XXV. (Juelque perte que lit ce Monastère à la mort
d'OIbcrt en 1018, la Literature el la discipline ne parurent i;.-wb.rhr. |..sm. poinl en souffrir. Guirie, ou Guerin selon d'autres, proche ty'n'.'î'y *°* ' parent el disciple du pieux el sçavant Abbé, y soutint dignement l'une et l'autre. II y remplit longtemps la dignité de Prieur , el ne cessa poinl de travailler à former lui-même d'excellents disciples , ce qui lui a fait donner le titre de Docteur de Gembiou. Sigebert, son contemporain, dont il y a tant de divers écrits , fit un aulre grand ornement de ce monastère, où il fut instruit dans les Letres. ' On avoit généralement tiewi . <ï„. ,,..v» une si haute idée du sçavoir des Elevés de Gembiou, que plusieurs autres maisons en attirèrent chés elles pour profiler de leur doctrine , cl les honoroienl comme des seconds Abbés. ' C'est ainsi que S. Vincent de Metz attira Sigebert, qui y p. vu, :.tlil un grand personage , comme on le verra plus amplement dans la suite. Mais après y avoir enseigné plusieurs années avec éclat, il retourna à Gembiou continuer la même profession. ' Anselme, autre Elevé de ce monastère, dont il fut depuis Ab- p. v.s bé, et dont il a écrit l'histoire, alla faire successivement la même chose aux abbaïes de Ilautvilliers et de Lagni. Les disciples qu'il y eut, profitèrent avantageusement de ses leçons, el répandirent ailleurs au siècle suivant la doctrine qu'il leur avoit enseignée. D'autres monastères hors de France tirèrent encore le même secours de l'Ecole de Gembiou, qui devint par-là une source féconde de science et de vertu pour divers nais.
XXVI. Celle de Laubes, qu'Olbert avoit déjà illustrée, aprèsy avoir reçu sa première éducation, ne paroit pasavoir rien perdu de son lustre du vivant de l'Abbé Henger, mort en 1007.
On sçait avec quel succès ce sçavant Abbé cultiva les Lelres. Mab. an. i. m. n. ' En 1020 le monastère étant tombé entre les mains du B. Riw).flaen.8.p.5«. c),arj g Vanne , Réformateur de tant d'autres, les bonnes an. i s», n. 39. i Eludes y furent maintenues. Elles y eurent un autre appui ' en spie.i e. p. ri». ia persoime de Hugues, qui en devint Abbé en 1028. C'étoit un homme également recommandait: pour son seavoir et pour sa grande pieté, et qui avoil été le compagnon d'Eludé de l'Abbé Heriger. De son temps s'éleva à Laubes une brillante lumière, qui éclaira bien-tôt tout le diocèse , et dont les raïons Mab.an.ih. i aci.i. percèrent encore plus loi». ' Ce fut le B. Thierri , que ses pa- 9. p. rau n. «. 9. ren|s y fjrent élever dès sa jeunesse , après qu'il eut appris les premiers éléments des Lelres , et reçu la première teinture de la religion par les soins d'Ansoalde sa sœur, Religieuse de Maubeuge. 11 fit en peu de temps de si grands progrès dans la vertu et tous les Arts libéraux , que malgré sa jeunesse l'Abbé Richard lui confia la direction des petites Ecoles. Thierri s'acquitta dignement de cet emploi : l'on voioit avec plaisir les enfants qu'il insiruisoit, s'avancer d'un pas égal dans la connoissanec des bonnes Lelres, et l'amour de la véritable sagesse, act ib. p. 365.S66. ' Sa réputation allant toûjours croissant, le vénérable Poppon n^K. i an. i.vi. n. ^Dhé ^ç vjtavelo , autre Reformateur de monastères, l'allira dans sa maison, et l'en établit Ecolatre. Thierri réussit à y former, comme à Laubes, grand nombre de disciples, qui se distinguèrent par leurs mœurs et leur seavoir. Trois excellentes qualités, qui ne se trouvent pas toujours réunies en un Scolastique , rehaussoient le mérite de celui de Stayelo, et favorisoient le double progrès de ses Elevés : une conduite exemplaire et uniforme , un fonojs d'érudition assés riche pour être toûjours prêt à répondre à toutes sortes de questions, et une grâce singulière à s'énoncer.
