‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 24 sur 214 · XXXVI. A S. Tron, comme à Vassor, on joignoit la cul · texte numérisé non relu

XXXVI. A S. Tron, comme à Vassor, on joignoit la cul

i. 60. n. 7*i. ture des beaux Arts à celle des sciences. ' Adelard II, qui en fut Abbé en 1055, y avoil <Hé fort bien instruit dans les Letres, noii. i». m,, n. etscavoit la peinture et la sculpture. Il eut pour successeur à la 'mSw." ^n du siècle, Thierri, connu par divers ouvrages en vers et en prose, qui ont mérité les éloges de quelques Historiens. Trois autres grands hommes, Lietbert, Stepelin et Rodulphe, firent beaucoup d'honneur à ce monastère, et suffiroient pour montrer avec quel succès on y étudioit. Outre le soin que prit le premier de fournir la bibliothèque de bons livres, et l'application qu'apporta le second à en composer quelques-uns en son particulier, ils travaillèrent l'un et Vautre de concert à un recueil de Sentences choisies des Pères et des Canons de Conciles, qui fraïa la voïe aux fameuses collections de Pierre Lombard et deGratien. C'est ce recueil que Rodulfe successivement Ecolatre, Prieur, nuis Abbé de la maison, copia vers l'année Mab. ». i. 71. n. H 00. ' Rodulfe laissa lui-même d'autres écrits de sa propre composition, et fut le premier qui enseigna à S. Tron la nouvelle méthode de Gui d'Arezzo pour le chant ecclésiastique, i. 52. n. 97 1 1. 61. ' A Epternac au duché de Luxembourg, dans le voisinage du «".'Im^if6!1. pais Messin, les Etudes, qui y avoient été si bien soûtenues au *. p. rm. a». ?iecle précèdent, ne paroissent point y être tombées en celuici. Il suffiroit d'apporter en preuve l'exacte discipline qui s'y observa, depuis que l'Abbé Ravanger, mort en 1007, l'y eut rétablie. Mais le sçavoir et les écrits de l'Abbé Thiofride offrent quelque ehose de plus positif pour le constater. Ce docte Abbé, dont les ouvrages sont pleins d'érudition, y fut élevé au moins dès 1031, et y étudia avec tant de succès, qu'il se rendit habile pour le temps dans le grec et dans l'hébreu.

XXX VIL Ce qui a été dit sur les temps antérieurs de l'Ecole de Strasbourg, montre qu'elle fut heureuse en Evêques r.uii. <i* op. ar?. amateurs des bons livres, et soigneux de les recueillir. ' Vern- P. m. i«b. nui gouverna cette Eglise depuis la fin du X siècle jusau'en

1029, marcha en ce point surles tracesdeses prédécesseurs. Comme eux il aima les Letres, favorisa ceux qui les cultivoient, et fournit d'un grand nombre de volumes la bibliothèque de sa 7«biTrii chr9hi?' ^hedrale. ^ur 'a fi'1 d° ce siècle Gebhard, qui en étoit Chapn'*ik!'.r sîîl; noine, lui fit honeur par son sçavoir et son éloquence. Il acquit encore depuis de nouvelles eonnoissances à l'Ecole d'Hirsauge, qui étoit alors dans un état brillant. Aiant embrassé la vie monastique dansce monastère, il en devint successivement Prieur, puis Abbé, et enfin Evêque de Spire. Les monastères du dio-

cèse de Strasbourg en recevant la réforme d'Hirsauge, entrèrent en participation des science» divines et humaines, qu'on y cultivoit avec éclat. ' On sçait avec quel zélé le pieux et docte m.«Ij. ib. p. 7ie. Abbé Guillaume emploïoil ses Moines à copier les ouvrages 7I!> " 1 1 des Anciens, et avec quel succès il travailla lui-même sur les diverses parties des Mathématiques. Les écrits qu'il laissa de sa façon sur la connoissance des temps, sur les horloges, entre lesquelles il y en avoit une d'une invention singulière, sur la Musique, sur les erreurs introduites dans le chant ecclésiastique, et sur d'autres sujets semblables, paroissoient si profonds et si lumineux, qu'on les regarda en son temps comme supérieurs à ceui de l'antiquité sur les mêmes points de Literalure. Ce jugement, il est vrai, paroitra lui-même un peu exagéré. Ce qu'il y a de plus vraisemblable, c'est qu'IIirsauge se trouvant sur les frontières de l'Alsace, de la Lorraine et du Comté de Bourgogne, les découvertes I Horaires qu'on y fit, purent aisément se communiquer à nos provinces, et concourir à perfectionner les connoissances des François.

