‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 168 sur 214 · Tome Vif. I i i i · texte numérisé non relu

Tome Vif. I i i i

MJ.C.

TABLE

Ecole de quelque nom , qui devint encore plus célèbre dans

la suite.

Mort de Constance Modérateur de l'Ecole de Luxeu, où l'éclat de son grand sçavoir attiroit des Etudiants de diverses Provinces. Adelberon grand homme de Letres , qui laissa de sa façon une Chronique qu'on croit perdue , dirige l'Ecole d'Utrécht. lngon disciple de Gerbert à l'Ecole de Reims, succède dans la dignité d'Abbé de saint Pierre le Vif à Rainard, homme versé dans l'une et l'autre Literature, et y soutient les études établies par son Prédécesseur. Valcande Moine de Moïenmoutier s'applique à écrire pour la postérité, et publie peu après divers écrits, nommément sur saint Hidulfe, saint Dié, ou Diey, et les Abbés de Moïenmoutier en général. On donne dans cette Abbaïe un soin particulier à copier les bons livres; et Humbert, depuis sçavant Cardinal de l'Eglise Romaine , y est reçu , et s'y engage bientôt dans la profession Monastique. Gérard Evêque de Cambrai fait la translation des Reliques de saint Aubert, un de ses Prédécesseurs; et un Ecrivain nommé Fulbert, différent de l'Evêque de Chartres de même nom , .en prend occasion de composer la vie de ce Saint. Un Auteur inconnu d ailleurs finit ici une Chronique dite de Sens, qui commence en 688.

Le trente-unième de Janvier mort de Brunon sçavant Evêque de Langres, Auteur de quelques petits écrits, et auparavant disciple de Gerbert à l'Ecole de Reims. Lambert Prélat fort zélé pour le maintien des bonnes études, lui succède dans sa dignité. Un nommé /Etbert publie une Irès-mauvaise histoire de saint Frédéric Evêque d'Utrécht, et un Inconnu celle de saint Eon, vulgairement saint Zé, Evêque et Confesseur, laquelle ne vaut pas mieux que la précédente. Florent Abbé de saint Josse sur mer, dont il y a une troisième vie du Saint de ce nom, et Isambard Moine de Fleuri d'une vertu éminente et d'un sçavoir peu commun, qui a laissé quelques écrits de sa façon , paroissent avoir vécu au moins jusqu'en celte année. On croit y devoir rapporter aussi Ingomar, Historien de saint Judicaël Roi de la petite Bretagne , et Auteur d'une Chronique des Princes de la Domnonée.

Dudon , Doïen de saint Quentin en Vermandois depuis l'année précédente au plutôt , qui avoit projetté dès la fin du X siècle une histoire des Normans, la finit plutôt en Roman -

An dtJ.C.

CHRONOLOGIQUE

cier qu'en Historien. Hildier, ou Hildegaire, disciple de Fulbert de Chartres, et son Agent à saint Hilaire de Poitiers, Y dirige une Ecole avec l'aide d'un sousmaitre , et écrit delà à ce Prélat plusieurs letres intéressantes. Célèbre assemblée en France, au sujette l'apostolat de saint Martial, à laquelle se trouvent le Roi Robert, Gauzlin Archevêque de Bourges, el grand nombre d'autres Sçavants. S. Volbodon est élu cette année-ci , ou la suivante , Evêque de Liège , et fait monter avec lui sur ce siège toutes les vertus qui font les plus grands Prélats. Naissance de Durand, depuis Abbé de Troarn en Normandie; l'un des principaux Ecrivains qui réfutèrent les erreurs de Berenger.

1018. Outre les autres sciences qu'on enseignoit à l'Ecole de Toul,

on y donne aussi des leçons de Jurisprudence , ce qu'on ne voit point s'être fait en France depuis le rétablissement des Letres jusqu'ici. A Orléans, qui devient en ce siècle une source de lumière et de doctrine tant pour l'Angleterre que pour la France, on voit deux Ecoles à la fois, l'une à la Cathédrale, l'autre à saint Pierre Puellier. Enguerran, depuis Abbe de saint Riquier, étudiant à l'Ecole de Chartres, commence à mettre en vers de l'avis de Fulbert son Maître, la vie de saint Riquier écrite par Alcuin. Naissance d'Ulric Moine de Cluni dans la suite, el l'une des grandes lumières de l'ordre Monastique en ce siècle.

1019. L'Abbaïe de saint Gildas de Ruits aïant été rétablie, on y ou-

vre une Ecole d'autant plus nécessaire, que l'ignorance étoit plus grossière et plus répandue dans le païs. Richard II Duc de Normandie attire à Rouen par ses libéralités plusieurs Grecs et Arméniens, qui y sont de quelque utilité par leur sçavoir, sur-tout pour la connoissance des langues orientales. Thierri , ou Diederic , Moine de Fleuri est appellé en Allemagne, où il enseigne successivement à Hirsleld et à saint Alban de Maïence, et écrit les Coûtumes et usages de son Monastère, qu'il dédie à saint Bernouard Evêque d'Hildesheim. Oliba Abbé de plusieurs Monastères, est élû Evêque de Vie, ou Ausone, avant le mois d'Août. Halinard , sçavant élevé dé l'Ecole de Langres , et depuis Archevêque de Lyon , se rend Moine à saint Bénigne de Dijon, et y continue à cultiver l'une et l'autre Litéralure, la sacrée et la profane.

1020. Odon Ecolatre de Marmoutier commence à y enseigner ;

I* • • • • il î y

620 TABLE

l'Ecole de cette Abbaïe continue à être florissante tout le reste de ce siècle. Célèbre Concile à Airy au Diocèse d'Auxerre, pour rétablir la paix en Bourgogne. Gauzlin Archevêque de Bourges y assiste; m ais il n'en reste presque rien. La Cathédrale de Chartres est réduite en cendres; et TEvêque Fulbert entreprend aussi-tôt, avec le secours de Canut Roi de Danemark et d'Angleterre, et de Guillaume V, Comte de Poitiers, d'élever le bel édifice qui subsiste aujourd'hui. Le Roi Robert fait un voïage à Rome en la compagnie du Moine Enguerran , nouvellement sorti de l'Ecole de Chartres , et d'autres personnes de sçavoir, et met sur l'Autel de S. Pierre un Répons de sa façon en l'honneur de cet Apotre. Le moine Adcmar, Etudiant à Limoges, fait une notice des Abbés de S. Martial. Bernard, Maitre-Ecole d'Angers, entreprend un pèlerinage à Notre-Dame du Puy en.Velay, et en écrit la relation. Maurille, Archevêque de Rouen dans la suite, quille l'Ecole de Reims, et va à celle de Liège. Naissance de Foulcoïe, qui devint depuis le plus fécond et un des plus célèbres Poêles de son temps, et de Guillaume, dit de Poitiers, le plus poli de tous les Historiens de Guillaume le Conquérant.

Heimon , Evêque de Verdun , attire à son Ecole un nommé Ilermenfroi , qui sçavoil cinq Langues différentes. Le vingtième d'Avril, mort de S. Volbodon, Evêque de Liège, oui laisse de sa façon un Pseautier curieux, avec des effusions de cœur à la fin de chaque Pseaume. A<!elbolde , Evêque dT'trecht, aïanl dirigé un étal des devoirs des Vassaux de son Eglise, le fait confirmer dans un Synode en présence de ces mêmes Vassaux. Olbert, sans cesser d'être Abbé de Gemblou , le devient de S. Jaques en l'Isle près de Liège, et y rétablit la discipline régulière avec les Eluaes.

