‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 166 sur 214 · Tome VU. Gggg · texte numérisé non relu

Tome VU. Gggg

SIECLE

à l'autre. On a vu que cette mauvaise maxime de retoucher ainsi, sous prétexte de lés polir, les anciennes Légendes des Saints étoit fort commune en ce XI siècle et dès le préceitb. a», p. 133. dent. ' Celle que le Moine Pierre retoucha, se trouve dans "**' le manuscrit de Fleuri, d'où Dom Mabillon a tiré l'Histoire

de la translation. Elle n'a point été encore imprimée ; et le public peut aisément s'en passer, depuis que les Continuateurs de Bollandus et M. 1 Abbé le Beuf nous ont donné le texte original. Les deux éditions, quoique faites la même année en divers lieux, et sur divers manuscrits, sont néanmoins fort semblables, à quelques variantes près de peu de conséquence.

Pour ne rien omettre des travaux literaires de notre Au- Lab. ib. p. sas. teur, nous ajoûterons ' qu'il s'étoit proposé, si Dieu lui conservoit la vie, de faire la relation des miracles de S. Rigomer, suivant ce qu'il en pourrait apprendre de la bouche des Anciens, qui vivoient de son temps, et qui en étoient instruits. On ne voit point au reste, qu'il ait exécuté ce dessein feii.ib. p. m, projetté ; ' de quoi les derniers Editeurs d'une partie de son autre ouvrage témoignent beaucoup de regret.

Moine de S. Évroul, ET AUTRES ECRIVAINS.

Uillaume étoit de l'ancienne maison de Meslerau, au pais d'Ouche du côté de Séez, connue dans les monuments latins sous le nom de Merula, et bienfaictrice de l'Abbaïe de saint Evroul. Aïant embrassé dans ce monastère la Règle de saint Benoit, avant les troubles qui l'agiteu>id i ord. «t. i. rent, et dont on a parlé ailleurs, ' il s'y distingua par l'exactiîi?:*89"' 5 p* tude à remplir ses devoirs, son application à l'Etude, et le talent qu'il avoit de s'énoncer avec grâce. Sa vertu qui le rendoit respectable , le fit élever au Sacerdoce. Il tut un des Moines de mérite qu'on choisit pour aller établir le Prieuré de Marcheville, sous la dépendance de S. Evroul. De son temps il y avoit dans cette Abbaïe plusieurs Moines studieux, qui

XI SIECLE

Nen». pia. p. 130.

travailloient avec succès, comme on l'a vû, à cultiver les letres, sur-tout à copier les bons livres, ce qui servit beaucoup à favoriser les études de Guillaume. II commença au moins dès 1 066 , ' sous Mainier qui de Prieur de la Maison en fut fait Abbé en Juillet de l'année précédente, à se faire connoltre par ses écrits. On ignore les autres événements de la vie de notre Ecrivain. Voici ce que l'on sçait des productions de sa plume.

1°. Il a laissé de sa façon un corps d'homélies pour tout le cours de Tannée, qui se trouvent dans deux manuscrits de l'Abbaïe de S. Evroul , cottés 65 et 66. L'ouvrage est dédié à l'Abbé Mainier, que l'auteur représente sur la fin de sa préface comme un homme de pieté et de sçavoir. Guillaume

L donne beaucoup dans le sens figuré , et ne laisse pas toute» is d'y établir une Morale assortie à la propriété de chaque fête.

2°. Entre un assez bon nombre de manuscrits qui se conservent encore à S. Evroul,' le P. Artur du Montier donne le catalogue de six à sept seulement parmi lesquels il y en a un qui appartient encore à notre Auteur. Ce sont des Homelies sur l'Apocalypse, qui portent disertement son nom en ces termes : Humilies Willeimi de Meru/a super Apocalypsim.

3#. ' Ordric Vital Moine de S. Evroul môme dès la fin de ord. «k. i. s. P. ce siècle, atteste que Guillaume avoit aussi composé un excel- m lent ouvrage, egregiwn dtetamen, sur les miracles opérés en un lieu , alors nommé Parnes, que nous ne trouvons point dans la Notice des Gaules, par la vertu des Reliques de S. Josse. L'Auteur y touchoit aussi l'Histoire d'une des translations de ces mêmes Reliques : ou plutôt de la découverte oui s'en fit à Parnes, sous le règne de Henri I Roi France. Ordric rapporte cet ouvrage de Guillaume, qui ne parolt plus nulle

Eirt, à l'année 1066. On voit par là , et par la préface de ses omelies adressée à l'Abbé Mainier, que notre Auteur florissoit alors.

