Tome VII. F
Bon. m. mai p. LU. ' A Lcrins, où les sciences étoient autrefois cultivées Lmn459t'.%*" p1. avec autant de succès que d'éclat, mais où il paroit qu'elles i517o.'ii.M#7b. an' Ploient tombées, comme dans le reste de la Provence, il y avoit sur la lin de ce siècle une Ecole, dont l'histoire nous a conservé quelques traits. S. Lambert, Evêque de Vence en 1 114, y fut assés bien instruit dans les Letres. On y donnoit quelque application à la Poésie latine, et plus particulièrement à l'étude de l'Ecriture sainte. C'est ce qui paroit par l'épitaphe de l'Abbé Aldebert, mort en 1101, dans laquelle se lisent quelques vers lolerables, et par un Commentaire sur les Pseaumes ae la façon du Moine Daniel, qui le dédia au mê- Mab. ib. î. as. n. me Abbé. ' Si Arnoul, Moine de S. André d'Avignon après 35 les premières années de ce siècle, étudia à l'Ecole de son
monastère les facultés de Literature, sur lesquelles il a entrepris d'écrire, il faut dire qu'on y enseignoit avec fruit les plus hautes sciences. Il laissa de sa façon divers traités sur la connoissance des temps, sur différents sujets d'Astronomie, sur l'histoire générale, celle des Saints, et autres matières qui ana. t. 1. p. m. supposent une vaste érudition. ' Domnus, Moine de l'abbaïe 699 de Mont-Majour près d'Arles, y porta les connoissances qu'il
avoit puisées à l'Ecole de Chartres, où il avoit étudié sous le docte Fulbert pendant neuf ans entiers, depuis 998, ou environ jusqu'en 1007. De son temps, Umbert son confrère y exerçoit 1 emploi d'EcoIatre. Mais, quoiqu'il possédât tous les Arts Libéraux, il se bornoit néanmoins, on ne sçauroit dire pourquoi, à n'enseigner que la (Jrammaire. Il ne paroit pas par son épitaphe et celle do Domnus, qu'on nous a conservées, que ses disciples eussent fait beaucoup de progrès dans an. i. »i. n. 7«. la Poétique. ' Il y a aussi de leur façon, comme H semble, des vers acrostiches encore manuscrits, sur la mort de Benoit Abbé du même monastère, et du Moine Aginulfe, excellent Copiste.
LUI, 11 est surprenant que le Languedoc, qui avoit imité la Provence dans son inaction pour la culture des Letres, ait autant tardé qu'elle, à faire quelques efforts pour les ressusciter. Sa proximité de l'Espagne le mettoit à portée de profiler des connoissances que les Arabes y avoient répandues, et qui y firent revivre le goût pour les bonnes Etudes. Enfin soit par ce canal, ou autrement, les François de celte extrémité du Roïaume entrèrent dans le même goût, et se mirent en Gaii. chr. nov. t. devoir de renouveller les sciences dans leur province. ' Il
était tout commun d'y voir en ce siècle des Ecolatres, ou Capiscoles, comme on les nomme encore aujourd'hui, dans ces parties méridionales de la France, qui enseignoient publiquement , tant dans les monastères que les Cathédrales. ' Gode- P. 743. froi Evêque de Maguelone, dont le siège a été depuis transféré à Montpellier, prenoit lui-même soin d'enseigner dans l'Ecole de son Eglise, sur la fin de ce siècle ; et il parolt qu'il s'en acquitoit en habile Maître. Ce fut sous lui que Gautier son successeur, qui avoit déjà assés bien étudié les sciences divines et humaines, perfectiona ses connoissances. ' Le mo- P. w-m. nastere de S. Pons de Tomieres, érigé depuis longtemps en f^/ jV'w?" S; Cathédrale, avoit de la réputation pour les letres et l'eiacte 72 ^ "5' 96 discipline. Frotard, homme de sçavoir et de pieté, qui le gouverna en qualité d'Abbé depuis 1061, jusqu'en 1099, y forma plusieurs grands hommes, et rétablit l'observance régulière dans divers autres monastères, tant d'Espagne que d'Aquitaine. De son Ecole sortirent Pierre Evêque de Pampclune, qui travailla avec d'autres illustres François, à faire recevoir dans l'Eglise d'Espagne le chant romain ; Berenger fils d'Aimeric IV Comte de Narbone, qui devint Abbé de la Grasse ; Ponce, qui le fut de Cluni après le célèbre S. Hugues. S. Pons étoit en si grande estime, que les Rois d'Espame le choisissoient pour y faire instruire IesPrinces leurs enfants, Ramire fils de Sanches Roi d'Arragon, qui régna luimême après Pierre et Alfonse ses frères, y avoit reçu son éducation.