XXXV 111. ' Manegaud, ou Manegold de Lutenbach Tni. ib. ,>. as* i fut une autre source de lumière et de doctrine pour la France, K^'i'e™'. "'t*' pendant les cinquante dernières années de ce siècle. 11 avoit ^ n- 365 ■ :Mi7• étudié les sciences divines et humaines avec tant d'application, qu'il devint aussi grand Philosophe qu'habile Théologien. D'abord il enseigna en Alsace, pais de sa naissance, et y forma plusieurs disciples, qui se distinguèrent autant par leurs mœurs, que par leur sçavoir. ' Le plus illustre, comme le plus Tni. p connu, fut S. Theoger, qui étant passé de l'Ecole de Mane- 'n*1^; ih Vm gold à celle de B. Guillaume Ahbé d'Hirsauge, où il fit l'office de Correcteur des livres qu'on y copioit, se rendit un des plus sçavantB hommes de la fin de ce siècle et du commencement du suivant, où il sera parlé de lui plus en détail. ' D'Alsa- cmi. reç. diMj. ib i sace Manegold pénétra en France, et y parcourut divers pais, A,btUr»n- m'"en exerçant presque par-tout le métier d'enseigner. Alberic le compte disertement entre les plus célèbres Docteurs, qui firent fleurir les Letres en France après le milieu de ce siècle : tel que le B. Lanfranc, S. Anselme et Berenger. 'M. du Boulay Et«u. Bui. 1. 1. P. suppose que ce fut à Paris que Manegold étudia les sciences 3"' 348, qu'il prolessoit. C'est de quoi l'on n'a point d'autre preuve. ' Mais on ne doute point qu'il n'y ouvrit une Ecole, et qu'il M*n. ib. i. 6. pr. n'ait été un des Maîtres de Guillaume de ChampeaUx, qui for- 27 ma lui-même tant d'autres disciples. Peut-être aussi fut-ce à

Do ch«>. t. 4. p. Paris, ou en Poitou, ' que Manegold donna des leçons à Gei69- rard de Loudun, dont Baudri Abbé de Bourgueil relevé beau-

Mari. ib. t. 5. p. coup le sçavoir. ' Manegold avoit une femme et des filles, im- qui étoient elles-mêmes sçavantes, sur-tout dans l'intelligence

de l'Ecriture sainte ; les filles, ce aui est remarquable, à l'imitation de leur pere, tenoient Ecole, où elles enseignoient les persones de leur sexe.

Gaii. chr. vei. 1. 1. XXXIX. ' Hugues, Archevêque de Besançon, depuis ng.p. ak.B. m. 1031 jusqu'en 1070, prit un soin particulier des Ecoles de son- SJi.STV1!?' diocèse, et de fournir de bons livres la bibliothèque de son Eglise. Aussi eut-il la glorieuse consolation de se voir un Clergé également instruit et bien discipliné. De son temps l'Ecole épiscopale se tenoit dans la partie du Cloître du côté droit de la Cathédrale. Le Cardinal Pierre de Damien, aiant eu occasion de voir par lui-même les exercices literaires de cette pieuse Académie, lorsqu'il exerçoit les fonctions de Légat du Pape en France, ne pouvoit assés admirer le bel ordre qu'on y suivoit, et l'application qu'on y donnoit à s'instruire de la doctrine des livres sacrés, et à acquérir la vraie Philosophie. La description qu'il en fait dans ses écrits, est aussi honorable à la mémoire de cette Ecole, qu'elle est pompeuse dans les termes. Gerland, auteur de quelques ouvrages, qui ne sont pas à mépriser, y fut instruit sur la fin de ce siecie, et y enseigna lui-même au siecie suivant. De sorte que les bonnes Etudes n'y souffrirent point d'interruption pendant tout ces temps-là. On a montré ailleurs quelle étoit la réputation de l'Ecole de Luïn'wïA % J' xeu au même diocèse à la fin du X siecie. ' Les villes de Lyon, 537-599." d'Autun, de Langres, de Besançon, de Chalons sur Marne et de Strasbourg s'empressoient d'y envoïer alors étudier leur jeunesse. Ce concours d'Etudiants y continua au moins jusques vers 1015, qui est l'époque de la mort du sçavant Moine Constance, dont la doctrine et la manière d'enseigner rendirent cette Ecole si célèbre. Il y a sur ces points d'histoire une prose rimée de trente slrophes, de la façon de Goudin, confrère et l'un des disciples de Constance.

