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froi Marlel, Comte d'Anjou, et la Comtesse Agnès son Epouse.
Les Ecoles, ces Séminaires de la science et de la vertu , sont un avantage trop précieux aux yeux d'un Prélat, qui aime autant le bien de l'Eglise que l'aimoil Gervais, pour négliger de les entretenir. Aussi prit-il un soin particulier de celles de sa Cathédrale, et réussit à les rendre aussi florissantes, qu'elles étoient sur la fin du siècle précèdent. ' La pro- Gmb. d« Not. vidence lui aïant envoïé de Cologne le célèbre Bruno, de- luii.'u'.f.'M. n. puis Instituteur de l'Ordre des Chartreux, Gervais l'en éta- ""^ ib- pblit le Modérateur, après l'avoir attaché à l'Eglise de Reims par un Canonicat. On a parlé ailleurs 1 des grands Hommes qui se formèrent alors aux Letres sous l'Episcopat de notre Archevêque.
' Etant tombé dangereusement malade, le jour de la fête Jab^ib. i s* ». des Apôtres S. Pierre et S. Paul 10fr7, il fit assembler près m1."*1' ' pr '"' de lui les Chanoines et les Clercs de son Eglise. Puisaiant fait en bon Catholique, ce sont les termes de l'Auteur original, sa profession de foi en leur présence, il reçut la sainte Eucharistie, en conjurant les assistants de lui être témoins devant Dieu, qu'il croïoit qu'elle étoit réellement le Corps et le Sang de J. C. On verra par la suite, que plusieurs autres illustres personnages de ce siècle en firent autant à l'article de la mort, à raison des erreurs de Berenger sur cet adorable mystère. ' Quoique Gervais eût donné à son Eglise plusieurs m. in. ornements, et des revenus considérables, on l'avertit cependant alors, qu'il lui avoil causé quelques dommages, qu'il falloit reparer. C'est ce qu'il promit de faire pleinement si Dieu lui accordoit encore des jours. ' Mais il mourut le ibid j AU,1-|0chr* quatrième de Juillet suivant, auquel jour sa mort est mar- 1
3uee dans l'ancien Necrologe de sa Cathédrale, avec le legs e deux moulins, qu'il fit en faveur de ses Chanoines pour son anniversaire. Il éloil alors dans la soixante-unième année
de son âge, et la douzième de son Pontificat, laquelle auroit été révolue le quinzième d'Octobre. ' Il fut enterré dans Mtrl. ib. p. i». le chœur de la Cathédrale de Reims auprès de l'aigle, où l'on voit sa tombe avec une épitaphe de date fort récente , dans laquelle on a réuni tous les titres les plus magnifiques, pour conserver à la postérité la mémoire de ce grand Archevêque.
1 Voïès I» uombre CV do discours historique i la tète d« ce XI siècle.
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Gervais possedoit réellement d'excellentes qualités ; et le Lecteur est en état d'en juger par lui-même sur le détail de Guib. ib. ses actions. ' Guibert de Nogent, Historien sincère, en parle Hab. ib. i. 66. n. avec éloge ; ' et Foulcoie Poëte fameux de ce temps-là, l'a célébré dans ses vers, entre les plus illustres Prélats de son ana. «. i. p. «se. siècle. ' L'Abbé Guillaume, grand homme de mérite et de Letres, qui gouverna au même siecie les Monastères de S. Arnoul de Metz et de S. Remi de Reims, lui donne aussi a«t. ib. p. 57«. n. de grands éloges : ' en quoi il a été suivi par l'Auteur de la vie du B. Thierri, Abbé de S. Hubert, qui écrivoit trèspeu de temps après. Il est vrai aussi , que ces deux derniers Ecrivains n'ont pas dissimulé, que ce qu il y avoit de louable en la personne de notre Prélat, étoit mêlé avec quelques ana. ib. défauts. ' L'Abbé Guillaume en particulier y en avoit décou-
t vert d'assez considérables, pour se croire fondé à établir un
parallèle, à cet égard seulement, entre Gervais et le fameux Archevêque Manassé son successeur immédiat. C'est sur cette ressemblance, selon lui, que les gents qui les avoient connus, disoient qu'il s'étoit l'ait une métempsycose de l'un à l'autre ; l'ame de Gervais aïant passé dans le corps de Manassé.