Il faut rapporter au même temps , pour les raisons qu'on va voir, un autre Ecrivain , qui a de plus un autre degré de conformité avec le précèdent, en ce qu'il a aussi fait des Homélies. Celui dont il est maintenant question , est anonyme, et ne nous est connu que par son ouvrage.' Dom Mar- Mut. ™i. ut. ». tene et Dom Durand l'ont découvert entre les manuscrits de *• p- m' l'Abbaïe de Floref , de l'ordre de Prémontré au diocèse de

Gggg ij

m GUILLAUME, MOINE DE S. EVROUL,

Namur. L'ouvrage est divisé en plusieurs parties, et traite de diverses matières sous le titre De viduitate, et la forme d'homélies. ' Un des endroits copiés fait juger, que l'Auteur par le terme de veuve, dont il a tiré le titre général de la viduité entend l'Eglise. ' L'exemplaire de son ouvrage paroissoit dès lors ancien de plus de cinq cents ans. La troisième partie roule entièrement sur l'Eucharistie; et l'on y trouve des preuves suffisantes pour juger, que l'ouvrage fut fait au temps que les erreurs de Berenger sur ce mystère, troubloient l'Eglise de France. Pour n'en pas douter, il n'y a qu'à se rappeller les traits que nous avons déjà rapportés , tant de récrit de Hugues Evêque de Lanzres , et de la letre d'Adelmanne au même Berenger, que de la profëssion de foi dressée à ce sujet par le B. Maurille Archevêque de Rouen , puis les conférer à ce que dit notre Anonyme dans sa préface, et à ce qu'il se propose, dans les titres des chapitres de son ouvrage , de discuter en détail et avec une certaine étendue. On aura encore d'autres preuves dans la discussion des écrits du B. Lanfranc, de Guitmond d'Averse, de Durand de Troarn et de Berenger même.

Or notre anonyme entreprenant de détailler les erreurs de son temps sur l'Eucharistie, les expose ainsi. Les uns, ditil , prétendent que le pain et le vin n'y sont point changés ; qu'elle n'est qu un simple signe : de sorte qu'on la nomme le Corps de J. C. non qu'elle le soit véritablement , mais seulement en figure, et qu'il en est comme de l'eau et du saint Chrême dans le baptême, et de la robe blanche qu'on donne à un nouveau baptisé , en lui disant : prenez cet habit blanc , et le présentez au tribunal de J. C. D'autres soutiennent, continue l'Auteur, que le pain consacré n'est pas purement une figure, mais que J. C. s'y trouve aussi avec le pain , dont il se fait une espèce de corps. Voilà le faux dogme de l'Impanation. Ceux-ci croient , c'est toujours notre Anonyme qui parle , que le pain et le vin sont changés au corps et au sang, non de J. C. mais de tout homme de bien et agréable à Dieu. Il semble par une circonstance de la profession de foi du B. Maurille, qu'il a eu en vûe la condamnation de cette opinion absurde. Ceux-là faisant injure à la grâce de Dieu , disent que l'indignité des Prêtres rend nulle l'invocation du S. nom de Dieu ; parce que selon eux le pain ne peut être changé au corps de J. C. que par une di-

XI SIECI

gne consécration. D'autres poussant l'injure encore plus loin, sont dans l'opinion qu'il se fait à la vérité un changement en la chair de J. C. mais que ce changement ne persévérant point, à cause de l'indignité de ceux qui reçoivent l'Eucharistie, elle redevient un pur signe du pain. Enfin quelques autres, qui sont encore plus détestables prétendent que l'Eucharistie devient par la manducation, sujette à la digestion et à toutes ses suites.

