‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 155 sur 214 · Tome VIL Bbbb · texte numérisé non relu

Tome VIL Bbbb

XI SIECLE

Uis. Lit. de la Fr.

Boll. 16.

Jun. p.

p. 1*. n. fi.

alors Abbé, y envoïa des Moines pour la desservir, et l'érigea en Prieuré. Ces nouveaux Habitants pour accréditer la dévotion envers leur Saint, entreprirent suivant la coutume de ces temps-là, d'instruire le public de son Histoire. Mais manquant de bons monuments pour y réussir, ils eurent recours aux traditions populaires. L'Auteur, qui prêta sa plume à l'exécution de ce dessein, n'écrivoit pas mal. C'est dommage qu'il n'ait pas eu de meilleurs matériaux à mettre eu œuvre.

Quelque dénué de faits avérés que soit son écrit ' les successeurs de Bollandus n'ont pas laissé de le publier, avec les observations de Casimir Oudin, alors sous-Prieur des Prémontrés de Genlis à Chaulni. On y a joint une prose, qui contient en abrégé ce que la Légende dit en détail. Elle se chantoit autrefois à l'Office du Saint, et peut être de la façon de l'Auteur de la Légende. On prétend! au reste, que le Village où le Saint est honoré, et qui en porte le nom, étoit autrefois considérable ; mais que dans la suite il fut réduit à presque rien, jusqu'à ce qu'en nos jours il a commencé à se repeupler, et à devenir fameux par les belles glaces, dont on y a éiabli une Manufacture.

Outre ' les actes du Martyre des SS. Ferreol et Ferrotien , dont nous avons rendu compte en leur lieu, il y a encore deux autres écrits sur leur Histoire. L'un est emploïéà décrire l'invention de leurs Reliques, et l'autre à faire connoîlre leurs diverses Translations. A s'en tenir aux termes du premier écrit, on croiroit que son Auteur, qui ne se fait point autrement connoître, auroit vécu au quatrième siècle, du temps de S. Anien Evêque de Besançon, de qui il tâche de faire croire qu'il avoit appris ce qu'il entreprend d'écrire. Mais ' le terme de Chtysopolis qu'il emploie pour exprimer la Ville de Besançon, ' et divers autres traits de sa narration, le trahissent, et montrent un Auteur qui n'écrivoit au plutôt que cinq cents ans après. On va même voir qu'il ne le fît que quelques années après le milieu du XI siècle. Tout ce qu'il nous débite, n'est fondé que sur des traditions incertaines. II donne même dans la Fable, lorsqu'il en vient à parler de l'origine de la Ville de Besançon.

L'Auteur de l'autre écrit, si néanmoins il est différent de celui qu'on vient de caractériser, en détaillant les diverses Translations des Saints Martyrs, ' dit qu'il s'en fit une le trentième de Mai , lendemain de l'Ascension , sous l'Episcopat

de l'Archevêque Hugues. C'est nous indiquer l'année 1063. 11 y a tout lieu de croire, que ce fut à cette occasion qu'il entreprit d'écrire. Et comme il y a de grands rapports, et beaucoup de conformité pour le style, qui est fort bon pour le temps, entre l'un et l'autre écrit, on est fondé à juger qu'ils sont d'un seul et môme Auteur. N'importe que le premier montre un air spécieux d'antiquité, ' et qu'il soit cité corn- p «3. n. 3 me tel dans le second. L'Auteur n'en a usé de la sorte, que pour tâcher de lui concilier plus de créance.

' Les Continuateurs de Bollandus, oui ont publié l'un et p- n u. l'autre, à la suite des actes des Saints Martyrs déjà nommés, les ont trouvés divisés en neuf Le<;ons, dans les Manuscrits d'où ils les ont tirés. I)e-là il est à présumer, qu'aïant été faits à l'occasion qu'on a marquée, ils auront été divisés do la sorte bien près de leur origine, pour servir à l'Office de la fête de la Translation des Saints qu'ils concernent.