Fameux Concile à Orléans, contre un rejetton de Manichéens. Gauzlin , Archevêque de Bourges et Abbé de Fleuri , y assiste et y fait un grand personnage. Jean, Moine de Fleuri , écrit i Oliba, Evêque de Vie, sur ce qui s doit passé à ce Concile. Enguerran, surnommé le Philosophe, et l'un des grands Versificateurs de son temps, est élu Abbé de S. Riquier, et travaille à enrichir la Bibliothèque, cl à former aux Letres et à la verlu plusieurs Elèves de mérite. Odoranne , Moine de S. Pierre le Vif, se voïant haï et vexé par des faux-freres, publie des Ecrits pour sa justification, et se trou-

CHRONOLOGIQUE

ve obligé de se retirer à S. Denys prè* de Paris. Gérard , Evêque de Cambrai, se trouve à tin Concile tenu à Aix-la- Cliapelle. Berenger va de Tours étudier à l'Ecole de Chartres. Rainauld , Elève de cette Ecole , et l'un des plus servants Grammairiens de son temps, remplit l'office de Sousrnaitre à celle de Tours sous le Modérateur Adam.

Le onzième de Mars, mort d'Arnoul , Archevêque de Reims, de qui l'on a divers petits Ecrits, qui sont autant de pièces originales pour l'histoire de son Pontificat. L'Ecole de Paris , florissante dès le siècle précèdent, acquiert un nouveau relief. Lambert , disciple de Fulbert de Chartres , y enseigne publiquement , et amasse de grandes richesses dans cet emploi. Hildier, ou Hildegaire, quitte S. Hilaire de Poitiers, où il enseignoit , et retourne à Chartres, dont il devint ensuite Chanoine, puis Sousdoien. Adelbolde, Evéquc d'Utrecht , aiant fini l'Eglise de S. Martin , un des beaux édifices de ce temps-là , en fait la dédicace avec un pompeux et religieux appareil. Gérard, Evèque de Cambrai, est Député vers le Roi Robert , de la part de l'Empereur S. Henri , pour l'inviter an colloque d'Ivois , et y assiste lui-même. Diederic, Moine de Fleuri, se trouvant enseigner en Germanie, écrit l'Histoire de Filiation de S. Benoît , à la prière de Richard, Abbé d'Amerbaeh , à qui il la dédie. Mort de Hugues de ChAteaudun , Archevêque de Tours, dont il y a une Letreà Hubert, Evèque d'Angers, touchant l'excommunication.

Jourdain , est sacré en Mars, Evêque de Limoges, et peu après écrit au Pape Benoit VIII , une forte Letre contre l'Apostolat de S. Martial. Les Lombards offrent la Couronne d'Italie à Guillaume , Comte de Poitiers , nui la refuse par des motifs qui lui font plus d'honneur que le titre de Roi , et à quii cette affaire fait naître l'occasion d'écrire plusieurs Letres intéressantes pour l'Histoire. Germain , Elève de l'Ecole de S. Berlin , qui a enrichi l'office Ecclésiastique de quelques Antienes et Répons de sa composition , est élù Abbé de Berg-S-Vinok. S. Odilon , Abbé de Cluni , fait un Poème lugubre sur la mort de l'Empereur S. Henri , arrivée le quatorzième de Juillet, et publie son célèbre Statut pour la Commémoration des Trépassés. Adelmanne, déjà ordonné Sousdiacre, estrappellé de l'Ecole de Chartres à Liège , et y est chargé dans la suite de la direction de l'Ecole de cette Église. Le dixième de Septembre , mort de Constantin , Abbé de S. Symphorien à

Ân.dêJ.C.

TABLE

Metz , qui laisse de sa façon une Vie d'Àdalberon II , Evêque de la même Ville. Alpert, ou Albert, Moine de la même Abbaïe , écrit vers ce tems-là une Histoire de divers événements arrivés en son temps, dans laquelle il a inséré une Controverse contre les Juifs , et fait aussi un Traité des régies du Comput. On a une Chronique imparfaite de Nantes et du pais Nantois , qui contient une suite d'histoire jusqu'en cette année.

Au commencement de celle-ci , mort de Gauzbert II , Abbé de S. Julien de Tours , l'un des sçavants hommes de son siècle , à qui peuvent appartenir les Actes des SS. Martyrs Savin et Cyprien , qu'on donne indifféremment à son Prédécesseur. Odolric, qui avoit fait avec succès ses principales études à Fleuri , est établi Abbé de S. Martial de Limoges , et y entretient la culture des Letres. Isembert , l'un des doctes Moines de son temps , dirige l'Ecole de S. Ouen à Rouen , ,d'où il est tiré au bout de cinq ans , pour être Abbé du Mont Sainte-Catherine à la porte de la même Ville, où il forme une célèbre Académie. Maurille quitte l'Ecole de Liège, et aiant passé en Saxe , enseigne publiquement et avec honneur à Halberstat. Un Moine d'Anzi-le-Duc , homme de sçavoir et de jugement, écrit la Vie de S. Hugues, Moine de S. Savin en Poitou , puis Réformateur de S. Martin d'Autun , et enfin Prévôt d'Anzi-le-Duc. Un autre Moine de S. Michel de Tonnerre , publie vers le même-temps , ou peu après , une Vie de Thierri II , Evêque d'Orléans, mort dans ce Monastère en 1022 : ce qui n'empêche pas qu'un autre Auteur n'en écrive une autre dans la suite. Sur la fin de cette année Gérard , Evêque de Cambrai , assemble à Arras, dont il étoit aussi Evêque , un célèbre Synode, où après avoir instruit un rejetlon d'anciens Manichéens, il leur fait abjurer leurs erreurs. Naissance de S. Gerauld , depuis Fondateur et premier Abbé de la Sauve-Majour, Auteur de quelques Ecrits.

Gérard envoie les Actes de son Synode l'année suivante à Rai- Nauld , Evêque de Liège. Arnoul , sçavant .Moine de S. André d'Avignon, qui laissa plusieurs autres Ecrits de sa façon, finit sa Chronique à cette année. Gui Moine d'Arezzo, invente pour la facilité du plain-chant et de la Musique, les lignes, ou échelles , avec les clefs , auxquelles il applique les notes; méthode facile , qui passe à l'usage des François , avant la fin de ce siècle. Le Thrésorier de la Collégiale de Tiel fait la Relation

CHRONOLOGIQUE. 623

de quelques miracles de Sainte Valburge , et la dédie à Adelbolde son Evêque. Le Monastère de Fleuri aiant été réduit en cendres, l'Archevêque Gauzlin qui en étoit Abbé, entreprend de le rebâtir, et l'exécute dans l'espace de deux ans. Bernard Maître-Ecole d'Angers , écrit tout au plus tard cette année-ci son Recueil des miracles de Sainte Foi. Un Moine de Mici près d'Orléans , fait l'Histoire de l'Invention de S. Mesmin , et trois ans après , celle de la Translation de S. Euspice. Le neuvième de Septembre, Brunon, depuis Pape sous le nom de Léon IX , est ordonné Evêque de Toul , et prend aussi-tôt des mesures pour la reforme des Monastères de son Diocèse. Halinard , Archevêque de Lyon dans la suite , est élabli Prieur claustral de S. Bénigne de Dijon.

