‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 3 sur 214 · Tome VII. b · texte numérisé non relu

Tome VII. b

AVERTISSEMENT

Wn^cr b- '• 5- per omnes génies venerabilinr diffunderetur. ' C'était dans la première vue, que les Norraans assujetissoient aussi les peuples de leurs conquêtes en Pouille , en Calabre et en Sicile, a suivre leurs mœurs, et à parler leur langue.

Moribus et liopua quoscunque venire viJebant. Informant propria, gens eCOciatur ut una.

Le fait contesté dont nous prenons la défense est néanmoins si constant, que tous les Ecrivains oui ont eu occasion d'en parler, et oui nous ont passé sous les yeux, le supposent comme indubitablement vrai. Il nous seroit facile d'en donner ici une assés longue liste. Mais il faut épargner à nos Lecteurs cette ennuieuse énumeration. Il nous suffit qu'ils soient connus de noire docte Aggresseur, à la grande érudition de qui ils n'auront pas échappé, et de lui en rapeller le souvenir seulement en général. Sans doute il aura Iû au moins , lui qui a si bien réussi à écrire sur les révolutions de la Langue Françoise, la belle Préface de M. du Cange à la téte de son Glossaire, qui est elle-même un sçavant écrit sur les révolutions de la Langue Latine. Qu'y dit cet Illustre Ecrivain sur le point précis que nous agitons ici? Du c;uv. gt. pr. ' Après avoir rapporté en substance les Textes de S. Augustin et de Vakre Maxime que nous venons de citer, il ajoûte , que cette entreprise des Romains en faveur du progrès de leur Langue fut si heureuse, que dans presque tous les Païs où ils étendirent leur domination, elle fit perdre l'usage de la langue naturelle. Cela est si constant, continue cet Ecrivain si consommé dans la connoissance des Langues , qu'aujourd'hui l'on recherche inutilement quelle étoit la Langue maternelle de tant de Provinces, qui subirent le joug des Romains. Pasquier au premier Chapitre du huitième Livre de ses Recherches, et Scipion Dupleix dans ses Mémoires des Gaules, Livre premier, Chapitre dix-neuf, ne sont pas moins décisifs.

Ici la sagacité de notre ingénieux Critique nous feroit-elle naître une difficulté , en prétendant que nos Gaules auront été exceptées de ces Provinces, et que la Langue naturelle du Pais n'y aura pas eu le même sort? 11 faudrait effectivement, que cela se fût fait ainsi, pour que son système se pût soutenir. Comment pouvoir croire autrement, que le

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Latin y a toujours été une Langue sçavante, et gu'eti tout tems il y en a eu une autre, qui étoit la maternelle et la populaire?

Mais aïons encore une fois recours au profond du Gange, li lèvera lui-même la difficulté. ' Ce fut principalement dans :r les Gaules, selon lui, que se perdit l'usage de la Langue du Païs, et il en donne les raisons. C'est (pie les Gaules furent long-temps la plus excellente partie de l'Empire Komain, et que divers Empereurs les choisirent pour leur séjour ordinaire. Non magnoperc miranditm, conclut-il, si linguanaliva in désuet udi nom abiit, hodieque qualis merit quœratur. L'expression est-elle claire et tranchante ? Mais s'accorde- l-elle avec I'en tout temps de notre Censeur?

Si le Latin n'avoit pas été vulgaire dans nos Gaules, de qui les Gaulois l'auroient-ils appris ; puisqu'avant eux personne ne s'étoit avisé de le réduire à de justes règles, d'en faire connoilre la construction et la propriété des termes? ' Oui, j^n 'a! les Gaulois sont les premiers qui ont enseigné aux autres Na- ni.^ram. lions à parler cette Langue, non seulement correctement, 7 ' mais encore avec élégance. Ils ont même la gloire d'avoir été les premiers qui l'ont professée publiquement dans la Capitale de l'Empire, et d'en avoir donné des leçons à César et à Ciceron, le Grand-Mattre de l'Eloquence Romaine. Le fait n'est ni suspect ni douteux ; puisque ce sont d'illustres Romains qui l'attestent eux-mêmes.

