PIERRE
Moine de Maillezais.
P 1er re, homme d'esprit, de mérite el de scavoir, ui». bit», o©*. u florissoit sous Goderanne Abbé de Maillezais en Bas- * Poitou, Monastère érigé depuis en Evêché, dont le siège a été transféré à la Rochelle. ' La manière dont il parle de p. 237. Theodelin et do Humbert, prédécesseurs de Goderanne, fait juger qu'il avoit embrassé la profession monastique dès le temps du premier de ces trois Abbés, qui mourut en 10i5. Si notre Ecrivain fit ses études à Maillezais même, il faut dire que les litres y étoient alors en quelque honneur. 11 paroft effectivement avoir eu plus de goût pour les sciences, qu'on n'en avoit communément en son siècle. ' Il regardoil la p. 231. mauvaise Philosophie à l'usage de ce temps-là, comme une subtilité de faux raisonnements, qui devoit son origine aux Peripatéticiens ; et deux ou trois Vers de sa façon, qu'il a insérés dans sa prose, montrent qu'il avoit mieux réussi en ce genre d'écrire, que presque tous les Versificateurs ses contemporains.
11 y a de lui un écrit intéressant pour l'Histoire de ce siècle, principalement pour celle des Comtes de Poitiers, Ducs
....«.» m PIERRE,
d'Aquitaine, et plus spécialement pour celle de l'Abbaïe de
p. m. «37. Maillezais. ' Pierre l'entreprit par ordre de l'Abbé Goderanne, oui succéda à Humberl en 10G0, et oui fut depuis Evêque
Nab. «i. i. es. . ôe Saintes. ' Goderanne n'aïant été élevé à l'épiscopat tout au plutôt qu'en 4065; et notre Auteur ne lui donnant point le titre d'Evêque en lui dédiant son ouvrage, c'est une preuve qu'il l'écrivit vers celte même année. Toûjours est-il vrai, qu'il l'avoit fait avant 1074, qui est l'année de la mort de ce
Lab. ib. p. 237. Prélat ; ' puisqu'il le finit en s'excusant de ne pas s'étendre sur son sujet, parce qu'il étoit encore en vie.
p. 42a. ' D'abord il n étoit question que d'écrire l'Histoire de la
translation des Reliques de S. Rigomer, Confesseur au pais du Maine, afin d'apprendre à la postérité par quelle voie elles étoient venues à la possession de l'Abbaïe de Maillezais, et à qui elle en étoit redevable. Mais notre Ecrivain jugea à propos de faire précéder cette relation, par une histoire abrogée de la fondation de son monastère, et môme de tout ce qu'il sçavoit s'être passé de plus mémorable dans l'isle de Maillezais, où il étoit situé. Tel est le plan d'ouvrage sur lequel Pierre entreprit de travailler, et qu il a suivi en divisant son écrit en deux parties conformément aux deux principaux objets qu'il se proposoit.
P. 222.223. ' L'Auteur commence la première partie, qui comprend
sept Chapitres, sans compter la préface, ou épUre dédicatoire, par une description détaillée du territoire de Maillezais, qu'il qualifie du titre d'isle, parce qu'il se trouve entre deux petites rivières, PHautize à l'orient, et la Sevré au midi. 11 nous apprend ensuite, quand et comment il commença à être habité et à avoir une Eglise. Puis parcourant tous les divers états où il s'est trouve, autant qu'il en étoit instruit, il vient à la fondation du monastère, et aux principaux événements qui y étoient arrivés. Et comme cette fondation étoit dûe à la pieuse libéralité des Comtes de Poitiers, notre Ecrivain a cru devoir par reconnoissance s'arrêter de temps en temps à ce qui a trait à leur histoire. Quoique la seconde partie comprise en ouatre chapitres sans la préface, soit destinée, suivant le plan ae l'ouvrage, à faire l'Histoire de la translation de S. Rigomer, l'Auteur n'y emploie néanmoins que le dernier enapitre. 11 traite encore dans les au-
P. 236. 237. très de ce qui concerne celle de son monastère, ' et c'est même par-là qu'il finit son écrit. Il est aussi à remarquer, que
ces
XI SIECLE