Raoul Glaber, alors Moine de cette Abbaïe, commence à travailler à son Histoire par ordre du B. Guillaume son Abbé. Widric , Abbé de S. Evre à Toul , travaille à la réforme des Monastères de ce Diocèse , dans lesquels il est soigneux de faire revivre l'amour des Letres avec l'esprit de S. Benoit. Le B. Richard, Abbé de S. Vanne, et S. Poppon de Stavelo, en font autant de leur côté en plusieurs autres Monastères. Celui de S. Vanne se distingue entre tous les autres en ces deux points. Naissance de Guillaume, dit d'abord le Bâtard à raison du vice de sa naissance , puis le Conquérant en conséquence de sa conquête de l'Angleterre , qui fut en son temps le Protecteur des Letres, et de ceux qui les cultivoient. Le „ vingt-septième de Novembre, mort d'Adelbolde, Evêque d'Utrecht , qui laisse plusieurs Ecrits de sa façon nommément la Vie de l'Empereur S. Henri , l'un des plus précieux monuments de Litérature qu'ait produit ce siècle, mais malheureusement imparfait. Aganon , Chanoine de Châtillon-sur- Seine, qu'on suppose avoir écrit dès la fin du siècle piécédent, ne publie tout au plùtôt qu'en cette année-ci son bel Ecrit sur S. Vorle.

Jean , surnommé Jeannellin à cause de la petitesse de sa taille , l'un des sçavants et illustres Abbés de ce siècle , le devient de Fécam * par les soins du B. Guillaume , qui l'étoit auparavant de ce même Monastère et de plusieurs autres qu'il avoit reformés. Hugues, autre homme de sçavoir, le devient de Laubes, où il soûtient avec succès les bonnes Etudes, qui y éloient déjà en vigueur. Le B. Richard de S. Vanne, écrit plusieurs Letres aux Rois , aux Princes , aux Evêques , pour

An iêJ.C.

TABLE

les engager à soulager les indigents pendant la famine de cette année. Simeon , Moine du Mont-Sinai , qui sçavoit l'Egiptien, le Siriaque, l'Arabe, le Grec et le Latin, vient en Normandie , d'où il passe et s'arrête quelque-temps à S. Vanne de Verdun. Concile à Limoges au mois d'Août, auquel se trouvent onze, tant Archevêques qu'Evô-jues, et dans lequel on discute l'Apostolat de S. Martial. Ademar de Chabanois v prononce quelques Sermons, et écrit au mois de Septembre suivant sa longue et fameuse Letre circulaire en faveur du même apostolat. Odoranne , habile Orfèvre , Moine de S. Pierre le Vif, est chargé de la part du Roi Robert et de la Reine Constance , de construire la belle châsse , vouée par cette Princesse à S. Savinien de Sens, et bien-tôt après écrit l'Histoire de la translation de ses Reliques dans la nouvelle châsse. Gonzon , Moine de Florence, ou Florine, dont il devint ensuite Abbé, fait une Relation des miracles de S. Gengoul , et l'adresse à toutes les Eglises du monde Chrétien. Huinbert, Moine de Moienmoutier, faisant de jour en jour de nouveaux progrès dans les Letres, s'acquiert quoiqu'encore jeune , la réputation d'un des sçavants hommes de son temps. On a une petite Chronique de Fleuri, qui se termine à cette année.

Thierri , célèbre Modérateur de plusieurs brillantes Ecoles dans la suite, dirige les petites Ecoles de l'Abbaïe de Laubes. Maurille quitte son emploi d'Ecolatre d'Halbcrstat , revient en France et se rend Moine à Fécam. Le dixième, ou onzième d'Avril, mort du docte Fulbert, Evêquetle Chartres, dont il reste plusieurs monuments de Liléralure. Sigon , l'un de ses plus illustres disciples, fait son Epitaphe , et lui succède dans la direction de son Ecole , ou peut-être Pierre Chancelier de la même Eglise. Engilbert , autre disciple de ce Prélat , va enseigner à Orléans ; et sous lui se forment aux Letres plusieurs Elèves de mérite , nommément Gerauld , qui passa dans la suite pour un grand Philosophe , un excellent Docteur, et la lumière du pais. Berenger, après la mort de Fulbert retourne dans sa patrie, et ne tarde pas à y enseigner publiquement. Le Roi Robert fait faire avec beaucoup d'appareil la dédicace de l'Eglise de S. Agnan d'Orléans. Gauzlin , Archevêque de lir-urgcs . et A!<bé de Fleuri y assiste , et meurt le .second de Septembre sur.anl. André, Moine de Fleuri , écrit peu de teins après sa Vie; et Veran qui lui suc-

An.dêJ.C.

CHRONOLOGIQUE. 625

céda dans la dignilé d'Abbé, signale la première année de son gouvernement par une copie du Recueil de Canons de Bouchard de Wormes, qu'il a soin de faire faire. Ademar de Chabanois finit à cette année sa célèbre Chronique.

L'Ecole de Vassor sous la direction de Rodulle, qui devient ensuite Abbé de la Maison, fait honneur aux Letres. On y cultive avec quelque succès pendant tout le reste de ce siècle les beaux Arts avec les sciences. La même chose se passe à l'Ecole de S. Tron. Léger Chanoine du Puy en Velay devient Archevêque de Vienne, et y forme une nombreuse Bibliothèque. Le dix-neuviéme de Juillet, mort d'Adalberon, surnommé Ascelin, Evêque de Laon, Auteur d'un Poëme sur ce qui se passoit à la Cour, et de quelques autres écrits. Thierri, ou Diederic, disciple d'Abbon de Fleuri, qu'on a vû enseigner en Germanie, et qui a laissé divers écrits de sa façon, ne paroit pas avoir vécu au-delà de cette année. Ademar de Cnabanois , Moine de S. Cibard d'Angoulême , avant que de partir pour le pèlerinage de Jérusalem, lègue ses Livres à l'Abbaïe de S. Martial de Limoges, où il avoit fait ses études, et meurt dans ce voïage. Bernard, Maître-Ecole d'Angers , dont il y a quelques écrits, et dont on prolonge la vie jusqu'en 1054, ne vécut pas au-delà de cette année ou de la suivante. Un Moine de Maroilles au Diocèse de Cambrai, écrit la Vie de S. Humbert, Abbé de ce Monastère au VII siècle. Gérard, Evêque diocésain, fait la Dédicace de sa Cathédrale qu'il avoit rebâtie, et entreprend de réédifier celle d'Arras réduite en cendres celte même année.

Le premier de Janvier, mort du B. Guillaume, Abbé de saint Bénigne de Dijon, et Reformateur de plus de quarante Monastères, de qui il reste quelques petits écrits. Le sçavant Halinard est élu Abbé de saint Bénigne. Le trente-unième du même mois, mort de Guillaume V, dit le Grand, Comte de Poitiers et Duc d'Aquitaine, Auteur de plusieurs Letres intéressantes. En Janvier ou Février, le Roi Robert donne l'Evêché de Langres à Hugues Clerc de Chartres, qui dans la suite écrivit le premier contre les erreurs de Berenger. Un autre Hugues, nomme d'esprit et de mérite, est ordonné Archevêque de Besançon, et travaille avec succès à y former une bonne Bibliothèque, et à y faire fleurir son Ecole, qui se soutient pendant tout ce siècle sur un pied avantageux. On fait aussi de bonnes études à Epternac au Duché de Luxembourg. Tome VIL Kkkk

4n.ii J.C.

