‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 136 sur 214 · ESTIENNE IX, PAPE · texte numérisé non relu

ESTIENNE IX, PAPE

et des mariages des Prêtres. On voit par-là, que c'est la même que nous avons entre les opuscules du Cardinal Humbert. Bar. an. 1057. n. ' 11 ne nous reste que deux Letres de notre Pape. L'une, £i£hMârï.tV qui se trouve dans un grand nombre de recueils, depuis que ?'nm V/SJ,00"0, Papire le Masson l'a publiée à la suite de celles de Gerbert et

d autres, est écrite a Gênais, Archevêque de Reims, mal nommé Guillaume par Baronius. C'est une réponse à celle que ce Prélat avoit d'abord écrite à Estienne, pour le féliciter sur son exalmlinn. et l'assurer de son attachement pour le S. Siège. Le Pape y touche plusieurs points, dont les principaux regardent deux Conciles, l'un desquels auroit dû se tenir à Reims, au sujet duquel Estienne sou hai toit de sçavoir, si le Roi de France y donnoit son consentement, et l'autre

Cono. ib. p. 1080. éloit indiqué h Rome quinze jours après Pàque. ' L'autre Letre, qui fut écrite 1>' onzième de Décembre 1037, s'adresse à Pandulfe, Lvêque de Mar.-i, pour réunir cet é»èclié auparavant divise en (!eux.

Il ne parolt pas qu'on nous ait conservé d'antres Letres encore plus intéressantes, qu'Eslienne avoit écrites pendant lepeucle temps qu'il remplit le S. Si'ge. On ne voit point

Cas», chr. i. 3. c. paroitre en particulier ' celles dont il chargea ses Légats pour l'Empereur de Constanlinople , qui étuit alors l>aac Comnéne, et sans doute pour d'autres personnes.

Pou. app. 1. 1. p. ' On parle de quelques Décrets de notre Pape imprimés avec d'aulres à Cologne, sans nous en donner d'autre notice.

cone. u>. p. ios5. Mais ce n'est apparemment autre chose, que' ce qu'on a imprimé dans la collection générale des Conciles. Dans ce cas il ne s'agit que du Décret que fit le Pape Estienne, touchant l'élection de son successeur.

On pourroit lui rapporter, comme à leur principal Auteur, les Bulles, les Diplômes, les Rescrils qu'il dirigea,

pendant qu'il fit les fonetionsde Bibliothécaire et de Chancelier,

sous le Pontificat de Léon IX.

XI SIECLE

WIBERT,

Archidiacre de Toul.

Wibert, ou G u i b e r t , l'un des célèbres Ecri- Mab. act. t. 9. p. vains de ce siècle, ne nous est connu d'ailleurs que {J.'ivui1 £,.£". par sa qualité d'Historien du Pape S. Leen IX, et la dignité J i *»-

d'Archidiacre de l'Eglise de Toul. Il en fit les fonctions sous ce Pape, lorsqu'il étoil Evoque de la même Eglise, ' et pen- Mab. u>. P. 74. dant les premières années de lY'piscopjt d'Udon son succès- n'8' seur. Comme il doit à peu-près de même Age que Léon, et Cju'il paroit avoir été élevé dans le Cl- rgé de Toul, il eut 1 honneur de l'avoir pour condisciple à l'école de col t.? Eglise. On y faisoit alors de bonnes études, comme on l'a vû. VVihert s'y appliqua a ce fruit, et apprit non-seulement les Bell s-Letres, mais acquit encore un grand fonds de Théologie. Ces! ce que montrent divers tra.ts de l'Ouvrage qu'il nous a laisse de sa façon.

Cet ouvrage est l'Histoire du Pape saint Léon IX, que nous n'avons fait presque qu'abréger dans l'éloge historique de ce pieux et z Aé Pontife. Wibert éloit fuit propre a réussir dans cette entreprise. ' Il avoil été un d?s principaux confidents de p- 53. pr. son Héros, lorsqu'il n'étoit encore que simple E.élque; et il poss'doit le talent de bien écrire pour son temps. Aussi at-il exécuté son dessein avec exactitude et fidélité. 'Un celé- Vom. ib. bre Critique ajoute même, en habile Ecrivain. Cependant son style n' st pas uniformément soutenu. Il s'y trouve quelques négligences et divers endroits obscurs. D'ailleurs les consonances, qui étoient alors au goût des Ecrivains, y sont fréquentes. Mais pour les choses, elle y sont rapportées avec beaucoup d'ordre, de sincérité, et une juste étendue. ' L'Auteur avertit néanmoins, qu'il en a omis plusieurs Mab. tb. et abrégé le détail de quelques autres, de peur de tomber dans le vice de prolixité. Il ajoûte, que dans tout ce qu'il écrit de ce grand Pape, il y a peu de choses qu'il n'ait vûes par lui-même.

