressources pour d'autres entreprises encan, chr ib c. core plus grandes. ' L'Eglise Cathédrale de Cambrai mena- 49 çant ruine, il commença à la rebâtir en 1023, et l'acheva
dans l'espace de sept ans. II en fit solennellement la dédicace en Octobre 1030. A peine a\ oit-il fini ce somptueux édifice. <• 3« ' que la Cathédrale d'Arras fut réduite en cendres par le feu
spic. ib du ciel, le trentième de Juillet de la même année. ' Gérard
entreprit de lui rendre le même service qu'à celle de Cambrai, en la rendant même plus belle qu'elle n étoit auparavant; et il en vint heureusement à bout.
Le vigilant Evêque ne borna pas son attention à ces édiibi-i fices extérieurs, ' il la porta encore à faire observer les Ca-
nons dans son Clergé, et à maintenir la saine doctrine dans cain chr ib. c. toute l'étendue de son diocèse. '11 paroît par la qualification de monastère , que l'Auteur de la Chronique de Cambrai donne à l'Eglise Cathédrale, que les Chanoines y vivoient spic.i. n. p. s a. en commun. ' Gérard se trouvant à Arras à la fin de l'année 1025, et aiant appris qu'il y étoit venu d'Italie des hommes,
qui
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qui introduisoient une hérésie nouvelle semblables à ceux qui avoient élé condamnés à Orléans, deux ans auparavant, il prit de justes mesures, non pour les traiter comme ceuxci l'avoient été, mais pour tâcher de les convertir. Le sage Prélat commenta par indiquer un jeûne et des prières publiques pour la conversion de ces malheureux. Puis aïant assemble son Synode avec un religieux appareil, il les y fit comparaître. Là ils furent interrogés sur tous les points de r a « leur croïance'; et après avoir reçu une instruction aussi p .13-63. pathétique que lumineuse , ils reconnurent publiquement leurs erreurs, et les abjurèrent sans détour.
Cet amour de Gérard pour les règles dirigeoil toutes ses actions. 'Ce fut par ce motif qu'il refusa de se conformer au \ib.chr *n 1030. nouveau décret d'un Concile tenu à Teuver près de Maience, qui ordonnoit qu'on feroit le jeûne des Quatre-temps de Mars le premier jour de Carême, lorsqu'ils se rencontreroient ensemble. Gérard s'en tint à l'ancienne coûtume de l'Eglise, qui étoit de ne faire ce jeûne que la semaine suivante, ce qui s observe aujourd'hui uniformément par-tout.
' Le même motif l'empêcha d'abord de recevoir les règle- sig ehr. an. 103*. ments de la fameuse Trêve de Dieu, tels qu'ils sont rapportés dans Sigebert. ' Baronius, qui a blâmé ce refus de no- Mab.an 1.57 n. tre sage Prélat, n'avoit pas assurément approfondi ses raisons. 17 Elles sont aussi justes que solides. ' On peut les voir dans les sig. îb. iah» . hr. Auteurs cités à la marge. Une de ses raisons étoit , qu'on ne ff3* irm devoit point promettre par serment toutes ces pratiques, de peur de s'exposer au péril du parjure. L'événement fit voir combien étoit fondée sa crainte ; car presque tous ceux qui avoient juré de garder la Trêve, faussèrent leur serment. Gérard ne laissa pas néanmoins d'y consentir lui-môme, quoiqu'à regret, ne pouvant le refuser aux instances des siens et de quelques amis. ' A la mort d'Arnoul Archevêque de c»m ^r ib 0. Reims, Adalberon de Laon proposa pour remplir ce Siège iv Ebole, ou Ebles, qui avoit été son Secrétaire, et trouva moïen d'y faire consentir le Roi. Mais Gérard qui sçavoit qu'Ebles étoit Néophyte , et que pour toute doctrine il n'avoit qu'un peu de Dialectique , crut devoir s'y opposer , pour ne pas violer la défense de S. Paul.
A cet amour pour les règles, dont on verra encore d'autres traits dans la discussion de ses letres, notre Prélat joignoit un grand zélé pour la paix et la justice. ' S'élant trouvé au sacre c
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de Bertold, Evêque de Soissons, où il s'éleva une fâcheuse dispute entre deux autres Evêques, Adalberon de Laon et Hardouin de Noïon, laquelle menaçoit de terribles suites, Gérard
[)rit les deux Prélats par taut de raisons tirées des règles de 'Eglise, qu'il réussit quoiqu'avec peine, à l'assoupir pour an i ib temps. 'En 1022 il assista au Concile d'Aix-la-Chapelle, où
se trouvoil l'Empereur Henri. Là fut discuté l'ancien différend entre Piligrin Archevêque de Cologne , et Durand Evêque de Liège, au sujet de la jurisdiction sur l'Abbaïe de Borcet. Gérard, oui avoit une connoissance particulière do droit de Durand, fit terminer la contestation en sa faveur. L'Empereur Henri continua toujours de lui donner des Mah ib. n. 36- marques de son estime et de sa confiance. ' Il le choisit plus ïb^Jï*1* chr d'une fois pour son Ambassadeur près de Robert Roi de France. Ce fut lui qui alla inviter le Roi au fameux Colloque d'Ivois entre ces deux Princes, auquel il assista lui-même, avec quantité d'autres Prélats et Seigneurs de France et d'Allemagne.
Après un si glorieux épiscopal, qui fut de trente-sept ans spie ib P. 7i« un mois et onze jours, ' ce grand Evêque mourut le qua- L'V'mvd* torziéme de Mars 1051. L'Historien de Liebert, son successeur immédiat, place, il est vrai, cette mort dès 1048, en quoi il a été suivi de presque tous les Modernes. Mais les doctes continuateurs de Bollandus ont établi , par des raisons si solides, l'époque que nous suivons ici, qu'on ne peut se refuser à la solidité de leurs preuves. Si les Auteurs du nouveau G allia Christiana en avoient eu connoissance, ils y g«ii chr ib p auroient adhéré sans difficulté, d'autant plus ' qu'ils montrent fort bien que Liebert ne fut ordonné qu'en 1051 .
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SES ECRITS
JUsqu'ici aucun de nos Biographes n'a fait entrer notre Prélat dans ses Catalogues, ou Bibliothèques d'Auteurs. Il méritoit cependant à juste titre d'y trouver une place honorable. On en va juger par la notice des productions de sa plume.
1°. Il y a de lui les actes du Synode, qu'il tint à Arras en 1025 à l'occasion qu'on a déjà spécifiée. Monument pre-