‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 154 sur 214 · ALBERT · texte numérisé non relu

ALBERT

Abbé de Marmoutier, ET AUTRES ÉCRIVAINS.

ALbert, que nous entreprenons de faire connottre , mérite à plus d'un titre de trouver place entre les illustres Abbés de son siècle. ' 11 fut le huitième qui en cette qua- JUb. «i. i. 9. p. lité gouverna Marmoutier, depuis que S. Maïeul l'eut refor- m *' *4 mé. ' Un Ecrivain domestique ne le compte cependant que Gr. t. Lis. apP. P. pour le quatrième ; mais il s est trompé en ce point. • Depuis ΰm». ». i. «. l'année 1034, qu'Albert en devint Abbé, ce Monastère déjà célèbre, acquit une nouvelle splendeur, tant pour le spirituel que pour le temporel. On auroit peine à compter le grand nombre de donations qui lui furent alors faites, et la quantité de Prieurés cju'il établit sous sa dépendance, et où il envoïoit des essaims de Moines, qu'il avoit formés aux Letres et à la vertu. Marmoutier suivoit les usages de Cluni, qui portoient les choses à un certain point de perfection. Mais notre Abbé enchérit au-dessus par des pratiques encore plus parfaites qu'il y institua. C'est ce qui donna à son Monastère une réputation si brillante et si avantageuse pendant

J'orne VU. Aaaa

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«ei.ib p. 384.n ce siécle-ci et le suivant, ' qu'il n'y eut presque point en !- France, non seulement de Province, mais de Diocèse mê-

me, ou de Ville, qui ne voulût avoir des Moines tirés de ce Sanctuaire. On a vu plus haut, que l'Angleterre ambitionna le même avantage.

Il seroit superflu de répéter ici, ce que nous avons dit ailleurs des Hommes de Letres qui firent alors un des grands ornements de Marmoutier. On peut consulter à ce sujet les nombres LXVIIl et LXIX de notre discours historique à la tête de ce Volume. Nous observerons seulement comme une chose singulière , et dont nous n'avons point encore an i. «t. n. n«. trouvé d'exemple plus ancien, ' qu'Albert se croïoit en droit de donner la tonsure Cléricale, et qu'il la conféra effectivement à. un Serf de la Maison, après l'avoir affranchi. L'Abbé Bernard un de ses successeurs au même siècle, en usa de méi. 62 ». m i Lab. me à l'égard d'un autre Serf. ' Notre pieux Abbé continua de in. "°v ' *' P gouverner Marmoutier avec le même succès jusqu'en 1064, M«b.Kt.ib. qu'il mourut le vingtième de Mai. ' Dom Mabillon avoit d'abord marqué sa mort dès l'année précédente ; mais aïant eu de nouvelles lumières, il l'a renvoïée en 1064.

On ignore si Albert laissa d'autres Ecrits de sa façon, que Gi. t. his. app. le Recueil des Coùtumes de son Monastère. ' L'Historien des Evêques de Tours et des Abbés de Marmoutier, qui l'avoit vû, tel qu'il étoit sorti des mains de son Auteur, en parle avec éloge. Il ajoûte en s'en plaignant avec amertume,

ib.

juge de la sorte, en voïant <jue Dom Martene qui a demeuré long-temps à Marmoutier, n en fait aucun usage dans son Nab. ib. p. 381. Traité des Rits Monastiques. ' L'Auteur, qui a écrit l'Histoire de ce qui se passa de plus mémorable à Marmoutier au onzième siècle, rappelle un trait de ces anciennes Coùtumes , au sujet des suffrages pour les morts. 11 nous donne aussi à entendre, qu'il en rapportoit quelques autres, dans la partie de son ouvrage qui nous manque, unf. noi. p. k. 'Ascelin, l'un des premiers Ecrivains qui combattirent irt.Ts^Jr.n. i8 1" les erreurs de Berenger, florissoit dès le milieu de ce siècle, Spie! \.' 510. e* ve^ut encore sans doute plusieurs années après. II étoit né en Poitou, comme on le croit communément sur certaines expressions d'une Letre de Berenger. De-là il passa au

