‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 27 sur 214 · Tome Vif. G · texte numérisé non relu

Tome Vif. G

soit en Saintonge un Jean le Breton, grand homme de Letres, inconnu d'ailleurs.

LXJ1. Le diocèse de Poitiers eut aussi en ce siècle de grands hommes de Letres. Le Duc Guillaume, Comte de la ville capitale, qui revient encore sur les rangs, étoit sans contradiction le plus sçavant Seigneur de toute la France. On a montré ailleurs, que l'amour des livres et la lecture faisoient une de ses passions dominantes et favorites. Les Evêques Isembert I, contemporain de ce Prince, et Pierre II, qui vécut quelques années dans le siècle suivant, étoient des Prélats de- Hiid. m. p. 1338. mérite et de sçavoir. ' Celui-ci, malgré les fonctions pénibles de l'épiscopat, continua de faire de l'étude une de ses princii>. 13*2. pales occupations; 'etHildebert du Mans nous le donne pour

l'honeur du Parnasse. Quoique l'histoire ne nous fournisse pas assés de lumière, pour marquer la suite des Maîtres qui enseignèrent dans l'Ecole épiscopaJe, ce n'est pas à dire qu'elle n'eût >'or. scri. ant. p. SCS oChOia stiques et ses Etudiants. ' Guillaume Archidiacre de i?V 44gi*M3Ul' l" Lisieux, Historien assés connu, témoigne lui-même, qu'il y alla perfectionner ses études vers le milieu de ce siècle, ce qui lui fit donner le nom de Guillaume de Poitiers. On ne sçauroit dire si c'est le même que du Boulay associe à un Anselme, qu'il surnomme l'Ancien, pour en faire deux Professeurs publics dans la même ville. Mais on n'a point d'autre preuve pour Dn ci™, i. *. P. l'établir, que l'autorité de ce Moderne. 'Baudn, Abbé de 260. 263. Bourgueil, nous fait connoître deux illustres Elevés de l'Ecole de Poitiers, Raoul et Rainald, qui étoient morts, lorsqu'il en faisoit l'éloge avant la fin de ce siècle". Il nous donne le premier, qui étoit Archidiacre de la Cathédrale pour la lumière du Clergé, le conseil du peuple, et un Ecclésiastique très-instruit. Il représente l'autre qui n'étoit que simple Chanoine, même sans revenu, comme un homme éloquent, qui étoit entre les autres Ecclésiastiques de Poitiers ce qu'est la rose entre les aucan. reg. dUq. P. très fleurs. ' On prétend que celui-ci n'est autre que ce Rainald **' Prêtre et Grammairien, qui fit le personage de Prédicateur

apostolique en Aquitaine et en Gothie. Mais si cela étoit, comment Baudri son contemporain lauroit-il ignoré ? et l'aï ant sçu, l'auroit-il omis dans son éloge ?

LXIIL Un autre Elevé de l'Ecole de Poitiers, beaucoup plus connu que les précédents, qui nous a laissé de précieux monuments de son esprit et de sa doctrine, est Raoul Ardent qui florissoit à la fin de ce siècle. Il étoit Prédicateur