'Rome qui mérita depuis le titre de mere des Sciences et Socl-,b des beaux Arts, ignoroit la nature et le prix de sa propre langue, et ne faisoit nul cas de Belles-Letrcs, avant que les Gaulois les lui eussent enseignées. Mais depuis que ' Lucius j,; 3-,4 , 'J 1 Plotius, Marc Antoine Gnyphon et Valere Caton y eurent professé, le premier la Rhétorique, et les deux autres la Grammaire, on y prit tant de goût pour les belles études, et les Letres y furent en un tel honneur, qu'en peu de temps on y vit plus de vingt Ecoles célèbres, et que de Rome le même goût se communiqua bien-tôt aux Provinces. Ne passons pas une courte réflexion qui se présente d'elle même. Seroit-il sensé de croire, que ces Professeurs Gaulois eussent eu un succès aussi heureux dans leurs exercices Literaires, si le Latin n'avoit pas été une Langue vivante dans leur Païs? Que des Espagnols, des Allemans, des Anglois s'avisent de venir enseigner à Paris la Langue Françoise : quel accueil leur fera-t-on, et quel succès auront-ils dans leur entreprise?

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AVERTISSEMENT

Non seulement nos Gaulois partaient communément La- Hi r <• r»j *'n' mais 'os R°n)ams nicmes n'avoient presque point, ou i7L ' r point du tout, d'avantage sur eux pour le mieux parler. ' S.

Jérôme, qui avoit fréquenté Rome, et au moins une de nos Provinces, nous en fournit lui-même la preuve. Les Romains, il est vrai, selon ce S. Docteur, le partaient avecplus de gravité que les Gaulois ,• mais ceux-ci le faisoient et avec plus de fécondité et avec plus d'élégance que les Romains. S'exprimeroil-on ainsi, s'il ne s'agissoit d'une Langue vivante parmi l'une et l'autre Nation?

Qu'il nous soit permis de demander à notre Sçavant Critique, si en contestant le fait que nous entreprenons de défendre, il a fait attention à la maxime constante et invariable de l'Eglise Primitive, lorsqu'il étoil question du premier établissement du Christianisme1? 11 ne peut ignorer par la connoissance qu il a de son Histoire, que cette maxime étoit de faire par tout les lectures, les instructions et les prières publiques en la Langue la plus commune du Païs. Et quelle étoit la Langue la plus commune de nos Gaules, au temps qu'y parurent les premiers ouvriers Evangeliques? si nous consultons la Letre de notre Aggresseur, il nous dira ingénieusement, que c étoit le Celtique, dans lequel s'étoit filtré insensiblement le langage populaire des Romains vainqueurs. Que c' étoit cette Langue, qu'on ne connut presque plus que sous le nom de Romans, et qui differoit du Latin, comme le patois de nos Villages diffère du beau langage de la Cour, et des Sçavants.

A l'égard du Latin, c'étoit selon lui une Langue sçavante qui par conséquent n'étoit connue qu'à ceux qui l'étudioient. Mais y avoit-il alors beaucoup de Gaulois qui l'étudiassent ? Pour en juger sainement il faut se souvenir qu'en ce tempslà on n'avoit point encore ni établi d'Eglises, ni fondé de Monastères dans nos Provinces, et que les Charges de Magistrature n'y étoient pas à beaucoup près multipliées au point qu'elles y sont. 11 n'y avoit donc point de motif d'étudier cette Langue, pour entrer dans le Clergé, ou dans le Cloître, seulement quelques particuliers entre la Noblesse qui aspiroient aux Charges de l'Etat, prenoient soin de l'apprendre^ et de la cultiver. De sorte, suivant cet ingénieux système, qu'il n'y avoit tout au plus que la millième partie de ce nomnre innombrable d'habitants des Gaules, qui parlât Latin, tandis que la multitude partait le Celtique dans

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lequel s'étoit filtré le langage populaire des Romains vainqueurs. Dans ce cas que dévoient faire les premiers A poires de noire foi ? Suivant la maxime de ces premiers siècles, ils dévoient se servir de ce patois, de ce Latin corrompu filtré dans le Celtique pour annoncer l'Evangile, former la Liturgie, établir la Religion. Et ils l'auroient fait infailliblement, si les cboscs avoienl élé telles qu'on les suppose : d'autant plus que ce patois éloit la Langue maternelle de ceux mème qui étudioient le Latin. Mais il ne le firent pas ; et c'est une objection lâcheuse à faire contre le système du Latin populaire filtré dans le Celtique .

