‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 138 sur 214 · mai. p · texte numérisé non relu

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Romain, Abbé de Font-Rouge, lorsqu'il en écrivoit la vie. Lieu qu'il nomme expressément, et qui n'étoit autre que l'Abbaie de Vareilles.

Sou ouvrage est divisé en deux parties, dans la première desquelles il fait l'Histoire de la vie de saint Romain, et celle des translations de ses Reliques ; et dans l'autre la relation des miracles opérés par son entremise auprès de Dieu. Gilbert s'étend particulièrement sur ceux qui s'étoient faits depuis la dernière translation. Aussi étoit-ce un objet qui l'interessoit davantage; puisqu'ils regardaient son monastère, où les Reliques furent transferées-

L'Auteur avoue avec ingénuité, que l'ancienne vie du Saint étant périe par le malheur des guerres, il n'avoit pù rien trouver pour son histoire. C'est ce qui l'a engagé à commencer son écrit par une espèce d'exorde, comme s'il eût voulu faire une exhortation au lieu d'une légende, et à tirer ca qu'il dit dans son premier livre, de la vie de saint Benoit par saint Grégoire, et de celle de saint Maur par Fauste. Gilbert en usa de la sorte, sur ce qu'en son temps on croïoit que le saint Romain dont il cntreprenoit l'histoire, étoit le même que celui qui avoit été quelque temps le pere nourricier de saint Benoit du Mont-Cassin. Il est aisé aussi de juger par-là, que cette première partie de l'ouvrage de Gilbert est peu de chose. D'ailleurs il s y trouve quantité de fautes, que les derniers Editeurs ont eu soin de relever dans leurs notes.

Il n'en est pas de même de la seconde partie. ' Ces mêmes Editeurs en l'uni cas, et reconnoissent que les faits qui y sont rapportés, s'accordent avec les anciennes chroniques, ' Mais ils ont peine à croire, que les miracles écrits en prose cadencée, sur la fin de cette seconde partie, soient du même Auteur que les précédents. Ils n'en allèguent point de raison; et la enose n'est pas si intéressante qu'elle mérite d'être discutée. Il paroit cependant, que Gilbert en enchâssant ainsi de la prose cadencée dans la prose ordinaire, n'a fait que suivre le génie de son' siècle. On a montré en effet, que la plupart des Ecrivains de ce temps-là avoient la passion d'intercaler des vers dans leur prose. De plus, le style de Gilbert étant un peu poétique, et l'Auteur y faisant voir du goût pour les consonances, il ne seroit pas merveilleux qu'il s'y fût entièrement livré, pour écrire quelques miracles en une prose cadencée et souvent rimée.

p. 169. Dot.

Xr SIECLE.

•Cet écrit de Gilbert, oui paroît avoir été fait sur la fin • p. tu. t. de la rie de l'Abbé Kaimilfe, ou Rannulse, mort en 1060, ' a été imprimé pour la première fois dans la Bibliothèque rior. bu>. par. *. de Fleuri. Mais l'Editeur a négligé de distinguer de la prose p 8W1Dordinaire ce qui est en prose cadencée. ' Dom Mabillon Ta Mab. u>. p. si-ot fait ensuite entrer dans son recueil d'actes choisis, où il est accompagné de quelques notes. Il en a cependant retranché une partie des miracles vers la fin. ' Les successeurs de Bol- Bon. u>. p. 15*landus l'ont publié depuis en entier, arec de nouvelles ob- ,65' servations.

' Vers le même femps, un Moine Anonyme du Mab. an. 1. s*, n. monastère de S. Paul à Utrecht, écrivit la vie de S. Aufror, 94ou Ansfride, Evêoue du lieu, mort en 1010. II ne l'exécuta qu'après l'an 1050, auquel ce monastère fut transféré dans la ville, et prit le nom de S. Paul. Cest ce qui joint à la manière dont s'exprime cet Auteur a et à l'ancieneté du manuscrit qui contient ee qui nous reste de son ouvrage, nous porte à lui assigner l'année 1060 ; nous paraissant y avoir mis fa main cinquante ans après la mort du S. Prélat. Quoiqu'il n'en fût pas plus éloigné, ' il n'est point exact dans ce qu'il «s. r. s. P. «. n. nous en apprend, sur-tout dans les époques qu'il assigne. Les ,siècles qui l'ont suivi, ont néglige de nous conserver son écrit en entier. ' I^es Continuateurs de Bollandus, en ont Bon. j. mi p. imprimé ce qu'ils en ont déterré dans un ancien manuscrit, m'met l'ont illustré de sçavantes remarques. ' Dom Mabillon l'a *»b. a. p.as-Kt. fait réimprimer dans la suite avec ses observations, en y ajoutant ce que les Auteurs du même siècle ont dit de plus avéré sur le même Saint.

' Le même Editeur nous a donné, â la suite des écrits de t. 7, P. mi-mb. l'Abbé Bernier sur sainte' Hunegonde, première Abbesse d'IIomblieres, l'histoire d'une des translations de ses Reliques, faite en 1051. ' Histoire que les Boliandistes ont pu- Bon. ». &og. p. bliée de nouveau, à la suite des mêmes écrits, et qui appar- 837*2*a lient aux années que nous parcourons ici ; n'aiant été écrite au plutôt qu'en 1059 ou 1060. l'Auteur, qui a voulu être inconnu pour son nom et sa profession, quoiqu'il y ait à présumer qu'il étoh Moine, s'y est fait connottre par le talent qu'il a voit de bien écrire pour son temps, et par son scavoir dans la Médecine. ' U paraît effectivement par le Ma». u>. p. ». raisonement qu'il fait sur fépilepsie, qu'il avoit étudié cette n' 4" faculté de literature, et qu'A avoit quelque connoissance de la langue gréque.