Son ouvrage est divisé en deux parties. ' La première, à iwd. laquelle il mit la main dès le vivant même de saint Léon, contient ce qui regarde sa naissance, ses études, la conduite

XI SIECLE

486 WIBERT,

qu'il tint depuis, et l'histoire de son JSpiscopat jusqu'à son élévation sur le saint Siège. D'abord Wibert avoil dessein de ne pousser pas plus loin son écrit; laissant à de plus habiles Auteurs que lui, sur-tout aux Romains, le soin d'écrire les événements de son Pontificat. Mais il changea d'avis dans la suite : soit qu'il vit qu'on négligeoit de l'exécuter, soit qu'il y fût déterminé par d'autres motifs. Il en entreprit donc lui-même l'histoire, qui fait la seconde parp. so. lie de son ouvrage. ' Ce ne fut que quelques années après

avoir fini la première partie, qu'il travailla à la seconde, et tout au plutôt après le mois de Mars 10o8; puisque le Pape P .74. n.a. Estienne n'étoit plus alors au monde. 'Il la publia au reste du vivant de l'Evêque Udon, et par conséquent avant l'année 1069, qui est l'époque de la mort de ce Prélat. Wibert est attentif à marquer les dates des principaux événements, et le fait avec exactitude. Nous avons cependant observé p. m. ailleurs, ' qu'il s'est glissé dans son texte deux fautes de chro-

nologie, l'une touchant l'âge du Pape Léon, l'autre touchant l'année de sa mort. Mais Wibert fournit lui-même le moïen de les rectifier.

On peut juger du cas que les Scavants ont -fait de son ouvrage, par le grand nombre d'éditions qu'il en ont don- Bib.s. wo.cen. né au public. ' Le Docte P. Sirmond est le premier qui l'ait tiré de 1 l'obscurité ; l'aïant fait imprimer dès 1615, avec la vie dé saint Charles Comte de Flandres. Cette édition est en un petit volume in-12, sorti des presses de Nivelle Im- Dn ci»». c*rà. primeur à Paris pour Sebastien Cramoisy. ' François Duches- Fr. 1. *. p. s-44. ne jmprjma depUis |Vcrit de Wibert. parmi les preuves de

Le Long. bib. fr. son Histoire des Cardinaux François. 'Ce que le P. le Long p' ui marque se trouver à la page 080 du même recueil, n'est

qu'un abrégé informe et tort défectueux de la vie du Pape

saint Léon IX, qui a été tiré de tout autre Auteur que Wi- Boii. 19. »pr. p. bert. Après Duchesne, ' les Continuateurs de Bollandui ^ aïantrevù le texte de notre Ecrivain sur deux manuscrits,

l'ont publié plus entier et plus correct, avec de scavantes. M.b. ib. p. 49-so. observations. ' Dom Mabillon l'a aussi donné à son tour, sus

les éditions précédentes et les manuscrits,, avec dLe. nouvelle* Mur. sert. u. 1. 3. remarques. ' C'est cette édition que M. Muratori a. pris* p. «8-a»9. p0ur m0(j^0 ^ donnant place au même ouvrage dans, sa Du c«ng. gi.»nov. collection des Historiens d'Italie. ' Que'quea Ecrivains la 1. 4. P. ijw. citent comaie étant aussi imprimé dans le traité da L'ocigi-

ARCHIDIACRE DE TOUL. 487 Xl 81BfiL6

ne delà Maison d'Hasbourg par M. Eccard. n Le P. le Long . u L ^ — compte encore Barlhius au nombre des Editeurs de Wibert ; '• **

mais il n'en est que le critique ; ' n'aïant fait qu'éclaircir quelques endroits de son texte.

A la suite de cet écrit dan3 l'édition des Bollandistes, vient une relation de la mort du même Pape, avec un recueil de ses miracles, qui se trouvent aussi en partie dans les éditions de Duchesnc et de Dom Mabillon. Mais comme il paroit que ce sont des productions a'Ecrivavns Italiens plutôt que François, nous ne nous arrêterons point à les discuter.

JOTSATJLD,

Moine de Cluni.

HISTOIRE DE SA VIE

JOTSAtLD, Historien de saint Odilon, Abbé de Clu- Uab. «*. i. s ni, fut élevé sous sa discipline dans l'étude des sciences p 619' ecclésiastiques, et la pratique des exercices du Cloître. 'Quelques Critiques veulent que son véritable nom ait été Banh. ad», i. 4.c. Gotscalc, ou Lotsald, qu'on aura ensuite changé en Jot- îfd.'aw" C*"g' sauld, pour l'adoucir et le rendre plus conforme au génie de la langue Françoise. ' Mais tous les anciens manuscrits le Mab. it>. p. 638. nomment uniformément Jotsaldus. » Un de ces Critiques ÎbJu,. u>. c. is. paroît mieux fondé en prétendant que notre Historien étoit <9- Alleraan d'origine, ou de naissance. C'est ce qu'il établit sur deux vers d'un de ses poèmes, où priant saint Odilon de se souvenir de lui, il lui parle de la sorte :

Odilo jam valeas, Jotsaldi jam memot esto, Mmaniiquc lui votU pie semper adesto.

