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battu , d'une manière si triomphante contre l'idolâtrie et les forces de Satan, et que les Saints Docteurs ont défendue contre les attaques des héreliques, par des écrits où coulent des fleuves d'une salutaire éloquence. De sorte que s'il s'en élevé de nouveau quelqu'un, il est aussi-tôt percé de mille I rails. Où- sont maintenant, continue Adelmanne, les Manichéens, les Ariens? Leur mémoire est en exécration. Au contraire celle des Ambroises, des Augustins, des Jerômes et autres, qui les ont terrassés, devient de jour en jour plus glorieuse, et l'on ne parle d'eux qu'avec éloge.
' Ici notre Auteur prévient une objection qu'on lui auroit
Fû faire : sçavoir comment il sera arrivé, que les Pères de Eglise, qui étoient hommes, ne se seront pas trompés, et n'auront pas trompé les autres, comme il est certain que les plus grands Philosophes de la Genlilité ont donné dans L'erreur? C'est répond Adelmanne, qu'étant humbles de cœur et pauvres d'esprit, ' le Pere céleste leur a révélé ce qu'il avoit caché aux sages et aux prudents, et que s'étant attachés à lui ' qui est la voie, la vérité et la vie, ils ont été rendus participants de ces divins caractères.
' Il vient ensuite à établir la croïance commune de l'Eglise sur le mystère de l'Eucharistie ; et il le fait en habile Théologien. D'abord il emploie ce raisonnement si simple, et en même temps si péremptoire : J. G. avoit promis de nous donner un pain, qui seroit sa propre chair. C'est ce qu'il a exécuté en instituant l'Eucharistie. A ce raisonnement pris de la promesse de J. C. il ajoûte celui qui se tire de sa toute-puissance. Celui qui a dit : que la lumière soit faite, et la lumière fut faite, et faite de rien, dit également du pain : ceci est mon corps. ' Car, continue Adelmanne en le prouvant par
Plusieurs autorités, c'est J. C. qui consacre , comme c'est . C. qui baptise, quel que soit le Ministre qui le fait. Raisonnements qu'il fortifie par une pensée admirable. L'intercession, dit-il, de J. C. à la droite du Pere en faveur des Fidèles, de laquelle parle saint Paul, ne se fait pas par des paroles, mais par la vertu de l'Eucharistie, où J. C. s'offrant luimême, renouvelle le mystère de sa Passion.
' De-là notre Auteur passe à l'objection favorite des Sacramentaires de tous les temps. Objection qui consiste à dire, ue l'on ne voit rien du changement qu on suppose se faire ans l'Eucharistie ; puisque les choses paroissent les mêmes
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qu'elles étoient avant la consécration. A quoi il répond, que si le changement qui se fait dans les Sacrements, étoit visible, et qu'ils parussent au dehors ce qu'ils sont en eux-mêmes, la foi qui est, selon l'Apôtre, une pleine conviction des choses qu on ne voit pas, et qui fait la vie du juste , seroit ici sans objet et dans l'inaction, ou même réduite à rien. Ce Sacrement de vie, continue-t-il en parlant de l'Eucharistie en particulier, est caché avec toute sa force et sa vertu sous des espèces sensibles, comme l'ame l'est dans le corps qu'elle ani- • me. ' 0 homme charnel, s'écrie éloquemment Adelmanne, p. «o. 1. qui ne comprend pas les choses qui sont de Dieu ! Dans le baptême, où il se fait un vrai changement, puisque celui qui le reçoit devient ce qu'il n'étoit pas, néanmoins les choses ne paroissent-elles pas les mêmes qu'elles étoient auparavant. Celui qui est baptisé, ne devient point blanc de noir qu'il était, ni letré d'ignorant qu'il éloit avant sa regénération.
' L'Auteur entreprend ensuite de montrer, que l'esprit hu- im. main, quelque pénétrant qu'il soit, ne peut atteindre à la sublimité de nos mystères. Mais ce qui nous reste de son écrit finit par malheur au raisonnement qu'il fait sur ce qui se passe dans le baptême et dont il fait une application au mystère de l'Eucharistie. Il est visible par le plan qu'Adelmanne se forme, qu'il poussoit fort loin son écrit ; et peut-être ce qui nous en reste, n'en est-il que la moindre partie. C'est ce que paroissent avoir compris presque tous les Editeurs, qui ont eu soin de marquer à la fin, qu il semble y manquer plusieurs choses. 11 est après tout fort surprenant , qu'on n'ait pû le recouvrer en entier; 'vû qu'il subsistoit encore tel au temps Trtt. ehr. t de Trithéme, qui nous le donne pour un ouvrage extre- !" p' ,67' mément prolixe, valde prolixe : ce qu'on ne sçauroit dire de la partie qui en est venue jusqu'à nous. La disete entière des manuscrits de ce même ouvrage, feroit supçonner la malignité humaine de les avoir supprimés. Les Jeux derniers siècles, et le nôtre ont produit une infinité d'hommes , qui ne s'accommodoient pas de la doctrine d' Adelmanne. Il est aisé d'en juger ' par la manière dont Calvin l'a traité, manière ugh. t. *. p indigne d'un Chrétien et de tout homme d'honneur. Ce Reformateur prétendu, voïant ses faux principes renversés par ceux de notre Ecrivain, et n'aïant rien de raisonnable a y répondre, emploie contre lui les plus grossières injures ; le traitant d'ignorant , d'homme grossier et de Sophiste qui ne
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~ parle que pour tromper. Ressource ordinaire de presque tous ceux qui entreprennent de défendre une cause désespérée. Sig. «*ri. e. 154. ' Berenger, qui se trouvoit précisément dans le même cas, ne tenant aucun compte de l'affection d'Adelmanne son ami, qui ne cherchoit qu'à le rappeller de ses écarts, ne répondit à son écrit que par un autre plein de présomption et a arrogance, dans lequel il s'opiniâtroit à soutenir ses erreurs. Mart. aiiec. i. *. ' Nous avons dans quelques fragments de cette mauvaise ré- P. 109-m. , p0nge^ qyQj justifier le jugement qu'en porte ici l'Historien Sigebert. Mais nous y reviendrons, lorsqu'on en sera à l'article de Berenger.