L I V . 'On faisoit aussi de bonnes Etudes à l'abbaïe de S. Mai> ib. 1. es. n. Hilaire de Carcassonc ; quoique la discipline régulière y tom- 1 ***• 1,9 p' bât peu après le milieu de ce siècle. Lnistoire du B. Benoît, depuis Abbé de Cluse, nous en fournit les preuves. Y aïant été offert dès son enfance par ses parents, il y fut instruit dans l'une et l'autre Literature, la sacrée et la profane, et y fit beaucoup de progrès. Etant ensuite passé à S. Michel de Cluse au diocèse de Turin, et en étant devenu Abbé en 1066, il y fit usage de son sçavoir pour soutenir les Etudes, ' et former plu- mi. il. p. sm. n. sieurs excellents disciples, qui se distinguèrent par leur doc- * trineet leur vertu. L'on connolt entre autres l'Auteur de sa vie, Ecrivain grave et judicieux, et Gérard Bibliothécaire de la maison, homme curieux des bons livres, et très-soigneux d'en amasser de toutes parts. ' Longtemps auparavant, et peut- *n. 1. P. être dès sa fondation qui se fit en 966, ce monastère cultivoit 7,7 7,8 'raô-
les Lctres avec quelque succès. C'est ce qu'on apprend du récit d'un autre Benoit, qui en étoit Prieur vers 4028. Quoiqu'Ademar deChabanois, qui nous l'a conservé, lui donne un ridicule achevé en le rapportant, et qu'il charge son Auteur d'injures le plus atroces, parce qu'il combattoit l'apostolat de S. Martial, en quoi il se montroit instruit de l'histoire p. lie. anciene, on ne laisse pas d'en tirer des traits de vérité. ' Dès lors la bibliothèque de Cluse étoit fort nombreuse; et il y avoit neuf Moines du nombre desquels étoit le Prieur Benoit, qui donnoient une application particulière à l'étude des Belles hêtres. L'Ahbé, afin de les y rendre plus habiles, les envoïoit fréquenter les plus célèbres Ecoles de France et de Lombardie. Ces circonstances literaires de l'histoire de Cluse au reste, ne sont point étrangères ;i nôtre dessein. Quoique cette abbaïe soit située aux pieds des Alpes, elle doit sa fondalion à un Seigneur d'Auvergne, et fut peuplée de Moines François, au moins en partie, pendant le cours de plus d'un aci. ib. p. ew. siècle. ' Le vénérable Abbé Benoit, dont on a parlé, étoit de Toulouse; et celui à qui il succéda, se trouvant son parent, pouvoit fort bien être du même pais.