Barthius , de qui est cette remarque , soûtient qu'Almantï est ici pour AHemanni, ce qui peut fort bien être, à cause de la mesure nécessaire pour la versification. Jotsauld pouvoit d'ailleurs être le seul Alleman, qui demeurât alors à

488 JOTSAULD

XI SIECLE

Cluni, et y être connu sous ce nom appellatif, comme sous son nom propre. On pourroit cependant dire qu'Aleman, ou Almanne, éloit un nom propre, ainsi que Jotsauld, et que aun. hib. p. m. notre Historien portoit l'un et l'autre. ' S. Odillon lui adressant à lui et à Hugues qui fut depuis Abbé de Cluni, ce qu'il avoit écrit sur s inlMaïeul, en le soumettant à leur censure, le nomme Almanne et non l'Alleman.

Mab ib. Quoiqu'il en soit, ' Jotsauld eut pour pere Bernard, et

pour mcre Ada. qui lui donnèrent au moins un frer^ nommé Joseranne. 11 exerça à Cluni l'emploi de Chancelier, ou Secrétaire de la Maison : ce qui joint aux écrits qu'il laissa à la postérité, fait juger de son progrès dans les Letres. Il n'en fit pas de moindres dans la vertu ; et il paroit par le peu qu'on sçait de son histoire, que c'eloit un homme de grand mérite. Il étoit cependant fort éloigné d'avoir de <a personp. 67». ne une idée aussi avantageuse. ' Lorsqu'il est obligé d'en par-

ler, il ne le fait qu'avec une profonde humilité; se donnant pour le dernier des serviteurs de Dieu, qui n'étoit Moine aue de nom, et pour un homme de néant, quantUluscutiqve nomvnrio. C'est sans doute pour ces grandes qualités, que p. et5. n. 10. 'saint Odilon avoit pour lui un attachement particulier, et le choisissoit quelquefois pour l'accompagner dans ses voïap. 69». n: n. ges. ' S. Hugues qui en usa de même dans la suite, paroit

par-là n'en avoir pas fait moins d'estime, p. 63*. n. *. ' On lit sur le mur de l'ancienne Eglise de saint Pierre de

Cluni en dehors, l'épitaphe d'un Jotsauld décoré du litre d'Abbé. Mais il est foi t incertain que ce soit le même que l'Historien de saint Odilon. 11 n'y a rien non plus d'assuré touchant le terme de sa vie; quoiqu'il n'y ait pas de doute qu'il a vécu plusieurs années après le môme saint Odilon, mort le premier de Janvier 1049.

SES ECRITS

Ïintre les ouvrages de Jotsauld il v en a en vers, com- Jme en prose. Il y en avoit aussi de Théologie, comme d'Histoire. Mais ceux-là ne sont pas venus jusqu'à nous.

1°. Le plus intéressant de ceux qui nous restent, est la vie de saint Odilon, son Maître et son Abbé. Il la publia au

moins

moins dès I0Ô3, quatre à cinq ans après sa mort. ' La preu- M^b.ib. P. 679. ve s'en lire de la dédicace qu'en fit l'Auteur à Estienne de Mercœur, Evêque du Puy et neveu du Saint, qui mourut la même année. L'ouvrage, auquel l'Auteur ne donne que le titre d'épitaphe, à l'imitation de saint Jérôme, et de saint Odilon même, qui avoit ainsi intitulé la vie de l'Impératrice sainte Adélaïde, est divisé en irois livres. Jotsauld emploie le premier à faire l'histoire de la vie du saint Abbé, le second à décrire les miracles qu'il fit du son vivant, et le troisième à i apporter ceux que Dieu opéra par son intercession après sa mort. Ce dernier est fort court, par la raison qu'il se passa trop peu de temps depuis cette époque jusqu'à ce que l'Auteur mit la main à son ouvrage, pour qu'il se fût fait Deaucoup de miracles.

