Tome VII. D l J i*r.a.p. k
les monastères du diocèse, elles n'y furent pas entièrement négligées. On peut se souvenir, que l'Ecole épiscopale au siècle précèdent se tenoit à Tabbaïe de S. Evre. Elle se ressentit sans doute long-temps d'avoir ainsi été le centre des Etudes de l'Ean.i. 56 1). x 40. glise de Toul. ' Avant le milieu du siècle qui nous occupe, elle étoit gouvernée par Widric, dont il y a quelques écrits, et qui passoit pour un autre Guillaume de S. Bénigne, tant à cause de son zélé pour l'exacte discipline, qu'à raison du soin qu'il prit de i. 66. ii. 78. reformer plusieurs monastères. 'Encore surla fin du même siècle, elle avoitpour Abbé un nommé Gui, qui nous est représeni. ». n. 7. 40. lé comme un homme d'une grande Literature. ' Widric aïant rétabli l'observance régulière à S. Mansui,àSenonesetàMoïen- Moûtier, n'oublia pas incontestablement d'y faire revivre les bonnes Etudes. Aussi ces monastères furent-ils gouvernés de- Man. ai. P. na. puis par des Abbés de mérite et de quelque sçavoir. ' A Moïen- Moûtier en particulier, Almanne, quoique médiocrement letré, se fit néanmoins un point capital de l'instruction de ses frères. Il leur gagea un Professeur de Grammaire, et recueillit plu- Mab. ib. i. si. u. 7. sieurs volumes sur cette faculté. ' Ce fut dans ce monastère que le célèbre Humbcrt, depuis Cardinal de l'Eglise Domaine, fut u».n.3.-].ui.n. offert dès 1013, et reçut son éducation. ' Toute la bibliothèque eonsistoil alors en soixante-sept volumes. Mais elle ne tarda pas à être augmentée, par l'application qu'on apporta à transcrire les bons livres. On remarque, comme une chose singulière, que la Bible y fut entièrement copiée dans l'espace de cinq mois, quoiqu'il n'y eût que cinq Moines qui y travaillèrent. Observation que les Copistes ont cru devoir faire eux-mômes dans leur exemplaire, où elle se lit en vers.
XaXII. ta diocèse de Verdun ne fut point non plus de- GaVi6sr* vot" ,-3' nu^de science et de vertu. ' 11 eut pour Evdaue pendant les vingt-quatre premières années de ce siècle, Heimon disciple de Notger de Liège, qui donnoit une égale application à forl'*1' 'iSœ8 Ur' mer se3 Nieves au* tatres et à la pieté. ' Heimon peu avant sa ' p' mort appelle à Verdun un homme célèbre, qui fit un grand or-
nement de son Eglise, par son sçavoir et son habileté dans les affaires d'Etat et les négociations. Il parloit plus de cinq langues différentes : le latin, le grec, le françois, l'alleman et l'itaspic. t. u. p. wi. lien. ' Hermenfroi, c'est le nom de ce grand homme, devint Archidiacre de la Cathédrale, où sa réputation attira plusieurs autres Ecclésiastiques de mérite. Martin, l'un d'entre eux, fut chargé de l'office de Scolastique, après le milieu de ce siècle.
' Thierri, l'un des plus illustres Prélats de son temps, dont il sera Bon. i. jon. p. m. plus amplement parlé ailleurs, gouvernoit alors cette Eglise , " *' et continua de le faire jusqu'en 1088. On loue particulièrement en lui un fonds lumineux de doctrine et de vérité. Mais la principale Ecole du diocèse étoit celle de l'abbaïe de S. Vanne. ' Le Mai), **. i. s. p. B. Richard, une autre brillante lumière du commencement de 523, "■ 9' ce siècle , en aïant été fait Abbé en 1004, y porta la doctrine qu'il avoit puisée auprès de Gerbert, dans l'Eglise de Reims, dont il fut successivement Chantre et Doïen. Bien-tôt l'éclat de son mérite et la bonne odeur de son monastère se répandirent dans toute la Belgique, et une partie de l'Allemagne. ' On vid P. mo. n. 4. alors un concours prodigieux de personnes à S. Vanne, pour profiter des instructions de l'homme de Dieu. D'autres s'empressoient à lui offrir leurs enfants, pour les faire élever sous sa discipline. Hugues, depuis Abbé de Flavigni, un de ceux qui y furent élevés de la sorte, manque d'expressions pour donner une juste idée du mérite de Richard, et de celui de ses disciples. Ce qui se pratiquoit à S. Vanne à l'égard de l'éducation de la jeunesse, et des autres personnes plus avancées en âge, se communiqua à plus de vingt autres monastères, dont le S. Abbé avoit pris la conduite.
