Tome VIL E
d'une pari ce que nous ayons avancé plus d'une fois, louchant l'étroite connexion entre la reforme des monastères et la culture des Letres, et qui montre d'ailleurs, combien se multiplièrent les Ecoles dans nos provinces dès le commencement de ce siècle. Le principal molif qui porta l'homme de Dieu à faire ces établissements de charité et (l'instruction tout ensemble, fut de voir que la plus-part des Clercs de la campagne sça voient à peine lire et chanter. D'habiles Moines étoient préposés pour en prendre soin, et y enseigner. Leurs travaux produisirent leur fruit ; et Raoul Glabert, qui en avoit été témoin oculaire, a cru devoir en instruire la postérité.
XLII. Outre les sciences qu'on enseignoit ordinairement dans les autres monastères, on étudioit encore à S. Bénigne les diverses parties des Mathématiques, et môme la Médecine.
t.9.p.3».36. n.i3. ' Halinard, dont on a parlé, y aiant embrassé la vie monastique, s'y appliqua, comme il faisoil à I^angrcs, mais avec une sage et religieuse discrétion, à la lecture des Philosophes. II continua même de le faire, après qu'il en fut devenu Abbé
i. s. p. 34a. n. n. en 4031. ' Jean, surnommé Joannelin à cause de sa petite taille, qui fut dans la suite Abbé de Fécam, étudia la Médecine à p. 33i . n. a». S. Bénigne, et s'y rendit habile. ' On y donnoit aussi une application particulière au chant ecclésiastique et à la Musique. Le B. Guillaume possedoit si parfaitement l'un et l'aulre, qu'il avoit la réputation de surpasser en ce point tous les Maîtres de l'Art en son temps. Une de ses occupations literaires étoil de corriger les antienes, les répons, les hymnes et autre parties
si». Dur», de Rog. de l'office divin, en quoi il réussit heureusement. ' Il semble
«nui. P. «a. même qu'il introduisit dans le chant une nouvelle méthode , différente du chant grégorien , laquelle se communiqua aux monastères de sa dépendance , et autres de Normandie. On en juge ainsi sur ce que Turstin Moine de S. Etienne de Caen , où l'on suivoit la nouvelle méthode , aïant voulu l'établir à Glastemburi en Angleterre, dont Guillaume le Conquérant l'avoit fait Abbé, il s'y éleva à cette occasion une espèce de sédition fâcheuse. Les Moines Anglois, conservant un grand respect pour tout ce qui portoit le nom du Pape S. Grégoire , qu'ils regardoient comme l'Apôtre de leur nation, refusèrent opiniatrément d'user de la nouvelle méthode, qui leur paroissoit devoir faire tomber le chant grégorien. On ne nous apprend point en quoi consistoit la différence enlre l'un et l'autre. Niais on ne doute pas, que la nouvelle méthode ne prévalût
enfin dans la plus-pari des monastères d'Angleterre, comme dans plusieurs de ceux de France.