' Jotsauld proteste qu'il n'avance rien dans tout son ou- (>. g*>3. wr. vrage, qu'il n'ait vû par lui-même, ou appris de témoins veridiqucs, et ajoûle qu'il ne rapporte pas même tout ce qu'il sçavoit de la sorte. ' Il paroît par le soin qu'il eut de i». ko. n. i. i consulter les personnes qui etoient le mieux instruites des <>"9 n" ,a' actions du saint Abbé, qu'il ne négligea rien pour se metlre au fait de ce qu'il avoit dessein d'en apprendre à la postérité. C'est ce qui lui a inspiré la confiance de dire, en nommant plusieurs de ses garants, entre lesquels il y avoit des Evèques et des Abbés, qu'il ne craignoit nullement de passer soit pour adulateur, ou fabricateur de mensonges. D'ailleurs, dit-il, en empruntant l'expression du célèbre saint Severe Sulpice à l'égard de saint Martin, le mérite de saint Odilon est déjà assez cjnnu, et n'a pas besoin de faits conlrouvés pour se soutenir.

Nous avons très-peu d'ouvrages d; ce siècle en même genre de lilerature, qui soient écrits avec plus d'ordre, plus de netteté, plus de candeur, plus d'onction, on peut même dire en meilleurs termes, que cette vie de saint OJilon par Jotsauld. Cependant Dom Mabillon, ' qui est le s.ul qui t.. mwio. jusqu'ici Tait publiée en entier, et1 qu'il a l'ait sur trois anci ns manuscrits, n'a pas crû qu'elle fut suffisante pour faire pleinement connoîlre le saint Abbé. 'C'est ce qui l'a porté i>. un-e™. a y joindre un éloge historique du même Saint, qu'il a tiré des meilleurs monuments, tant imprimés que manuscrits. Avant celte évlition, ' les Editeurs de la Bibliut iéque de « iun. bii>. p. ta Cluni avoient publié un morceau informe de l'écrit de notre Tome VU. Q q q

MSI! U.l

490 JOTSAULD,

Buii. i. jan p Historien sans le nommer. ' Bollandus en donna depuis un

plus long fragment, avec l'Epi Ire dédicatoire à Pierre Evêque du Puy, mais en changeant un peu le nom de l'Auteur, et le nommant Lotsauld. Ce qu'a fait saint Pierre de Damien sur la vie de saint Odilon, n'est proprement qu'un abrégé de l'ouvrage de notre Historien.

p0*i. api> 1. 1 p 'Possevin parle d'un Godscalc, François de nation et Moine de Cluni, qui vivoit encore après 980, et qui selon ce Bibliographe, a fait la vie de l'Abbé saint Odon son Maitre. Il ajoute, que cet écrit se trouvoit chez les Chartreui d'Anvers avant les ravages des Hérétiques, mais qu'on croïoit qu'ils avoient causé sa perle. Il est hors de contestation qu'ici Possevin a brouillé ses idées, et que l'Ecrivain dont il parle, n'est autre que Jotsauld.

ciun. bib. p. m- 2° ' On a imprimé dans la Bibliothèque de Cluni un Gémissement, ou Poëme lugubre, Planctus, en cent cinquante grands vers, que Jotsauld composa sur la mort de saint Mab. u» p oo2. Odilon. Bollandus et ' Dom Mabillon n'ont pas jugé à propos de le réimprimer, parce qu'il ne contient presque rien d'historique. Ce dernier en a cependant fait entrer dix vers dans l'éloge du saint Abbé. Outre ce Poème, il y a de Jotsauld quelques autres vers qu'il a intercalés dans sa prose. Bmrth . adv. 1. 1. c. ' Barlhius jugeoit, que la poésie de notre Ecrivain étoit un peu au-dessus de celle de son siècle, ce qui l'a porté à dire de lui : Non ineplus pro œvo Mo versificaior. vin Bon i. *7. e. Vincent de Beauvais rapporte quelques vers hexamètres, sur les premiers Abbes de Cluni, qui paroissent avoir été faits les premières années du gouvernement de saint Hugues. Us pourroient fort bien être une production de la Muse de Jotsauld. On y voit le caractère distiuctif de saint Odilon et de saint Hugues, sous lesquels il avoit vécu. Mai* ib. p. «s». ' Dom Mabillon en a tiré plus de trente autres aussi hexamètres, d'un manuscrit de Cileaux, qui roulent sur l'élection p fl«x n ii7. de saint Odilon pour succéder à saint Maïeul. ' Le même Editeur en a encore publié quelques autres, qu'il avoit trouvés en plus grand noinbiv dans un ancien manuscrit de l'Eglise du Puy en Vêlai. L'Auteur y fait l'éloge de S. Maïeul, et les dédie à saint Odilon. Nous ne donnons pas au reste ces deux pièces pour être de la façon de Jotsauld, qui n'étoit peut-être pas encore à Cluni, lorsqu'elles furent faites, et n'en parlons que pour les faire connoilre.