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XI SIECLE

• Bon. ib. p. s»: " On trouve dans un manuscrit de la Chartreuse de Colo- D- "• gne, une vie de la même Sainte en vers rimes, dont les der-

niers Editeurs des écrits de Bernier rapportent quelques morceaux dans leurs observations préliminaires. 11 n'y a pas de doute, que ce Poète n'a écrit qu'après Bernier, et ainsi vers le milieu du XI siècle, ou peu d'années après. Mais, quoiaue son poëme soit un peu moins mauvais que tant d'autres du même temps, il ne nous apprend rien, qui ne soit et plus détaillé et plus autorisé dans les écrits sur le même sujet qui l'ont précédé.

Il nous parott, qu'on peut rapporter au même temps 1' Auteur anonyme, dont on a une vie de S. Paul Evé- Mab. ib. t. «. p. que de Verdun, mort environ l'an 647. ' Ce qui nous autori- *7** n* ** se à placer ici cet Ecrivain, c'est d'une part qu'il cite le Hog. pi. <a»r. p. Prêtre Berthaire, comme un Auteur déjà ancien et de l'au- ,0I# tre qu'il a écrit avant Hugues de Flavigni, qui semble assez

visiblement avoir emprunté de lui un trait, qui regarde l'Histoire de saint Germain Evêque de Paris. Notre anonyme, quoiqu'éloigné de quatre siècles de l'épiscopat de S. Maur, Bail. s. tei. ub. ' ne laisse pas d'être regardé comme un Ecrivain grave el M.b. ib! dou fidèle. Il n'est pas d'une entière exactitude, ' suivant la remarque d'un de ses Editeurs, snr. s. feb. p. 93i- ' Surius est le premier qui a publié son écrit, après en avoir changé le style, et même paraphrasé le texte en quelques en- Boii. s. feb. p. droits. ' Bollandus l'a ensuite imprimé à son tour, en lui ren- 175-178. ^ant ^ prenne intégrité, à la laveur d'un manuscrit de S.

Maximin de Trêves, et l'accompagnant d'observations hisn»b. ib. p. ï68- toriques et critiques. ' Enfin Dom Mabillon aïant revû l'édition de Bollandus, sur un autre manuscrit de S. Germain des Prés, en a donné une nouvelle avec ses notes et remarques ordinaires.

Aux Ecrivains précédents il faut joindre, pour les raisons qu'on va voir, deux ou trois Moines anonymes de Laubes, oui ont continué l'histoire des miracles de saint Boii. i8. «pr. p. Ursmar, Abbé de ce monastère. ' Ce qu'ils en ont écrit, se trouve réuni à ce que le sçavant Abbé Folcuin , et un autre Auteur son contemporain, 'en avoient déjà publié, et forme un corps d'ouvrage suivi, que les successeurs de Bollandus bu. ut de la Fr. ont imprimé sur un manuscrit de l'Abbaïe de Laubes. ' Nous t. e. p. 457. *58. avons ren(ju compte ailleurs du travail de Folcuin à ce sujet, et de celui de l'autre Ecrivain qui l'a suivi de plus près.

Il n'esl ici question, que de discuter ce qu'ont fait dans le meme genre ceux qui ont écrit après eux.

' Ce qui leur appartient, se trouve dans l'imprimé aux mi. ii» p.

Sagescilées à la marge. Il est visible, qu'il y faut distinguer 573 eux différents Auteurs, non-seulement à raison de la différence de style, mais aussi à cause des divers temps, auxquels chacun a écrit. ' Le premier écrivoit fort peu de temps après \>. .-.7*. i.m. la mort de l'Empereur Henri le Noir, c est-à-dire après le cinquième d'Octobre 1056 : ' Nuper igitur. . . . quo Henricus p. mi. n. *«. Imperatordecesstt humants. ' Au contraire l'autre Ecrivain ne P. m*, n si prit la plume qu'après plus de vingt-cinq ou trente ans ; puis-

3ue ce ne fut que long temps après la mort d'Adelard Abbé e Laubes, ' laquelle arriva en 4076. Le style du premier, i>. ».,» quoique rempli de consonances perpétuelles, est plus clair, et moins barbare que celui du second.

' A la suite de ce recueil de miracles, vient un autre écrit p. :.73-m«. intitulé : Le Voïage, Itineratio. de S. Ursmar, dans lequel il a voulu être glorifié parmi les Flamans. C'est une relation détaillée et fort circonstanciée de tout ce qui se passa dans le transport circulaire des reliques du Saint, qui se fit en 1058. Le Monastère de Laubes aïant été presque entièrement détruit dans les guerres précédentes, les deux Baudoins père et fils, Comtes de Flandres, permirent avec l'agrément des Evêques, qu'on portât ces Reliques par toute la Province, afin d'exciter la piété des Fidèles à concourir au rétablissement du Monastère. Cette relation nous paroit appartenir au premier Ecrivain, qui n'y rapporte rien dont il n'ait été témoin oculaire. Mais la forme du recueil et la Préface, 'qui i> sm. v>i se lit à la tête de tout le corps de l'ouvrage, sont de la façon du second Anonyme, qui a voulu conserver à la postérité un recueil entier et suivi des miracles de saint Ursmar , réunis en un seul et même volume.

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