XLIII. Le renouvellement et la multiplication des manuscrits, étoient en ce siècle un exercice tout commun dans les monastères. 11 ne fut point négligé à S. Bénigne. ' Gir- w'nbi*p' 3"' berl entre autres, l'un des premiers disciples du IL Guillaume, y donna une telle application, qu'il lui en revint le surnom de Copiste. 'On lit dans le Necrologe de la maison, au Montr. bib. i>u». P. neuvième des calendes de Juillet, la mort de deux autres ,lfc*' Copistes, l'un nomme Jean et l'autre Jaques. Il est marqué du premier, qu'il avoit écrit les Histoires nouvelles, ou modernes, fecit hùtorias novas: Ce qui pourroit aussi designer l'Auteur de la chronique du monastère, qui vivoit effectivement en ce siècle. Le texte ajoute au sujet de l'autre, qu'il avoit copié l'ancien Testament. Autrefois la bibliothèque de S. Bénigne étoit riche en manuscrits, qui étoient le fruit du travail des Moines studieux du siècle qui nous occupe, et des suivants. 'Mais le relâchement s'étant introduit depuis dans ce Mena*. 1. 1. P. 97. monastère, et les Moines de ce temps-là n'aïant aucun goût m' pour l'Etude, leurs livres furent en proie aux Sçavantsuui avoient entrée dans cette maison. La bihliotliéque 'fut pillée, en sorte que les meilleurs manuscrits aiant été enlevés, ceux qui restoient en 1621, au nombre d'un peu moins de trois cents, if étoient considérables ni pour la matière, ni pour l'ancienneté. L'on a cependant voulu faire honeurà ce rebut; en aïant dressé et publié à Dijon la même année le catalogue en un volume in-4". sous ce titre: liibliot fiera Janiniana S. lienitjni fJivioncnsis, ope et industriel P. D, c'est-à-dire par Paul Dumay Conseiller au Parlement de Dijon. Titre pompeux qui nourroit imposer, si l'on ne sçavoit que ce catalogue, qui est d'ailleurs fort mal dirigé, ne contient que le rebut de celte bibliothèque, et n'est conçu en ces termes spécieux, que parce que Nicolas Jannin, frère du Président Pierre Jannin, étoit alors Abbé de S. Bénigne.
XL1V. A l'Elude des sciences on joignoit aussi dans cette abbaïe sous le B. Guillaume, la culture des beaux Arts. L'entreprise qu'on lit dès le commencement du siècle de renouveler l'Eglise, donna occasion de s'appliquer particulièrement à l'Architecture. ' L'ingénieux Abbé se mit tellement au fait Mab. m. P. 3*7. de cet Art, que non seulement il forma le dessein de tout l'E- jj^;^". " 8'.i§; difice, et en traça lui-même le plan ; mais il en conduisit en-
Eij
core l'exécution. Pour juger du goût et de l'habileté de ce pieux Architecte, il faudroit lire la description magnifique qu'on nous a laissée de son ouvrage, qui passoit alors pour un des plus beaux et des mieux exécutés qu'on vît en France. Ce qui en reste encore, en donne une idée fort avantageuse.
i>. ,v,!i. rua Guillaume fut aidé dans la conduite de ce grand ouvrage par Hunaud, l'un de ses disciples, qu'il avoit instruit dès sa jeunesse d;ins toutes sortes de belles connoissances, lui aïant trouvé un heureux génie, et qui devint dans la suite Abbé de S. Michel de Tonnerre. Hunaud fut chargé en particulier, de prendre soin de la construction de l'oratoire dédié à S. Jean Baptiste. C'est une rotonde, qui sert comme de chevet à la grande église, et qui forme une espèce d'église particulière, d'où l'on monte par deux différents degrés à une troisième église supérieure dédiée à la sainte Vierge. Dés lors cet Oratoire passoit pour un des plus beaux morceaux de tout l'Edifice; et les bons connoisseurs n'en jugent pas autrement aujourd'hui,. Hunaud ne possedoil pas seulement l'Architecture, on lui rapporte encore tout l'honeur des embellissements, dont l'édifice entier étoit décoré. Expression qui s'étend loin, et qui suppose qu'il étoit entendu en menuiserie, en sculture , en peinture et autres Arts qui concourent aux décorations des Eglises. Ajoutez a cela ce qu'on nous apprend du Moine Jaques, dont il a été parlé en qualité de Copiste: Sçavoir qu'il bâtit la chapelle de S. Benoit, qu'il couvrit tout de neuf l'église entière, qu'il en fit tous les pavés; et vous aurez des preuves que les Moines de S. Bénigne eu Iti voient la Méchanique comme les Arts Libéraux.