' Un Moine anonyme de S. Vandrille , oui écrivoit Momf bit>. bib. vers 1063, a laissé de sa façon une Chronique, dont on voit p' im' u dans ce Monastère une copie, faite sur parchemin en un volume m-12, d'une écriture du quinzième siècle. ' Il y a au p. 1195. même endroit un autre volume in-folio, de différentes feuilles de parchemin, auparavant éparses et maintenant réunies ensemble. On nomme ce volume la grande Chronique de S. Vandrille, de laquelle Dom d'Acheri et Dom Mabillon ont tiré grand nombre de monuments, qu'ils ont publiés l'un dans son Spicilege , l'autre parmi ses Actes des Saints de l'Ordre de S. Benoit. ' La petite Chronique, suivant lare- P. iioe. 1. marque de ceux qui ont examiné l'une et l'autre , contient presque tout ce que comprend la grande : d'où il est naturel de conclure , que celle-ci est l'original , et Paulre la copie. Au reste, quoiqu'on ait imprimé ce qui se trouve de plus intéressant dans ce Recueil, la notice qu'on en donne, fait juger qu'on y découvriroit encore diverses choses, qui serviroient à illustrer l'Histoire du pais. C'est dans celte vùe que nous avons cru en devoir parler ici. Quant à l'Auteur, nous avons déjà dit ailleurs, qu'il ne nous paroit point différent de celui qui a fait l'Histoire de l'Invention du Corps de saint Vulfram, et des miracles dont elle fut suivie. Ecrivain de mérite, que nous avons fait connoître avantageusement.

Dom Hugues Mathou copie un assez long fragment buui. c«. ep. d'ouvrage, dans lequel l'Auteur traitoit de l'Histoire desAr- Mn P'M-J3

Bbbbij

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chevêques de Sens. Cet ouvrage appartenait à un nommé Varnier, Scolastique de la môme Eglise, qui le composa en 1063, et l'adressa à Gcrbcrt, Abbé de S. Pierre le Vif. On ne nous donne point d'autre connoissance de cet écrit, non plus que de son Auteur. Mais l'ouvrage ne seroit-il point le même qu'un traité des noms, actions et sépultures des p. 3. Archevêques de Sens, ' que Geofroi de Coulon, Ecrivain de

la fin du XIII siècle, dit avoir eu entre les mains? Si cela âtoit, l'écrit de Varnier auroit été fondu dans celui de Geofroi, qui témoigne en avoir beaucoup profité pour la composition du sien, qui porte le même titre, (xvn.)

BOVON,

Abbé de S. Bertin, ET AUTRES ECRIVAINS.

Mab. aei. t. s p. 't>Ovon , dont on ignore l'extraction, a augmenté le nom- • Mari' tnéc. t. 3. -"bre des Abbés célèbres en son siècle. * Etant entré encop.575. re tout jeune au monastère de S. Bertin, il y fut élevé avec

soin dans les pratiques de la vie monastique, et la connois- Mab. u>. p. 105. sance des letres. Il y fit du progrès ; ' puisqu'on le chargea D* 3\ dans la suite de les enseigner aux autres. Folcard, Ecrivain

domestique sur la fin de ce siècle, le reconnoît directement

pour son Maître.

Man.ib. D'écolatre de S. Bertin, ' Bovon en devint Abbé en 1043.

L'Eglise du monastère aïant été réduite en cendres peu auparavant, le nouvel Abbé en fit un des. objets de son attention, et travailla efficacement à la rebâtir. Mais quels que ibb. an. i. 6». n. fussent les soins qu'il y apportât, ' il fut obligé d'en laisser la b*'a<a.ib. p. 157 1 perfection à Herbert son successeur. b Pendant qu'on remuoit Hari. ib. [gg terres pour les fondements du nouvel édifice , on trouva

sous le grand autel de l'ancienne Eglise le corps de S. Bertin, qui y avoit été caché depuis plus de deux siècles. Bovon s'étant assuré de cette heureuse découverte , invita Drogon Evêque de Terouane, et Gui Archevêque de Reims son Métropolitain, à en venir faire l'élévation. La cérémonie s'en fit avec un religieux appareil le second jour de mai 1052 ,

ET AUTRES ECRIVAINS. 565 ïiaiBrip

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et se renouvella chaque année dans la suite au même jour, par une fête qui en fut établie.