ordinaire du Duc d'Aquitaine, Comte de Poitiers, ' et réunissoit iunh. i. 4. e. 7. \ 1. en sa persone toutes les excellentes qualités qui font les grands V 'J; î3&] Orateurs. Beauté de génie , pénétration d'esprit , force de rai- < '• M r 5 sonements, solidité d'éloquence et d'érudition , tout se trouvoit en lui. Barthius étoit dans l'admiration, de ce qu'un siècle aussi grossier avoit pu produire un Orateur aussi accompli , et comparable aux Anciens. De son temps ' l'Ecole de Poitiers avoit oiwndeP«. Frid. à sa tête un nommé Hilaire qui tut le premier Maître du fa- r' 5W' p 436' meux Gilbert de la Poirée, Evêque de Poitiers dans la suite. ' Dom Mabillon a cru devoir entendre Olton de Frisingue, c*n. chr. ib. p. ui nous apprend ce trait historique, comme s'il avoit vouiu 1176 ire, que Gilbert avoit été instruit à l'Ecole de S. Hilaire. ' Mais fl est clair, par le texte de cet Historien , qu'il s'agit d'un ouo. ib. Maître de ce nom ; puisqu'il y nomme les autres Maîtres qu'eut Gilbert après celui-là, Bernard de Chartres, Anselme et Kaoul de Laon. Il y a même beaucoup d'apparence ' que cet Ili- s»nj. m. u\g. laireest Auteur d'un sermon manuscrit sur l'Eucharistie, qui Soo. 319.1' v 33 se trouvoit autrefois dans les bibliothèques des abbaïes de saint Amand et de Laubes , et dans celle de la Cathédrale de saint Orner, sous ce litre : De corpore et sanguine Domùti, et le nom d'Hilaire sans la qualité de saint, suivant l'exemplaire de saint Amand. Au moins est-il hors de contestation , que cette pièce ne peut être , ni de S. Hilaire Evêque de Poitiers , ni de saint Hilaire d'Arles; puisqu'elle commence par citer S. Augustin dans son traité Du soin pour les Morts. Mais il est à présumer, qu'elle fut faite a l'occasion des erreurs de Berenger sur l'Eucharistie et de leurs suites : ce qui convient au temps d'Hilaire Ecolâtre de Poitiers , et fortifie l'opinion qui l'en fait Auteur.

LXIV. Outre l'Ecole épiscopale, il y en avoit une autre à l'abbaïe de S. Hilaire, où lesclianoines avoientpris depuis long-temps la place des Moines. ' Fulbert, qui en étoit Thré- Fh»». «p. « 70sorier dans les premières années de ce siècle, quoique dès ™'m lors Evêque de Chartres, y entrelenoit un Agent qui prenoit soin de cette Ecole : soit que les fonctions d'Ecolàtre dans cette Eglise fussent alors attachées à la Thrésorerie ou autrement. I/éloignemcnt de ce Prélat ne lui faisoit point perdre de vûe l'avancement des Etudiants, qu'il paroit avoir eu fort à cœur. Non seulement il avoit soin d'exhorter son substitut de s'appliquer à la lecture pour être en étal de bien instruire ses frères, eruditioni fratrum;' mais il étoit encore soigneux de lui P. 7<». envoier les livres qui lui manquoient. A une seule lois il lui

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envoïa S. Cyprien , Porphyre , les vies des Pères et un Psau- *p. 79. si. lier. ' II portoit même l'attention jusqu'à lui copier de longs passages des Auteurs Ecclésiastiques , pour éclaircir les difficultés qui l'arrêtoicnt : comme d'Amalaire sur certains points de la Liturgie, et d'autres Ecrivains sur la pénitence de Salomon. Circonstances qui jointes aux divers livres qu'on vient de nommer , nous mettent au fait des Etudes qu'on faisoit à •p. «o. S. llilaire. ' Celui qui les dirigeoil, se trouvant surchargé de

travail , pria Fulbort de lui donner un Aide pour le soulager. La réponse du Prélat fut qu'il ne vouloit point lui en envoïer qui n'eût la maturité d'âge convenable, cl la gravité de mœurs compelante : Sages précautions que l'on croïoit alors devoir prendre pour l'éducation de la jeunesse. Tout ce détail est remarquable, et tend à nous donner une idée avantageuse de l'Ecole de S. llilaire, qui étoit comme une fille de celle de Chartres. L'abbaïe de S. Cyprien ne fit guéres moins d'honeur aux Lctres par les grands personnages qui l'habiloient sur la Gdi. chr. ib. p. (in de ce siècle. ' Rainald, quienfut Abbédepuis 1069, jusqu'en 1100 au moins, passoit pour un des plus doctes et des plus ib. P. éloquents hommes de son temps. ' Baudri de Bourgueil ne craint pas de dire de lui, que la sagesse l'avoit choisi pour y faire son plus agréable séjour.

In sil.i dilcclo requievit Philosophia

Rainaldo, quem vas fecerat esse &uum.

