‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 118 sur 214 · EVÉQUE DE CAMBRAI · texte numérisé non relu

EVÉQUE DE CAMBRAI

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cieux, qui peut entrer en parallèle avec ce qui nous reste de " — -

la bonne antiquité en ce même genre. Ces acles, qui sont divisés en dix-huit chapitres, quoiqu'un n'y en compte que dixsept sans y comprendre la préface, roulent sur des faits, et sur les principaux noints de la doctrine Chrétienne.

Quant aux faits, ' on y apprend à quel sujet fut convoqué le spie t 13 P ». Synode ; comment il fut célébré ; quels étoient les hérétiques 3 60 qui y donnèrent occasion; ' de quelles erreurs ils se trouvèrent p * « *» n coupables et convaincus; par quelle voie on réussit à les en 5?: « 46 48 51 convaincre et les leur faire condamner; enfin ' avec quelles P ai 22 & « formalités ils les abj urerent.

Pour ce qui regarde les points de doctrine, ' Gérard y éta- P *-eo but avec une juste étendue, et prouve solidement tous ceux que rejettoient ces hérétiques. Il commence par la nécessité du Baptême et le mystère de l'Eucharistie. De-là il passe à montrer la sainteté des églises matérielles, et de l'autel sur lequel on offre le sacrifice; l'usage de l'encens, des cloches, de la psalmodie et des autres cérémonies extérieures ; l'honneur qu'on doit rendre aux Saints Confesseurs, comme aux Martyrs ; la vénération qu'il faut avoir pour la croix et les images; l'utilité de la sépulture ecclésiastique , et des cérémonies qui l'accompagnent; la nécessité de la pénitence et ses effets, qui s'étendent même jusqu'aux Morts; l'établissement des différents ordres dans l'Eglise, depuis le portier jusqu'à l'Evoque, et des diverses dignités ecclésiastiques ; comment il faut regarder le mariaee permis aux Fidèles; enfin ce qu'il faut croire de la grâce de J. C.

On a dans ces actes un traité méthodique de controverse, précis et abrégé à la vérité, mais solide, à la portée de tout le monde, et bien écrit à tous égards. Les preuves en sont justes, claires, assez bien choisies, et presque touîcs tirées de l'Ecriture Sainte. Si ' Gérard y mêle quelquefois des ci- r " i« *i. w. talions de livres apocryphes et des Histoires incertaines, on doit lui pardonner, en ce que d'une part il n'en connoissoit pas le foible, et que d'ailleurs elles étoient reconnues . pour vraies de part et d'autre. ' 11 fortifie toutes ses preuves 1- w par celle de la Tradition, en assurant, que telle étoit la doctrine que l'Eglise Romaine avoit reçue de saint Pierre, et qui de-là s'étoit communiquée aux autres Eglises d'Italie, à celles des Gaules, de l'Espagne, de l'Afrique , de la Sicile et des autres Isles.

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* ' Ces actes finissent par la condamnation des erreurs opposées aux vérités qu'on vient d'indiquer. Condamnation qui fut prononcée en latin par l'Evêque avec les Abbés, les Archidiacres, le Clergé, et qui fut adoptée et souscrite par ceux qui avoient été engagés dans l'hérésie et qui étoient présents au Synode, après toutefois qu'on la leur eut fait expliquer en langue vulgaire par un Interprète.

Si notre dessein le pouvoit permettre, il y auroit plusieurs traits importants à faire observer dans ces actes. ' Ce qu'on y lit sur le Purgatoire et l'utilité du sacrifice de l'Autel, des prières et des aumônes pour les Morts, est à remarquer. Gérard venant à la fausse doctrine des hérétiques qu'il réfutoit , établit puissamment la gratuité de la prédestination et la nécessité de la grâce. L'endroit est à lire, aussi-bien que ' ce qu'il dit sur l'Eucharistie, qu'il reconnoit disertement être la même chair, qui étant née de la Vierge, a souffert sur la croix, qui étant sortie du sépulcre, a été élevée au-dessus des cieux, et est assise à la droite du Pere. Cet aveu a d'autant plus de force contre l'erreur favorite de nos Frères séparés, qu'ils sçavent mieux qu'il a précédé l'hérésie de Berenger sur ce point de doctrine.