' En 1057 Bovon obtint du Pape Victor II un privilège , Man. u>. p. stj. pour maintenir les Moines de S. Bertin dans la libre élection de leur Abbé, sans que l'Evêque de Terouane pût les y troubler. ' Au retour d'un voïage qu'il fit à Rome au bout p. sre. de cinq ans, il passa à S. Denis près de Paris, et obtint des Reliques du S. Martyr, qu'il mit en 1063 dans une môme châsse avec celles de*S. Bertin. ' Enfin après avoir dignement niu I M*b.»n.ib i gouverné son monastère pendant vingt-qualre ans, il mourut 3.^; m. nov' l' le dixième de Décembre 1065. C'est par erreur que d'autres renvoient sa mort en 1067, ou même deux ans encore plus tard. Il fut enterré dans le cloître à côté de l'Abbé Roderic son prédécesseur. On érigea à sa mémoire l'épilaphe suivante, qui sert à montrer en partie le génie de son siècle en genre de versification. ' De son temps Ilermanne , Evêque Mai*, u». Anglois, aïant abdiqué l'épiscopat se retira à S. Bertin pour y finir ses jours.

EPITAPI1E.

' Boa Domini Bovo, Domino donatus ab a?vo, Hait, ib.

Fructu non parvo Domini prorecit in arvo,

Cujus tollendo juga, quudrigatnquc trahendo,

Uanc fabricam primo templi locavit ab imo :

Quam divinarum portans virtute rolaram

Rcxit el erexit, contraque pcricula traxit.

Hinc ejus mi-mbria decima sub luw Deccrabrin

Terne mandatis, sociotur in wlliere datis.

Cette épitaphe ne fait nulle mention des écrits du pieux Abbé. Mais on sçait d'ailleurs, qu'il fit quelquefois usage de sa plume.

1°. Il y a de lui l'Histoire de la découverte et de l'élévation du corps de S. Berlin, desquelles on a parlé. ' Avant n*b. mi. ib. p. que de l'entreprendre, Bovon crut devoir proposer son des- ,53"1Msein à l'Archevêque Gui, qui avoit fait la cérémonie de cette élévation, afin d en avoir spn avis. Il le consulta donc par une letre, aussi modeste qu'édifiante d'ailleurs; et après que le Prélat eut approuvé son dessein, il mit la main à la plume pour l'exécuter. ' Il a dédié son écrit au même Archevêque, y. im.

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et à tout le Clergé de Hcims, en le soûmeltant à leur censure. Bovon à la tête de son épitre, prend les qualités de Frère et de pécheur avec colle d'Abbé, où l'on voit de nouvelles marques de son humble modestie. Nous n'avons point d'histoire plus avérée ; puisque l'Auteur non-seulement avoit été témoin oculaire de ce qu'il rapporte, mais qu'il y avoit fait encore le principal personage. Elle est fort bien détaillée, et seroit bien écrite à tous égards, si le style en étoit moins diffus.

Pour donner plus de poids à sa narration, l'Auteur l'a appuiée des letres qui furent écrites à l'occasion de la découverte dont il s'agit, et du dessein d'en conserver la mémoire

p. m. 154. à la postérité. ' Tout à la tête de l'ouvrage se lit la letre de Bovon à l'Archevêque de Reims, avec la réponse du Pré-

p. «es. ira. lat. ' Dans le corps de l'histoire est enchâssée la lettre par laquelle Drogon, Evèque de Terouane, annonce au même Archevêque l'événement de la découverte , et le consulte sur ce qu'il convient de faire en cette occasion. Vient ensuite la réponse du Métropolitain, dans laquelle il dit à Drogon, qu'après avoir communiqué l'affaire à son Clergé, comme il l'en prioit, ils étoient convenus d'indiquer un jeûne de trois jours et des prières, afin de consulter Dieu, et ne rien faire témérairement.

P. 15J-I68. 'Dom Mabillon aïant tiré cette Histoire de l'obscurité, à

la faveur de deux manuscrits, l'un do l'Abbaïe de S. Berlin, l'autre de celle de Clairmarès, en a fait présent au public, à la suite de la vie et de la relation des miracles de S. Bertin.

i>. i6o. n. s. 2°. ' Bovon nous apprend lui-même, qu'il avoit fait un autre écrit, qui lui avoit coûté beaucoup de recherches et de travail, n'aïant négligé aucun ancien monument qui avoit pû venir à sa connoissance, pour tâcher de réussir dans son entreprise. C'éloit une dissertation, où il se proposoil de découvrir les raisons, qui avoienl porté S. Folcuin, Evêque de Terouane au IX siècle, à cacher le corps de S. Bertin , et l'année à laquelle il lavoil fait. Cet écrit étoit fini, lorsque l'Auteur publia l'histoire dont on a rendu compte; et il avoit quelque dessein de l'y insérer. Mais sur la réflexion, qu'il interromproit trop le cours de sa narration, il le réserva pour le publier une autre fois, après y avoir fait des additions : hœc ahas plenius texenda comervenlur. On ignore si Bovon exécuta ce dessein projetté. Ce qu'il y a de vrai, est que sa dissertation ne paroît plus nulle part.