Mab. m. i. 67. ». 'Rainald attira près de lui Aldebert, ou Audebert, depuis Abbé de Bourgdieu et Archevêque de Bourges, Garnier auparavant seigneur de Montmorillon , comme le précèdent, Gênais Abbé de S. Savin dans la suite , et le célèbre Bernard

Duci.es. ib. p. S53. qui le fut de Tiron. ' Lorsqu'Audebert étoit Abbé de Deols ou Bourgdieu , il y avoit un Moine nommé Simon , qui fut depuis Evêque d'Agen, et dont Baudri voulant relever la sagesse et l'éloquence, nous le donne pour le Caton et le Ciceron de son siècle. Hervé, célèbre Interprète, dont il y a plusieurs commentaires sur l'Ecriture, s'y formoit alors aux Letres.

LXV. Parcourons maintenant la Métropole de Tours; et nous y découvrirons, .comme ailleurs, d'illustres traces du Mao. ...... pr. soin qu'ont eu nos François d'y cultiver les sciences. ' L'Ecole de l'Eglise métropolitaine, qui se tenoit depuis longtemps

à S. Martin, étoit dirigée au commencement de ce siècle par un nommé Adam. Ce Modérateur en chef avoit pour Aide, ou sous-Maltre, le Prêtre 1 Haginald, qui devint depuis Tliresorier du Chapitre. Le fameux Berenger ayant fait ses premières études sous Adam, comme il y a toute apparence, alla les perfectionner à Chartres 8ous le célèbre S. Fulbert, en la compagnie de plusieurs illustres condisciples. Revenu à Tours au bout de quelques années, il fut lui-même chargé du soin de l'Ecole de S. Martin, ' qui acquit un nouveau relief sous sa Dn ci**, ib. P. direction. Elle fut même si florissante, qu'elle sembloit, sui- S59' vant l'expression de Baudri de Bourgueil, avoir éclipsé toutes les autres.

Tota Lalinoruin facundia inarcida floret, Oum Berengario Turoni floruere Magistro

Deux avantages concoururent particulièrement à la rendre si célèbre : L'affluence des Etudiants, du nombre desquels furent Eusebe Brunon, élu Evéque d'Angers en 10i7, ' et Hil- ww. »n. p. 17. debert qui le devint ensuite du Mans, ' et la grande réputation fXT' p' ,3*4* du Maître, qui passoit pour faire revivre par la beauté de son génie, et l'étendue de son sçavoir les bons Auteurs de l'antiquité. C'est ce au'Hildebert n'a pas craint d'avancer en faisant son éloge, dont nous copions les deux vers suivants.

Quicquid Pbilosoplii, quicquid eccinere Po*ta\ Ingonio cessit eloquicxjue buo.

Telle étoit l'idée qu'on s'étoit formée dans le public du mérite de ce Maître -Ecole : nom qu'on donne dans le pais à celte dignité ; et peut-être I'auroit-il soutenue, s'il se fût borné à n'enseigner que les Belles Letres, sans se mêler de Théologie.

LXVI. ' Cependant ceux qui croïoient le mieux connol- çou. * e**.. i.

, *. * , , . • . I.p. 441.1. Mil .

tre, n en pensoienl pas si avantageusement, et iugeoient que u,. P. io. sa science étoit moins solide que superficielle. Il leur paroissoit un homme plein de lui-même, qui n'avoit que du mépris pour les autres : un homme qui avoit plus d'égard aux faux bril-

Ce Hofioaid cous sembla \e mfmf Cluirires, d»ttt un a parlé au nombre qse Rainasld, ou Rainald. Clerr .le la XVII, comme d'an *v*vaul Graainui- «ab. ai». I. i.p. ■lene E(litt, rt dùcipte d« Fulbert d« rien. «•