' Après ce détail , l'Auteur avertit qu'il va exposer ce que iwd. la vérité nous enseigne touchant le Corps du Seigneur, et que de-là il passera aux différentes questions qu'on mit naître sur ce Sacrement. ' C'est ce qu'il entreprend d'exécuter en P. m. «7. vingt-trois chapitres , dont on a imprimé les titres, il paroh ar ce qu'ils annoncent, que notre Anonyme s'y prend en on Théologien. ' Pour y procéder avec plus de méthode, e. 1. ». et poser des principes fondamentaux et incontestables, il remonte dans les deux premiers chapitres jusqu'à l'Incarnation du Verbe, et montre : Que Dieu voulant que son Fils s'incarnât pour nous, il l'a élevé au-dessus de toutes choses. Qu'afin de nous inspirer une plus grande espérance de sa gloire, après nous avoir rendus participants par la grâce de J. C. d'une nature semblable à la sienne , il nous a encore rendus ses frères, et qu'il a porté sa miséricorde jusqu'à nous donner ce Fils, et toutes choses avec lui. ' Que pour plus grande c. 3. certitude d'une telle faveur, Dieu qui est notre chef, nous a tellement établis ses membres , que réunis à ce divin chef, nous sommes appelés son corps; J. C. nous unissant à lui, et nous rendant les membres de son corps par le Sacrement et la réalité de son corps dans l'Eucharistie.

' Ensuite l'Auteur explique ce que c'est que Sacrement, P. ne. c. *. et en combien de manières on entend ce terme. ' Après quoi c. 5. il entreprend de prouver, que le corps de J. C. est appellé le Sacrement visible du pain et du vin par dénomination seulement. ' Les dix chapitres suivants sont destinés princi- c. e-i». paiement à réfuter les erreurs détaillées dans la préface , et a établir les dogmes catholiques de la transubstantiation et présence réelle , ce que l'Auteur promet de confirmer par le récit de plusieurs miracles. Parmi ces questions il en entremêle quelques autres, qui aiant toûjours trait à son principal dessein , font voir que cet Anonyme avoit bien examiné sa matière, et se proposoit de la traiter à fond, Il consacre un c. s.

XI SIECLE

chapitre à montrer en quoi le Sacrement du Corps de J. C. diffère des autres Sacrements , et en quoi il leur ressemble, e. h. ' Dans un autre il entreprend de prouver que bien que le

Corps de J. C. soit local, c'est-à-dfre en un lieu déterminé, il peut néanmoins se trouver en divers lieux au même moment.

Les points qu'il discute dans les autres chapitres , sans perdre de vue son principal objet , ne sont pas moins interes-

p. m. e. 16. sants. Par exemple, ' que l'immolation de J. C. sur l'Autel ne suppose point , qu'il soit mis à mort de nouveau. Mais que cette immolation réelle, quoique représentative, a la

e. ao même vertu sur l'Autel que sur la Croix. ' Qu'il y a deux

manières de manger son corps, l'une corporelle, c'est-àdire réelle, l'autre spirituelle. Que les bons le reçoivent en l'une et l'autre manière; mais que les méchants ne le font qu'en une seule, qui est la corporelle.

e. si. ' L'Auteur emploie le vingt-unième Chapitre à montrer,

que comme la consécration du Corps de J. C. n'est pas moins réelle, lorsqu'elle est faite par un méchant Prêtre : de même elle n'acquiert aucun degré de réalité, lorsque c'est un bon Prêtre qui la fait. Que le méchant Chrétien le reçoit également , comme l'homme de bien , quel qu'il puisse être sans qu'il y ait du plus ou du moins quant à la substance.

Un traité de celte nature demandoit, qu'on y dit quelque chose de la préparation nécessaire pour recevoir l'Eucha-

<=• « ristie d'une manière salutaire. ' C'est à quoi notre Théologien

destine son vingt-deuxième Chapitre. Enfin dans le vingttroisième, qui est le dernier, il expose plus particulièrement les diverses questions qu'on faisoil alors naître sur le Sacrement du Corps et du Sang de J. C.

Si nous nous sommes un peu arrêtés à faire connoître cet écrit , c'est que personne n'a encore entrepris de le faire , et que d'ailleurs il meritoit d'être connu. Il est fâcheux qu'il ne le fût pas dès l'origine des erreurs*de Luther et de Zuingle sur l'Eucharistie , on y auroit trouvé de nouvelles armes propres à les combattre.