TABLE

Thiofride, qui en fut ensuite Abbé, et qui a beaucoup écrit, commence à s'y former aux Letrea. Fondation du Collège de la Porte de fer, dit autrement de saint Maurice à Angers, suivant l'opinion de quelques Modernes. Le vingtième de Juillet, mort de Robert, l'un de nos Rois le plus letrés, dont il y a divers petits Ecrits de piété. Concile à Bourges le premier de Novembre, dans lequel on fait quelques règlements qui nous ont été conservés. Autre Concile à Limoges le dix-huiliéme et dix-neuvième du même mois. A celui-ci se trouve grand nombre de sçavants du païs et des Diocèses voisins, qui y étalent à l'envi leur érudition en faveur de l'apostolat de saint Martial. Jourdain, Evêque du lieu en fait 1 ouverture, et y soutient le principal personnage. Il en reste des Actes fort prolixes, qu'Odolric, Abbé de saint Martial, prend soin de recueillir. •

En Janvier , Oliba , Evéque de Vie et Abbé de Riupol , fait faire la Dédicace de l'Eglise de ce Monastère, et en écrit la Relation. La cérémonie est pompeuse et suivie d'un Concile. Lanfranc et Garnier son compagnon d'Etude, donnent une application particulière à celle des Loix, et expliquent publiquement a Pavie le Code Justinien. Lanfranc fait même un Recueil de sentences choisies du Droit, qui devient fort utile aux Juges et Jurisconsultes. Robert de Tombelaine, Ecrivain de quelque réputation dans la suite, se rend Moine au Mont- Saint-Michel au moins en cette année. Alestan et Odulfe brillent à Liège par leur sçavoir. Odoranne, Moine eje saint Pierre le Vif, finit ici sa Chronique.

Sanche le Grand, Roi de Castille, d'Arragon et de Navarre, introduit dans les Monastères de ses Etats l'institut de Cluni : à la faveur duquel et au moïen des Colonies qu'y envoïerent depuis les Abbaies de saint Victor de Marseille et de la Sauve- Majour on vit se renouveler toute la face de l'Eglise d'Espagne. Vippon, Historien de l'Empereur Conrad le Salique, et Panégyriste du Roi Henri le Noir son fils, passe au service du premier, et fait sur la rigueur de l'hiver de cette année un Poëme qui est perdu. Un Moine de l'Alibaie de Mouson finit à cette même année la Chronique de son Monastère, ouvrage intéressant pour l'Histoire.

Albert, un des illustres Abbés de ce siècle, commence à gouverner en celle qualité PAbbaïe de iMarmoulier, et en fait un Séminaire de science et de vertu. Anastase, noble Vénitien,

AnMJ.C.

CHRONOLOGIQUE

célèbre dans la suite par sa sainteté et son sçavoir, se vient rendre Moine au Mont-Saint-Michel. Le cinquième de Décembre mort d'Othelbold Abbé de saint Bavon à Gand, dont il y a un écrit qui concerne particulièrement l'Histoire de ce monastère.

Rodulfe d'Ecolatre de Vassor en devient Abbé, et se fait un devoir d'y maintenir les bonnes études. Poppon, Abbé de Stavelo, y attire de Laubes le célèbre Thierri , pour diriger l'Ecole de sa Maison, qui reçoit par-là un grand relief. Un Auteur anonyme entreprend d'écrire une nouvelle Vie de saint Gérard de Brogne mort en 959, laquelle fait perdre l'original qui paroit avoir mieux valu. Guillaume le Bâtard, n'aïant encore que huit fins, succède au Duché de Normandie. On lui donne pour Précepteur Turold, homme de grande naissance , de mérite et de sçavoir , à qui les factieux ôtent inhumainement la vie peu de temps après.

Rainer, Moine de saint Guilain , écrit une nouvelle Vie du Saint de ce nom, et la relation de ses miracles. En Octobre, Gervais du Château-du-Loir , est élu Evêque du Mans, et sacré le dix-huitiéme de Novembre suivant.

Un Ecrivain anonyme, qui semble avoir été Moine de saint Martial, finit ici une Chronique, à laquelle on a cru devoir donner le titre de Chronique de Limoges. Un autre Ecrivain encore sans nom, et du même Diocèse, fait la vie de saitit Léonard.

Syrus Moine de Cluni, qui avoit le talent de bien écrire pour son siècle, commence à travailler à la vie de saint Maïeul Abbé de ce Monastère, et la laisse imparfaite pendant quelques années. Mort de Raimbert , ou Rembert , à qui l'on attribue une histoire des Ducs de Lorraine. Concile à Girone, auquel se trouve Oliba Evêque de Vie.

Hugues Evéque de Lizieux, qui avoit beaucoup d'éloquence, et une noble passion pour les Livres, attire à sa Cathédrale les Clercs de sçavoir qu'il pouvoit, et donne par-là naissance à une espèce d'Académie, oui fut célèbre sous son successeur. Mort de Pierre Chancelier de l'Eglise de Chartres, Auteur de divers écrits. Sigon lui succède dans la direction de l'Ecole de celte Eglise, et à Sigon un nommé Jean au bout dé quelques années. Un Moine inconnu d'ailleurs, mais qui avoit le talent d'assez bien écrire, retouche la vie de saint Vinok. L'Ecole de Tours sous la direction du fameux Be-

Kkkkij'

An.dtJ.C.

TABLE

renger devient florissante de plus en plus ; et le mérite de ce Scolastique le fait élever à la dignité d'Archidiacre dans l'Eglise d'Angers.

Lanfranc, parfaitement instruit des Letres divines et humaines qu'il avoit étudiées en Lombardie sa patrie , vient en France avec une bande d'Etudiants de mente, et s'arrête à Avranche, où il enseigne quelque temps. La réputation de l'Ecole de Poitiers y attire des Etrangers de fort loin. Guillaume, depuis Archevêque de Lizieux, et le meilleur Historien de Guillaume le Conquérant , y va étudier, et en retient dans la suite le surnom, n'étant presque plus connu que sous le nom de Guillaume de Poitiers. L'Ecole du Mans est dirigée jusqu'ici par Ermenulfe, à qui succède Robert, que son grand sçavoir fait surnommer le Grammairien. On oublie une

loninie et mauvaise

Légende

de saint Lié Soli-

taire au Diocèse d'Orléans. Garsias , Moine de Cusan au Diocèse d'Elne, fait un ouvrage historique et moral, où Ton trouve plusieurs traits pour l'histoire de son Monastère, et •une exhortation à ses frères. Mort d'Odolric Abbé de saint Martial, à qui appartient le recueil des actes du Concile de Limoges tenu en 1031. Vippon publie l'histoire de l'Empereur Conrad le Salique. Rainauld Archidiacre d'Angers , dont il fut depuis Maltre-Ecole après le Scolastique Jean, Berenger autre Archidiacre de la même Eglise, ce qui montre contre l'opinion de quelques Modernes qu'il y avoit dèslors plusieurs Archidiaconés dans la Cathédrale d'Angers , et divers autres de nos gents de Letres se trouvent, avec le Comte d'Anjou et grand nombre d'autres Seigneurs, à la célèbre dédicace de l'Eglise de Vendôme. Paul Moine de saint Pére à Chartres, homme d'esprit et fort studieux, exerce au moins dès cette année l'office de Chancelier de son Monastère.

Gozechin , l'un des grands Philosophes Chrétiens , enseigne avec éclat à l'Ecole de Liège, peut-être après Alestran et Odulfe. Un Auteur anonyme écrit la vie de saint Grégoire Evêque de Nicople, mort dans l'Orleanois au commencement de ce siècle. Mort de Germain Abbé de Berg saint- Vinok, à qui l'on attribue quelques Séquences pour l'office divin. Vazon célèbre Modérateur de l'Ecole de Liège, après avoir rempli les dignités de Doïen, d'Archidiacre et de Prévôt de cette Eglise, en est élu Evêque, et sacré l'an-

An.<UJ.C.