Au lieu de ce prétendu patois les premiers Evoques qui portèrent le flambeau de l'Evangile dans les Gaules, emploieront la Langue Gréque , et plus généralement la Lati- „. , „

1 n . ° . ? r ir- • ,/r> • But. Lui. il.- h »i

ne. Donnons a ceci quelque éclaircissement. Ceux qui a- » .m i. rir. i. ,. bordèrent à Lyon , y élant venus d'Asie , où l'on parloit 828 Grec, se servirent de la Langue Gréque, pour fonder cette Eglise, parce que l'usage de cette Langue étoit tout eommu ii a Lyon et dans le pais circonvoisin. Nous en avons m donné les preuves ailleurs. C'est en Grec que sont écrits les actes des premiers Martyrs de celle Eglise, el les instruc- ^ , , ( u lions de saint Irenée, son second Evêquc, ' qui écrivoit prin- 1 ' u cipalement pour les femmes , comme il le déclare lui-même. Les autres Evêques, qui vinrent établir la foi dans nos autres Provinces, se servirent de la Langue Latine, par la raison qu'elle y étoit plus universellement commune, étant la Langue des Romains, dont les Gaulois faisoienl alors partie, comme il a élé prouvé. Usage auquel céda dans la suite celui de l'Eglise de Lyon, et qui a toujours persévéré dans l'Eglise Gallicane. Usage enfin, qui est une forte preuve en faveur de notre sentiment.

A ces preuves générales joignons-en de particulières, qui descendant dans quelque détail, nous conduiront jusqu'au temps que le Latin commença à n'être plus vulgaire. Four

le premier et second siècle de l'Eglise, nous avons les té- ^ moignages du Poëte Martial el de Pline le jeune.' Lèpre- ' e|' mier s'applaudissoit de sçavoir, que le recueil de ses Eui-

grammes éloit entre les mains de tous les Citoïcns de Vienne. Les femmes comme les hommes, les enfants comme les vieillards, tous les y lisoient à l'envi.

xiv AVERTISSE M EN T.

Me legil ilri senior juvenisque pnerque El coraru lelrico casta puella viro.

i-iir,. i. il p. ii Do mémo, les écrits de Pline étoient lus indistinctement de toutes sortes de personnes dans 1» s Gaules : ce que leur Auteur regardoit comme le plus grand éloge qu'on en pou-

E.T*. i. -,. i. p. voit faire.' Le Diacre Sancte et le Martyr Altale, qui souffrirent à Lyon en 177 pour la Foi de .1. C. étant obligés de parler dans leurs tourments, le firent toujours en Latin.

Quant aux siècles suivants, si 1»; Latin avoil été dans les Gaules une langue morte, les Kmpeivurs et les Césars les auroient-ils choisies pour y faire élever leurs enfants dans la connoissance des beautés de eetle Langue .' En auroientils tiré les Précepteurs pour eu instruire leurs enfants? Ne sçait-on pas que ce fut à Trêves, que Crispe (ils aîné de l'Empereur Constantin, et Gralicu firent leurs principales études, et que ce fut à Toulouse, que les Princes Dalmacu el Annibalien pelit-lils de Constance Chlore , étudièrent l'éloquence ? Ignore-t-on que Jules Titien , Exupere , Arbore, Ausone, tous Gaulois, furent choisis pour Précepteurs d'autant de Césars"?

Tout concourt à fortifier le sentiment que nous soutenons. Si la Langue Latine n'avoil pas été aussi commune dans les Gaules qu'elle I etoil à liorne même, nos Gaulois auroient-ils osé se présenter dans cille capitale du monde, pour y faire les fonctions d'Avocats, d'Orateurs, de Professeurs de Grammaire? Qu'on se donne la peine de jeter les veux sur le quatrième siècle de noire Histoire Liléraire ; et l'on verra combien de ces hommes célèbres dans l'éloquence Latine nos Gaules fournirent alors ù celle première ville de l'Empire. Tirons la même conséquence du grand nombre de Panégyristes qu'elles donnèrent à l'Empire dans le cours de ce même siècle, et du suivant. Que les Mamertins, les Eumenes, les IS'azaires, les Ausones, les Drepanes, les Sidoincs et tant d'autres dont les noms sont moins connus, se montrent ici, et repoussent eux-mêmes l'injure qu'on fait à leurs compatriotes et contemporains , d'avoir ignoré une Langue dont la connoissance acquit alors tant de gloire à leur patrie.