VVitmond sçavant Moine de S. Evroul, qu'il ne faut pas confondre avec Guilmond , Moine de la Croix- Saint - Leufroi , et depuis Evêque d'Averse , florissoit au même temps que Bovon, dont on vient de parler. ' Osberne aïant oni été fait Abbé de saint Evroul en 1061, l'y amena avec lui du Mont-Sainte-Catherine près de Rouen, où ils avoient embrassé l'un et l'autre la profession monastique, sous le célèbre Abbé lsembert. Witmond étoit très-versé pour son temps dans la connoissance des Belles-Letres et de la Musique. Et ce qui le rendoit encore plus recommandable, son sçavoir se trouvoit soutenu par une grande pieté et une prudence singulière. Toutes ces belles qualités , qui avoient été pour Osberne un puissant motif de l'attirer près de lui, le portèrent à en faire son principal conseiller. De sorte que pendant qu'il vécut, il n'entreprenoit rien sans son avis. Le bon Abbé eut besoin d'une telle ressource au milieu des peines et des agitations, dont son gouvernem< nt fut traversé. ' 11 mourut en Mah Juillet i 065 ; et Witmond paroit l'avoir suivi de près. a Ils VQ furent enterrés l'un et l'autre dans le Cloître, d'où l'Abbé m- Mainier, au bout de dix-sept ans, fit transférer leurs ossements dans le chapitre. ' On fit sur la mort de Witmond des Mai. Rythmes lugubres, dans lesquels on le représente comme un Docteur qui s'étoit rendu aimable à tout le monde, et en qui l'on trouvoit une source très-abondante d'une triple sagesse : et Sophiœ triplicis f 'ons uberrimus.

La grande connoissance de la Musique qu'avoit W itmond, la lui fit extrêmement aimer, et cultiver. ' 11 nota quantité o de pièces sur des airs mélodieux, et en composa plusieurs 4M' autres, qu'il prit aussi le soin de noter pour les offices de l'Eglise. Le livres du chœur de l'Abbaïc de S. Evroul en éloient remplis, au temps d'Ordric Vital. Mais il est incertain qu'il reste encore aujourd'hui d'autre production de la plume de Witmond, ' que la belle letre adressée au Pape Alexandre 11, p. * au nom de l'Abbé Osberne. ' Celui-ci se trouvant dans un p. * extrême embarras, en conséquence d'une espèce d'excommunication , que l'Abbé Robert, dont il occupoit la place, quoiqu'il n'y fût entré que par ordre de Guillaume Duc de Normandie , et de Hugues de Lisieux Evéque diocésain , suivant l'avis d'Ansfroi Abbé de Préaux, et de Lanfranc Prieur du Bec, avoit fait porter contre lui par les Légats du Pape , prit le parti de s'adresser au Saint Siège. ' Osberne p. «

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cjjargea Wilmond, dont il connoissoit l'habileté, de diriger p- «6- une letre convenable au sujet. ' Wittnond réussit à en faire

une aussi éloquente que flateusc pour le Souverain Pontife. Elle lui fut portée à Rome, et lue en plein Consistoire. L'Abbé Robert, qui s'y trouvoit, fut lui-même si touché des raisons d'Osberne, qu'il pria le Pape de lever l'excommunication. Au moïen de (juoi Osberne demeura paisible Abbé de S. Evroul. Ordric Vital jugcoit cette letre si intéressante pour la postérité qu'il a crû devoir l'insérer dans le corps de son Histoire.

uin\iÀb' Fr' ' Un Chanoine, que l'on croit avoir été de Carcasp sone, écrivit en 1065 une Chronique des Rois de France,

depuis Pépin le Bref jusqu'à Henri I. Son ouvrage n'a point été encore donné au public ; et l'on peut douter s'il vaut la peine qu'on l'imprime. Il se trouve à la Bibliothèque de saint Germain des Prés, au X volume du Recueil de dom Estiennot, qui aVoit ramassé avec beaucoup de recherches et de travail grand nombre de monuments pour l'Histoire, sur-tout ecclésiastique et monastique.