MOINE DE CLUNl. 491

XI SIECLE

3°. • Une liste, ou catalogue des anciens livres de Cluni, *p «m n * porte que Jotsauld avoit écrit contre l'hérésie de Berenger, sous le règne de Henri Roi de France. Mais on ne scait rien autre chose de cet ouvrage.

Abbé de Florenne.

ViONZON, ou Gonthon, ou même Wenzon , «an am. co». ■ 'jl'undes illustres Abbés que ce siècle produisit en grand bibî* bÎÎT p nombre, étoit frère du célèbre Vazon Evêque de Liège, dont nous avons donné l'histoire. ' Aiant embrassé la proies- Mab. a«. i. 9. P sion monastique à TAbbaïe de Florenne, ou Florines, au ™9nn7<6 1 an' '' Diocèse de Liège, il eut l'avantage d'y être formé à la vertu par les soins du B. Richard de saint Vanne, à qui cette Abbaïe fut soumise dès le temps de sa fondation. ' Il y exerça n.11. u. mm. n. ensuite les premiers emplois de la Maison, et en devint le £*•" 33'An,rr quatrième Abbé. Elevé à cette dignité, ' il fit revivre en sa >i,ib. act a» personne le B. Richard son Maître, par la pratique de toutes les vertus chrétiennes, et une vie angelique. ' L'ordre 01 monastique n'eut point en son temps de plus brillante lumière, ni de plus rigide observateur de la discipline du Cloître. C'est principalement à raison de sa grande régularité, que le Pape saint Léon IX lui portoit une affection singulière. ' Il se trouva en 1055 à l'élection du B. Thierri, 1.. sa», n. i». 1 et contribua beaucoup à le déterminer à accepter la dignité ij,"'- ,b- p 9îi d'Abbé de saint Hubert, pour laquelle il avoit été élu. Gon- * n.b a« 1. «1 zon vécut au moins jusqu'en l'année 1059; à laquelle il "* 41 assista avec grand nombre d'Evêques, d'autres Abbés et des Seigneurs, au Sacre du Roi Philippe I, qui se fit à Reims. ' Quoiqu'il se soit rendu recommenaable par sa doctrine corn- 1. 53. n 7*. me par sa pieté, il a néanmoins laissé peu de productions de son sçavoir.

1°. U y a de lui une relation des miracles de saint Gengoul, dont la vie avoit été écrite plus d'un siècle auparavant, comme on l'a vû en son lieu. ' Gonzon y mit la main lur. ii>. P. sm.

Oqq u

XI SIECLE. ' 9

en 1 028, malgré l'embarras des affaires de sa Maison, dont P. 648. d. *. il étoit chargé, ' et l'adressa au nom de l'Eglise de Florenne à toutes les Eglises du monde Chrétien. Il assure n'y avoir point fait entrer de miracles, dont il n'eût été témoin oculaire, ou qu'il n'eût appris de personnes instruites et fidèles. Outre les autres défauts de son style, on y trouve une affectation perpétuelle de consonances disgracieuses. La préface, qui est en vers, montre que la versification de l'Auteur p. G48-655. ne vaut pas mieux que sa prose. ' Les successeurs de Bollandus nous ont donné cette relation, à la suite de la Légende de saint Gengoul.

Andr. ib. p. i»7. 2° ' Valerc André nous apprend, que Gonzon avoil fait aussi un écrit touchant la fondation du monastère de saint Gengoul, qui étoit pour les Clercs, et par conséquent différent de celui dont Gonzon étoit Abbé, et qui portoil le titre de saint Jean-Baptiste. Mais on ne dit point ce qu'est devenu cet autre écrit de Gonzon.

Comme nous n'aurons pas d'occasion particulière de parler de quelques monuments de Litérature, oui appartiennent aux années qui s'écoulèrent depuis la mort au Pape S. Léon IX jusqu'à celle d'Eslienne IX, il est de notre dessein d'en donner ici une courte notice. ' Il nous reste de ce temps-là les actes d'un Concile ienu à Narbonne, le vingt-cinquième d'Août 1054. Le Concile fut convoqué par la protection du Comte Pierre Raimond et du Vicomte Berejiger ; et il s'y trouva dix Evoques, qui a\ oient à leur tête Guifroi, Archevêque de Narbonne , sans compter grand nombre d'Abbés, de Clercs, de Nobles et autres Laïques. Ces actes consistent en vingt-neuf Canons, avec une Préface, oui tendent principalement à établir dans la Province la fameuse Trêve de Dieu. Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est qu'on joint en ces Canons les peines temporelles aux spirituelles. La raison en est, que les deux puissances concouroient en ce Concile. La même chose se fit encore en d'autres assemblées, comme on le verra par la suite.

io«a. «MB. ' On nous a aussi conservé un extrait des actes d'un autre Concile, qui se tint à S. Gilles deux ans après le précèdent, et dont les décisions tendoient au môme but. 11 y eut dans cette assemblée jusqu'à vingt-deux Evéques, tant de la même Province de Narbonne, que des Provinces voisines.