b»i. mi*, i. n. P. LV . ' Dans la môme ville l'Ecole du monastère de la Deaurade reçut un grand relief avant la fin de ce siècle, sous la direction de Gerauld, l'un des plus habiles Maîtres de son temps pour le Chant et la Musique. Il avoit été instruit à l 'abbaïe de Moissac au diocèse de Cahors, dont dépendoit la
Mai,, an. i. fii. Deaurade, ' et qui avoit alors pour Abbé Hunauld, qu'on i»i. i i. es. D. noug jonne p0l]r un personage très-éloquent, vir eloquentissiim. ib. mus. ' Outre la Musique, Gerauld apprit aussi à fond la Grammaire, c'est-à-dire, toutes les sciences que l'on comprenoit sous ce terme. Son amour pour les livres et son habileté dans le chant le firent charger de l'emploi de Bibliothécaire, et de l'office de Primicier, ou premier chantre pour conduire le chœur. Il fut encore par son sçavoird'un plus grand secours dans la maison. Les connoissances qu'il acquérait par l'étude, il les communiquoit à ses frères dans de fréquentes exhortations qu'il leur faisoit en chapitre. Ses Supérieurs reconnoissant en lui un talent singulier pour enseigner, l'engagèrent à visiter les monastères de la dépendance de Moissac, afin d'instruire les frères qui y demeuroient. Au moïen de ces instructions la lumière de la science se répandit en divers lieux. La Deaurade en profita plus que tous les autres, par le long
EN FRANCE, XI SIECLE. 4;i
séjour qu'y fit Gerauld. Il paroissoil s'y être fixé lorsque Bernard , Archevêque de Tolède , passant par Toulouse à son retour de Rome, l'emmena avec lui en Espagne. Gerauld brilla avec un nouvel éclat dans ce nouveau monde. Il fut établi grand Chantre de l'Eglise de Tolède, et chargé du soin de l'Ecole épiscopale. Après y avoir formé à la science et à la vertu bon nombre de disciples, il se vit élevé sur le siège archiépiscopal de Braque, qu il illustra encore par les lumières de sa doctrine. Voilà déjà plusieurs illustres François que nous avons vus passer en Espagne, et y porter la bonne odeur de nos Ecoles. Nous exposerons ailleurs sous un même point de vue l'heureux renouvellement qu'y opéra leur présence.
LVI. Benoit, Prieur de Cluse, dont on a déjà cité'le té- n*b. ... i. 4. moignage, parlant de l'état des Letres en Franco, en Aqui- app' p* 746 laine et en Lombardie, où il avoit voiagé, et fréquenté plusieurs Ecoles, disoit qu'en France il y avoit à la vérité quelque science; mais que l'Aquitaine en étoit depourvûe, et que quiconque y avoit effleuré quelque temps la Grammaire, se regardoit aussi-tôt comme un autre Virgile. Quant à la Lombardie, il prétendoit qu'elle en étoit une source abondante. Quoique Benoit ne parle que des premières années de ce siècle, il faut convenir que la France tira depuis, de cette Province, plusieurs sçavans personages, qui contribuèrent avantageusement à y perfectioner les sciences, sur-tout la Jurisprudence, la Philosophie et la Théologie. Il suffit pour le présent de nommer le B. Lanfranc, S. Anselme et Pierre Lombard. Mais si dans le temps dont il s'agit dans le jugement de nôtre Critique, la lumière de la science étoit peu répandue en Aquitaine, par où il entendoit peut-être toutes nos provinces méridionales, en quoi il auroit parlé plus conformément à la vérité, comme on l'a deja vû, elle s'y répandit dans la suite avec quelque avantage. C'est ce qu'il importe de montrer, et qu'il sera facile d'établir par la notice de quelques Ecoles de mérite qu'on y ouvrit, et d'un nombre considérable de gents de Letres qui en firent l'ornement, et dont quelques-uns ne sont pas intérieurs aux plus célèbres qu'ont produits en ce même siècle nos autres provinces. Il faut cependant avertir, qu'ici nous n'entendons par l'Aquitaine, que 1 étendue des deux Métropoles de Bourges et de Bourdeaux.