CHRONOLOGIQUE. 629

née suivante , sans discontinuer de veiller sur son Ecole.

1042. Nicolas fils de Richard M Duc de Normandie est établi Ab-

bé de saint Ouen à Rouen , et prend soin d'y faire fleurir les Lelres pendant cinquante ans qu'il gouverne ce Monastère. Adelmanne Ecolatre de Liège publie ses Rythmes alphabétiques, dans lesquels il fait l'éloge de Fulbert son Maître, et des plus célèbres entre ses élevés et ceux de l'Ecole de Liège. Lanfranc quitte son Ecole d'Avranche , et se retire à î'Abbaïe du Dec nouvellement fondée par le B. Hellouin, où il se fixe, et embrasse la profession monastique. Foulcoïe sort de Beauvais sa patrie, et choisit pour sa demeure la ville de Meaux, où il est ordonné Souaiacre dans la suite, et se fait connoître par ses poésies. Naissance d'Odon , ou Otlon, depuis Pape sous le nom d'Urbain II.

1 043. Maurille avec la permission de son Abbé , passe de Fécam en

Italie , où après avoir vécu quelque temps en Solitaire , il est fait Abbé de sainte Marie à Florence. Frolland , dont il y a une letre à Berenger fort bien écrite, est ordonné Evêque de Senlis. Syrus Moine de Cluni à la sollicitation de l'Abbé Odilon , met la dernière main à la vie de saint Maïeul , et la dédie à son Abbé. Peu de temps après Aldebald rautre Moine du lieu , y fait des additions fort superflues ; et Raimbauld, un de ses Confrères y ajoute une préface en vers. Un Moine de Souvigni abrège ensuite cette même vie , et y joint une histoire des miracles de saint Maïeul. S. Odilon de son côté fait lui-même une vie du même Saint , qui est un panégyrique plutôt qu'une histoire. Bovon , homme de mérite et de sçavoir, d'Ecolatre de saint Berlin en devient Abbé.

1044. Ponce Evêqué de Marseille, de concert avec l'Abbé de saint

Victor, établit à saint Pierre d'Auriol une Communauté de Moines Grecs, qui peuvent donner du goul pour leur langue , et faciliter les moiens de l'apprendre. Translation des Reliuues de saint Anlide Evêque de Besançon et Martyr, qui tait naître l'occasion d'écrire peu après une Légende insoutenable de ce Saint. Vippon publie le panégyrique du Roi Henri le Noir, et quelques autres moindres poésies. Teulfe , ou Tendulfe , autre Poète , célèbre les louanges de l'Ecole et des Etudiants de I'Abbaïe des Fossés près de Paris. Oderic , homme de grand mérite , qui a laissé quelques écrits de sa façon , est établi Abbé de Vendôme.

1045. Lanfranc est fait Prieur du Bec , et y ouvre une Ecole, qui de-

AnM/.C.

TABLE

vient la plus célèbre Académie qu'on eut vu depuis plusieurs siècles. On y accourt de presque tous les pals éloignés, comme des diverses Provinces de France. Les Maîtres des autres Ecoles les plus fameuses se font un mérite de se rendre disciples de Lanfranc; et il se forme sous lui une multitude de grands hommes, qui ont fait honneur à l'Eglise , à l'Etat et à la Republique des Letres. Concile à saint Michel dans le Lampourdan, auquel assiste Oliba Evêque de Vie. Hermanne , l'un de nos Ecrivains , est ordonné Evêqne de Wilt ea Angleterre. Le neuvième de Décembre mort d Enguerran scavant Abbé de saint Riquier, dont il reste plusieurs écrits, sur-tout en vers. Gui l'un de ses disciples, alors Archidiacre , puis Evêque d'Amiens , fait son épitaphe. Un autre Ecrivain compose au bout de peu d'années sa vie , qu'on regarde comme perdue. Gervin sçavant dans les deux langues , la Greque et la Latine, et honoré comme Saint, succède à Enguerran , et soutient comme lui dans son Monastère la culture des Letres et l'amour des bons livres. Odoranne Moine de saint Pierre le vif, fort habile dans les beaux Arts , et dont on a quelques écrits, vivoit encore en cette année , âgé de soixante ans.

Fondation de l'Abbaïe de la Chaise-Dieu en Auvergne , qui devient pendant tout le reste de ce siècle et au-delà , une Ecole de science et de vertu. Vazon Evêque de Liège écrit à Henri Roi de France une belle letre , pour le détourner de faire la guerre à Henri le Noir Roi de Germanie. Halinard Abbé de saint Bénigne de Dijon est ordonné Archevêque de Lyon, et aceompagne ce dernier Prince à Rome, où il se fait admirer des Romains par son éloquence. Le quatorzième de Juin mort du B. Richard Abbé de saint Vanne , Reformateur de plus de vingt autres Monastères , Maître de plusieurs illustres disciples , et Auteur de divers écrits. EUenne l'un de ses élevés , est fait Abbé de saint Urbain en Parfois au Diocèse de Chàtons sur Marne , et travaille peu après sur l'histoire de saint Urbain I Pape. Saint Odilon Abbé de Cluni écrit cetti; année-ci au plutôt la vie de l'Impératrice sainte Adélaïde. Un Moine anonyme de Ruits au Diocèse de Vennes, qui avoit le talent de bien écrire, fait la vie de saint Gildas , Patron de son Monastère. Widric Abbé de S. Evre à Toul , compose la première partie de l'histoire de S. Girard Evêque diocésain , et la dédie à Brunon l'un de

CHRONOLOGIQUE

Suooesseure e4 depuis Pape. Gérard, ou Girard, qui le fut aussi dans la suite sous le nom de Nicolas II , aïantjpassé de France en Italie, ost élû Evêque de Florence en Toscane. Adel manne quitte l'Ecole de Liège , et se retire en Allemagne , comme en evii. Ainard , ou Einard , grand homme de Letres, et l'un des disciples du célèbre Isembert, est établi premier Abbé de saint Pierre sur Dive en Normandie , et y fait vivre l'esprit de piété et les bonnes études. Vautier , homme de vertu et de sçavoir, est aussi élevé à la dignité d'Abbé du saint Sépulcre à Cambrai. Thierri fameux par la part qu'il prit au Schisme dans la suite , est nommé à l'Evêché de Verdun , et reçoit l'ordination épiscopale l'année suivante. Naissance de saint Etienne de Thiers, Instituteur

^ de l'ordre de Grandmont dans la suite.

Francon , depuis Ecolatre de Liège , commence à se faire connoître par ses écrits. Sigon , qu'il ne faut pas confondre avec le chantre de l'Eglise de Chartres, de même nom et disciple de Fulbert , se rend Moine à Marmoutier, où trouvant établies de bonnes études , il y fait des progrès jusqu'à devenir habile dans le grec et dans l'hébreu. Mort d'Isemberl I Evêque de Poitiers , dont il y a deux letres écrites avec beaucoup de politesse. Thierri , qui avoit tous les talents pour enseigner avec fruit , est attiré de Stavelo à saint Vanne de Verdun , pour y diriger l'Ecole. A sa place Folcuin élève du scavant Olbert, devient Ecolatre de Stavelo. CHiba Evêque de Vie et Abbé de plusieurs Monastères , de qui il reste quelques petits écrits, préside au Synode de Tulwjes au Diocèse d'Elne, qu'il gouvernoil en l'absence de l'Evêque, et meurt peu de temps après. Raoul Glaber, célèbre Historien de ce siècle , ne finit son histoire qu'en cette année , quoique d'autres en rapportent l'époque à l'an 1044, et la dédie à saint Odilor» son Abbé. Halinard Archevêque de Lyon est postulé

rr succéder au Pape Clément II , et l'évite par humilité, sixième, ou seulement le treizième de Décembre, ordination d'Eusebe Brunon Evêque d'Angers, qui fit bien-tôt après quelque personnage dans la fameuse affaire de Berenger l'un de ses Archidiacres. On a deux petites Chroniques de France , qui poussent la suite de l'histoire jusques vers ce temps-ci.