Conc. t. 9. p 1012-1076.

' Le treiziém > de Septembre de la même année 1056, il y i> iuk»ï«h7. eut un troisième Concile à Toulouse, auquel assistèrent dix-huit Prélats, en y comprenant Raimbauld, Archevêque d'Arles et Ponce d'Aix, Légats du Pap<; Victor II, qui y présidèrent. I! nous en reste treize Canons, avec une courte préface et une petite épilogue, pour tâcher en particulier d'extirper la simonie, et d'affermir la continence des Clercs. Ces Décrets du Concile étoient autant pour les Provinces d'Espagne, où s'étendoit h pouvoir des Evêques qui le composoient, que pour celles de Gaules.

M. Baluze nous a donné un autre monument de la même i*»^* 259 i année, qu'on a fait entrer depuis dans la collection générale 8 i8°nc ar ' des Conciles. C'est une longue plainte , que B e r e n r. e r , Vicomle de Narbonne présenta au Concile de Toulouse, contre Guifroi son Archevêque, qu'il chargeoit de plusieurs graves accusations.

Odon, Moine de l'Abbaïe des Fossés près de Paris, adi. par, sDPp.(.. où il avoit été élevé dès son enfance, florissoit au même temps de la tenue de ces Conciles. On vit en sa personne ce qui n'arrive que trop tous les jours : c'est-à-dire, que le mérite et la vertu ne mettent pas toujours à couvert des mauvais traitements. Aussi a t-il soin à ce sujet d'observer lui-même d'après saint Paul, que tous ceux qui veulent vivre avec piété * en J. C. seront persécutés. Odon le fut jusqu'au point que ne pouvant plus y tenir, il se vil contraint à chercher un asyle dans une terre étrangère. Mais avant que de quitter son Monastère, il composa la Vie du vénérable Bouchard, Comte de Melun et de Corbeil, restaurateur de l'Abbaïe des Fossés, ' où il finit ses jours en 1012 dans l'habit monastique. Il v- ira M*b. ,>u. n'y a pas à se tromper sur le temps précis auquel Odon exé~ 9>1* n 69 cuta ce dessein. ' Il marque lui-même, que ce fut en l'année vm. par. ib P. 1038, quarante-six ans par conséquent après la mort de Bouchard. Il ne laissa pas en si peu de temps de se perdre beau- r coup de circonstances de l'Histoire de ce Comte. La crainte qu'il n'en fût de même du reste, jointe à d'autres motifs, engagea Odon à recueillir ce qu'on en sçavoit en son temps, et à le conserver à la postérité.

Son Ouvrage est intéressant, et bien écrit pour son siècle. Outre ce que l'Auteur avoit appris de la naissance, du caractère et des principaux événements de la vie de Bouchard, on y trouve plusieurs traits pour l'Histoire générale de Fran-

x. biscle 494 G0NZ0N> AI*BÉ DE FLOREN NE ,

ce, et un plus grand nombre encore pour l'Histoire particu-

Uu ches. i, 4 p. liere de l'Abbaïe des Fossés. ' C'est pourquoi les Duchesne ont inséré l'écrit en entier dans leur Collection d'Historiens.

• A«t. par. ii>. p • Dom Jacques du Breul l'avoit déjà publié dans son Sup-

bi*b"lp*«L3wBI'' utëment des Antiquités de Paris; et les Editeurs de la Bibliothéaue de Cluni en avoient aussi donné un morceau considérable. Sebastien Bouillard en a fait une traduction en notre Langue, et l'a imprimée sans la Préface, à la suite de son Hisloire de Melun, qui parut à Paris en 1628.

t*s il»r'i'b p Odon s'étoit proposé d'écrire aussi, au moins en parti»' l'Histoire de Rainauld, Evêque de Paris, fils du Comte Boucliard. Mais les vexations qu'il souffroit alors, ne lui permirent pas d'exécuter son dessein projette. Il avoit cependant quelque espérance d'y travailler, lorsque l'orage seroit passé , et le calme revenu.

«78f'iblb' b'b p ' ^arm' 'es Manuscrits d'une Bibliothèque de France, que Dom de Monlfaucon n'a pas nommée, se trouve un Manuscrit avec l'inscription suivante : Vita S. Mauri métro et prosa scripta per Odomm. La vie de saint Maur qui est ici an • noncée en prose, n'est autre sans doute, que l'ouvrage retouché par Eudes, ou Odon, Abbé des Fosses, après le milieu du IX siècle. Mais celle qui est en Vers, pourrait bien être de la façon du Moine Odon, qui fait le sujet de cet article.