LVII. Il y a diverses preuves, qu'à Limoges et autres lieux du diocèse, on faisoit une étude particulière de la reli-
Ad»m. cUr. P. m. gîon et de ce oui y a rapport. On en juge ainsi ' sur ce qu'Ademar de Chabanois nous apprend des conférences <jue l'Evêque Alduin fit tenir pendant un mois en 1010. Il sagissoit d'engager les Juifs, ou à se faire Chrétiens, ou à sortir de la ville. Mais avant que d'en venir-là, le sage Prélat voulut essaïer de leur faire connoître la vérité. Dans ce dessein il assembla des Docteurs, ou Théologiens, Ooctores divinos, qui dans des disputes réglées convainquirent ces incrédules par leurs propres livres, sans pouvoir néanmoins en convertir que trois ou quatre. Expressions qui porteroient à conclure, qu'au moins quelques uns de ces Théologiens entendoient l'hébreu, qui est la langue ordinaire en laquelle les Juifs ont l'Ecriture Sainte, et les autres livres qui concernent leur religion. Pendant tout le cours de ce siècle on vit dans la Cathédrale de la même ville, une suite d'hommes seavants, qui montrent que TEcole lab. i.ib. no?, t. y fut assez bien soutenue. ' Outre l'Evêque Jourdain, qui fit un s. P. 779-m gran(j personagC dans ]e Concile de Limoges en 1031, au
p. 206. sujet de l'apostolat de S. Martial, ' et Pierre l'un de ses succes-
seurs mort en 11 Oi, qui passoit pour un Prélat d'érudition. Mab. ib. p. 71-. ' Ademar nous fait connoître deux Chanoines de la même Eglise, Rainald et Alberie, qui se distinguoient par leurs confiai, bis. Tôt. «pp. noissances philosophiques. ' Après le milieu du siècle on troup. *n. <18. ve jcux aujrcs Chanoines, hommes de Letres et de mérite, Gaubert Archidiacre à qui son sçavoir avoit fait donner le titre Boii.9.:,pr.p.8- i. de Grammairien, ' et Humbert, oui éloit allé, on ne seail à "• U3m quelle occasion, diriger l'Ecole de Meulan 1 dans le Vexin
François, à huit lieues de Paris. 11 y eut entre autres un illustre disciple en la personne de S. Gaucher, qu'il emmena avec lui à Limoges, et qui fut depuis Prieur des Chanoines Réguliers d'Aurel.
LV11I. Dès le siècle précèdent on avoit établi de bonnes Etudes à l'abbaïe de S. Martial, eomme nous l'avons montré
ub. ib. p. 76». ailleurs ' On ne laissoit pas cependant d'envoïcr les Moines fréquenter les autres Ecoles oui avoient le plus de réputation, telle qu'étoit entre autres celle de Fleuri. Ce fut-là qu'Odolric, qui gouverna en qualité d'Abbé le monastère de S. Martial depuis 1025 jusqu en 1840, acquit en partie ce riche fonds
Mab »b. de Literature ' qui lui mérita la qualité de très-sçavant Gram-
Mab. an *l. 70. n. 1 <>n ne connaît fii- ro? «l'aillcur* r-tt* «luisil les Moines do. Bec, n qni lT.itli.if 9. Ecole. ' Mais In Etudes « y ronouTella- .lu lieu «pparienoit plusieurs années au-
ront ensuite. l«r<qoVu 1 101 on y iulro- par.nvant.
mairien, Grammaticodoctissimo. La manière dont sont rédigés les actes prolixes du Concile de Limoges, que nous venons de nommer, et qui nous paraissent être une production de sa plume, fait voir qu'il avoit le talent de bien écrire. Au même temps qu'Odolric étudioit à Fleuri, ' Roger oui réunissoit une 1:a^je^, ibp ^] éminente pieté à un grand soavoir, exerçoit remploi d'Ecola- *œ *' p' treàS. Martial, et y donna les premières instructions à Aderaar de Chabanois son neveu, qui s'étoit déjà rendu Moine à S. Cibar d'Angoulême, et devint un Ecrivain célèbre. Aldebert, confrère de Roger, avec qui il étoit d'autant plus uni , qu'il y avoit plus de ressemblance entre l'un et l'autre pour la science et la vertu, étoit chargé du soin de la bibliothèque. Ces deux excellents Moines, vatde reh'gione conspicui, dit Ademar, étoient comme deux lampes lumineuses qui éclairoient tout le monastère. On voit par-là que les Etudes y étoient florissantes. Elles y furent soûtenues dans la suite ; et encore sur la fin de ce siècle il en sortit quelques grands hommes. ' On connolt ui>. a», p. «s. nommément Gerauld de Lestrade, qui en fut tiré en 1082 pour être Abbé du Vigeois, et' Gérard, second du nom en toiun. ai. uw. 1095 pour remplir la même dignité à S. Augustin de Limo- p' ges. L'érudition de ce dernier lui avoit fait donner le titre de Grammairien.
