‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 28 sur 214 · Tome VIL II · texte numérisé non relu

Tome VIL II

bre des Professeurs d'Angers, est la letre 120 entre celles de S. Fulbert. On la suppose 1 adressée à Angers par ce Prélat, qui dans cette supposition y demanderoit des nouvelles de Sigon et d'Hidun, dont il y est parlé. Supposition visiblement fausse; puisqu'il est clair, pour peu d'attention qu'on y veuille apporter, qu elle est écrite à S. Fulbert par l'Agent qu'il avoit à Poitiers. Pour s'en convaincre il n'y a qu'à la conférer aux 123, 127, 129, 130. De sorte que cette letre prouve tout le contraire de ce qu'on en tire; faisant voir clairement que Sigon et Hiduin étoient alors résidents, non à Angers, mais à Mab. »n«. r. 1. Chartres. ' Sigon en particulier y étoit encore à la mort de

p. mu. l'Evêque Fulbert, des obsèques duquel il fut chargé. Onze

ans après en 1040, il y dirigeoit l'Ecole, comme il a été dit ailleurs. Enfin il y mourut dans la dignité de Chantre. Il n'y a donc aucun temps de sa vie, auquel il ail exercé l'emploi de Maitre-Ecole à Angers. 11 seroit aisé de montrer la même chose à l'égard de Berenger de Tours. Il fut à la vérité Archidiaru-i. t. «. pr. n. cre d'Angers; mais il n'y enseigna jamais. ' Ceux qui le prétendent, l'ont certainement confondu avec un autre Berenger, ou Beringer, Grammairien et Chapelain du Comte Foulques

i.an. <io Sfho. p. Nerra, qui put bien y faire des leçons publiques. ' M. de Lau-

,, r ,<;T noi n'est pas plus heureux, lorsqu'il nous donne pour Angevins

et pour Professeurs de l'Ecole d'Angers, Baudri Abbé de Bour- Goff. vi.,.1. P. gueil et Gérard, dont Baudri fait l'éloge. ' Un des successeurs

4U de Bernard dans la même Ecole, fut un nommé Jean qui la

dirigeoit en 1040.

LXXl. On a beaucoup plus de lumière pour connottre

Mar».. pr. p. 1M3. ceux qui y enseignèrent après le milieu de ce siècle. ' Le célèbre Marbode, élu Evêque de Rennes en 109G, fut de ce nombre. L'Ecole dont il prit la direction en 1067, devint très-florissante. Aussi avoit-il beaucoup de sçavoir et de talent pour car. P. iMi- remplir avec succès les fondions de cet emploi. ' Il y a de lui

in96, un petit traité de Rhétorique en prose et en vers, intitulé : Des

ornement s du discours, qu'il composa en faveur de ses disciples.

p. ms-i.w. ' Il y ajoute ensuite un poëme sur la bonne manière d'écrire. P. 1691. ' De son temps on alloil d'Orléans, comme d'ailleurs, étudier p. iMjr. à Angers. ' On compte entre ses Elevés Samson, Angevin de

* Ce qui a pû tromper ceux qui ont pri» cette lelro pour Atrede S. Fulbert, est le titre conçu en cos t. rme* : n. minu tnn Chariu. Futbtrlwt Pravuti. Mais il VM vi-

sible qu'il faoi lire Fulbtrto, au lieu de Fulbertnt, roramo Duchrsne l'a rétabli .Un» «on édition.