AVERTISSEME NT.

Mais rien ne prouve mieux combien y étoit commun l'usage du Latin que de voir d'une part, que cV'loil en cette Langue qu'on écrivoil aux personnes du sexe le moins letré, et qu'elles écrivoient elles-mêmes : et de l'autre qu'elles lisoient les mêmes ouvrages latins que les Sçavants du premier ordre. C'est effectivement en cette langue que saint Hilaire de Poitiers éçrivoit à Albra sa fille, S. Severe Sulpice à Claudia sa sœur, et à Bassule sa bclle-mere ; ' S. Jérôme à Hedi- |',£rj jj^'- [; bie et Algasie, deux Dames Gauloises célèbres dans l'his- •«*>■ toire ; S. Avite de Vienne à Fuscine sa sœur. Il n'est pas moins constant que c'est aussi en la même langue qu'écrivoient ces illustres Dames. Apollinaire Sidoine marquant s«i- ples Livres qui étoient k l'usage particulier du beau sexe de

avoient alors cours. Notre scavant Critique ne prétendra pas sans doute que ces ouvrages Latins eussent été* alors traduits <n ce langage maternel et populaire, qu'il lui plaît de nommer Romans, ou langage populaire filtré flans le Celtique. Le milieu du Xll siècle éloit encore trop éloigné, pour reconnoltrc des traductions en langue Romane.

' Le célèbre Mamert Claudicn nous fournit une autre Sa'' p

preuve non équivoque que le Latin étoit dans les Gaules une langue vivante encore, a la fin du cinquième siècle. C'est dans sa belle letre à Sapaude, dans laquelle gémissant des désordres que causoient dans nos Provinces les inondations des Barbares, il dit qu'on avoit honte de parler Latin devant eux. Le Latin étoit donc la langue ordinaire des Gaulois ; car il s'agit ici de discours familiers, et du langage commun qu'on y emploioit.

Au siècle suivant, nous avons de quoi établir invinciblement la même chose. Les exhortations de S. Césaire d'Arles, adressées à des Religieuses , sont en Latin. Plusieurs Poèmes entre ceux du Prêtre Kortunat, depuis Evêque de Poitiers, sont faits nommément pour des Religieuses ' Ou- j^,1 !>' far 1 tre les Livres de l'Ecriture, on lisoit encore chez elles les vies des Saints, les écrits Ascétiques, les ouvrages des Pères : saint Athanase, saint Basile, les saints Grégoires, sainl Hilaire, saint Ambroise, saint Jérôme, saint Augustin, le Poète Sedulius. Les Pères du second Concile de Tours en

Mari, an.?. I. t

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566, sont-ils obligés d écrire à sainte Radegonde ? ils le font en Latin. C'est en la même langue que celte sainte leur avoit déjà écrit, et qu'elle écrivoit aussi à sainte Césarie Abbesse à • Arles. ' Césarie à son tour, répondant à celle pieuse Reine, se sert de la même langue ; et nous avons encore sa réponse qui en fait foi. Baudonivie, élève de sainte Radegonde, étant sollicitée de suppléer à l'histoire que Fortunat en avoit écrite, elle l'exécute en Latin, comme on le voit par son ouvrage.