*Ln,c|: »• - i - ' Il avoit aussi composé en l'honneur de saint Babolin, premier Abbé de son Monastère, des Répons que Ton y chantoit autrefois au jour de sa fête.

an. i. 6i. n. seu. ' Dom Mabillon avoit entre ses papiers un Poème en Vers hexamètres, à la louange de l'Ecole et des Etudiants de l'Abbaïe des Fossés, dont il n'a jugé à propos d'imprimer que trois Vers. C'est la production de la Muse d'un nommé Teulfe, ou TlUDULFE , Breton de nation, qui éloit fort affectionné à ce Monastère. Parmi les Etudiants, dont il fait l'éloge, il nomme le Moine Odon, qui n'est autre que l'Historien du Comte Bouchard. Il paroît par-là, que Teulfe avoit publié son Poëme, avant qu'Odon eût écrit son Histoire.

On ne peut placer ni plus tard, ' ni guéres plutôt que vers les premières années après le milieu de ce siècle, la Vie de S. Guillaume, Duc d'Aquitaine, fondateur, et enfin Moine de Gellone au Diocèse de Lodève, mort vers 812. ord. ni. i. e. p. On ne peut la placer plus tard , ' parce qu'elle étoit connue

ET AUTRES ECRIVAINS. 495 ¥i ivrtr

XI SIECLE

en Angleterre dès l'année 1066. On ne peut non plus la faire

remonter plus haut, ' parce qu'elle n'a été composée qu'après «on. «8. mai. p

le fameux Roman de Guillaume au court nez, et qu il y est W"J' m n 8

parlé de saint Fulcran, Evêque de Lodève, mort en 1006 ,

comme étant déjà reconnu pour Saint , et devenu célèbre

par les miracles opérés à son tombeau : ce qui suppose qu'il

y avoit déjà plusieurs années qu'il étoit passé de ce monde à In

vie éternelle.

Nous ne connoissons point d'Auteur, qui contredise notre première proposition, c'est-à-dire, qui prétende que l'écrit en question soit postérieur au XI siècle. ' Les doctes Conti- n> p «e. a. n nuateurs de Bollandus, M. Baillet et les derniers Historiens .T.'n.1*. i Bu.ttd« du Languedoc s'accordent à lui assigner la même époque '•»"».»• i. p-*w». que nous. Aussi ne peut-on pas raisonnablement lui en donner une plus récente; ' puisque celte vie de saint Guillaume om. vii o>. étoit connue de Gerold, Glerc d'Avrauches et Chapellain de Hugues Comte de Chester, dès le temps que Guillaume le Bâtard conquit l'Angleterre. L'Histoire nous apprend en effet, que Gerold animé d'un saint zélé, emploïoit entr'aulres exemples celui de saint Guillaume, qui après avoir porté longtemps les armes, renonça généreusement au monde, et embrassa la pénitence du cloîlre , afin d'inspirer aux Seigneurs , et aux jeunes gents de condition, qu'on élevoit à la Gour de ce Comte, le mépris des délices trompeuses de la chair, et le désir d'imiter les Saints des siècles passés. 11 est constant par-là, que la vie de saint Guillaume exisloit dès-lors; et l'on ne peut pas dire qu'il s'agit ici du Roman de Guillaume au-court-nez. La raison en est d'une part, qu'Ordric Vital,

?ui nous a conservé ce trail historique, distingue clairement un de l'autre en disant, que le Roman n'étoit qu'une chanson à l'usage des Jongleurs, ou Cantadours, au lieu que la Vie étoit une histoire authentique, qui avoit été écrite par des Auteurs respectables, et qu'on lisoit avec respect dans les assemblées des Clercs et des Moines. D'ailleurs Vital joint ici la Vie avec l'ancien et le nouveau Testament, les actes de saint Sebastien, de saint Maurice et autres, honneur qu'il n'auroit pas fait au Roman.

Il n'en est pas de même de notre seconde proposition. ' Dom Mabillon , suivi de M. Cave et peut-être encore de Ma>. «t. t. r,. v quelques autres, suppose que la Vie dont il s'agit ici, a été 4V'« 1 Cav* écrite dès le milieu du IX siècle, ou environ, par un Auteur

XI SIECLE. ' '

presque contemporain. Mais outre que les raisons déjà alléguées contre ce sentiment, suffiroient pour le détruire, il y en a encore d'autres qui viennent à l'appui de premières. Mab. ib. P. 73. n. ' L'Auteur de celte Vie y emploie le terme de Consul pour 4 exprimer un Comte, ce qui n'a commencé à être en usage

ord vu. ib. tout au plûïôt que sur la fin du X siècle. De plus, 'son écrit étoil fort peu répandu au commun neement du XII, et n'avoit point encore pénétré à S. Evroul, où l'on éloit si soigneux de recueillir les bons Livres. Circonstance qui ne favorise pas l'ancienneté qu'on voudrait lui donner. Enfin si cet écrit étuit d'un Auteur presque contemporain, il faudroit Mab. ib. 11..2. dire que le Roman de Guillaume au-court-nez , ' qui y est clairement rappellé, seroit au moins du commencement du IX siècle, ce qui ne se peut soutenir.