Berenger, Arohidiacre d'Angers et Soolastique de Tours , commence à répandre se» erreurs. Les fâcheux bruits qui en cou-

TABLE

rent, pénétrent jusqu'en Allemagne, d'où Adelmanne l'un de ses condisciples à l'Ecole de Chartres , en écrit à Paulin Primicier de l'Eglise de Metz , leur commun ami , pour en sçavoir la vérité. Drogon Parisien , grand homme de mérite et de sçavoir, enseigne publiquement à Paris : puis dégoûté de cet emploi, y renonce pour se donner tout enuer à l'étude de la Théologie. L'Ecole de Paris acquiert un nouveau degré de réputation. L'on y voit venir plusieurs étrangers tant d'Italie que de Germanie. Entre ceux-ci saint Stanislas, depuis Evêque de Gracovie , y étudie pendant sept ans , au bout desquels il retourne en Pologne , et emporte avec lui une bibliothèque considérable. Il est suivi à la même Ecole, de saint Adalberon Evêque de Virtzbourg dans la suite , de saint Altmanne qui le fut de Passaw , et de saint Gebehard qui devint Archevêque de Saltzbourg. Herimar est fait Abbé de saint Rémi de Reims, et s'applique à y entretenir la bonne discipline et l'étude des Letres. Le vingt - unième d'Avril mort de Drogon , ou Drocon , Evêque de Beauvais , Prélat de grand mérite , dont il reste une letre dogmatique. On peut rapporter à la même année, quoique d'autres la placent dès 1040 , la mort de Leduin , ou Lietduin , premier Abbé de Marchiennes , qui laisse de sa façon un petit recueil de règlements tant généraux que particuliers. Un Moine anonyme de Stavelo écrit l'histoire de la dédicace de l'Eglise de son Monastère , et de la découverte du corps de saint Remacle son fondateur. Un autre Moine aussi sans nom, de l'Abbaie de saint Berlin , fait en abrégé l'histoire de Canut le Grand , Roi de Dannemark et d'Angleterre, et celle d'Harald son fils et successeur : ouvrage mal intitulé , Eloge de la Reine Emme. Il faut rapporter à cette même année au plutôt la Chronique de l'Abbaie de saint Mihel , qui contient un abrégé de l'histoire de ce Monastère , et plusieurs traits pour celle de Lorraine. Bernon , Abbé de Richenow , et l'un de nos célèbres Ecrivains de ce siècle , fait faire le' vingt-quatrième d'Avril la Dédicace de son Eglise , qu'il avoit rebâtie , et meurt le septième de Juin suivant. Le huitième de Juillet mort du pieux et docte Vazon Evêque de Liège, dont il y a quelques écrits , courts à la vérité, mais fort intéressants. Theoduin , ou Deoduin , l'un des premiers Ecrivains qui prirent la plume contre Berenger, est élû Evêque à la place de Vazon , et ordonné avant la fin de Juillet. Le

quatorzième

AnMJC.

CHRONOLOGIQUE

quatorzième du même mois, mort du vénérable Olbcrt, Abbé de Gemblou et de saint Jacques à Liège, un des célèbres Docteurs de son temps , qui a eu la meilleure part au fameux Décret de Bouchard de Wormes. Raoul Glaber, Historien du B. Guillaume de Dijon, et Auteur d'une Histoire de son temps, parott avoir vécu au moins jusqu'en cette année. Helgaud Moine de Fleuri, Panégyriste plutôt au'Historien du Roi Robert, n'a pas passé le vingt-neuvième o'Âoût de la même année, ou d'une des plus proches suivantes. Alexandre Chanoine de la Cathédrale de Liège entreprend de continuer l'histoire des Evêques de celte Eglise. Foulques homme d'esprit et de mérite, dont il reste un petit écrit, est élû Abbé de Corbie, qu'il gouverna long-temps. Saint Poppon Abbé de Stavelo et Reformateur de plusieurs autres Monastères, meurt, et Everhelme son neveu Abbé d'Hautmont, engage Onulfe Moine de Stavelo à écrire sa vie : ce que celui-ci entreprend aussi-tôt, et ensuite l'abandonne. Brunon Evêque de Toul est unanimement élû Pape sur la fin de celte année.

Le premier de Janvier mort de saint Odilon Abbé de Cluni, Réformateur de tant d'autres Monastères , et Auteur de plusieurs écrits. Jotsauld , Moine de la Maison , qui écrivit depuis sa vie, fait un poème lugubre sur sa mort; cl l'illustre saint Hugues succède à saint Odilon dans la dignité d'Abbé. Il continue comme lui à réformer divers Monastères de France et des païs étrangers, et à faire de Cluni un asyle de science et de vertu. Le douzième de Février Brunon Evêaue de Toul, élû Pape à la fin de l'année précédente, est inthronisé dans le S. Siège, et prend le nom de Léon IX. Au mois d'Avril suivant, il tient à Rome un Cloncile, auquel il appelle plusieurs Evêques François. Halinard Archevêque de Lyon , qui accompagnoit toujours le nouveau Pape, y assiste entr autres. Hermanne Evêque de Wilt, qu'Edouard Roi d'Angleterre avoit envoie à Rome , se trouve aussi à ce Concile t et y fait un grand personnage. Paulin Primicier de l'Eglise de Metz écrit à Berenger sur son changement de doctrine, et en reçoit un écrit qui confirme le bruit répandu touchant ses erreurs. Hugues Évêaue de Lançres aïant eu avec le même Berenger une conférence sur 'Eucharistie, et reconnu par-là qu'il étoit réellement dans 'erreur touchant ce mystère , lui écrit pour la réfuter. Cat-

Tom. VII. LUI

An.itJ.C.

TABLE

walon Abbé de Redon en Bretagne, dont on a quelques letres, a vécu au moins jusqu'en celle année-ci. Vers le même temps, un nommé Hubert publie la vie de sainte Gudule , ou Uudile , honorée à Bruxelles. Celle de sainte Pezaine honorée en Poitou, passe pour être du même temps; quoiqu'il y ait des preuves pour la renyoïer jusqu'en 1098. Le Pape Léon, après avoir tenu un Concile à P&vie, vient en France, et se trouvant à Reims, y lait les premiers jours d'Octobre la Dédicace de l'Eglise de saint Remi, puis la translation du corps de ce saint Patron du Monastère , et y tient un célèbre Concile, auquel se trouvent entr 'autres Halinard Archevêque de Lyon , Hugues de Besançon , Hugues Evêque de Nevers, Eusebe Brunon d'Angers, Hugues de Langres. Celui-ci ayant été excommunié, prit le parti de suivre à Rome nuds pieds le Pontife Romain , afin qu'après avoir ainsi donné des marques de pénitence, il pût obtenir l'absolution, ce qui arriva. Lan franc Prieur du Bec, qui avoit aussi assisté au Concile, fait le voïage de Rome à la suite du Pape. Léon à son retour passant par la Lorraine et à Liège, emmené avec lui Frideric Archidiacre de cette Eglise , fils d'un Duc de Lorraine, et le sçavant Moine Humbert, qu'il crée Cardinaux l'un et l'autre au bout de deux ans. A Maïence sur son passage il tient un autre Concile , dont on sçait peu de chose, fîerenger écrit à Lanfranc, qu'il croïoit au Bec , sa fameuse letre , qui ne lui fut rendue que l'année suivante à Rome.