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Bec, et y embrassa la profession Monastique sous Je B. lleilouin, dont il fut un des premiers disciples. Ascelin eut ainsi occasion de prendre des leçons du docte Lan franc, qui ne tarda pas à choisir la même retraite, s'il ne l'avoit déjà fait. Le peu qui nous reste des Ecrits d'Ascelin, montre qu'il avoit fait beaucoup de progrès sous un si habile Maitre, tant pour la Théologie, que pour la manière de bien écrire. Sa vertu soûtenue par son sçavoir, ' le fit élever au Sacerdoce. Lanf. ii». P 21. 1

' Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, que Berenger cnc. 1. n. P. tâchoit adroitement d'engager dans son erreur, aïant sage- j^V'kV' 1 Mah ment pris le parti de faire examiner ses sentiments, indiqua une conférence à Briône , potite Ville à une lieue du Bec. Là se trouvèrent les plus habiles gens de toute la Normandie. ' Ascelin et deux de ses confrères, Arnoul, aupara- lanf. u>. P. u \ vant Chantre de l'Eglise de Chartres, et Guillaume, que M. ".'p.*"" 11 Dupin suppose sans fondement disciple d'Ascelin, mais oui devint ensuite Abbé de Cormeilles, furent du nombre. ' Le Co«e. »b. jeune Duc y assista, cl y amena avec lui Berenger, qu'il avoit retenu près de sa personne, avec un Clerc de sa compagnie, sur l'éloquence auquel Berenger comptait beaucoup. Lan franc auroit été infailliblement de la conférence; ' mais P. mes. il éloit alors en Italie, où il étoit allé pour le Concile de Rome, qui fut tenu après Pâque 1050, et celui de Verceil, qui se tint le mois de Septembre suivant. ' Au reste la cause de P. 1055 la vérité ne souffrit point de son absence, à la conférence de Briône, qui suivit te premier de ces Conciles, et précéda l'autre. La croïance commune de l'Eglise sur l'Eucharistie y fut si solidement défendue, sur-tout par les Moines du Bec*, que Berenger et son Clerc avec toute son éloquence spécieuse, furent d'abord réduits au silence, puis forcés à confesser la foi Catholique.

Ce qui fait croire, qu'Ascelin fut un de ceux qui eurent le plus de part à la aispute et à la victoire, dont elle fut suivie, ' est que Berenger après la confusion qu'il avoit reçue Lanf. ib. p. u. à la conférence de Briône, le choisit préférablement à tout autre, pour lui porter ses plaintes de certaines choses qui lui déplaisoienl. Il lui écrivit à ce sujet une Letre, dont il sera parlé plus amplement ailleurs. ' Ascelin y répondit par une p. **. t. ». autre, qui méritoit de passer à la postérité. Outre qu'elle est bien écrite et capable de donner une idée fort avantageuse de son Auteur, elle est encore un monument précieux

Aaaaij

■ oo6 ALBERT, ABBÉ DE MARM0UT1ER ,

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qui avec tant d'autres, atteste l'ancienne croïance de l'Eglise sur le mystère de l'Eucharistie.

Ascehn dans sa réponse suit Berenger pied à pied, et répond à chaque point de sa Letre, avec autant (l'esprit que

p. ». s. de solidité, autant de politesse que de force. ' Il insiste beau-

coup sur ce chemin droit et battu, que nos Maîtres, dit-il, si Saints, si sages, si Catholiques nous ont montré ; de sorte que personne ne s'égare en le suivant, au lieu que quiconque ne le suit pas, ne peut que s'égarer. 11 finit en conjurant Berenger de revenir à celte tradition des Catholiques qui leur vient des Apôtres, et de tenir à déshonneur de se déclarer encore partisan du Livre de Jean Scol, qui venoit d'être condamné au Concile de Verceil, et pour lequel lui Berenger avoit été noté d'hérésie. On voit par-là, qu'Ascelin fil sa réponse peu de temps après le mois de Septembre 1050.

p. u. t. Elle fait juger, ' que si Berenger avoit eu avec Ascelin l'en-

tretien qu'il semble avoir souhaité, afin de lui prouver plus clair que le jour la vérité de ses sentiments, comme il avoit la présomption de s'en flatter, il n'y aupoit pas été plus heureux, qu'il le fut à la conférence de Briône.