i». 33i. n. a*. XLV. ' La grande réputation que s' étoit fait le B. Guillaume par sa sainteté et sa doctrine, se répandit par toute la France et l'Italie, et contribua autant que tout le reste à ren-
i». .lio n. n. 18. dre célèbre l'Ecole de son monastère. 'Plusieurs Evêques et
I an. i. si. n. 8i. piusjeurs Abbés Italiens quittèrent leurs sièges, pour venir vivre à S. Bénigne, sous la discipline de l'homme de Dieu. L'on y vit même quelques Evôques Grecs, ce qui put inspirer de l'amour pour leur langue, et procurer de la facilité à en prendre connoissance. Un d'entre eux se nommoit Barnabé, et un autre Jean. Celui ci étoit Archevêque de Corinthc, et le jour de sa mort se trouve marqué au treizième de Décembre dans le Necrologe du monastère. Il ne seroil pas facile de faire une exacte énumeration de tous les illustres disciples qui sortirent de
cette Ecolo. Il suffit do diro pour fortifier l'idée qu'on a deja donnée de son merile, ' qu'un grand nombre furent élevés à an. i. .-.<!. n.nî.03. l'épiscopat, et a la dignité d'Abbé, et firent revivre l'esprit de leur Maître après sa mort. ' L'abbaie de S. Eliene do la mè- c,»u. <-i»r. ii.. j, me ville de Dijon, érigée do nos jours en Cathédrale, avoit ™' aussi son Ecole, où la proximité de celle de S. Bénigne pouvoit inspirer une noble émulation pour 1rs Letres. Du reste on ne seait rien de son état, sinon que Garnier de Mailly, qui devint Abbé de la maison en 1031, y avoit été élevé dés son enfance. ' Celle deCbâtillon sur Seine, dirigée alors par des Eo p. tîo;i b«ii. ao. clesiastiques séculiers, au même diocèse de Langres, est de- «ï&rn.V i/"-: venue célèbre dans l'histoire pour avoir donné à l'illustre Saint p- ,063- Bernard, depuis Abbé de Clairvaux, la première teinture de9 Letres. La politesse et l'éloquence qui régnent dans les écrits de ce sçavant Abbé, annoncent qu'on faisoit de bonnes Etudes à celte Ecole.
XLVI. On ne seait rien de fort remarquable, touchant les autres Ecoles de la province ecclésiastique de Lyon, excepté celle de Cluni, dont nous allons parler. Seulement il paroit qu'on ne discontinua point d'enseigner la jeunesse dans les Cathédrales d'Autun, de ChAlons sur Saône et de Mâcon. ' Le s,.i<-. t. i. P. ici célèbre Halinard, qui étoit d'Autun, y fit ses premières études, *6-' avant que. de passer à Langres, et de-là a S. Bénigne. De même ' ce fui à ChAlons que S. Hugues depuis Abbé de Clu- ^f1If)^apr ni, étudia la Grammaire et les autres Arts Libéraux. Ce n'est pas un petit honeur pour ces Ecoles, d'avoir donné les premières instructions a ueux Elevés d'un tel mérite. Pour ne rien omettre de ce qui concerne l'état des Letres dans l'étendue de celte Métropole, il faut rappeller la conduite du B. Guillaume Abbé de S. Bénigne, à l'égard des monastères qu'il reforma. Nous avons vu le soin qu'il apporloit à y établir des Ecoles, tant au dedans pour les Moines, qu'au 'dehors pour les externes. Il y en avoit donc à Beze, à Moûtier-S.-Jean, à S. Amatre de Langres, a Tonnerre, et encore à . d'autres abbaïes de la province, où ce zélé Reformateur fit revivre l'observance régulière. ' Quand à l'Ecole de la ville de Lyon, Clnn. hih. app elle passoit encore en ce siècle, comme on l'a remarqué ail- p- 411 ■ (,i leurs, pour la mere et la nourrice de la Philosophie. Genre d'Etude, qui pris à la letre, se trouva soutenu et fortifié par Halinard, ordonné Archevêque de cette Eglise en 1046, un des plus grands Philosophes de son temps. ' Encore à la fin caii. .Lr. nov
du siècle le siège de Lyon étoil rempli par Hugues, Légat ordinaire des Papes, Prélat de beaucoup d'esprit et de sçavoir, grand amateur des livres, dont il eut soin de fournir sa Cathédrale. On vit alors à deux différentes fois dans cette ville saint Anselme Archevêque de Canlorberi, qui y fit quelque séjour, et y publia quelques-uns de ses ouvrages, lorsqu'il alloit et revenoit de Rome.