LIX. On ne négligea point non plus l'étude des Letres dans l'Eglise collégiale, et auparavant abbatiale, du Dorât au même diocèse. Ce siècle nous y présente trois personages illustres, qui les étudièrent avec fruit; quoiqu'ils soient devenus moins célèbres par leur doctrine que par leur sainteté de vie. ' S. Israël qui en fut chantre, et qui mourut en 101 i, avoit eu u>. p. m. de bons Maîtres en sa jeunesse, soit au Dorât même, ou dans * le lieu de sa naissance qui n'en étoit pas éloigné. Il acquit une si grande connoissance de la Literature sacrée et profane, qu'il passoit pour le plus sçavant Ecclésiastique du pais. Comme il joignoit à l'érudition le talent de l'éloquence, 1 Evêque Alduin se l'associa pour le soulager dans les fonctions du sacré ministère. ' Un des moïens qu'il emploïa pour l'instruction du peu- Coiun, ib. p. *». pie, fut de lui donner en langue vulgaire la vie deJcsus-Clirisl de sa façon. ' S. Gaulier, l'un de sps disciples, natif de Con- jg1- JJ- ^ gfient ouConfolant par corruption, petite ville sur la Vienne, | Lab. ib. p. W". partie du diocèse de Limoges, partie de celui de Poitiers, fit aussi de solides études à la faveur d'un heureux génie. Il reçut son éducation dans la Collégiale même du Dorât, d'où il sor-
Bou. ib. P. 703. til ensuite, et devint Abbé de l'Eslerp. 11 se rendit si habile dans B ,3' la controverse, qu'il n'y avoit ni hérétiques ni Juifs, qui pussent
tenir contre la force de ses raisonnements. Et ce qui donnoitun nouveau relief à sa doctrine, c'est qu'elle étoit toûjours accompagnée d'une sage discrétion ; le S. Abbé ne manquant jamais dans la dispute aux égards que demandent le lieu, le temps el ui>. ib. p. 684. lespersones.' S. Thibauld, autre Chanoine du Dorât, contemporain de S. Gautier, y fit pareillement ses premières études. Mais le désir de s'avancer de plus en plus dans les sciences, le porta à aller étudier à Perigueux, où il fit de nouveaux pro-
LX. Ce dernier trait literaircdc l'histoire de S. Thibauld, nous découvre une Ecole qui avoit à la vérité quelque réputation, puisqu'on y alloit des autres pour perfectioner ses Etudes ; mais nui ne nous est point connue d'ailleurs, au moins pour le temps dont il s'agit ici, qui étoient les premières années de ce siècle, p. sas. 269 i Gaii. Cependant au bout de soixante ans , ou environ ,' elle devint très-florissante par le soin que prit Gérard, l'un des plus célèbres Maîtres de la lin de ce même siècle , d'y faire des leçons publiques. Il avoit déjà enseigné dans d'autres petites villes circonvoisines ; et au sortir de Perigueux il alla exercer le même emploi àAngoulême, dont il fut fait Evêque en 1101. Il enseignoit également les Belles Letres el la science ecclésiastique, et s'en acquitta avec tant de succès, que plusieurs de ses disciples furent élevés aux premières dignités de l'Eglise. On ne nous fait néanmoins connoitre qu'un Archevêque de Cologne ,
3ui doit avoir été Frédéric de Carinthie. Gérard, quoiqu'errant e ville en ville,' n'avoit pas laissé de se faire une bibliothèque de plus de cent volumes, ce qui étoit considérable pour ces tempslà. On y voïoit quelques anciens Pères Grecs, S. Grégoire de Nazianze, Origenes ; presque tous les anciens Pères Latins ; plusieurs des modernes, le Vénérable Bede, S. Pascase Radbert, Raban, un nommé Rrunus, qui vraisemblablement n'est autre que S. Brunon Archevêque de Cologne. Circonstance remarquable qui peut servir à confirmer ce que nous avons dit des écrits de ce docte Prélat. Il y avoit aussi des Historiens Ecclésiastiques, des Philosophes', comme Boëce , des livres sur les Belles Letres, comme César et Ciceron. Celte riche bibliothèque demeura à l'Eglise d'Angoulêmc, à laquelle Gérard la légua par son testament. Elle servit à y nourrir dans la suite l'amour des Letres , qui y étoient cultivées dès le X siècle,
Lab. ib. p. ftil.