Il est hors de contestation, suivant tout ce qui vient d'être dit, que l'Auteur de cette réponse est tout-à-fait différent

Crd.^it. i.6. p. ' d'Ascelin l'ancien, Moine de S..Evroul, qui vivoit au siècle précédent. Il l'est aussi de son neveu de même nom, qui bien que Prêtre et lelré, avoit quitté sa première profession pour vivre dans le monde et qui éloit peut-être déjà mort, avant que notre Ecrivain se retirât au Bec.

unf. u.. p. 24. Nous avons trois éditions de sa Letre. ' Dom Luc d'Acheri paroit être le premier qui l'ait rendue publique. On la trouve enchâssée dans ses ÎSotes sur la Vie du B. Lanfranc,

B|»<. Bai. i. i.P. à la tête de ses Oeuvres, imprimées à Paris en 1648. ' M.

du Boullay l'a ensuite insérée dans son Histoire de l'Université de Paris, où il donne mal-à-propos à son Auteur la qua-

cooe. i. o. P. lité de neveu d'Ascelin l'ancien, Moine de S. Evroul, ' Enfin losMOM. pp Labbe (>t Cossarl 1>ont fah entrcr dans leur coUec

lion générale des Conciles.

Un autre Auteir, contemporain d'Ascelin , nous a laissé de sa façon la Vie de S. Ysarne, Abbé de S. Victor à Marseille, mort en 1048. Cet Ecrivain ne se fait connoitre ni par son nom, ni par sa profession, ou autre qualité, Mw 'p?' 1 *' p' qui P"*886 Ie caractériser. ' M nous apprend seulement qu'attiré

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par la réputation éi-lalante que s'étoient fait les Moines de S. Victor par leur vie angélique, il alla les voir, et se recommander à leurs prières. Qu'entre les merveilles dont il y fut témoin, il se sentit surtout frappé de celles qui s'operoient en faveur des personnes qui venoient visiter le Tombeau du B. Abbé Ysarne, mort depuis peu de temps. Ce pieux spectacle lui fit former le dessein d'en écrire la Vie, pour conserver à la postérité l'exemple de ses vertus. A ce premier motif s'en joignirent encore d'autres. L'Auteur considéroit, comme il le dit lui-même, qu'il pourroit d'autant mieux réussir à exécuter celte entreprise avec exactitude, et conformément à la vérité des faits, que la mémoire du S. Abbé étoit plus récente. Toute la Province , poursuit-il , et principalement les vénérables Moines, disciples du Saint, qui le faisoient revivre par le soin qu'ils prenoient de l'imiter, et qui n'avoient pas moins d'éloignement pour le mensonge, que pour la mort môme, éloient témoins oculaires de ses grandes actions.

Ce fut sur le témoignage de personnes aussi instruites et aussi véridiques, que notre Auteur composa son écrit. ' Il p. 6is. ■> iu. paroît, qu'à mesure qu'il avançoit, il le lisoit à ses pieux hôtes, et que ceux-ci se rappelant alors des faits qu'ils ne lui avoient pas d'abord communiqués, les y faisoient ajoûter. A l'exactitude et la vérité de l'Histoire l'Auteur a scu unir un air de piété, et une certaine onction qui touchent et font aimer ce qu'il raconte. On sent bien par la lecture de son ouvrage la différence qu'il y a entre 1 écrit d'un Auteur contemporain, et celui d'un autre qui n'écrit que long-temps après que les événements sont arrivés. Il n'est pas cependant exemt de défauts. Le style en est pesant et quelquefois embarrassé. D'ailleurs l'Historien ou ceux qui lui ont fourni les Mémoires, paroissent avoir un peu négligé les actions ordinaires du Saint, pour s'arrêter aux plus éclatantes, suivant le génie de leur siècle.