Mais, dira notre subtil Critique, ce sont-là des Religieuses, qui étoient obligées par état de sçavoirle Latin. Il est vrai que Baudonivie nommément paroit en avoir fait une étude particulière ; puisqu'elle a même mieux réussi dans son entreprise que Fortunat dans la sienne. Il est vrai encore, que quelques autres pouvoient aussi s'y appliquer, soit par goût, soit pour tâcher de conserver cette langue, qui avoit déjà commencé à se corrompre considérablement, par les raisons qu'on verra dans la suite. Mais le gros des Religieuses sçavoit le Latin, tel qu'on le parloit, parce qu'il étoit le lan- 'r^.'wi.' nov' gage ordinaire du pais. ' Archenefrode, mere de saint Didier et de saint Rustique, l'un et l'autre successivement Evêque de Cahors, n'étoil point Religieuse. Cependant les instructions qu'elle faisoit à ses enfants en leur jeunesse, étoient en Latin. Trois letres qui nous restent de cette mere vraiment Chrétienne attestent le fait, et ne laissent rien de raisonnable à y répliquer. Que seroit-ce, si l'on avoit été soigneux de nous conserver les monuments semblables des autres personnes de son sexe du même siècle et des suivants.

Nous en avons un autre en partie, qui est encore plus fort »ab. ad. i. â. p. en faveur no[re sentimenl. ' C'est le fragment d'une chanson faite au commencement du septième siècle, et dans laquelle on célèbre la victoire du roi Clotaire II sur les Sap°Vsw. '* L' Fr" xons- Ce fragment est en Latin,' et notre Aggresseur convient même que toutes les chansons de ces siécles-là étoient en la même langue. Nous prenons acte de cet aveu, et en tirons cette conséquence : Donc le Latin étoit la langue vulgaire de nos Gaulois. Il est hors de contestation d'une part, que ces chansons étoient pour le peuple et souvent c étoit lui-même qui les composoit. La platitude et barbarie de celle qu'on vient de citer, montrent assez que c'est la production d'une muse populaire. D'ailleurs il est de l'usage de tous les pais que les chansons ont été toujours faites en la langue

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gue la plus usitée. S. Léger Evêque d'Aulun après le mi- ifcb. ib p. 707. lieu du même siècle, aïant h écrire à Sigrade si mere sur la 708 mort de Cairin son second fils, frr re du Prélat, le lit aussi en Latin.

Ce qui sV'toil pratiqué à cet égard au cinquième siècle et les deux suivants, continua à se faire nu huitième ei neuvième. Il n'y eul de différence, sinon que le Latin qu'on parloil, perdant de jour en jour quelque chose de sa nature, se rorrompoil de plus en plus, à cause du langage barhare des Francs et des Bourguignons, quis'étant venus habituer dans nos Provinces, se mêlèrent et s'allièrent avec les Caulois. C'est ce qu'on développera davantage dans la suite. Nous avons encore, au moins en partie, les pieus-s inslructions que Dodane Duchesse de Septimanie au neuvième siècle, donnoit à ses enfants dans leur bas âge. Instructions, qui étant en l-atin , servant à montrer l'usage commun qu'on faisoit de cette langue.

Mais une maxime constante qui prouve invinciblement pour tous les siècles que nous venons de parcourir le point contesté, c'est de voir que non-seulement les Loix . les Jugements, les Diplômes des Princes, les Charles et autres actes publics étoient en Lalin, mais encore 'que tontes les Avit.tp. si. infractions les plus familières des Evèqnes, i l d-s autres Minisires de l'Eglise se faisoiml en la même langue. Est-il croïable que les Princes auroienl donné un eode. et accordé des grâces; que les .luges auroienl prononcé des Sentences d'absolution, ou de condamnation : que les Notaires auroient passé des actes; qu'enfin les Ecclésiastiques chargés du soin de lanl de millions d ames, auroienl emploie en toute ces différentes occasions une- langue inconnue.

Non. dit notre Aggresseur, le- Lalin n'étoit pas inconnu r*.. de u l. Fr. au peuple, f "était une science de routine pour lui, et dont l'usa- p m ge était trop commun et trop nécessaire, pour croire qu il y eût quelqu'un qui f ignorât absolument. Voilà bien des aveux qui ne s'accordenl pas trop, mais dont nous sçaurons profiter. Si personne ne 1 ignoroil absolument, tous le scavoient donc en quelque manière. Ils le scavoient, et ne le scavoient pas, aux termes de notre Censeur. Ils le sçavoient, parce qu7/.v f entendaient ; mais ils ne le sçavoient pas, parce qu'il y a de la différence entre entendreet sçaroir une chose. En attendant que nous venions à discuter les conditions requises pour l'inlel-

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