XI AIL La réputation de doctrine et de vertu, que s'étoit fait Cluni sous ses Abbés S. Odon et S. Maïeul, il la soutint avec avantage sous S. Odilon et S. Hugues, qui le gouvernèrent pendant tout le cours de ce siècle, et le portèrent au plus haut point de sa splendeur. On y vid briller avec encore plus d'éclat qu'auparavant la science et la pieté. La bonne odeur qu'exhaloit ce sanctuaire, se répandoit jusques Bon. 5. jun. t.. dans les pals éloignés. ' S. Meinverc Evêque de Paderborn, en m. n. H. lira une colonie de Moines en 1014, pour établir leur insti- 78 '"Vti m'Î lu* ^an* son diocèse. ' Sanches le Grand, Roi d'Aragon, de m. n. n. .10? ' Castille et de Navarre, en fit autant dans plusieurs monastères de sa domination. Dès lors les Espagnols conçurent tant d'esv. uiM.de Nav. ti me pour l'ordre de Cluni, 'qu'il fut arrêté dans un Concile p' m national tenu vers 10G0, ou 1070, que les Evêques d'Aragon seroient choisis entre les Moines de S. Jean de la Pegna, qui Mab. «et. i. 9. p. suivoient cet institut. ' Ce bel ordre dans la discipline du Cloître, celte ardeur pour l'Elude, ce zélé à copier les livres , qu'on admiroit à Hirsauge , sous le vénérable Abbé Guillaume avant la fin de ce sieele, lui venoient originairement de Cluni, dont le prudent Abbéavoit fait passer les usages dans son monastère. La même chose, à quelques proportions gardées, s'observoit dans toutes les maisons de la dépendance de ce chef d'Ordre, et les autres qui en suivoient l'institut : ce qui s'étendoit à presque une infinité de monastères, soit en France ou dans les païs étrangers. Mais on aura encore une plus juste idée de l'Ecole de Cluni en ce sieele, si Pon se souvient, que presque toutes les plus grandes lumières qui éclairèrent alors, non seulement l'Eglise Gallicane, mais aussi l'Eglise Romaine, étoient sorties de cet azyle de la science et de la vertu.
XLVI1L De ce nombre fuient trois Papes , presque conp. m)*. 4ok. n. s. secutifs. ' Hildebrand, qui le fut sous le nom de Grégoire VII, p.i«ui.*' Mai au sorlu' Ecoles de Rome, vint à Cluni perfectionner ses Etudes, et y remplit même, selon quelques Ecrivains, la di- Mab.an. i. 64. n. gnité de Prieur. Il v acquit de grandes connoissances ; ' Odon
G4 | 1. 61.ii.52.l6.
Fav
ou Otton, qui lui succéda après Victor III, sous le nom d'Urbain II, avoit quitté un Canonicat de Reims pour se rendre Moine à Cluni, où il exerça divers emplois, jusqu'à sa promotion à l'Evèché d'Ostie, d'où il lut enfin transféré au siège de Rome. 'Rainier, ou Régnier son successeur immédiat, qui i. es.n.ioR prit le nom de Pascal II, étoil aussi Moine de Cluni, où il avoit été élevé dés son enfance. ' Celui-ci n'étant encore que f»v. ib. i. «. e. simple Moine, avoit élé honoré de la pourpre, et du titre de Légat du S. Siège en Espagne, où il présida en cette qualité à quelques Conciles. Rien n'étoit gueres plus ordinaire, que de voir alors les Moines de Cluni élevés aux premières dignités de l'Eglise. ' Gérard, qui de Scolastique de Ratisbone, y Mab. a>. y r.s. avoit embrassé la vie monastique, fut fait Evéque d'Ostie, î "* ict!"tb9*. p* Cardinal et Légat des deux Papes Alexandre II et Grégoire ]f 787 • 11 VII. lOdon, différent du Pape Urbain II, devint son succès- ^an. i. «s. seur dans le même siège d'Ostie, et ensuite Cardinal. 11 rele- 4* p.'si^s!' voit ces dignités par un sçavoir éminent, et sur-tout par un talent singulier pour la Poésie. C'est l'idée que nous en donne Baudri Abbé ac Bourgueil, lorsqu'il le compara à Aristote et à Ciceron, et qu'il nous le donne pour un des Poètes les plus polis de son siècle.