; Gall. chr. ib. p.
de, comme on Ta vû, et qui n'y furent point négligées au suivant, avant même que Gérard y allât enseigner.
LXI. ' En effet Rohon , qui gouverna cette Eglise jus- ^ chr jb qu'après 1031, étoit un prélat fort letré , et curieux des bons i livres. Il avoit d'étroites liaisons avec Ademar de Chabanois, m. ' ' p Moine de S. Cibard, qui n'étoit pas moins célèbre par son sçavoir, qu'illustre par sa naissance, et qui a beaucoup travaillé à enricher notre histoire. ' Le personage que fit un Clerc de Ub, ib< p. Rohon qui n'est pas nommé , au fameux Concile de Limoges 775en faveur de l'apostolat de S. Martial, porte à juger qu'il avoit un grand fonds ae Literature. Les actes du même Concile nous font connoître plusieurs autres hommes de Letres de divers endroits d'Aquitaine, qui bien qu'ils manquassent de Critique, comme presque tous les Sçavants de ces temps-là, avoient néanmoins de l'érudition. Outre Aimon Archevêque de Bourges, et les autres Prélats * oui composoient le Concile, sans compter non plus Odolric At»bé de S. Martial, parce qu'on en a déjà parlé, ' se présente d'abord Engelric, Chanoine du Puy, estimé 767 7go. fort docte, qui avoit un frère nommé Theodard, l'unetl'au- ttabm tn. ,. 4. p. tre qualifié Grammairien, et compris au nombre de ces per- ™- , distinguées par leur sçavoir et leurs dignités, à qui Ade-
mar adresse son apologie du même apostolat. ' Vienent ensuite Ub. (b. p. 761. Azenaire, Abbé ae Massai en Berri et de Fleuri, qui après 7«3-7w. avoir donné beaucoup de temps à l'étude des Letres, acquit la réputation d'homme très-versé dans tous les Arts Libéraux. ' Gérard Abbé de Solignac, qu' Ademar nous donne pour un p. 76a. 7«o i M»h. personage très-scavant. ' Pierre Moine de l'abbaïe deMaubec 77, Uh lb" p" 170 au diocèse de Bourges, qui fit preuve de son sçavoir, comme les précédents, en parlant dans la même assemblée. A ceux-ci il faut joindre' les autres que nomme Ademar dans l'inscrip- M*b. îb. tion de son apologie : Arnauld Evêque de Rodés , Thierri Evêque de Metz , Guillaume Duc d'Aquitaine , le même dont nous avons parlé sur le X siècle, Wernon Moine de Beaulieu en bas Limousin. Ces trois derniers y portent le titre de Grammairien, à raison de leur sçavoir éminent. Ademar nomme encore Gérard Abbé de S. Augustin de Limoges, et Roger Prieur de l'abbaïe de Chambon. Nous omettons les autres comme étrangers à notre dessein. ' Au bout de quarante ans floris- , M „. 13.
• Ce« Prélats étaient le* Eveqnes soi- d'AIbi, Deos-dedit de Cahora, Eslienoe du Puy, Rançon de de Limoges, Isembert de Poitieri , Raitnood de Mende, Emile de Perigueax et Rohon d'Angouléme.