EN FRANCE, XI SIECLE. o9

naissance, puisEvêque de Wincheslre, et non pas de Worchestre,' comme d'autivs prétendent ; Renaud deMartigné,Briand iiwv. dAnjr. p. élu Evêque d'Angers en 1 101 , et ensuite Archevêque de Reiras; 5* Geofroi Martel, second du nom, Comte d'Anjou.' Rivallon, M»rb. ib. p. im. Archidiacre de Nantes, qui se mèloit de Poésie, avoit aussi ism' pris des leçons de Marbode, oui le qualifie son très-cher fils dans un de ses Poèmes. ' Marnode, suivant l'opinion d'un de pr. u>. ses Editeurs, fut Maitre-Ecole d'Angers jusqu'en 1081 , qu'il devint Archidiacre de cette Eglise. ' Nous trouvons toutefois h»w. mi. p. w. dans un monument en date de 1074, un Reginald autre Ar- *' **' *' ehidiacre de S. Maurice, qualifié Grammairien et Maître dans la ville d'Angers, ' dont Baudri de Bourgueil lait l'éloge, com- ton cne». i. *. p. me d'un sçavant du premier ordre. 11 s'ensuit de-là, ou qu'il y â55, avoit alors deux Professeurs qui y enseignoienten même temps, ce qui neseroit pas extraordinaire : ou que Reginald avoit succédé à Marbode, si l'on n'aime mieux dire qu'aïarit occupé avant lui la chaire de Maître-Ecole, il en avoit retenu le titre avec celui d'Archidiacre. ' Guillaume, qui fut Maître de Geo- çoir. vm<i. ut. froi Abbé de Vendôme dès 1093, succéda h Reginald, ou à " • - lb- Marbode, mais on ignore combien de temps il remplit leur

lace. ' Vers la même année qu'on vient de marquer, Robert an. i. wt.

Arbrisselles, qui a\ oit fait de bonnes études, quoique les Le- n- ' très ne fussent pas fort cultivées en son pais, étant allé à Angers, y enseigna publiquement l'espace de deux ans.' On prétend, iwv. J A»g. p. ». que Geofroi Babion Anglois, et L'iger Evêque d'Angers dans la suite, y enseignèrent aussi avant la lin de ce siècle.

LXXil. Il y eut encore plusieurs autres grands hommes qui firent honeur à l'Ecole a Angers, k laquelle ils avoient été formés aux Letres. ' Krodon célèbre dans les Poésies de Bau- J*c^- l- 1 »• • dri, qui a consacré trois épitapbes à sa mémoire, nous est repré- 9 senté comme un sçavant qui possedoit toutes les beautés de la langue latine, comme un grand Philosophe, et un des fameux Poètes de son temps, à la mort duquel la Literature fit une perte considérable.

Prodo lahor magnis te vaUbua mqui-pararat.

Prodo, le plang&nl «Uidiis quicmiqui: vacabunt, Quorum <iuni raoreri», portio summa ruit

Après avoir parcouru les plus célèbres Académies de Fran-

H ij

ce, le désir d'amasser du bien lui fit passer la mer. Il alla enseigner en Angleterre, où il mourut avant que de devenir riche. Mwb. car. P. ' Marbode nous fait connoilre un Gautier, qu'il nous donne pour un autre grand Poète, Maxime Vates : un Poète devant oui. les autres craignoient de paroître, tant ils redoutoient la délicatesse de sa Muse ; Metuende Poèta. Gautier faisoit sa demeure à la campagne aux environs d'Angers, du temps que Marbode son ami enseignoit dans la ville. Là toute son occupation étoit la lecture, la versification, et d'autres travaux lite- Hiid.nut. j.. i7.a. raires. ' Au même temps la Cathédrale avoit pour Doïenun nommé Robert, qui en 1071 fut choisi pour Commissaire avec l'Archidiacre Reginald, dans un différend entre les deux mai- >ub. ib. p. itiii. sons de S. Aubin et de S. Serge. ' Robert étoit homme d'esprit et d'éloquence, qui aïanl fait une étude particulière du Droit civil, avoit acquis une grande intelligence dans les affaires.

Acliu causarùui, civilia dictio Juris, lu quibus iugenio vixerat et studio. '

iniv. dAuK. p. Mais on n' a aucun titre,' pour compter S. Bruno, Instituteur des Chartreux, au nombre des Elevés de l'Ecole d'Angers, comme fait l'Auteur de la dissertation sur l'ancieneté de cette Université. L'on peut même douter avec quelque fondement si S. Bruno vid jamais la ville d'Angers.