' Presque aussi-tôt après la tenue du Synode, Gérard en envoïa les actes à. un Evêque voisin, dont le nom n'est designé que par une R, mais que l'on croit être Renauld de Liège. Il les accompagna dune letre qui leur sert de préface, et dans laquelle on voit, que son dessein éloit de precautioner Renauld contre ces hérétiques , qui avoient su se déguiseï bien dans son diocèse, qu'il les avoit laissé aller impunis. ' est redevable de la publication de ces actes à Dom Luc d'Atheri, qui les a doi.nJs sur un manuscrit de l'Abbaïe de Citeaux, à la tête du XIII volume de son Spicilege.

2". Gérard écrivit plusieurs letres, dont l'Auteur de la chronique de Cambrai nous a conservé quelques-unes, qu'il a insérées dans le corps de son ouvrage.

' La première, qui est prolixe et fort belle , est écrite aux Archidiacres de l'Eglise de Liège, qui soit par intérêt, ou par une complaisance mal placée, accordoient la sépulture ecclésiastique à des personnes excommuniées, et mortes après une vie déréglée, sans avoir fait pénitence, ni même donné aucun signe de repentir. Gérard montre à ces Ecclésiastiques, que leur conduite est contraire aux règles de l'Eglise,

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et les exhorte charitablement à se corriger. Il y a apparence, que l'Eglise de Liège étoit alors sans Evêque, soit pour cause de mort, ou autrement.

' La seconde et les deux suivantes, que Dom Marlot a .«-si i mari, réimprimées dans son Histoire de l'Eglise de Reims, regar- '• * 69dent le dessein qu'avuit Adalberon, Evêque de Laon de se donner un successeur de son vivant, en la persone de Gui neveu de Berlold de Soissons. Gérard, qui regardoit ce dessein rojetlé comme d'un pernicieux exemple, et contraire aux loix de l'Eglise, écrivit ces trois letres pour le faire avorter et elles eurent leur effet. La première est adressée à Adalberon même, la seconde à Ebles Métropolitain de la Province, et la troisième à l'Evêque Bertold.

'Notre Prélat adresse la cinquième du recueil à keduin Cara chr. ib. r. Abbé de S. Vaast, son ami particulier, au sujet de l'embrasement de ia Cathédrale d'Arras, dont il a été parlé ; par conséquent cette letre fut écrite peu de jours après le trentième d'Août 1030. L'Auteur y déplore en Evêque plein de tendresse pour ses frères, les malheurs de son siècle, et y répond d'une manière aussi solide qu'instructive aux insultes des libertins, qui attribuoient aux mauvais Ecclésiastiques la cause de ces malheurs.

' La sixième letre écrite à un Abbé du diocèse de Liège, .-. u. roule sur un point de discipline. Gérard y blâme le jugement que les Archidiacres de celte Eglise avoient porté en fa\eur d'Hezelin, qui après huit ans de mariage refusoit d'habiter avec sa femme, nièce de l'Evêque de Cambrai.

' La septième est adressée à Foulques, Evêque d'Amiens, . . m.

3u'il conjure par les motifs les plus pressants d'agir en faveur e Drogon de Terouane, que Baudoin comte de Flandres avoit injustement chassé de son Siège. Comme Gérard n'éloit pas sous l'obéissance du Roi de France , il prie Foulques d'engager l'Archevêque de Reims et ses Sulïragans, qui y étoient, à inspirer à ce Prince de secourir le Prélat opprimé.

Enfin Gérard adresse la huitième et dernière letre de cel- •• go. les qui nous restent de lui, à l'Empereur Henri le Noir, et lui rappelle ce qui se passa entre le Pape saint Grégoire et lT.mpereur Maurice , pour l'exciter à emploïer son autorité en laveur de l'Eglise.