lant des expressions, qu'au fonds de la doctrine, et qui s'étoit émancipé d'enseigner, avant que d'avoir pris le soin de s'instruire lui-môme : enfin un homme, dont les discours, comme toute la conduite, ne rcspiroient que vanité, arrogance, ostentation. Tout cela joint à la jalousie qu'il eut delà réputation, qu'acqueroit tous les jours le docte Lanfranc dans son Ecole du Bec, le fit donner dans la nouveauté, pour tâcher de gagner par-là ce qu'il ne pouvoit espérer du côté de la doctrine. Et de la nouveauté il passa bien-tôt, comme il n'est que trop ordinaire, aux erreurs sur le dogme, qu'on détaillera ail-

iiab. ib. n. i3- leurs. ' Lanfranc en étant informé, se crut obligé de les réfuter dans ses leçons publiques : ce que Berenger aïant appris, s'en plaignit à Lanfranc. Ainsi commença la fameuse dispute, dans laquelle ne tardèrent pas d'entrer plusieurs autres sea- * vants, les souverains Pontifes même et divers Conciles. Sans parler du trouble qu'elle causa dans l'Eglise, l'Ecole de Tours en eut à souffrir en plus d'une manière. D'une part, son Modérateur se trouva souvent dans l'obligation de s'absenter, pour faire de longs et fréquents voïages, tant en Normandie, qu'à Rome, et autres lieux, et se trouver aux assemblées où sa cau-

ana. t. 4. p. 383. se fut agitée. D'ailleurs, ' quels élevés, remarque judicieusement Gozechin, Ecolatrc de Liège, Auteur contemporain, pouvoit former un Professeur du caractère qu'on vient de voir? Pouvoit-il réussir à faire que de très-mauvais Théologiens ?

Gai»- ehr.^vet. i. LXVII. 'Berenger ne^laissa pas néanmoins de conserver ■ p- ' • • 53 dignité de Maître-Ecole, malgré toutes les agitations et les contre-temps auxquels il fut exposé. Il en portoit au moins encore le litre en 1081, et pouvoit en faire encore les fonctions, quoiqu'il fût alors dans l'âge de la vieillesse. Rien n'empêche en effet, qu'aïant enfin donné des preuves convaincantes de sa conversion, l'on ne souffrit qu'il continuât ses leçons publiques. Sur ce principe il auroit enseigné fort longtemps ; aïant commencé de le faire du vivant de S. Fulbert, comme il paroil par la suite de l'histoire. Il y a tout lieu de croire

Man. am. Coll. ' que ces Chanoines de S. Martin, que l'amour de la retraite t. s. P. loi*. fit retjrer dans ris,e de g Cosme à la lin Je |.annte 1092) Soient

des Elevés de Berenger. On y remarque un Jobert , encore jeune, mais fort instruit des bonnes Lelres, et un Hugues, surnommé le Physicien, parce apparemment qu'il avoit donné une application particulière à la Médecine. Ce trait joint

à un autre ' que nous fournit la vie de S. Guillaume Firmat, boii. m. apr. p. Chanoine de S. Venant aussi à Tours, mort vers 1090, fait 83* " 3 juger qu'on étudioit avec quelque succès celle faculté de Literature à l'Ecole de cette Ville. On a vu que S. Fulbert, le principal Maître de Berenger s'en mêloit ; et il éloit assés naturel que ses disciples y prissent quelque goût. Il est marqué du S. Chanoine en question, qu'il s'y rendit si habile, qu'il réussissoit à faire des guérisons le ptus surprenantes. 11 fit encore honeur à ses Maîtres par plusieurs autres belles connoissances literaires. Mais on ne sçauroit dire précisément, si cet honeur remonte à l'Ecole de S. Martin. ' plutôt qu'à celle c«ji. «hr. it>. de la Cathédrale, qui eut la siene en particulier du vivant même de Berenger. En 1081 cette Ecole avoit à sa tête Bouchard , Chantre et Archidiacre de S. Gatien , qui étoil en même temps Prévôt de l'Eglise de S. Martin. ' H en sortit peu Mtrh s< t. e. après vers 1086 un Elevé de mérite, qui se distingua par sa *■ p- mdoctrine et sa vertu. C'est Rainauld de la famille du Bellay, qui de Thrésorier de la Cathédrale fut fait Archevêque de Reims.