LXXI1I. Si les Comtes d'Anjou furent élevés à la même Ecole, ils en firent un illustre ornement. La science, sur-tout celle des Loix, étoit héréditaire dans leur Maison. Aussi avoit- 30. 31. i Goif. elle un engagement particulier à la cultiver. ' Se9 Ainés étoient /BàifmiJc.'t. ï. Maires, ou grand Sénéchaux de France, et en cette qualité , premiers Juges du Roiaume. Lorsqu'ils étoient en France, ils jugeoient souverainement avec leur Cour les affaires les plus importantes. Que s'ils se trouvoient absents, ou que les parties ne fussent pas contentes du jugement qu'on auroit prononcé en l'absence des Comtes, le Roi mandait ceux-ci ; et au cas qu'ils ne pussent aller à la Cour, ou qu'ils refusassent d'y envoïer de leur part, le Prince leur envoïoit les pièces du procès, qui étoit jugé cri dernier ressort à la Cour des Comtes. Hugues des Clefs chevalier d'Anjou, Auteur du XII siècle, qui nous apprend ces particularités du pouvoir de ces Comtes, atteste qu'il leur avoit vû rendre plus d'une fois de semblables jugem nts. Ils se trouvoient donc obligés de se mettre au fait des Loix, et

d'étudier ce qu'on sçavoit alors du Droit Civil. Il parolt par les caractères sous lesquels on a représenté Robert Doïen de la Cathédrale, et par les traits qui vont suivre, qu'on donnoit à l'Ecole d'Angers en ce XI siècle des Leçons de Jurisprudence, et qu'on le pratiquoit même dès le siècle précèdent. Il est au moins vrai que le Comte Maurice, fils de Geofroi Grise-go- abi. Oon». g«». nelle, et pere de Foulques Nerra, en étoit assés bien instruit e' 7 " *' pour son temps : ipse vero peritus in Causis. Cette connoissance des Loix, jointe à une éloquence, tant acquise que naturelle, le faisoit briller dans cette sorte de jugements, dont on vient de parler. Il sçavoit v proportioner ses discours à la portée des assemblées ; y parlant en sçavant, ou d'une manière populaire suivant l'occasion : et quœ esset erudita, quœ povularis oratio edocebat. Autant son habileté le fit admirer dans la décision des procès, autant sa sagesse rendit recommandable son gouvernement. ' Sagesse dont fl a laissé d'illustres marques dans les beaux »■ » avis au'il donna à Foulques son fils au lit de la mort.

LXXIV. Ce n'est pas sans fondement qu'on a dit que la science étoit héréditaire dans la Maison des Comtes d'Anjou. L'on peut se souvenir d'avoir vu paroitre dans l'histoire de nôtre X Siècle, Foulques le Bon comme un des Princes le plus letrés de son temps. ' En ce siecle-ci Hildebert du Mans fit l'épitaphe hu<j. w. v. \m. du Comte Geofroi, qu'il nous donne pour l'ornement de l'Univers, la fleur du Roïaume, le pere de la patrie, la gloire de sa nation, l'honeur de sa famille : pour un Prince rigide amateur de la justice, un Prince qui parloit avec élégance, et qui joignoit un rare sçavoir à un génie supérieur.

Quis nitor cloquii judicive rigor!

Quaatus doctrina, quantus el ingenio !

Caractères qui ne peuvent convenir qu'à Geofroi Martel premier du nom. ' Le morceau d'histoire qui nous reste de la façon s™, i. io. p. mdu Comte Foulques le Rechin , ou Richin , neveu du préce- ** dent par les femmes, montre que son Auteur avoit assés bien étudié, et ne manquoit pas de talent pour écrire. ' Foulques, And. Com. il. c. Roi de Jérusalem son fils, étoit fort instruit de sa religion, com- ^k.'i.'a*. p. 4*9me il parolt par quelques traits de ses harangues. Il laissa même m • quelque écrit de sa façon sur l'histoire, dont il nous reste des débris. ' Geofroi le Bel, surnommé Plantegenest, fils et succès- And. con». u>. c. seur de ce Roi au Comté d'Anjou, possedoit d'excellentes qua-