' Jean Picard, Chanoine Régulier de S. Victor à Paris, l'un des Editeurs de S. Anselme , avertit qu'en son temps il

a**.. aPp. P. se conservoit à la bibliothèque de sa Maison, un traité manuscrit De l'origine des Comtes d'Anjou , qui conduisoit la suite de l'Histoire jusqu'en 1069. On voit par-là qu'il n'est

XI 8IBCLB.

point ce que Dom d'Acheri a publié sous le titre de Gestes des mêmes Comtes , ni ce qu un d'entre eux en a écrit luimême. Il nous suffit de renouveller cet avertissement pour montrer, que ce traité appartient aux années que nous parcourons ici. Ceux qui travaillent à l'Histoire d Anjou, seront sans doute soigneux de faire des recherches pour le recouvrer.

On a dans un manuscrit de la Bibliothèque du Roi, une coin an. «97. n. vie de S. Solenne , vulgairement S. Souleine ' Evêque de rL'i5*!. *W* p. Chartres à la fin du V siècle et au commencement du sui- 307vant, de laquelle les critiques parlent d'une manière fort desavantageuse. Le célèbre Bollandus s'est néanmoins engagé de la donner au public ; et ses fidèles continuateurs ne manqueront pas d'aquiter sa promesse, en nous la faisant connoilre pour ce qu'elle est. En attendant leur édition et leur sage jugement, nous nous bornerons à dire ici qu'elle nous parolt être l'ouvrage d'un Clerc de l'Eglise de S. Souleine, qui est aujourd'hui la Cathédrale de Blois ; et avoir été écrite un peu plus de vingt ans après la mort du B. Richard abbé de S. Vanne, ainsi vers 1070. C'est l'idée que nous en a donné ' un fragment de la vie même, publié par •«»• »• »• ples soins de Dom Mabillon. Si le reste de la pièce est sem- &M" blable à ce fragment , on peut dire qu'elle n'est pas mal écrite pour le temps où elle l'a été. Mais l'Auteur étoit trop éloigné du siècle où est mort saint Souleine, pour que son écrit mérite quelque créance.

' M. l'abbé de Bragelone , Doïen de la Collégiale de S. g*u. ehr. no», t. Julien de Brioudb en basse Auvergne, a dirigé un catalo- ' p" 499

!T;ue des Abbés, Prévôts et Doïens de cette ancienne et ilustre Eglise. ' 11 nous fait connoitre par de fréquentes ci- j^*»talions, que les Auteurs du nouveau Gallia Christtana ont répétées d'après lui, un Cartulaire du même Chapitre, qui contient au moins quatre cents vingt-huit tant diplômes , que Chartres ou autres monuments semblables. Ce recueil, qui est intéressant pour l'histoire d'Auvergne, porte pour titre : Liber de honoribus S. Juitano Collatis , en 1066. Au moins ne se trouve-t-il plus cité pour les temps qui suivent : ce qui montre, qu'il fut fait vers la même année , ou peu après. Tous ceux qui sont au fait de l'Histoire conviennent de l'utilité de cette sorte de recueils ; et c'est ce qui nous tient attentifs à les faire connoitre.

• Mart. roj.iii. t * II y a quelque part un Supplément à la vie de S. Odon i par! i. P. Ï73. Abbé de Cluni, écrite comme il a été dit ailleurs, par le Moine Jean un de ses principaux disciples. Dom Martene et Dom Durand dans le cours de leurs voïages literaires, Taïaut vû manuscrit entre les mains de M. le Chambrier du Prieuré de Gigni en Franche-Comté , en ont publié la Préface. C'est l'ouvrage d'un Moine de l'Ordre de Cluni , qui faisoit sa résidence dans quelqu'une des Maisons dépendantes de l'Abbaie de même nom. 11 l'adresse à l'Abbé Hugues, qu'il qualifie reverendissime Abbé de S. Pierre , qui est le patron titulaire de cet illustre Monastère. On ne doute point, que ce ne soit le célèbre S. Hugues , successeur immédiat de S. Odilon. 11 est clair par-là , que l'écrit appartient à quelqu'une des années oui suivirent le milieu du XI siècle, avant le commencement du suivant.