Adelmanne écrit à Berenger l'excellente letre qui nous reste de lui, mais seulement en partie, et aîant passe d'Allemagne en Italie , est élû Evêque de Bresse. Berenger y fait une ré-

Srtise qui ne respire qu'arrogance et présomlion. Gozechin oderateur de l'Ecole de Liège , quille cet emploi par l'amour de la retraite ; et Valcher l'un de ses disciples prend sa place. De saint Vanne l'Ecolatre Thierri passe à Mouson au Diocèse de Reims, et y enseigne avec le même succès qu'en tant d'autres Abbaïes. Thierri de Ma ton vil le , élève puis Ecolatre de Jumiége, en est tiré, et fait Abbé de saint Evroul , où il mené avec lui plusieurs habiles Copistes, qui après avoir exercé leur art à Jumiége, continuent de l'exercer à saint Evroul, et y forment grand nombre d'élèves à bien écrire. On y copie dans le cours de ce siècle tous les Livres de l'Ecriture, presque tous les ouvrages des

AnMej.c. CHRONOLOGIQUE. 635

Pères de l'Eglise , et la plupart de ceux des Auteurs profanes. De saint Evroul ce bel art se communique par des colonies de Moines à divers autres Monastères, nommément à saint Pierre sur Dive et à saint Martin de Séez. Le Pape Léon de retour à Rome, y célèbre après Pâque un nombreux Concile. Lanfranc y assiste, et s'y justifie des soupçons que la lctre de Berenger, qui y fut lûe , a voit fait naître contre sa foi. L'hérésie de Berenger y est condamnée, et lui excommunié, et cité au Concile qu'on indique à Verceil pour l'automne suivante. Hugues Evêque de Langres se présente au même Concile de Rome, avec les marques les plus humiliantes d'un pénitent vraiment contrit, et y est absous. Hugues de Nevers, aussi mauvais que fécond versificateur, s'y trouve aussi, et revient aussi-tôt en France, où il meurt le douzième de Mai de cette année-ci , ou de la suivante. Humbert assiste au même Concile en qualité d'Archevêque de toute la Sicile , dignité dont il avoit été revêtu aussi-tôt après son arrivée à Rome. Halinard de Lyon fut aussi un des Prélats François, qui composèrent l'assemblée. Foulques Abbé de Corbie, et Gérard Moine de la même Abbaïe, Fondateur de la Sauve-Majour dans la suite , et l'un des Historiens de saint Adalard, étant allé chercher le Pape en Italie, y sont ordonnés Prêtres l'un et l'autre. Berenger passe en Normandie, pour tâcher de s'y faire des partisans et y est reconnu pour ce qu'il étoit. Le Duc Guillaume fait tenir à Briône une fameuse conférence , à laquelle il se trouve luimême, avec tout ce qu'il y avoit alors de gents sçavanls dans ses Etats. Berenger y est réduit au silence , et forcé à reconnoltre la vérité. De-là il va à Chartres, d'où il écrit à Ascelin Moine du Bec , qui avoit été de la conférence , et qui lui fit sur la fin de l'année la belle réponse que nous avons encore. Après sa sortie de Chartres, Berenger écrit aux Clercs de cette Eglise une autre letre toute pleine de blasphèmes et d'erreurs. Theoduin Evêque de Liège , écrit de son côté sa belle letre à Henri I Roi de France , touchant Berenger et le Concile indiqué contre lui à Paris. Le vingtième a Août mort de Warin Abbé de saint Arnoul de Metz, dont il y a une belle et longue letre , intéressante sur-tout pour ce qui regarde l'excommunication. Guillaume surnommé Walon, autre homme de Letres , lui succède dans sa dignité. Aginulfe , seavant Moine de Mont-Majour près d'Arles , qui laissa

LUI ij

MJ.C

de sa façon plusieurs écrits qu'on a perdus, semble avoir vécu jusqu'ici. Gualdon Moine de Corbie met en vers la vie de saint Anscaire premier Archevêque de Hambourg et de Brème , écrite par saint Rembert son successeur. La mauvaise Légende de saint Grats Evêque de Chàlons sur Saône, et l'histoire de la translation du cnef de saint Agapit Martyr à Besançon , peuvent appartenir à cette année. Un Ecrivain anonyme retouche l'ancienne vie de saint Vinok. Brunon, homme de mérite et de sçavoir, est élû Abbé de Montieren-Der. En Septembre le Pape Léon tient le Concile indiqué à Yerceil. Lanfranc que ce Pontife y avoit amené, y expose de nouveau sa foi, qui y est unanimement confirmée. Deux Clercs envoïés de la part de Berenger, y aïant été entendus, la doctrine de leur Maître y est condamnée de nouveau , et le livre de Jean Scot brûlé. Le seizième d'Octobre autre Concile à Paris , dans lequel est lû avec une indignation générale un écrit de Berenger, intercepté par l'Evêque d'Orléans. Ses erreurs y sont encore condamnées, et lui puni de la privation du revenu de son bénéfice : ce qui lui donne occasion d'écrire sa letre à un Abbé nommé Richard, et une autre au Trésorier de saint Martin de Tours. On élève sur la Saône le beau pont qu'on y voit encore, et dont Halinard Archevêque de Lyon fut l'Architecte et l'ordonnateur en partie.

Les écrits d'Aristote, aïant pénétré de Grèce en Espagne, passent en France et commencent à y faire des partisans de ce fameux Philosophe. Le quatorzième de Mars mort de Gérard Evêque de Cambrai et d'Arras , dont il nous reste plusieurs 1 êtres, et un écrit intéressant de Controverse. Le seizième du même mois Hugues Evêque de Langres, le premier Ecrivain qui prit la plume contre les erreurs de Berenger, meurt en revenant de Rome en France. Robert d'Abbé de Jumiége devenu Evêque de Londres, envoie à son ancien Monastère un beau Missel de l'Eglise Anglicane, enrichi de miniatures, letres initiales et vignettes, qui pouvoit servir de modèle pour orner de la sorte d'autres manuscrits. Le Pape Léon, après avoir tenu à Rome son Concile ordinaire , revient en France , et va faire l'élévation du corps de saint Gérard Evêque de Toul. Widric Abbé de saint Evre dans la même Ville , en prend occasion de travailler à la seconde partie de l'histoire de ce saint. Le même Pontife crée

An.dtJ.C.