lités. Il avoit sur-tout acquis une grande connoissance desLetres, optime literatus, et passoit pour un des hommes les plus éloquents qu'on vid dans l'Etat, et même dans l'Eglise, inter Clericos et Lalcos fùcundissimus. Pour ne rien omettre de ce qui concerne l'honeur que la ville d'Angers fit aux Letresence siècle, nous ajoûlerons que l'Ecole, de S. Aubin donna alors deux grands hommes : Thierri Abbé du lieu, oui est compté Iî,*s39°tms' '* 3* entrc les écrivains de son siècle, et Milon, ' qui lut Evôque de L m'iic i " ■ Palestrine et Cardinal de la création d'Urbain 11. ' Le Moine 172! " ' Estiene dirigeoit alors les Ecoles de cette abbaïe. Lab. bili. uuv. t. i. LXXV. ' Celle de S. Florent de Saumur devint lrès-ce- *' 209 lebre par la doctrine, et la discipline régulière, sous quatre

Abbés d'un mérite distingué, qui la gouvernèrent consécutivement : le B. Frédéric, Sigon, Guillaume et Estiene. On a vu quelles étoient l'étendue et la variété des connoissances de Man. coii. nor. Sigon. ' Il les emploïa à avancer et perfectioner celles des auanSë.*'. 3P.'p*»«i. très. Une de ses principales occupations literaires, fut de corsî V n».6?!*}1, r'Ser ^es Psautiers, les Missels, le texte des Actes des Apôtres et des Epilres de S. Paul. Son amour pour les livres lui fit prendre un soin particulier d'enrichir la bibliothèque de son monaslere. Les Grands du siècle, les Evêques , les Abbés l'honoroient et le reeherchoient. S. Hugues de Cluni en particulier, le respectoit comme son Maître. Sa réputation passa «née. ii.. p. k,o. i de France en Bretagne, en Aquitaine, en Italie, ' et attira à lîV'm.) fia X S. Florent plusieurs persones de distinction, qui s'y étant con- !!' sac,êes à Dieu, s'y formèrent aux Letres et à la vertu. Guillaume successeur immédiat de Sigon, pou voit être de ce nombre. 11 étoit illustre par sa naissance ; mais il le devint encore davantage par sa doctrine cl la sainteté de ses mœurs. Estiene, qui lui succéda, sortoit d'une famille noble de Bourgogne, el acquit un grand fonds de Literature, vir opprime Lileris eruditus. Du temps de ces trois Abbés il sortit de S. Florent plusieurs Elevés de sçavoir et de mérite, dont quelques uns furent choisis pour Abbés de S. Jouin de Marne, de S. Nicolas d'Angers, de S. Melaine de Rennes, de S. Julien de Tours, de S. Maur de Gîanfeuil. Angier l'un d'entre eux, passant par la Sicile au retour d'un voiage de Jérusalem, se vit obligé d'accepter l'évêche de Catane. Even, son confrère à S. Florent, issu d'une Maison illustre, mais encore plus recommandable pour son mérite et sa vertu, remplit aussi le siège épiscopal de Dol en Bretagne, il y avoit été d'abord envolé pour Abbé de

Mai), an. I. 6». n.

S. Melaine de Rennes, monastère alors totalement ruiné, auquel il rendit tellement sa première splendeur, qu'il y assembla jusqu'à cent Moines.