On a vû par l'idée que nous avons donnée de la vie de saint Odon, que son Historien, quelque instruit qu'il fût des actions de son Héros , n'avoit pas entièrement rempli son dessein. De sorte que le projet d'un supplément étoit fort convenable. ' Pour l'exécuter noire Anonyme , en homme judicieux, eut recours aux monuments originaux, qui pouvoient lui donner les éclaircissements nécessaires. Il reconnoit avoir beaucoup tiré de secours en particulier d'un poëme de l'Evêque Hildebolde, que l'Abbé Hugues lui avoit communiqué. Poëme qui traitoit , comme on voit par-là, de l'Histoire de saint Odon, mais qui ne paroit pas que l'on connoisse d'ailleurs. On n'a guéres plus de connoissance du Poète son Auteur. Ce qu'il y a de vrai, c'est que le Gallia Christiana ne nous présente aucun Evêque, ni Archevêque de ce nom, qui ait vécu depuis saint Odon de Cluni jusqu'à la fin de ce siècle, ibij. ' L'Auteur du Supplément ne s'y est pas précisément bor-

né à ce qui concerne saint Odon. Il y a aussi fait entrer plusieurs traits de l'histoire du Vénérable Bernon, son pere spirituel, cet homme plein de foi^et de pieté , comme il le qualifie lui-même. Il y a encore touché par occasion divers laits, qui regardent les commencements et les progrès de l'Abbaie de Cluni, qui est, dit-il, redevable de toute sa grandeur au B. Odon.

Nous croïons pouvoir rapporter à quelqu'une des années, &.u. ». P. que nous entreprenons de parcourir ici , la ' Légende , ou

plutôt l'espèce de Roman eu façon de Légende de S. Ama- * teor Ermite, honoré à Roquemadour en Querci. Il est au moins certain que l'écrit n'a été (ait qu'après que les actes fabuleux de S. Martial premier Evêquc de Limoges étoient répandus dans le public. ' Il semble morne que le dessein t qu'on s'y est proposé a été de venir à l'apnui de l'opinion chérie des genb du pais touchant l'apostolat de ce Saint, qui fit tant de bruit en France les années 1028 et 1031 en particulier. ' Roquemadour est un bénéfice dépendant de TE- j véché de Tulles, autrefois Ablmïe de l Ordre de S. Benoit ; c ' et il y a une Chapelle fameuse par les pèlerinages , où la i dévotion envers la Sainte Vierge attire les peuples de Querci et du bas Limousin. ' L'Auteur qualifiant S. Amateur son i Patron, c'est une preuve qu'il éloil du pais.

Que son écrit au reste ne soit qu'une espèce de Roman, et même de Roman rempli de contradictions, c'est ce que montrent les traits suivants. ' S. Amateur, si l'on veut l'en i croire, étoit domestique de J. C. et sa femme, nommée Véronique servante de la Sainte Vierge. ' Elle descendoit de i Jacob ; et néanmoins on la confond presqu'au même instant, avec l'Hémorrhoisse de l'Evangile. Elle avoit déjà épousé saint An.ateur, lorsque J. C. prèehoit en Judée. Le Saint • élant venu dans les Gaules , y convertit Sigebert Duc de Bourdeaux ; et y aïant embrassé la vie éremitique, ' y fonda ■

Eklusieurs Monastères. S. Martial le lira cependant de la soilude, et l'envoïa à Rome saluer de sa part l'Apôtre saint Pierre, au temps précis de son martyre. On a ici comme en tant d'autres Légendes encore plus anciennes des preuves que nos François avoient le génie tourné au Roman longtemps avant le milieu du XII siècle.

' Cette pièce romanesque, que les Successeurs de Boliandus ont eu la complaisance de publier, sur les mémoires du P. Odon Gissey, un de leurs Confrères, est divisée en neuf leçons, apparemment pour servir a l'Office du Saint. On est au reste avantageusement dédommagé du texte, par le sça- i vant commentaire préliminaire , dont les Editeurs l'ont accompagné.

La Légende de S. Ethbin ne vaut guéres mieux , que le Roman (iont on vient de parler. Ainsi il importe peu de la rapporter à ces temps-ci, ou à d'autres. D'ailleurs il y a lieu de douter, si elle appartient à un Ecrivain François, plutôt

Page 1