' On est redevable de l'édition de cette Vie à Dom Ma- p. wwae. billon, qui l'a donnée sur deux Manuscrits, l un de la Bibliothèque du Roi, l'autre de S. Victor de Marseille, avec des observations préliminaires. La Préface de l'Auteur, qui est d'un bon goût, et le seul endroit de son écrit, où il se fasse un peu connoitre, manquoit dans le second Manuscrit. Mais elle s'est heureusement trouvée dans l'autre, quoiqu'a-

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P. ««. n. s. vec de petites lacunes. Dans le même Manuscrit se lit une vieille hymne à l'honneur de S. Ysarne, laquelle se chante encore à son Office. L'Editeur en a publié les six premiers vers, qui montrent que la pièce est d'une grande platitude. L'épitaphe qu'il a donnée à la suite de la Vie, retient le même caractère ; et les vers en sont encore plus grossiers.

t. 7. p. 556. 651. Environ l'an 10f>0 , ou 1065 , ' un Moine anonyme de Leucone au Diocèse d'Amiens, écrivit l'Histoire d<la Translation du Corps de S. Valeri, Patron de cette Abbaïe, qui se fit en 981 du Monastère de S. Berlin à sa propre Eglise. Le temps que nous assignons à cet Ecrivain, est appuïé d'une part, sur ce qu'il n'a mis la main à son ouvrage, qu'après la mort de l'Abbé Theodin, à qui Walon avoit succédé dès 1052, et de l'autre, sur le Manuscrit qui contient son Histoire, et qui montrant six cents ans d'antiquité avant la fin du dernier siècle, remonte ainsi jusqu'à Walon, ou à Bernard son successeur. Outre l'événement qui fit prendre la plume à notre Anonyme, pour en instruire la postérité, il s'y est encore proposé deux autres objets. Cette Translation s'y étant faite par les soins de Hugues Capet, alors simple Duc des François, il s'est cru obligé de donner par reconnoissance quelque chose à son Histoire. L'autre objet qui l'occupe le plus, sont les miracles qui s'opérèrent par l'entremise du Saint, depuis la Translation jusqu'au temps que l'Auteur écrivoit. Il a exécuté son dessein d'une manière tolerable pour son siècle, sans néanmoins en éviter les défauts ordinaires. La doxologie manquant à son écrit, feroit juger qu'il ne seroit pas entier.

Bon. i. apr. p.1»- 'Les Continuateurs de Bollandus l'ont publié, à la suite de la Vie de S. Valeri, sur le Manuscrit que Dom Mabillon leur avoit communiqué, et ont pris soin de l'illustrer de leurs observations. Mais ils en ont retranché au commencement diverses choses, qui roulent sur les guerres de ce temps-là entre les François. Retranchement assés convenable, vû que ces traits historiques sont étrangers au but principal de l'écrit,

N>b. ib. P. 55e- et qu'ils se trouvent ailleurs plus fidèlement détaillés. ' Dom Mabillon l'a aussi donné à son tour, avec de nouvelles observations et des notes.

Bou. ib. p. ». ». 'A la suite de la première édition, viennent quelques Fragments d'une Vie du même Saint , et de l'histoire de sa Translation et de ses miracles, l'une et l'autre mise envers,

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qui n'ont rien au-dessus des autres pièces de Poésie du même temps. L'ouvrage est divisé en trois Livres dans les Manuscrits, et paroît visiblement avoir été fait sous l'Abbé BernarJ, dont on a parlé. Cette circonstance jointe à ce que le Poëte suit pied à pied la relation précédente, forme un préjugé légilime que la versification appartient aussi à l'Auteur de la Prose. ' Dom Mabillon a cru toutefois y appercevoir M»b. ib. p. ton. deux Ecrivains différents l'un de l'autre; mais la chose ne n U vaut pas la peine qu'on en fasse le sujet d'un procès litéraire. Il n'a rien publié de l'ouvrage en vers, parce qu'il ne contient rien qui ne soit encore mieux dans la Prose. La même considération a retenu les premiers Editeurs , qui n'en ont donné que quelques morceaux , pour que le public fût en état de juger du mérite de la pièce. Ce que le Poëte a fait à l'égard de l'Histoire de la Translation et des Miracles, en y suivant la prose pied-à-pied, il l'a aussi apparemment exécuté à l'égard de la Vie, écrite d'abord par l'Abbé Raimbert au VII siècle, puis par un Anonyme au siècle suivant.