Après tout , quoi jue le Roman soit plus ancien uue la Vie , uïs. du Lam;. i nous sommes bien éloignés de lui donner ' avec M. de Marca i. j.. 703. ja prcfércnce au-dessus d'elle. L'Auteur, qui Ta écrite y a suivi de fort bons mémoires , et presque tout ce qu'il y a fait entrer, s'accorde parfaitement avec ce que les Ecrhains du temps de saint Guillaume nous apprennent de son Histoire. I! faut seulement en excepter ce que l'Auteur dit du siège et de la prise de la Ville d'Orange par le Saint, comme aussi peut-être la plus grande partie de ce qu'il raconte de ses victoires éclatantes sur les Musulmans : avantures un peu romanesques, qu'il aura vraisemblablement tirées du Roman si souvent cité.

A cela près son écrit est regardé comme une bonne pièce, sur laquelle les meilleurs Ecrivains de ce siècle et du précédent ne font point difficulté de s'appuïer, comme sur un monument digne de toule créance. L'Ouvrage est écrit avec ordre , et divisé en deux livres , ou Parties , dont la première est emploiée à faire l'Histoire de la Vie du Saint, et l'autre la Relation de ses Miracles. Dom Mabillon n'aïant eu d'abord connoissance que de la première Partie, l'avoit jugée d'un Auteur différent de celui de la seconde. Mais il y a tant de rapports de l'une à l'autre, et une si grande conformité Bon. ib. p. m. de style entre les deux, ' qu'il ne reste presque aucun doute, n *' qu'elles ne soient sorties de la môme plume.

B.b. uugim. ' Dès 1161 Charles Stengelius, Bénédictin Alleman, publia la première partie de l'écrit de notre Historien, avec des remarques de sa façon, à la suite de la Vie du Bienheureux

Guillaume

Guillaume Abbé d'Hirsauge. * Dom Mabillon en aïant revû le texte sur deux manuscrits, l'un de Gellone, ou S. Guilhem du désert, l'autre de S. Corneille de Compiegne, en a donné une autre édition, avec de nouvelles remarques, et un ap-

S endice qui contient des pièces originales. ' On trouve dans rdric Vital un abrégé fort exact de cette première partie. Dom Mabillon ne fut pas long-temps sans recouvrer la seconde. ' Un Manuscrit du Monastère d'Eyssès au Diocèse d'Agen la lui aïant fournie, il la donna au public avec ses notes ordinaires, trois ans après la première partie. Enfin ' les successeurs de Bollandus, aïant réuni les deux Parties ensemble les ont fait réimprimer sur les éditions précédentes, avec de sçavantes observations préliminaires. ' Ils y ont ajouté une petite Histoire de l'élévation du corps de saint Guillaume, qui appartient à des temps fort postérieurs à celui qui nous occupe ici.

' Les Duchesne dans leur recueil d'Historiens de France, nous ont donné des Fragments de Chronique, ou d'Histoire un peu informes par les défauts des manuscrits, dont le principal Auteur écrivoit vers 1056. Il étoil Moine Bénédictin , et paroit s'être intéressé pour ce qui regarde l'Abbaïe de Fleuri en particulier ; quoiqu'on ne puisse pas assurer qu'il en fût. Ces Fragments commencent au régne de Louis le Débonnaire, et conduisent la suite de l'Histoire jusqu'au couronnement de Louis VI en 1109. Mais il est visible que ce qui suit depuis 1059, est d'une main différente, en ce que les faits qui devroient être plus détaillés et mieux circonstanciés, y sont rapportés en peu de mots : au lieu que dans ce qui précède, ils sont racontés avec une juste étendue. L'écrit est en forme d'Histoire, plutôt que de Chronique ou d'Annales, ce qui en rend la lecture moins disgracieuse.

Divers autres Ecrivains du même temps, ont laissé de leur façon d'autres mémoires pour l'Histoire de France. ' Ce qu'ils ont écrit à ce sujet, se trouve sous les titres de petite Chronique, d'Histoire et de Généalogie des Rois de France jusqu'à Philippe I, entre les manuscrits de la bibliothèque du Roi, n\ 1445, 2578, de celle de saint Germain-des- Prez n". 547, de celle de saint Victor à Paris n°. 447, et ailleurs.

' L'Auteur de la Chronique de Novalese, qui se dit originaire du païs de Mauriene, et qui écrivoit au même

Page 1