LXVIII. L'abbaïe de Marmoutier près de Tours, célèbre dès le temps du grand S. Martin son fondateur, ' reprit «« « 7 p son premier lustre, après que S. Maïeul de Cluni y eut rétabli '."^J J; «pn**£' l'observance régulière au siècle précèdent. En celui-ci elle ô^**;, 5i<3 passoit encore pour une des mieux réglées et des plus illustres 305. *lL p du Roïaume, et l'on en tira des Moines pour reformer plusieurs monastères, lant en France qu'en Angleterre. Si-tôt que Guillaume le Conquérant eut fondé l'abbaïe de 1 Bataille, après sa victoire sur Harold, il fit venir des Moines de Marmoulier pour la peupler. Gausbert, l'un d'entre eux en fut établi le premier Abbé ; et Marmoutier eut par-là l'avantage de contribuer des premiers au renouvellement de l'Eglise Anglicane. Il n'en faudroit pas davantage pour conclure que les bonnes Etudes y étoient alors en vigueur. Mais on en a des preuves encore plus positives. 'Vers 1020 le Prêtre Mab. an. 1. si. n. Odon , Moine du lieu , y dirigeoit les Ecoles. On ne con- w' noit point ses successeurs ; seulement on sçait qu'il se forma sous eux d'illustres Elevés. 'Tel est Ranger, qui étant passé 1. «7. n. m. 1 de Marmoutier à l'abbaïe de Cave, fut fait Archevêque de pfb4'35!'B!*ib.1' * Rege en Calabre, et Cardinal par le Pape Urbain il. Tel

I ' M. Ykbbi FI. nn Domnwee mor«8twe esi d? Hfllo. Mue eV« S. Martin de la Fleo. H. E- l. 61. S. Martin l« Bel, para qu« non Nom Ulio Bataillf. n. 19.

Mab. ana. t. 3. es* ' Vulgrin, d'abord Abbé de S. Serge d'Angers, puis Evêp.3ii.'3ii' que du Mans. 'Tel est encore Gaunilon, <mi aïant fait une 35.36.* °p' p" élude particulière de la Philosophie, croïoit en sçavoirassés pour critiquer les raisonnements métaphysiques de S. Anselme, conlre lesquels il écrivit un petit traité ; quoiqu'il ne pût refuser son estime à l'ouvrage qu'il critiquoit. On fit aussi quelque honeur aux Letres, à l'abbaïe de Cormeri au même dio- Maan , cèse. ' Guillaume, surnommé Louis, y aïant embrassé la vie m to' n 6i raonasU(Iue> y fut instruit dans les Letres, et se rendit habile *n" " *' dans le grec et le latin. Il étoit né à Roche-Corbon près de Tours. S'étant ensuite retiré à Constantinople, l'Empereur Alexis Comnene lui donna des marques d'estime. De-là il passa en Pouille, où il fut ordonné Evêque de Salpina.

LXXIX. Aux grands hommes qui se formèrent alors à l'Ecole de Marmoutier, il faut joindre le sçavant Sigon, de- Mab. m». 1. 1. p. Pu's Abbé de S. Florent de Saumur. ' Dom Mabillon cl quel- 4»i.'m. ques autres, peut-être d'après lui, ont cru qu'il étoit le même que Sigon disciple de Fulbert, ensuite Maître de l'Ecole de i t. p. 35i. &55. Chartres, et successivement Chantre de la même Eglise. 'Mais le même Dom Mabillon nous a donné depuis des preuves suffisantes, pour les distinguer l'un de l'autre. Leur mort est effectivement marquée à différent jour ; et l'un s'étoit déjà enseveli dans l'obscurité du cloître, lorsque l'autre brilloit encop M| re à la tête des Ecoles de Chartres. ' Celui dont il est ici que-