' Les extraits de son Poëme sont suivis d'une courte rela- Bon. ib. P. ». tion du transport des Reliques du même Saint en un lieu 30" nommé Faucourt. Mais cette pièce, dont on ignore le temps

[>récis, n'est çuéres intéressante que pour l'Abbaïe de S. Vaeri, à laquelle Gilbert Seigneur de Druisencourt , restitua une terre a l'occasion de ce transport de Reliques. C'est-là . presque tout ce que nous apprend cette relation.

On peut porter le même jugement ' d'une IIiST0iRF.de Moult. i«b. bih. la Translation des Saints qui reposent dans l'Eglise de saint p 43 1 Medard à Soissons, et des miracles qui s'y opérèrent sous le régne de Henri I. Cotte Histoire qui peut avoir été écrite les premières années du Roi Philippe successeur du précédent, se trouve entre les Manuscrits de la Reine Christine à la Bibliothèque du Vatican. Puisquelle n'a pas encore été tirée de l'obscurité, il faut qu elle n'en vaille pas la peine.

Il n'en est pas de même de la continuation de l'Histoire des Evêques de Verdun, par un Moine anonyme de l'Abbaïe de S. Vanne. ' Cet Auteur qui écrivoit sous l'Abbé Va- s™, t. i*. p. leranne, successeur du B. Richard, et par conséquent tout 4' au plus tard en 1060, s'est proposé dans son écrit de continuer l'ouvrage du Prêtre Berthaire, dont on a parlé en son lieu. 'II l'a repris à l'Evèque Barnoin, dont il ne nous ap- p. %a. prend que le nom seul, parce, dit-il lui-même, qu'on avoit

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négligé d'écrire l'Histoire de son Ëpiscopat. Il s'étend davan- .173. tage sur les autres Evêques ses successeurs, 'jusqu'à Thierri

inclusivement, qu'il compte pour le quarantième. Comme il écrivit sous l'Episcopat de celui-ci , il ne nous en a donné que les premiers événements. Quelque précieux au reste que soit ce qu'il nous a conservé de l'Histoire de cet Evêque, et de celle de huit de ses prédécesseurs, il auroit pù le rendre encore plus intéressant. Il lui étoit aisé en effet d'avoir de plus amples instructions ; puisque son dessein d'histoire ne remontoit qu'un siècle au-delà du temps où il vivoit. Ce qui concerne personnellement les Evêques de Verdun, n'a pas fait le seul objet de son écrit. Il y a scu lier divers traits qui regardent l'Histoire Civile, et plus particulièrement celle de l'Ab- !• »i-*74. baie de S. Vanne. ' Dom d'Acheri nous a donné cette conticai. his. <ie i.or. nuation d'Histoire, à la suite de l'ouvrage de Berlhaire ; ' et u*. par. i. P 99- i>om Calmet l'a réimprimée au quatrième Volume de son Histoire de Lorraine. Notre Historien eut lui-même ses Continuateurs, dont il sera parlé en leur temps. Comme il avoit été disciple du B. Richard en la compagnie de l'illustre Comte Federic, il s'est un peu arrêté à faire connoître le mérite de l'un et de l'autre.