p- 2ri2 ' Il y a un autre monument du même temps à la Bibliothè-

que du Roi, entre les manuscrits de Duchesne, qui ont appartenu à M. Colbert. 11 porte pour titre : Historia re/iovatiorw seu instaurationis basilicœ Jovinianœ, c'est-à-dire: Histoire du Mai. a», i. 6t. n. rétablissement de l'Eglise de S. Nicaise à Reims, ' connue sous le nom de Jovinienne dès le temps de S. Remi au moins,

fiarce que ce fut Jovin , Général de l'armée romaine ; sous es fils de Constantin le Grand, qui la fit bâtir. ' On assigne à cette Histoire l'année 10G6, ce qui s'accorde parfaitement avec le temps de l'épiscopat de l'Archevêque Gervais, ' qui rétablit TEçlise, et y mit des Moines sous la Règle de saint Benoit. Mais le reste du litre, qui paroîl récent est vicieux,

La Long, 1b Mab. ib.

Le Long. ib. en ce qu'il attribue l'écrit à Henmar Abbé de saint Nicaise, qui l'étoit de saint Remi. Au reste cette histoire pourroit bien être ' ce vieux manuscrit cité par Dom Mabiilon, qui en a

Uab. ib.

tiré ce qu'il dit du renouvellement de cette Abbaie par les soins de l'Archevêque Gervais.

t o. p. ' En 106 îr il y eut une grande assemblée à Tulujes au diocèse d'Elne en Roussillon : au même endroit qu'il s'en étoil déjà tenu une autre, à laquelle présida l'Evêque Oliba en 1017, comme on l'a vû. A celle dont il s'agit, se trouvèrent Guifroi Archevêque de Narbone , Berenger Eyêque de Girone,

Raymond

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Raymond d'Elne, avec les Comtes de Roussillon, de Besaiu, "

de Cerdagne et autres Seigneurs du pais. On y fit des Statuts,

ou Constitutions, pour l'établissement de la fameuse Trêve

de Dieu, beaucoup plus détaillées, que les autres dont nous

avons parlé ailleurs. Le détail des temps et des jours auxquels

on devoit l'observer , est particulièrement remarquable. M.

Baluze avoit déjà publié ces Statuts dans ses additions au IV

livre de la Concorde du Sacerdoce et de l'Empire, ' lorsque P. mt-iiBe.

les Editeurs de la Collection générale des Conciles les ont fait

entrer dans leur recueil.

' Le même M. Baluze dans son Appendice au Marca Marca hu. «pp. p. Hispanica, nous a donné encore d'autres Statuts fort détail- ,,3tMltllés sur le même sujet. Ceux-ci furent faits vers le même temps que les précédents, dans une assemblée des Evêques, des Abbés, des Comtes et Vicomtes du pais , dont aucun n'est nommé. L'assemblée fut tenue au diocèse de Vie, ou Ausone. Oliba qui en étoit Evêque environ dix-huit à vingt ans auparavant, avoit déjà travaillé à établir la Trêve, comme on l'a dit; mais on n'en fut pas plus religieux observateur dans son diocèse qu'en tant d'autres. Comme les deux Puissances concoururent à dresser ces Statuts, ils joignent les peines temporelles aux spirituelles.

' G i raid, Abbé de Tournus au diocèse de Châlons chif. bis. de t. sur Saône, où il succéda à Guillaume en 1061, ne couverna ||; 1 app' ce monastère que cinq ans, et mourut en 1066. C étoit un homme de letres, gui laissa quelques productions de sa plume. Mais Falcon, Ecrivain domestique , qui écrivoit dans le même siècle, ne nous fait point autrement connoitre ses écrits, qu'en disant qu'on s'en servoit encore dans son temps à l'Eglise. C'est ce qu'on croit devoir entendre de quelques homélies, ou Légendes réduites en leçons, de Répons, Proses, Hymnes, ou autres parties de l'office divin, que Giraud composa pour les mystères du Seigneur, ou les fêtes des Saints.

' M. de Marca dans son Histoire de Bearn nous apprend, Marca. iù*. <b qu'il y a un recueil considérable des usages de Barcelone g.9*'" 5" c" *' D" écrit a la main. C'est l'ouvrage de Raymond Berenger, surnommé le vieux, Comte et Marquis de Barcelone, qui les dirigea en 1060, du consentement d'Aalmodis fa femme et des principaux Seigneurs de sa terre. Ce Comte, qui sçavoit la Jurisprudence, comme il parolt par-là, vécut au

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