LXXVI. Les Letres fleurirent d'une manière encore plus brillante à Bourgueil, autre abbaïe au môme diocèse d'Angers. ' Baudri l'un des plus célèbres Poètes de son temps, qui la gouverna en qualité d'Abbé depuis 1079 jusqu'en 1108, qu'il fut Evêque de Dol, y étoit presque tout occupé d'étude et de la belle Lilerature. C'est ce que font juger et le grand nombre de ses Poésies , et les expressions qu'il y emploie pour attirer des sujets dans son monastère. ' Il ne leur parle que de d^i**. i. 4. p livres, de papiers et autres choses convenables à des Etu- 868 diants. Il eut tant de joie d'avoir gagné un nommé Gérard, grand homme de Letres, qui se rendit Moine à Bourgueil , qu'il la fit éclater par deux pièces de vers publiées à ce sujet, (jerard étoit de Loudun en Poitou, et y etoit regardé comme la lumière et l'honeur du Clergé. Il y enseigna quelque temps les Arts Libéraux, qu'il avoit étudiés sous le célèbre Manegaud, dont il a été parlé ailleurs. Quoique plus jeune que son Maître, il alloit presque de pair avec lui, en ce qui regarde le talent de faire des leçons publiques. Baudri manque d'expressions pour relever son .sçavoir, et nous donne à entendre, mais d'une manière un peu obscure, qu'il excelloit particulièrement dans la Dialectique, l'Eloquence et la versification. Il ne craint pas môme de nous le représenter comme un second Aristote : Nam nobis alter fuhit Aristotelcs . On ignore si Gérard continua d'exercer h Bmirgueil l'emploi de professeur, et

laissa quelques productions de son esprit. ' Mais il y a de l'ap- m»i>. u>. i. a*, n. parence que Baudri y donnoit, au moins quelquefois, des 66 m leçons sur les Belles Letres, s'il ne l'avoit pas déjà fait , avant que de parvenir à la digni!é d'Abbé. Il parle effectivement de quelques uns de ses Elevés dans le cours de ses Poésies. Il y fait nommément mention eu cette qualité de Robert, depuis Abbé de S. Remi de Reims, et l'un des Historiens de la Croisade.

LXXVII. On ne sçait rien de mémorable touchant l'Ecole de l'Eglise du Mans, 'jusqu'à l'épiscopat de Gcrvais du i.m.o. co. Château du Loir , depuis Archevêque de Reims , Prélat de J; ^."""si'i.^ mérite et de sçavoir : sinon qu'il en pouvoit être un Elevé. Il p'Yi4G°r v'mltrouva à la tête de cette Ecole Ermenulphe, qui la dirigea au moins jusqu'en 1040. A celui-ci succéda Robert surnommé

le Grammairien, homme aussi recommandable pour sa vertu que pour sa doctrine, qui par ses grandes connoissances et son • application à instruire, renouvella presque toute la face du diocèse, et donna à la cathédrale en particulier un relief avantageux. Robert étant mort avant la translation de Gervais au siège de Reims, Arnauld son neveu, et l'un de ses disciples, lui succéda dans la dignité de scolastique , et en remplit les «n. i. 63. n. is. fonctions ' jusqu'en 1067 , qu'il fut élu Evêque de la Ville après an», ib. p. 3i3. ♦ la mort de Vulgrin. 'Arnauld qui avoit un grand fonds de Literature, admodum eruditus, et qui s' étant formé sur le modèle de son oncle, s'étoit toujours fait un mérite de marcher sur ses traces, continua apparemment de diriger par lui-même l'Ecole de son Eglise, malgré les occupations indispensables p. i88. de l'épiscopat. ' Il veut entre autres disciples Hoël son parent,

p. 3<w. qui fit beaucoup de progrès dans les Letres sacrées. ' Celui-

ci étant devenu Evêque du Mans vers 1 08 i, chargea du soin de l'Ecole Hildebert, qui fut son successeur immédiat, et l'un HiM. vu. p. n. des plus sçavants Prélats de son temps. 'Hildebert avoit étudié à Tours sous le fameux Berenger , et avoit pu perfectiop. 36. .. ner ses études sous l'Evêque Arnauld. ' Il paroit au moins qu'il se trouvoit dans le Clergé du Mans, lorsqu'on l'établit Scola- Mab. m. i. «9. n. stique et Archidiacre de Ta Cathédrale. ' Il y enseigna jusqu'en 1097 , qu'il se vit élevé à l'épiscopat, et peut-être continua-t-il de le faire dans la suite. L'Ecole du Mans devoit être alors florissante. Il n'étoit pas ordinaire de voir en un Ecolâtre un sçavoir aussi varié, et autant de talent à bien écrire en prose et en vers. C'est ce qu'attestent les divers écrits de ce grand homme, dans lesquels on découvre de la netteté, de la politesse, de la précision, et un bon goût qui n'étoit pas commun.