On doit rapporter aussi aux premières années du régne de Cent. chr. i». su. Philippe 1 , ' une Vie d'Enguehran Abbé de S. Riquier mort en 1045, comme il a été dit. Hariulfe Chroniqueur de ce Monastère, qui écrivoit en 1088, en fait mention, et donne à entendre, qu'elle avoit précédé de plusieurs années sa Chronique, ce qui remonte jusqu'au temps que nous lui assignons. Mais cet écrit ne se trouve plus aujourd'hui : soit que le malheur des temps ait causé sa perte , ou qu'il soit encore enseveli dans la poussière des Bibliothèques. C'étoit sans doute le fruit de la plume de quelque Moine de saint Ri-

3uier, ou peut-être ' de Gui Evêque d'Amiens, l'un de ses isciples, qui fil son Epitaphe, et composa plusieurs écrits en vers et en prose.

La Vie de Sainte Hiltride, Vierge recluse près de Liessies en Hainaut, sur la fin du VIII siècle, appartient au us«,1-H«- *■ p- môme-temps que la précédente. ' Elle fut en effet écrite après la mort de Gérard I, Evêque de Cambrai, c'est-à-dire, après 1051, ' mais avant l'année 1096 ; puisqu'elle le fut à la prière des Chanoines de Liessies , dont les Moines avoient pris alors la place. L'Auteur étoit par conséquent éloigné de trois

siècles

Bnll. 3. mar.

ii. I.

ET AUTRES ECRIVAINS. 561 XI siecle

siècles entiers des principaux événements, qu'il a entrepris " d'écrire. Aussi n'a-t-il pas réussi à nous donner une Histoire exacte ; quoique d'ailleurs il eût de la lecture et du jugement. On ne le connoit point par ses autres caractères : sinon qu'il passe pour avoir été Moine de Vassor, et qu'on dit que son nom commençoit par W.

' Le fonds de son écrit peut être vrai ; et nous n'avons rien iwa. de meilleur pour l'Histoire de la Sainte, et la fondation de l'Abbaïe de Liessies, dont il y parle par occasion. Mais il aura été altéré par des traditions incertaines, que l'Auteur aura emploïées, faute de bons Mémoires. De cette source sera venu ' ce qu'il dit d'un Hugues Prince de Bourgogne, p- «*• «• s. qu'on ne connoit point au temps dont il parle. C'est à la même source qu'il a pris, ' que la Sainte reçut le voile des mains de p. «3- »• «• Thierri, Evêque de Cambrai ; quoiqu'il soit constant, que ce Prélat ne remplit ce siège qu'en 818, plus de vingt ans après la mort de la pieuse Recluse. ' L'Auteur parolt avoir eu plus p *» • »• « de connoissance du triste étal, auquel les litres étoient alors réduites, et de ce qui contribue beaucoup à les soutenir, lorsqu'il rapporte à la disete d'Ecrivains, causée par les troubles qui agitaient alors l'Etat, la raison pourquoi l'on n'avoit point écrit les premiers miracles opérés au tombeau de cette Sainte. Il montre cependant, qu'il a été sobre sur cette partie de son histoire. Quoiqu'il ait entrepris de la toucher, ' et p- *«• »• **• qu'il se fit encore souvent de nouveaux miracles, au temps qu'il écrivoit, il ne s'est pas néanmoins arrêté à les rapporter.

' Jacques de Guise Cordelier a fait entrer l'écrit de notre p «»• »• * Auteur dans ses Annales de Hainaut, écrites originairement en Latin, dont on a un abrégé en notre Langue imprimé à Paris en 1531. ' Dom Mabillon l'a ensuite publié sur deux p- Manuscrits, l'un de Uessies, l'autre de Vassor, et l'a accompagné d'observations Historiques et Critiques. Mais il a omis certaines choses de la Préface, qu'il jugeoit inutiles.

Il y a encore moins de fonds à faire sur la Légende de S. Go bain, que sur celle de Sainte Hiltrude. ' Le Saint vi- g^»- ,nn- p voit au VII siècle, comme on le croit ; et son Historien n'a "' entrepris de le faire connoitre, que peu après le milieu du XI. Il est effectivement fort vraisemblable, 'que sa Legen- n. *. de aura été faite à celte occasion. Helinand Evéque de Laon dès 1052, aïant donné la Chapelle sous l'invocation de ce Saint au Monastère de S. Vincent, Reginer, qui en étoit

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