XXYTL L'état brillant de cette Ecole fit naître à plusieurs autres Abbés, le désir d'attirer près d'eux celui qui la dirigeoit. «n. ib. p r*7. n. 'La pieuse émulation qu'ils curent à ce sujet, les jetta dans une ini1 côii! i.1 41p1. espèce de dispute. \\ alleramne Abbé de S. Vanne réussit à l'a- 9S3. 9»4. vojr avanl jes autrcs ^ et après lui Bodulfe de Mouson. Thierri
après avoir enseigné quelque temps dans ces deux monastères , retourna à Laubes. Ce fut apparamment à sa sortie de Slavelo, >mb. chr. p. 533. ' que l'illustre Abbé Poppon y appella Folcuin , pour le mettre
l,an. C9... à |a le,c dy S{;s |,:co|os Fo,cmn) quj fu( jepuis Abbe d(. g yin.
cent de Metz , éloit très-propre à remplir avantageusement cette place ; aiant été élevé de la main du docte Olbert son pa-
la France , tanl par son érudition que par la sainteté de sa vie : p qui cum erudit tune script urarum , tutti sanctitate morum llalliam botio respersit odorr. ' A peine Tliierri eut-il joui d'un peu Mai., a. t. u>. p.5ch. de repos à Laubes, qu'il fut destiné à aller enseigner h Fulde, où ;3;9n" ^'^J a"5 ]• l'Empereur Henri le Noir demandoil un Eeolatrc de mérite. Marl- ib- p- Mais son élection pour remplir la dignité d'Abbé de S. Hubert en Ardenne, lit avorter ce projet. Ce monastère alors réduit en un triste état , pour le spirituel et le temporel, a voit besoin d'un Pasteur aussi habile el aussi laborieux. Tliierri ne négligea rien pour y remédier ; et il eut la consolation en un peu moins de 32 ans qu'il le gouverna, deouis 10"»5 jusqu'en 1086, d'y voir toutes choses rétablies, les Eludes comme le reste. Les suites qu'eurent ses travaux à ce sujet, sont trop intéressantes et regardent trop notre dessein , pour ne pas entrer dans quelque; détail.
XXVIII. D'abord on y peut remarquer ' l'établissement M»n. ii>. P. 9n. d'une double Ecole , comme dans presque tous les autres mo- "i'
tête de la première étoil le Moine Baudouin, et Slepclin à la tête de l'autre. On y travailloil avec autant de succès que de zélé à copier les anciens livres. Entre ceux qui réussissoient le mieux dans ce travail , on nous fait connoilre Gislebert , qui devint dans la suite Doïen de la maison , Esticnne , Kerrii et Hodulfe. 11 y faut joindre le Moine Foulques, qui avoit un talent particulier pour bien peindre les lelres capitales, qtiiétoient des espèces de vignettes. ' Helinaud Evèque de Laon, et Jof- p. *a. frov de Paris étant allés à S. Hubert, et y aïant vu une Bible qui sortoit des mains de ces habiles Copistes, n'en nouvoienl assés admirer la beauté. L'on en fit présent au premier de ces Prélats, qui la porta à son Eglise. ' Robert étoit chargé du soin p.w* de la Bibliothèque. Ceux qui se distinguèrent davantage dans les sciences, ' furent Gui, qui exerça l'emploi de Scolastique, Ilel- p. m», bert, natif de Liège, qui excelloil dans la connoissanee de l'Arithmétique et delà Musique, in abaco et Musica tnumphnntem, ' et Lambert l'ancien, qui aïant fait le voïage d'Italie en la com- p pagnie de la Marquise Beatrix, étudia la Philosophie sous Dragon de Parme. Non seulement on cultivoit les Lctres avec quelque succès à S. Hubert; on y donnoil aussi une application particulière aux beaux Arts. '11 y avoit des orgues, ce qui étoit en- p »**
nasleres, l'une pour les Moines , 1'
P. 94%. core rare, et des personnes instruites pour les toucher. ' Foul-
ques, qui sçavoit peindre en miniature, avoit aussi du talent pour la sculpture et la cizelure. Herbert quimourut jeune et qui fut fort regretté, passoit pour un assés bon peintre. Adalberon et Lambert le jeune, l'un etl'aulre bons Ecrivains, firent aussi honneurà p. ono n,Mî. OTO. l'Ecole de S. Hubert. ' Le premier en fut tiré pour être Abbé de la.t m- $ Yincentde Laon ; et l'autre après y avoir fait les fonctions de
Scolastique , alla exercer successivement le même emploi à S. Vincent sous Adalberon, et à S. Remi de Reims. Un trait remarquable de l'éloge de Lambert, c'est qu'il possedoit assés bien l'histoire ancienne. S. Hubert, comme Gemblou etStavelo, étoitdu diocèse de Liège , ce qui montre que ce diocèse fut une autre m«i» an. i. :m n. source de doctrine en ce siecie. ' Laubes quoique du diocèse de *- Cambrai , était soumis aux Evêques de Liège , et en dépendoit
pour le spirituel, animabus.
hu ut ,\c hïi. XXIX. ' On a vû dans l'histoire du siecie précèdent , que '■ 11 p 28 • 29 l'Eglise de Toul fut aussi une source de science et de lumière.