Ces letres, qui ne sont sans doute que la moindre partie de celles que notre sçavan! et généreux Evêque écrivit en

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tant d'autres occasions, contiennent d'excellents traits de Morale et de Discipline. On peut juger des autres par ceux que nous venons de marquer. Elles sont belles à tous égards, et bien écrites pour le temps. On y découvre presque tous les caractères du cœur et de l'esprit de leur Auteur : un attachement inviolable pour les loix de l'Eglise, une vive douleur des maux qu'elle souffroit, un ardent désir d'y remédier, un riche fonds de pieté, de politesse et d'érudition.

HUGUES

Evêque de Langres.

HISTOIRE DE SA VIE

Hng. fi. chr. |.. 'ttUgues, le premier Ecrivain qui ait pris la plume S°n|Ms7b *" ' il pour réfuter les erreurs du fameux Berenger, étoil ûls de Gelduin Comte de Breteuil, et Restaurateur de l'Abbaïede même nom, et avoit pour frère Valeranne, Abbé de cave, p. 5ii i.i S. Vanne de Verdun. ' Presque tous les Modernes suppo- S"d3»!cms"p&i sent qu'il se rendit Moine à Cluni dès sa jeunesse. C'est de Wn. ii. »ie. p. qU0î cependant on n'a point d'autre preuve, que leur simple • spic i i. p. autorité. * Sa première profession fût celle de Clerc, ouCnanoine, dans l'Eglise de Chartres. Il reçut par conséquent son éducalion à l'Ecole du docte Fulbert , et y fit beaucoup de progrès pour la doctrine. Mais il n'en lira pas le même avantage pour les mœurs, comme sa conduite ne le fil que trop voir dans la suite.

im 'A la mort de Richard Evêque de Langres, qui n'avoit

occupé ce Siège que cinq mois, depuis Lambert, 1 décédé en Août 1030, le Roi Robert donna cet évêché à Hugues,

Gall. chr. noY. i. * ' On place communément la mort Dijon, mort le premier jour de Jan-

4. p. 555. «a Lambert Evoque 0e Langres, en vier 1031. C'est ce qui est conlinii* par

Août 1031. Mais elle arriva des l'année la suite, où il est dit que ce fut le Roi

pr.redente. selon le Croojqnaur de S. Robert, mort le XX de Juillet de la

Spir. t. I.p. 4M), "«"f* Dijon,' oui du rlaimment même année, qui donna cet Eviché i

que ce Prélat monroi le X des Calendes Hichard et à Hugues successivement.

de Septembre avant le B. Guillaume de

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vers la fin de Janvier, ou au commencement de Février 1031. Hugues avoit toutes les qualités nécessaires pour le gouverner avantageusement , s'il eut lté attentif à reprimer les passions de la jeunesse, et les saillies de l'orgueil, naturel à l'homme depuis sa chute. Mais bien loin de les arrêter, il s'y livra de telle sorte , que son épiscopat , qui dura dixhuit ans et quelques mois, ne fut presque qu'un enchaîne» ment de crimes. ' Y étant entré par simonie, il continua de *ab. ad. t. « p. trafiquer des choses Saintes, en vendant les Ordres Sacrés, 7iï' " ,5, il porta les armes, commit des homicides, des adultères, et d'autres impuretés encore plus exécrables; 'il traita ty- ibid.ispk. ib ranniquement son Clergé et son peuple.

' En 1049 le Pape Léon IX ayant indiqué un Concile à M*h. ,u. p. m. Reims, qui devoit suivre la dédicace de l'Eglise de S. Re- " u mi, notre Prélat se trouva à l'une et l'autre cérémonie. Dans la première Session du Concile qui se tint le troisième d'Octobre, Hugues forma plusieurs graves accusations contre Arnold Abbé de Pouthieres, son Diocésain, qui n'aïant pû s'en justifier, fut déposé de sa dignité. ' Le lendemain dans p. m. n. m. m. la seconde Session vint le tour de notre. Evêque. Pierre Dia- p n' n' 4 cre de l'Eglise Romaine , et Promoteur du Concile , l'accusa de tous les crimes qu'on a détaillés plus haut. Hugues aïant choisi pour ses Avocats Halinard Archevêque de Lyon et Hugues de Besançon , celui-ci qui étoit fort cloquent , voulut entreprendre la défense de l'accusé ; mais il fut privé sur le champ de l'usage de la parole, ce qui fut regardé comme un miracle. Notre Prélat frappé de ce prodige, et craignant d'ailleurs le jugement du Concile ' ne se trouva i.».p. m n. ie point à la troisième Session, qui se tint le jour suivant. On l'envoïa chercher à son logis, après que le Promoteur l'eut appellé trois fois de la part du Pape. Mais on apprit, qu'il avoit pris la fuite; et en conséquence il fut excommunié.