XXX1H. Les bonnes Eludes à sa mort ne souffrirent point de dépérissement dans tous ces endroits. ' Il avoit eu soin de son p. 5*6-m n. ie. vivant d'y mettre dans la plus part pour Abbés, ou Prieurs, de 48 ' ses' disciples aussi instruits qu'exacts observateurs de la Règle: vt'ros inomnitheoriaprobatissimos , inservandoreligionis proposito clanssimos. AS. Vanneen particulier, Waleramne son successeur immédiat, s'appliqua à les soutenir. Il y fit venir à cet effet le célèbre Thierri, Modérateur de tant d'autres Ecoles, qui y enseigna quelque temps, comme il a déjà été dit. ' L'assés longue p- 375. 37». n. *». résidence qu'y fil sous l'Abbé Richard, l'illustre S. Simeon , 10' Moine du Mont Sinaï, n'y fut pas inutile pour la culture des Letres , et put même y donner quelque goût pour les langues Orientales. Outre le grec et le latin, Simeon sçavoit encore l'égyptien, le syriaque et l'arabe. Encore sur la fin de ce siècle Hugues Auteur de la chronique de Verdun, qui ne la finit qu'en 1102, et Laurent son contemporain, continuateur de l'Historien Berthaire, annonçoient qu'on ne negligeoil pas l'Etude à S. Vanne. ' On en a d'autres preuves, quoique beaucoup moins an», t. ï. p. ewconsiderables, en plusieurs épitaphesde personnes illustres, qui 6es' y furent alors enterrées. Parmi ces épitaphes, qui sont de ce
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temps là , est celle de Richer Evêque de Verdun , composée «t.. i. m. n. sj 1 1. par lui-même. ' On fit aussi quelque honneur aux Letres à rAbbaïe de S. Airic, qui fut bâtie en 1037. Elle eut pendant tout le reste de ce siècle des Abbés de mérite, l'un desquels a laissé quelques écrits de sa façon. Boson, qui le fut depuis 1084, jusqu'en 1 106, et Louis l'un de ses Moines, travaillèrent efficacement à enrichir la bibliothèque. Fulgence, premier Abbé d'Affiighem, célèbre par sa vertu et son seavoir, et Godefroi de S. Quentin près de Perrone, reçurent l'un et l'autre leur éducation à S. Airic.
XXXIV. Les Letres ne furent pas cultivées avec moins de soin au diocèse de Metz. On ne nous apprend, il est vrai , rien de particulier de l'Ecole épiscopale. Mais on juge par le mérite de quelques grands hommes qui y furent instruits, qu'elle se i. 9. pr. n. ». soûtenoil avec quelque honneur. ' Tel est Paulin, Primicier de la Cathédrale, qui s est acquis un rang parmi les Auteurs Ecclé-
Huf. pt. d.r. p. siastiques. ' Tel est le Chanoine Richard, qui fut fait Cardinal , Evêque d'Albane, et Légat du Pape Urbain II en France et en Lorraine. U est d'ailleurs hors de contestation que les sçavants Prélats qui gouvernèrent alors l'Eglise de Metz, n'y laissèrent pas régner TignôYance. Il suffit de nommer les deux Adalberons, et particulièrement celui qu'on a vû plus haut étudier avec tant de succès à l'Ecole de Tout. On a plus de preuves de l'application qu'on donna aux sciences dans les monastères de la ville et de la campagne. A S. Vincent, où les Etudes étoient florissantes au dernier siècle, comme on l'a montré, elles furent
siK. «en. c. J7i. soûtenues en celui-ci avec un nouvel éclat. 'On y fit venir de Gemblou le sçavant Sigebert, qui y enseigna plusieurs années avec un grand concours d'Etudiants. Le nombre prodigieux d'écrits qu'il publia, et les fréquentes disputes qu'il avoit avec les Juifs sur divers points de religion, ne pouvoient qu'inspirer une noble émulation pour l'Etude des Letres. Une preuve du
\y. chr. i. 5. p. soin avec lequel on les cultiva alors, 'sont quantité de beaux manuscrits qu'on y conservoit autrefois, et dont la plus part pou-
M.h. opu»c i. 3. voient être du même siècle. 'On en void encore aujourd'hui
p tM plusieurs de ceux qui furent faits au même temps à S. Arnoul,
et qui attestent la même chose en faveur de cette autre abbaïe. Telle est une copie de l'Histoire ecclésiastique d'Eusebe, qu'on
«u. i. ra. ... «s. trouve à la Cathédrale de Metz. ' Telle est une autre copie du
Commentaire de S. Jérôme sur les petits Prophètes, entre les au-
i. - Bouf. ib. 1. 1. très manuscrits de la bibliothèque ue S. Arnoul. ' Tel est un maie», not. n
nuscrit de celle du Roi, qui contient S. Grégoire de Tours et Fredegaire. Le Moine Berland, qui a prêté sa main à la première de ces copies, et Ambroise son confrère, qui a fait la seconde, ont cru devoir apprendre à la postérité par des vers qu'on y lit,
3uec'étoit un fruit de leurs travaux. 11 nous en reste aussi d'autres u sçavoir de quelques Abbés du même monastère, qui se montreront en leur rang.