L'Ecole épiscopale continua dans la suite d'y être florissante, tant par le mérite dès Maîtres, que le concours cl la qualité des Mai., afi. i. fi. p. Etudiants. 'L'Evêque Berlold, qui la dirigeoit lui-même au ru. v. n 2. .î. commencement du XI siecie, avoit beaucoup de talent pour l'éducation de la jeunesse , et se plaisoit à la former pour l'état ecclésiastique. Il eut entre ses Elevés plusieurs jeunes Seigneurs de la première naissance. Le plus illustre fut Rrunon , depuis Evêque de Toul , et ensuite Pape sous le nom de Léon IX , qui lui fut confié n'aïant encore que cinq ans, et par conséquent dès 1007. Entre les autres on connolt particulièrement deux des proches parents de Brunon , nommés Adalberon , et fils de deux Ducs de Loraine : l'un desquels aïant été dans la suite du temps désigné Evêque de Metz, et son élection n'aïant pas eu lieu, l'autre lui succéda, et remplit dignement ce Siège. Celuici étant plus avancé en âge et dans les Letres que Brunon, fut établi comme son Préfet d'Etudes, sous l'autorité du premier Maitre. Apparemment la même chose se pratiquoit dans les autres Ecoles en pareils cas ; les Etudiants plus avancés étant préi». m. n *. posés pour aider les autres. ' Outre la Grammaire, la Rhétorique, la Dialectique et les autres sciences ordinaires, on donnoit aussi à l'Ecole de Toul des leçons de Jurisprudence. C'est le premier vestige que nous aions trouvé de cette Etude dans nos Ecoles de ce lemps-là. On s'y appliquoit après le premier cours des autres Etudes que l'on commença alors à nommer
EN FRANCE, XI SIECLE. ».ï
mer communément trivium, et qui comprcnoit la Grammaire, la Rhétorique et la Dialectique. L'autre cours, qui embrassoit les autres quatre facultés ou Arts Libéraux, se nommoit quadruvium. 1
XXX. Pour ce qui est de la Jurisprudence en particulier, on l'enseignoit à Toul avec tant de succès, ' qu'Adalbcron ib«i. et Brunon à l'aide de la pénétration de leur esprit et de leur travail, se mirent en état de démêler toutes les finesses, les chicanes, les abus qu'on fait trop souvent entrer dans les procédures judiciaires. ' Arnoul, Clerc de l'Eglise de Toul, qui se spic. i. 1. p. 441. rendit Moine à S. Bénigne de Dijon sous le B. Abbé Guillaume, nous fournit un autre exemple du progrès qu'on pouvoit faire dans cette Etude à la même Ecole. lien sortit si habile dans les Loix civiles, que peu de temps après son entrée dans le Cloître, le pieux Abbé le chargea de l'inspection sur le temporel des monastères qu'il reformoit. Les différends qui se multiplioient depuis le X siècle, au sujet des terres et des domaines, et l'habitude ou étoient les Seigneurs ecclésiastiques, et même séculiers de juger la plus part des procès de leurs vassaux, rendoient alors nécessaire la connoissance des Loix. Celle de la Musique et de la Théologie qu'on acqueroit à l'Ecole de Toul, fait juger du succès avec lequel ces deux sciences y étoient enseignées. ' Brunon s'y rendit si habile, qu'il éclipsa tous ses cori- Mab. ib. P. et. » temporains, sur-tout en ce qui regarde la Musique. L'Ecole .sous fon épiscopat ne perdit rien de son mérite. ' Walter, ou Mart-^nw. 1. a. Vaulier, depuis Doïen de la Cathédrale, y exerçoit l'emploi do r* ,0W7" Scolastique. On connoit deux de ses principaux disciples : W ibert, Archidiacre de la même Eglise, qui a écrit l'histoire du Pape S. Léon IX, et Udon, ou Odon, ' mal nommé ailleurs ch.rr. b. JcT.»pj.. Widon, ou Gui, que ce Pontife en 4041) fit Chancelier et Bi- p-361"3"bliothécaire de l'Église Romaine, et qui devint enfin Evêque de Toul, lorsque ce même Pape se fut demis de cet évéché pour se concentrer à Rome. ' Sur la lin de ce siècle le sçavant Ou- s?k. dard, ou Odon, l'un des plus célèbres Docteurs de ce lempslà, enseigna aussi à Toul, avant nue d'ouvrir à Tournai la fameuse Ecole, dont il sera parlé dans la suile. ' Ticcelin, sous Mab. au», t. 3. p. qui Hugues Metel étudia à Toul les Arts Libéraux avec beau- 4b3 coup de fruit, devoit y enseigner peu après Odon.