.... Ditat te, lui dit-il en faiwnt son éloge, litera dives, Kt vatuin Musas dcliciosus amii».
Si cantare velis, canta» modulaminc dulci.
Os Oratorum modo vivLs Tullius aller, tallidas in verbis vivis Aristoicles.
XLIX. ' On trouve encore entre les Moines de Cluni un .*n ,^ Estiene Cardinal, Légat du S. Siège, qui présida à divers !b. V I». n. u! Conciles tenus en France. Le célèbre Bernard, Archevêque f' 1 1 06 "* *" de Tolède et Primat des Espagnes, avoit professé la vie monastique dans la même abbaïe. ' Pierre, l'un de ses confrères, Amci. vu. p. «. homme d'une grande autorité en son temps, futCamerier des *• Papes Urbain et Pascal II. ' Robert, autre Moine de Cluni, Mab. ib. i. s3. n. fut en telle estime auprès d'Alfonse M Roi de Castille, qu'il 7- ' ,-«5- " 81 le choisit pour le Directeur de sa conscience. ' Plusieurs Ecri- m\A. vit. p. n. vains comptent aussi au nombre des Moines de cette illustre ,8abbaïe le si-avant Hildeberl, successivement Evéque du Mans et Archevêque de Tours. On ne doit pas s'attendre qu'on
entre ici dans le détail de tous les autres pieux et sçavants Moines, qui furent tirés de Cluni, pour gouverner des monastères et des diocèses entiers. Il ne seroit pas aisé non plus, de faire une juste énumeration de toutes les personnes distinguées par leur seavoir, ou leurs dignités, que sa réputation y attira pour un temps. Nous nous bornerons à en nommer un L:gh. it. s.c. t. 7. des plus célèbres. ' Cesl Pierre, depuis Abbé de Cave et Evêp 702 • que de Policaslro au roïaume de IVaples, qui s'y retira, et y
lit un séjour de sept ans.
On parlera dans le cours de celle histoire , avec quelque étendue de plusieurs Ecrivains qu'a produits en ce siècle cel illustre monastère. (Juant à S. Odilon et S. Hugues , sous lesquels se formèrent tous ces grands hommes, leur mérite est trop connu pour nous y arrêter ici. Il suffît de dire, que leur doctrine el leur pieté les firent rechercher par les Princes, les Evêques, les Papes mêmes, qui en firent quelquefois leurs Légats, et que tout le monde les consultoit comme des oracles.