stion, étoit Clerc, avant que d'embrasser la vie monastique à Marmoutier sous l'Abbé Albert, comme porte l'acte original de son élection, qui se trouvoit encore en 1647 dans le Cnartrier de l'abbaïe de S. Florent. Sigon trouva à Marmoutier Man. anse. i. 3. lous les sec0111"8 pour perfectionner ses premières études. '11 p »4s ]*m. éoii'. se rendit très-habile dans la Grammaire, la Rhétorique, la 'i coS. 'n*. 'J^.' Dialectique, l'Arithmétique, la Musique et l'intelligence des t. P. ï57. gg Ecntures. Il acquit même, ce qui étoit extrêmement ra-

re de son siècle, une connoissance particulière du grec et de l'Hébreu, qu'il écrivoit parfaitement. On verra dans la suite l'usage qu'il fit de son sçavoir, lorsqu'il gouverna le monastère de S. Florent, dont on l'élut Abbé en 1035. Presqu'au même temps qu'il eut quitté Marmoutier, sa place y fut remplie Ord vii i 3 un au,re grand homme de Letres. ' C'est le fameux Raoul, 463.'™ ' p surnommé de Mala-Corona, issu d'une anciene noblesse de France et de Bretagne, mais établie en Normandie, où elle .„ . s'allia à la Maison de Grcntesmaisnil. ' Raoul dès son enfance

Wii. Gtm. i. ï. c. s'appliqua

s'appliqua avec tant de succès à l'étude des sciences, qu'il posséda à fond tous les Arts Libéraux, et qu'il apprit plusieurs rares secrets, qui le faisoient regarder comme un homme consommé dans la connoissance de ia nature, sur-tout de la Médecine. Après avoir parcouru presque toutes les Ecoles de France et d'Italie, tant pour perfectjoner, que faire admirer son sçavoir, il alla l'enfouir dans l'obscurité de la solitude de Marmoutier. Il y mourut en odeur de pieté vers 1064, au bout de sept ans de pénitence. A son exemple quelques-uns de ses confrères prirent du goût pour la Médecine, et s'y appliquèrent. ' On en trouve effectivement deux, l'un nommé Tet- Mtf> n>. i. eo. n. bert qui s'y rendit fort habile, et l'autre nommé Jaques et 14 1 K *" w' qualifié Médecin, qui assista au Concile de Brioude en 4094. Sur la fin du siècle il y avoit au même monastère un Man- n>ui. «r. p. au. ceau, nommé Pierre Paillard, qui s'occupoit à transcrire les itxl' bons livres et qui se mêloit de Poésie. Entre les manuscrits de sa main, on trouve le long poëme d'Hildebert du Mans sur le sacrifice de la Messe, à la tète duquel le Copiste a mis des vers élegiaques de sa façon, dont la fin de chaque pentamètre fait le commencement de l'hexamètre suivant, où elle est répétée. 'Foulcoid autre Moine de Marmoutier, mais résident ma«. t. t. à Fougères en Bretagne, s'est fait connottre par un petit écrit p- i8MMde sa façon .

LXX. ' Quelques Modernes rapportent à l'année 1031 la rnw. >\\of. p. fondation du Collège de là porte de fer, dit autrement le Col- 7 lege de S. Maurice à Angers, uni maintenant à celui des Prêtres de l'Oratoire de la même ville. Si cette date est aussi certaine qu'on le prétend, il faut avouer qu'il n'y a point dans toute la France de Collège de plus anciene fondation. Quoi qu'il en soit de cette date, qu'on ne pourroit justifier par l'acte original, qui a disparu, ' des le commencement de ce siècle, iub. an. i. m. n. et vraisemblablement vers 1010, Bernard disciple du célèbre *%} 1-4 app p Fulbert de Chartres, et dont il y a quelques écrits, enseignoit publiquement à Angers, où l'Evêque du lieu l'avoit appellé. Après y avoir exercé trois ans l'emploi de Maître-Ecole, il laissa sa place à d'autres. ' On lui donne pour succès- cmv. <unf . p. seur Sigon de Chartres, que l'on confond ici avec l'Abbé de 4 S. Florent de même nom, Hiduin qui le fut de S. Nicolas d'Angers, et le fameux Berenger de Tours. Mais c'est contre la vérité de l'histoire; et en voici les preuves. L'unique fondement qu'on ait pour compter les deux premiers au noni-

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