XL. L'état de l'Ecole de Langres nous est connu par des Gaii. chr. nov. i. caractères bien avantageux. ' Brunon, qui étoit Evêque de 4. p. 549. ss*. cette Egjjgg depUis 98I , et qui continua de l'être les quinze premières années de ce siecie, y avoit porté les connoissances Mau. mi. i. 9. p. qu'il avoit acquises à Reims sous le docte Gerbert. ' Connois- '• sances qui s'élendoient aux matières philosophiques, comme à

celles

celles qui regardent la Théologie , et qui furenl cultivées à Langres avec succès. Il s'y forma sous Brunon plusieurs Philosophes et autres grands hommes de Letres. On peut juger du . mérite des autres par celui d'Halinard et d'Odolnc , qui furent de ce nombre. Le premier, qui étoit un des plus beaux génies de son siècle, et qui devint successivement Abbé de S. Bénigne et Archevêque de Lyon, se rendit habile dans presque toutes les facultés de la Literature. 'L'autre, qui d'Archidiacre de p. 37. «. 4 1 gui». Langres parvint à la dignité d'Archevêque de Lyon avant Ha- 5* c" 4 linard, qui la lui avoil cédée par humilité, se fil aussi une brillante réputation par son scavoir. Presque tous les successeurs de Brunon en ce siècle furent des Prelals letrés, et propres par conséquent à entretenir de bonnes Etudes dans leur Eglise. Lambert, qui lui succéda immédiatement, avoit été instruit, comme lui, à l'Ecole de Heims sous Gerbert, ' et se distingua Bar. an. 1001. p. autant par sa doctrine que par sa vertu. Hugues de Breteuil, *' dont on verra dans la suite les avantures singulières, fut le premier qui prit la plume pour combattre les erreurs de Berenger. ' Rainard de Bar surnommé Hugues, Elevé de l'Ecole même iiu«. n. cbr. p. de Langres, joignit aux qualités de bel esprit et d'homme de Jj^.'-S?; ehr' p bon conseil, une éloquence et un fonds de sçavoir au-dessus du commun. ' On dit même, qu'il scavoit la langue gréque <;aii. chr. ib. p. comme la latine. Enfin 'Robert son successeur immédiat, ^ab. an. 1. gg. ■» disciple du célèbre Bruno Scolastique de Reims, s'est fait con- J™1 ^J* noitre par quelques écrits de sa façon.

XLL Une autre Ecole des plus florissantes étoit celle de S. Bénigne de Dijon au même Diocèse. Depuis que le B. Guillaume, qui en fut Abbé jusqu'à sa mort en 1031, y eut établi la reforme de Cluni, la science y alla de pair avec la vertu. Non seulement ou y instruisoit dans les Arts Libéraux et la Théologie , les personnes qui y venoient embrasser la pénitence ; ' il y avoit encore une Ecole publique, ouverte à tous ceux Mnb. m. t. s. f. qui s'y présentoient, de quelque condition qu'il fussent, libres 3i7' " " ou serfs, pauvres ou riches. On y porloit même la charité jusqu'à fournir aux besoins de ceux qui étoient dans l'indigence : bien loin d'exiger, ou de recevoir quelque salaire de l'instruction qu'on leur donnoit. Et ce qu'il y a de plus admirable, ce n'étoit pas seulement à S. Bénigne qu'on avoit ouvert de semblables Ecoles: le vigilant Abbé avoit établi la même chose dans tous les monastères qu'il reforma, et qui ctoieut au nombre de quarante. Circonstance remarquable, qui confirme

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