G JOURDAIN, EVEOUE DE LIMOGES
d'Acheri le publia eu entier, au premier volume de son Spicilege, sur l'original même de l'Auteur, comme l'on croil. Environ un siècle après que notre Anonyme eut fini son ouvrage, Jean Moine de Béze, entreprenant d'écrire aussi la chronique de son Monastère, le prit tellement pour modèle qu'il en copia literalement la préface et plusieurs autres iub. aci. i. ». p. longs morceaux. ' Dom Mabillon en a tiré plusieurs autres, 335"3**- pour suppléer à l'histoire du B. Guillaume Abbé de saint
i. 9. P. 34-41. Bénigne, à la fin de laquelle il les a imprimés ' 11 a aussi extrait, el imprimé en son lieu la vie d'Halinard Archevêque de Lyon.
Bon. i8. aug. p. ' Les laborieux successeurs de Bollandus nous ont donné oi8-a*â. depuis peu un écrit, dont I'Alteur anonyme étoit con-
temporain du Chroniqueur de saint Bénigne. C'est une relation des miracles opérés sous le règne de Henri I Roi de France, et l'Episcopat de Gui Archevêque de Reims, par l'invocation des Saints honorés à l'Abbaïe de Hautvilliers au môme Diocèse. On n'y aperçoit point de date plus récente que l'année 1018; mais ce ne fut qu'au bout de quelque t 'inps nue l'Auteur y mil la main. Il n'y dit rien qui puisse le faire connoitre autrement, ni qui désigne s'il étoit Clerc ou Moine. Seulement on y voit par les vers qu'il y a insérés, suivant le goût de son temps, qu'il se plaisoit à la versification, et qu'il y réusissoit un peu moins mal que ses contemporains qui s'en mêloient. Sa prose vaut cependant encore mieux que sa poésie. Il a fait entrer dans son écrit l'extrait d'un sermon prononcé par un Adalbert, Clerc de la ville de Reims, à la station qui suivit une procession solennelle, à laquelle on avoit porté toutes les Reliques de llaulvilliers.
Entre les diverses Chroniques qu'ont publié Dom Mar-
""îiae^fio'' 3' tene el ^0m ^urand» H Y en a une °*e l'Abbaïe d'EBEBSp 11 11 mi nsteh, au Diocèse de Strasbourg en Alsace qui a été faite en partie vers le milieu du siècle qui nous occupe. Les Editeurs la donnent cependant pour l'ouvrage d'un seul et même Auteur, qui l'auroit composée vers 1235, où elle finit. Mais il est visible pour peu d'attention qu'on apporte en la lisant, qu'il y faut distinguer au moins trois différents Auteurs : l'un qui l'aïant commencée, l'a poussée jusques vers la fin de l'Empire de Henri le Noir ; l'autre qui l'a ensui'e continuée, jusques vers le milieu du XII siècle; el un troisième
ET AUTRES ECRIVAINS. 4o7
XI SIECLE
siéme qui y a mis la dernière main. C'est ce que montre la manière dont ils s'expriment, en parlant des événements arrivés aux divers temps qu'on vient de marquer. Ils les rapportent en em t, comme s'ils en avoient été témoins : ' ce P. uns. qui a fait dire aux Editeurs, afin de soutenir leur opinion, que ces Auteurs avoient copié jusqu'aux paroles des Ecrivains précédents, qui leur avoient servi de guide. Mais c'est ce qui ne peut convenir, sur-tout au premier, dont il est ici question. 11 n'y a qu'à lire ' ce qu'il dit de laits passés en p. n«. ius. 1039 et quelques années suivantes, pour y reconnoitre un Auteur contemporain.
Il étoil Moine de l'Abbaïe même dont il entreprend l'histoire, et la commence à Jules César. De-là il passe brusquement au Roi Dagobert I, et débite beaucoup de fables dans le cours de ces premiers temps, ce qui a porté ses Editeurs à supprimer plusieurs endroits de son écrit. Il est assés exact dans le récit des événements proches de son siècle ; et sa chronique avec ce qui y ont ajouté ses Continuateurs, peut beaucoup servir à l'Histoire ecclésiastique et civile, principalement à celle des Evèques de Strasbourg. Elle seroit encore plus utile, si les Auteurs avoient été soigneux d'y marquer les époques convenables.
On a l'abrégé d'une vie de S. Marcien, premier Abbé de saint Eusebe au Diocèse d'Apt. ' Clonon est le premier c,on.>n. i. *. P. qui l'ait donné au public, après l'avoir tiré du Bréviaire de 2ti- 8M* ce Diocèse. C'est sur son édition ' que Dom Mabillon et les Mat.. *a. t.*. P. Continuateurs de Bollandus l'ont lait réimprimer dans la a?i«9p.'a7o-<7i?5' suite, avec des remarques historiques et critiques. Quelque partage qu'il y ait entre les Servants, sur le temps auquel a vécu ce saint Marcien, les uns le plaçant dès le VIII siècle, les autres ne le faisant vivre qu'à la fin du X et au commencement du suivant, ce qui paroit le mieux fondé, l'histoire de sa vie dont on a fait l'abrégé en question, nous paroit avoir été écrite au plûtard peu d'années après le milieu du XI siècle. Un certain air d'antiquité que respire cet abrégé, avec la manière simple et naïve dont les faits y sonl rapportés, ne permet pas d'en reculer l'époque, li n'y a que deux expressions qui pourroient autoriser à renvoïer l'écrit original aux siècles du bas âge. ' C'est d'une part la qualité Mab. u>. p. s*, n. de Religiosus lienedictinus, qu'on y donne au Saint, et de 1 l'autre, ce ' qui y est dit d'un lieu qui se nommoit encore P. 95. 0. 4.