'Après la tenue du Concile, l'infortuné Prélat, touché de • » p w- a. * Dieu et tout baigné de ses larmes, alla trouver le Pape, à qui il confessa publiquement ses crimes, en se soumettant à la pénitence qu'il voudrait. lui imposer. 11 fit plus; le Pontife s'en retourna à Rome, il l'y suivit nuds pieds. 'Au bout sjjk.i. i--' i> *«• de quelque temps, le Pape y aïant assemblé un grand Concile, Hugues s'y présenta sans habits et sans chaussure, portant d'une main tremblante un faisceau de verges, et chantant d'une voix dolente et lamentable une antienne tirée de l'E-

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vangile de l'Enfant prodigue. A ce louchant spectacle tout le Concile fut si attendri, qu'il en versa des larmes, et poussa des soupirs et des gémissements. Tous les Evêques demandèrent grâce pour le Criminel pénitent ; et Léon, encore plus i t. p. m. i i. attendri qu'eux tous, lui accorda une entière absolution, sans « «n. ju- imposa (j'auire pénitence que ce qu'il avoit déjà souffert.

Hugues fut ainsi rétabli dans les honneurs de l'épiscopat, et renvoïé à son Eglise, chargé de présents : pourvu néanmoins qu'elle, ou quelque autre voulût bien le recevoir. M»t>. ib. ' Notre Prélat reprit le chemin de France. Mais la rigueur

de ses jeûnes et de ses autres macérations le jetta dans une Util. chr. nov. i. maladie, ' dont il mourut à Bilerne, qu'un Ecrivain a 4. p. m». prjs forl raaj ^ nropOS p0Ur Besiers, qui étoit bien éloigné

spic. i. w. ib. de la route de Hugues. ' Se sentant frappé à mort, il deman- Sb| l1™1 f. K, da l'habit de S. Benoît, sous le nom du monastère de saint Vanne, dont son frère étoit Abbé, et où le Comte Gelduin leur pere s'étoit rendu Moine. 11 le reçut de la main de quelques Moines de Cluni qui l'accompagnoient , et y mourut en odeur de pieté. Ainsi se vérifia en notre Evêque pénitent Hom. 5. 20 ' cette parole de saint Paul : Où il y a eu une abondance de

péché, Dieu a répandu une surabondance de grâce. Montf. bih. bik|i. 'La mort de Hugues est marquée au seizième de Mare cilr'iii2' 1 r'al dans le necrologe de saint Bénigne de Dijon; quoique son anniversaire soit transporté au septième de Février. L'année de cette mort dépend de celle du Concile, que tint à Rome Léon IX, après son retour de France. Or ce Concile fut célébré en 1Û.Ï0 après Pâque. Par conséquent la mort de Hu-

vtc' h1 e'i*^» 3ues arr*va en l^ol. ' Il îaudroit néanmoins la différer jusqu'à ,,.e7?». ' '* l'année suivante , si Ton suivoit comme a fait M. l'Abbé Fleuri le Chroniqueur de saint Bénigne, qui suppose que Hugues n'alla à Rome, qu'au troisième voiage qu'y fit l'Archevêque Halinard eu 1031. Mais nous avons cru lui devoir préférer l'autorité de Wibert, historien du Pape Léon, et celle de Laurent de Liège, Moine de saint Vanne, l'un Auteur contemporain , et l'autre presque contemporain. D'ailleurs le Siège de Langres n'étoit point rempli, lorsque Hugues fut renvoïé en France, et Halinard y avoit ordonné un Evt'que en se rendant à Rome, la dernière ou troisième fois qu'il y alla.

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