Mab. »n. i. m. L. ' On rapporte à l'année 1016 l'origine de l'abbaïe delà Chaise-Dieu, enlre le Puy en Vêlai et Clermont en Auvergne, laquelle devint ensuite le chef d'un ordre, ou nombreuse congrégation de plusieurs monastères. Les grands hommes qu'elle donna à l'Eglise et à l'ordre monastique avant la fin Je ce siècle, sont une preuve non équivoque qu'on y faisoit de bonnes Etudes. Elle montra encore combien elle aimoit les Art. i. 9. p. m. Lctres, et en prisoit l'utilité, ' en ne faisant point d'établisseno1' ment, quelque médiocre qu'il lui, qu'elle n'eût soin de le
p. Isa. n. ». pourvoir d'un Kcolalrc pour y enseigner. ' S. Robert, fondateur et premier Abbé de ce monastère, où il gouverna jusqu'à trois cents Moines, doit être complé pour le premier des personnages illustres qui en sortirent. Il étoit auparavant Cha- »n. i. tk«. n. noine de Brioude, et y avoit fait ses premières études.' Dui1. liV.li4i1";w,l37. rand, un de ses premiers Elevés, qui lui succéda dans la dii V 7o n'nU|" d'Abbé, fut ensuite Evêque de Clermont. Adelelme,
au.' iii! I8-. aulre disciple de S. Robert, et son second successeur, se fit une si grande réputation, qu'étant passé en Espagne, on le choisit pour gouverner l'abbaïe de Burgos. Seguin, qui prit sa place à la Chaise-Dieu, soutint dignement la qualité d'Élève du B. Robert. Ponce de Tournon, qui en devint Abbé après lui, se vit ensuite élevé pour son mérite sur le siège épiscopat de l'Eglise du Puy. Aces illustres disciples du S. Fondateur,
dateur, il faut encore joindre Gérard de la Venne, Auteur de sa vie, qui est malheureusement perdue. Estiene de Mercœur, qui se distingua autant par sa vertu qu'il l'étoit par sa naissance ; ' Aldebert de Montmorillon, successivement Abbé an. 1. 6i. ■« ». \ de Deols et Archevêque de Bourges ; Jarenton et Rainaud, Lœ'»ov"'. 'iUPb deux grandes lumières de l'ordre monastique, qui furent Ab- mbés, l'un de S. Bénigne de Dijon, l'autre de S. Cyprien de Poitiers ; enfin ' un Raoul, natif du village de S. Sauvon près Mab. ad. ib. P. de Murât en Auvergne, qui faisoit auparavant le métier de *13- *' Bàteleur ou Baladin, ou si l'on veut, de Jongleur.
LI. La Provence, qui depuis la première décadence des Letres, comme on l'a observé ailleurs, éloit demeurée dans une entière inaction à cet égard, reprit en ce siècle du goût pour la Literature. Non seulement elle cultiva la Poésie qu'on nomme Provençale ; elle donna aussi de l'application à l'étude des sciences supérieures. On en a pour l'abbaïe de S. Victor de Marseille en particulier, les mêmes preuves qu'on vient d'apporter en faveur de la Chaise-Dieu. ' Il sortit effectivement t. ». v. «w. n. i. de cette autre abbaïe plusieurs personages, qui devinrent célèbres par leur doctrine et leur sainteté de vie. ' Tel fut \\ i- an. i. s», n. n*. froi, qui en releva les ruines, et la gouverna en qualité d'Abbé jusqu'en 1021, après y avoir rétabli la discipline régulière, et les Etudes qui en étoient une suite. ' Tel fut le B. Isarne, iu«i. i «.-t. i.h. v. son successeur mort çn 1048, qui aiant été d'abord instruit 609 0 de la Grammaire et du chant ecclésiastique à Fredeleze près de Toulouse sa patrie, dont il avoit été Chanoine, passa pour un des meilleurs Musiciens de son temps. ' Tels furent Pon- aci. ih. p. w«r ». ce, Rayambald et Aycard, tous trois l'un après l'autre Arche- eo.'n" 7i. ™ i"! vêques d'Arles, Pierre qui le fut d'Aix en 1103, et Raimond tl<*all(i ^ "uv II Évêque de Marseille en 1110. L'amour que celui-ci avoit pris à S. Victor pour les livres, il le fit passer à sa Cathédrale, dont il enrichit la bibliothèque. Les deux frères Bernard et Richard, Elevés l'un et l'autre, puis Abbés du môme monastère, se firent une réputation encore plus brillante. ' Ils se vi- Mab. an. i. 65. n. rent honorés de la pourpre romaine, et élevés à la dignité de '"uLri. 7»m " coiî: Légat du S. Siège en divers roïaumes, cl Richard en parti- J^1- rr- n- ™euher à celle d'Archevêque de Narbone. Sous leur gouvernement l'abbaïe de S. Victor fut très-Ilorissanle ; et dans l'espace de trente à quarante ans, elle reforma environ vingt monastères, tant en France et en Espagne, qu'en Sardaigne.