' L'on ne voit point au reste, sur quel fondement cet Auteur a pû avancer des choses aussi deshonorables à la mémoire de notre Archevêque. ' L'autre Ecrivain s'explique, en faisant tomber les défauts qu'il avoit trouvés en lui, sur la dureté de son humeur et de ses manières. Encore nous apprend-il, qu'il Tavoit beaucoup adoucie depuis ses étroites liaisons avec le B. Abbé Thierri. De sorte que ces foiblesses, qui venoient moins du cœur que du génie naturel de Gervais, nétoient pas suffisantes ' pour autoriser à le représenter sous de si noires couleurs, et le qualifier même de Tyran. 11 sera sans doute arrivé, que ces contemporains de
act. ib.
an», ib. p. S56.
M»rl. ib. (..
à l'ame de l'Archevêque Gervais, ce que la fable prête à celle du Roi Dagobert I. Sans le secours de S. Denysetde S. Nicaise, elle étoit la proie du Diable. Vision qui n'est après tout appuïée, que sur le récit d'un Avanturier soi disant Manceau.
Outre les parents de notre Archevêque, que nous avons
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et un défenseur intrépide des saintes règles, ils esperoient beaucoup de son secours contre les ennemis de cette mere commune : ut pmdentissimus concï/iator, et fortissimits propugnator, ce sont les termes du Pape Alexandre H, contra hostes suos uitionis atque defcnsionis ïmpcndas auxiliurn. Sur cette idée avantageuse, les Papes avoient en lui une entière . confiance, jusqu'à lui renvoier quelquefois la décision d'affaires qu'on avoit portées à Rome.
L'attachement de Gervais pour les Papes étoit tendre p. ioes. m9. et sincère, et répondoit parfaitement à l'estime et à la confiance dont ils l'honoroient. Leurs avantages faisoient l'objet de sa joie, comme leurs disgrâces l'objet de sa douleur. ' 11 souhaitoit fort d'en voir quelqu'un venir à Reims tenir p. iws. un Concile, à l'exemple de Léon IX. Il avuil pris à cet effet quelques mesures avec Viclor II, et en écrivit ensuite à Etienne son successeur ; mais le projet ne put s'exécuter.
On n'est point instruit en détail de la conduite de notre Archevêque dan* le gouvernement de son Diocèse. Seulement on seait en général ' qu'il y fit paroître un grand zélé p. i<*8. un. pour la justice , et beaucoup de fermeté pour soutenir la vigueur de la discipline : ce qui lui attira plus d'une persécution. ' Il eut quelque différend avec Godefroi Duc de p. n». Lorraine ; mais il est à croire qu'il avoit une autre origine. ' 11 s'éleva aussi quelques brouilleries entre notre Prélat, et p. us«. ns7. deux de ses Chanoines, Manassé, ■ le même apparemment • Mab. an». 1. 1. qui lui succéda dans la suite, homme violent et sans poli- p sa6 tesse, et Amalric. Cet amour de Gervais pour la justice et le bon ordre, lui avoit fait ' déclarer à la simonie une guerre Çooc. ib. P. 1119. irréconciliable. Quelque commune qu'elle fût alors par-tout, ilétoil si ' vigilant et si soigneux de la combattre, qu'autant p. 11». uao. qu'il étoit en lui, on n'en Voïoit pas le moindre germe dans son Diocèse. Une telle conduite ' faisoit espérer au Pape Ni- p. 1001. colas II, que Gervais par ses soins pourroit remédier aux autres grands maux de l'Eglise de France.
L'attention qu'il donna à celle de Reims en particulier, s'étendit jusques sur les lieux de pieté. Ce qu'il avoit déjà fait à cet égard dans le premier Diocèse qu'il avoit gouverné, il le fit aussi dans le second. ' L'Abbaie de S. Nicaise, *»b. «j^i .m. n. alors réduite à presque rien, fut le premier objet de sa solli- m.'isa. ' P citude pastorale. Dès 1056 il commença à la rebâtir tout à