Bib. Lehon. ' Ce qui nous reste de l'écrit d'Adelmanne contre lui a été
imprimé avec les traités de Pascase Radbert , de Lanfranc et autres sur la môme matière, le tout en un même volume im-8°, qui parut à Louvain chez Martin Rotaire et Pierre Phalesius, en 1551. Celte édition, que l'on compte pour la
.. s. vin. «m. première, est due aux soins de Jean Coster. ' Au bout de dix ans, c'est-à-dire en 1;>61 Jean Ulimmier, prieur des Chanoines Réguliers de S. Martin de Louvain, fit réimprimer l'écrit de notre Auteur, réuni aux précédents et à quelques autres. L'édition est en même volume, mais mieux conditionnée, et se
«'"es* Euch P' àèbha encore à Louvain chez Jérôme Vellaus. Vers le même temps Jean Caret, autre Chanoine Régulier, fit entrer dans son traité sur la présence réelle, presque tout ce
Epu.^oi. 1. 1. p. nue nous avons de celui d'Adelmanne. ' Du Boullay en a usé de même dans le premier volume de son Histoire de l'iiniversité de Paris.
' En 157:>, Margarin de la Bigne publia de nouveau tout ee qui nous en reste, au premier tome de sa Bibliothèque des
Sfcuï' p' *><'re*1 P' -*87-'*92- ' Dfi ce recueil l'écrit d'Adelmanne <st passé dans tous les autres, qui portent le même titre. En der-
173™' S 8c' mer^RU Galcardi, Chanoine de la Cathédrale de Bresse, qui a donné sous les auspices cl la direction du scavant Cardinal M. Quirini, une nouvelle édition des ouvrages de S. Philaslre et de S. Gaudenee, y a joint l'opuscule d'Adelmanne. Cette collection, qui est en un volume in-folio, est sortie en 173'.) des presses de Jean-Marie Aizzardi Imprimeur à Bresse.
sig. ib. e. 153. 2°. ' Sigebert, après avoir donné une notice de cet opuscule de notre Prélat, ajoute qu'il écrivit à Paul, ou plutôt Paulin, Primicier de l'Église de Metz, une autre letre sur le
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même sujet, afin qu'il travaillât à faire revenir de son erreur Berenger, leur ami commun. 'Adelmanne fait lui-même men- Adci. ad. b. p. tion de cette l.etre, qui n'est point venue jusqu'à nous, et que 43S' 8 personne depuis Sigeberl ne témoigne avoir vûe. ' M. Cave Cave, P. 523. s. prenant mal le sens de ce Bibliographe qu'il cite, a avancé
Sue cette letre ('•toit aussi pour tâcher de faire changer Paulin e sentiment sur l'Eucharistie. On se plaît naturellement à grossir le nombre de cents qui pensent comme nous, souvent sans beaucoup s'emWrasser, si c'est aussi réellement que l'amour propre le fait souhaiter. C'est apparemment par ce motif que cet Ecrivain Anglois a compté Paulin au nombre des Sacramentaires. Mais outre que le texte de Sigebert suppose le contraire, Adelmanne n'en dit rien; se plaignant seulement de la négligence de ce Primicier à l'instruire, com- • me il l'en avoit prié, de la vérité des bruits qui couroient contre Berenger. D'ailleurs on a montré à l'article de Paulin, que si Berenger avoit voulu suivre ses sages avis, il n'auroit pas fait tant d'écarts dans la doctrine. Au reste l'idée avantageuse qu'on a donnée de l'écrit précèdent, doit faire regreter la perte de celui-ci.