CHRONOLOGIQUE

Cardinal Evêque de Blanche-Selve , Humbert, déjà Archevêque de toute la Sicile. 11 crée aussi Cardinal Diacre Frideric Archidiacre de Liège, et le fart Bibliothécaire et Chancelier de la S. E. R. Francon de Liège, aidé de Falchaiin Ecolatre de saint Laurent dans la même Ville, compose un traité de la quadrature du cercle, qu'il dédie à Herimanne Archevêque de Cologne. Un Auteur sans nom fait une relation des miracles opérés à Hautvilliers par l'intercession des Saints qu'on honoroit dans cette Abbaïe. Hubert, qui passoit alors pour le modèle des Maîtres, enseigne avec éclat à Meun sur Loire, et y donne les premières teintures des Letres à Baudri, un des fameux Poètes de ce siècle, successivement Abbé de Bourgueil et Evêque de Dol dans la suite. Le Pape Léon repasse les Alpes, et fait divers voïages, dans lesquels il est toujours accompagné d'Haï inard Archevêque de Lyon, qui meurt à Rome le vingt-neuvième de Juillet. Foulcoïe Sousdiacre de Neaux, commence à se faire de la réputation par ses Poésies. Ulric, l'un de nos bons Ecrivains de ce siècle, quitte la Bavière sa patrie, et va se rendre Moine à Cluni. Mort de Jourdain Evêque de Limoges, dont il y a quelques petits écrits. Un Moine anonyme de saint Bénigne de Dijon, à qui quelques-uns donnent le nom de Jean en le confondant avec le Chroniqueur de l'Abbaïe de Beze, finit ici la Chronique de son Monastère, ouvrage intéressant et bien écrit pour ce siècle. Un autre Moine encore anonyme d'Kbermonster en Alsace, finit aussi à cette même année la Chronique de sa Maison. Thetbauld, ou Thibauld, Chanoine de la Cathédrale de Rouen, traduit en langue vulgaire plusieurs vies de Sainls , et en tire la matière pour des Cantiques spirituels en la même langue. Bovon Abbé de saint Bertin, fait faire avec un pompeux et religieux appareil l'élévation du corps du saint Patron de son Monastère : après quoi il en écrit l'histoire, et fait une dissertation sur le temps auquel il avoit été caché. Gui Archevêque de Reims, et Drogon Evêque de Térouane, qui font cette cérémonie, écrivent de leur côté quelques letres à ce sujet.

Willeram, après avoir pris des leçons de Lanfranc à l'Ecole du Bec, passe à Paris, et y aïant enseigné quelque temps, va à Bamoerg exercer le même emploi. Un Auteur anonyme écrit la vie de saint Marcien premier Abbé de saint Eusebe

An.dtJ.C.

TABLE

au Diocèse d'Apt, de laquelle il ne reste qu'un abrégé. Mengor , Moine peut-être de Fleuri , publie uo grand ouvrage sur les propriétés des choses. Wibert, qui avoit été Archidiacre de 1 Eglise de Toul, lorsque le Pape Léon en étoit Evêque, entreprend d'écrire l'histoire de ce Pontife dès son vivant. Jotsautd, Moine de Cluni, l'un de nos Ecrivains le plus polis de ce siècle, écrit celle de saint Odilon son Abbé, et un traité qui n'existe plus contre les erreurs de Berenger. Un Moine de saint Vanarille, homme d'esprit, de piété et de sçavoir, commence à travailler à l'histoire de l'invention du corps de saint Vulfram et de ses miracles. Le Pape Léon, après la tenue de son Concile ordinaire à Rome, va combattre les Normands, qui le font prisonnier, et le mènent à Benevent le vingt-troisième de Juin. Il profile de ce repos pour répondre aux reproches des Grecs schismatiques , et aux letres de l'Empereur Constantin Monomaque. Le Cardinal Humbert se trouvant à Trani, l'Evêque lui communique la letre de Michel Cerularius et de Léon d'Acride écrite en Grec , qu'Humbert traduit en Latin , et la porte au Pape qui la réfute. Ce Pontife envoie des Légats à Constantinople , qui sont les Cardinaux Humbert et Frideric avec l'Archevêque d'Amalii. Hermanne Evêque de Wilt quitte son Evêché , passe la mer, et va se rendre Moine à saint Bertin.

Manegold de Lutembach , célèbre Docteur de ce temps-là , devient une source de lumière et de doctrine pour la h rance par le soin qu'il prend d'y enseigner en divers endroits. Le Pape Léon , étant tombé malade à Benevent , obtient des Princes Normans de retourner à Rome, où il meurt le dixneuviéme d'Avril. Durant le séjour que ses Légats font à Constantinople, Humbert travaille à repousser par ses écrits les reproches des Grecs contre les Latins, et réussit à convertir le fameux Moine Nicétas Pectorat. Ils en partent le dix-huitiéme de Juillet, et se rendent à Rome, d'où le Cardinal Frideric, l'un d'entre eux, se retire au Mont-Cassin, et y embrasse la profession monastique. Le vingt-cinquième d'Août il se tient à Narbonne un Concile, dont on a les actes, au moins en partie. Lambert est tiré de l'Abbaïe de saint Laurent de Liège pour enseigner à celle de Tuy nouvellement établie, et y compose la vie de saint Heribert Archevêque de Cologne. Widric, ou Guidric, l'un des Historiens

a,.**j.c. CHRONOLOGIQUE. 639

de sainte Aldegonde, est établi Abbé de saint Guilain, et écrit peu après une belle letre à l'Empereur Henri le Noir. Jeannellin Abbé de Fécam , fait un voïage en Anglelerre, où le Roi Edouard le comble d'honneurs et de présents. Les erreurs de Berenger sont condamnées de nouveau dans un Concile tenu à Florence. On en assemble un autre à Tours, dans lequel Berenger les anathématise lui-même en personne.

1055. Urson, homme d'esprit, de mérite et de sçavoir, est élû Abbé

d'Hautmont au Diocèse de Cambrai -, Sigon le devient de saint Florent de Saumur, et y fait un merveilleux usage des connoissances literaires qu'il avoit acquises à Marmoutier. Il y assemble une nombreuse bibliothèque , et y forme aux sciences et à la vertu plusieurs élèves de mérite. Le B. Thierri, célèbre Ecolatre de divers Monastères, est élevé à la dignité d'Abbé de saint Hubert en Ardenne, à qui il rend en peu de temps sa première splendeur. Il y fait revivre les Letres et les beaux Arls, et prend un soin parliculier d'y faire multiplier les bons livres, en y employant d'habiles Copistes. On y ouvre, comme dans presque tous les autres Monastères, deux Ecoles, l'une pour les Moines de la Maison, l'autre pour les externes. Maurille de retour d'Italie à Fécam, est élû Archevêque de Rouen, et commence les fonctions de sa dignité par la convocation d'un Concile contre l'incontinence des Clercs. Gervais du Château du Loir passe de l'Evêché du Mans à l'Archevêché de Reims, dont il prend possession le quinzième d'Octobre , et travaille avec succès à faire fleurir les bonnes études dans son Eglise. Herimanne , l'un des célèbres Théolog iens de son temps, y enseigne avec réputation, et continue a en faire un grand ornement pendant presque tout le reste de ce siècle.

1056. Hermanne Evêque de Wilt quitte saint Berlin , où il s'étoil

rendu Moine, repasse la mer, et reprend le gouvernement de son Eglise. Anselme, sçavant Chanoine de la Cathédrale de Liège, publie une nouvelle histoire des Evêques de cette Eglise, dans laquelle il fait entrer en partie ce qu'Alexandre son Confrère et contemporain en avoit déjà écrit. Un autre Anselme, Moine de saint Remi de Reims, homme d'esprit et de piété., qui écrivoit bien pour son temps, fait la rélation du voïage du Pape Léon IX, en France, à laquelle il joint celles de la dédicace de l'Eglise, de la translation du corps de saint Remi, et du grand Concile qui suivit ces cé-

An.dtJ.C.

Page 1