LXaVIII. De l'Ecole du Mans sortirent en se siècle plusieurs autres Elevés, qui lui firent honeur par la réputation t. 4. P. qu'ils acquirent dans le monde sçavant. 'Baudri de Bourgueil nous en tait connoitre un célèbre; mais l'éloge qu'il nous en a laissé, se trouve malheureusement imparfait. Nous allons copier ce qui nous en reste, afin de ne pas affaiblir les couleurs sous lesquelles on fait son portrait. Cet illustre Manceau étoit Archidiacre de la Cathédrale , et se nommoit 1 Audebert. Son

* Lee carat 1ère s »om lesquels est ici re- l'on pour l'antre. Il esi certain, qu'Hildeprésente Audebert, foroient soupçonner bert fol Archidiacre avant ton épisrnpat: qu'il n'est autre que le célèbre Hildebert. qu'il eloit fameux Potfu». et qu il a fan Un Copiste anroit fort bien pu ecrirn reloge de Berenger.

inclination

inclination l'avoit porté à s'appliquer particulièrement à la Poésie. Il composa un petit ouvrage sur Berenger de Tours ; et il y réussit si heureusement, qu'on le regardoit comme un autre Homère pour la manière d'écrire l'histoire, et comme un autre Virgile pour la versification. Il est vrai que c'est un Poète de la On du XI siècle, qui en parle de la sorte , et un Poète qui n'épargnoit pas les louanges à l'égard de ses amis. Ainsi l'on sçait la valeur de ses expressions

Censeo famosia le vatibiu tequi parandum, Quamris preniteos re, fama, vatibuB ipsis,

Nec ta diesideas à commoditate Maronis

De Bcrengario Turonensi pauca loquulus, Es Dobia visus, nisi fallor, mopnua Horaerus.

' Du temps de l'Evêque Hoël l'Eglise du Mans avoil pour n»b. ai». o>. P. Doïen un nommé Guichier, qui passoit pour avoir beaucoup 893 d'éducation : Literarum scientia non Mediocriler adornatus ! Gontier, autre Elevé de la même Ecole, devint un des Iles- Mon.and. 1. 1. j». taurateurs de la discipline monastique en Angleterre. Y étant ïî'? p'. s!»! ' passé après la conquête de Guillaume le Bâtard, il fut d'abord Archidiacre de Sarisberi, puis Moine de Bataille et enfin Abbé de Thorney. Il commença par y établir les usages de Marmoutier, qu'on suivoit à Bataille, et en renouvella ensuite tous les lieux réguliers, avec une Eglise magnifique, dont il jetta les fondemens en 1085.

LXXIX. A ces illustres Elevés de l'Ecole du Mans, il faut encore joirfdre Hervé 'Moine de Deols, ou Bourgdieu, N»-- « - i»-su. en Berri, l'un des plus laborieux Ecrivains, et des plus cele- 517 bres Interprètes du commencement du Xtï siècle. Son histoire porte, que dès son enfance il fut fort bien instruit des Letres, et qu'aussi-tôt après son entrée dans le Cloître il se donna tout entier à l'étude de l'Ecriture et des Pères : preuve qu'il avoit appris les Arts Libéraux avant que d'embrasser la vie monastique, et qu'on est en droit de rapporter à l'Ecole de son pais 1 honeur de ses premières études. ' Geofroi son compatrio- Mai. pari». .i« »i»b. te, et peut-être son condisciple à la même Ecole, ne lui fît A b' p' w' guéres moins d'honneur. Il se rendit si habile dans les Letres, particulièrement la science ecclésiastique, que Richard Abbé de S. Alban en Angleterre, qui l'avoit pù connottre en France, car il étoit Norman, voulut l'avoir pour Ecolatre de son

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