' Trithéme parle en général d'autres letres d' Adelmanne, Tri», «ri. c. 3». comme faisant un recueil entier. Mais ne les caractérisant pas autrement, et n'en copiant pas les. premiers mots, ainsi qu'il en use à l'égard des écrits qu'il connoissoit par lui-même, on peut douter que ce recueil ait existé. Il n'en est pas moins vrai cependant, qu'Adelmanne pouvoit avoir écrit grand nombre de letres, même intéressantes; mais il n'est pas certain qu'on ait jamais été soigneux de les recueillir pour en faire un volume. On a dit ailleurs un mot de celle qu'il écrivit à Guillaume, l'un de ses disciples, et depuis Abbé de S. Arnoul de Metz et de S. Remi de Reims.
3° ' Il y a d' Adelmanne des Rythmes alphabétiques : c'est- Mab. an*. 1. 1. p. à-dire une prose cadencée et rimée, dont chaque strophe 4*°~*i$composée de trois vers commence par une letre de l'alpnabet, depuis l'A jusqu'au Z inclusivement. L'Auteur les composa, lorsqu'il faisoit actuellement les fonctions de scolastique à Liège, comme il parott par la fin. Il s'y est proposé <ieux objets principaux. D'abord il y fait un portrait trèsavantageux du vénérable Fulbert son Maitrc, dont il relève avec de vives couleurs la doctrine et la manière d'enseigner. Ensuite il y donne à la postérité une notice des plus grands
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hommes de Ielres, qui s'étoient formés de son temps à l'Ecole de Chartres, et à celle de Liège. Quoiaue la pièce se ressente des défauts de son siècle, elle est néanmoins ingénieuse, et a encore d'autres beautés. Ou a peine à comprendre, comment l'auteur a pû dire tant de choses en si peu de mots. Nous en avons fait souvent usage dans le cours de ce volume.
' Dom Mabillon l'aïant déterrée dans un Manuscrit de Gemblou, est le premier qui l'a rendue publique. Il la accompagnée de quelques remarques de sa façon, qui en éclaircissent divers endroits. Mais Sigon, dont il est parlé, n'est point le célèbre Abbé de S. Florent de Saumur de môme nom, comme le prétend le sçavant Editeur. C'est un autre Sigon,
?[ui prit soin des funérailles de l'Evêque S. Fulbert, et qui ut successivement Scolastique et Chantre de l'Eglise de Chartres : fort différent de l'Abbé Sigon, ainsi que nous l'avons montré ailleurs, naît. ib. p. 113. ' Au bout de quarante ans, ou environ, Dom Martene et L Dom Durand, étant tombés sur le même Manuscrit de Gem-
blou, dans lequel ces Rythmes sont mêlés avec divers Fragments sans ordre, qui concernent le Concile tenu à Rome en 1078, sous Grégoire VII, fragments tirés pour la plùpart des écrits de Berenger, ils les ont publiés de nouveau avec ces mêmes Fragments. Dans cette édition se lit à la tête des Rythmes, conformément au Manuscrit, un petit avertissement de l'Auteur à Berenger. Adelmanne lui dit, que cette pièce, qu'il avoit faite depuis
Quelques années, lorsqu'il étoit encore à Liège, sur la mort e plusieurs de ses amis, connus pour la plûpart de Berenger, lui étant tombée sous la main, il avoit cru devoir la lui envoïer. Il est visible par-là, qu'Adelmanne l'avoit jointe à sa belle Letre au même Berenger; et la place qu'occupent ces Rythmes dans la seconde édition, dont il s'agit, montre p. h* que celui-ci les avoit mêlés avec ses papiers. ' C'est ce oui
paroît encore par l'impertinente réponse qu'il y fît, et qui découvre tout à la fois son mauvais goût et son humeur bizarre. Celte réponse se lit au bas des Rythmes en ces termes : Hespondit Berengerius: nasciîur ridiculus mus . Jo^dei se. ib. ' Enfîn M. l'Abbé Galeardia publié de nouveau ces mêmes Rythmes, à la suite de l'opuscule du même Auteur, dont on a rendu compte. Cette dernière édition est faite sur celle de Dom Mabillon ; et l'on n'en a point séparé ses notes.
KVÊ(jUE DE BRESSE. 553 4". * Trilhéme, qui ne parle* point de ces Rythmes, X1 ajoûte en général à ce qu'il dit de leur Auteur, qu'Adel- •«»•»»»• manne avoit composé tant en Prose qu'en Vers plusieurs autres écrits, outre sa Letre à Berenger. Mais ou ils sont encore cachés dans les Bibliothèques , ou perdus sans ressource. Il semble qu'ils ne l'étoient pas encore tous au temps 'du même Trilhéme, qui donne à entendre qu'il avoit lû un î^,llir- L *• ,'de ces écrits , dans lequel Adelmanne donnoit de grands éloges à Lambert, l'un de ses disciples, Moine de S. Laurent de Liège, dont il fut ensuite Abbé. ' Il est à la vérité Mab- *■ 4,1 • parlé d'un Lambert dans les Rythmes alphabétiques. Mais celui-ci étoit un Professeur qui avoit enseigné à Paris, et qui n'étoit plus au monde, lorsqu' Adelmanne le Iouoit : au- Iieu que Lambert de S. taurent le survécut. Ainsi l'écrit désigné par Trithcme est différent des Rythmes.