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Tome VII. Aa

XI SIECLE

Mab. act. t. S.

186 RORICON, HISTORIEN,

qu'il aimoit la poésie jusques dans les simples inscriptions, ou sommaires. Sa versification au reste n'a rien au-dessus de celle des autres Poètes de son temps.

1. 1. j. 1». ' Dom Mabillon, quoiqu'engagé par une suite de son dessein s* à donner l'histoire de sainte Rictrude et celle de sainte Eusebie, n'a pas cru devoir faire à l'ouvrage de notre Poète le même honeur que Bollandus et ses Associés. Il n'en a rien imprimé ; se bornant au travail d'Hucbald sur sainte Rictrude auquel il a renvoïé pour l'histoire de sa fille.

' Le même Hagiographe dans ses Annales fait mention, et copie quelques vers d'un Moine anonyme de S. Amand, qui a fait un poëmc élegiaque sur les Abbés de son monastère. Ce Poêle ne nous est point connu d'ailleurs. Mais, comme on nous le donne pour ancien, nous ne serions pas éloignés de le prendre pour le Moine Jean dont on vient de lire l'histoire.

RORICON,

Historien, ET AUTRES ÉCRIVAINS.

Roricon, dont il y a un abrégé d'histoire beaucoup plus fameux qu'intéressant, nous est presque inconnu d'ailp. leurs. 'On convient de lui donner la qualité de Moine. Mais 2Î. i. p. 3t5°.ni.' on n'en apporte point de preuves; et nous n'y voïons d'autre fondement que l'air de pieté avec lequel il a écrit, ce qui peut également convenir à un pieux Ecclésiastique. Il n'y a point au reste de difficulté à le regarder ou comme un Clerc, ou comme un Moine. Il étoit très-rare en son siècle de voir des Laïcs letrés et capables d'écrire, comme il a fait. Ma^ana. s^app. 'On connoit un Roricon, Evêque de Laon jusqu'en 976, p' * n' qui passoit pour un Prélat qui avoit toute sorte de telles connoissances : totius scient iœ lumen. Mais personne n'a pensé à lui attribuer l'écrit dont on va parler; et nous ne prétendons pas non plus nous-même lui en faire honeur. Outre qu'il n'y a que l'identité de nom qui pût autoriser ce sentiment, ce qui est fort équivoque, un Prélat aussi habile auroit apparemment mieux réussi dans l'exécution de son dessein.

Rode. c. i. pr. S'il falloit prendre à la letre ' certaines expressions de notre

Du Che<. I. î

XI SIECLE

Historien, on croiroit qu'il auroit fait le métier de Berger, et

gardé les troupeaux à la campagne. ' Mais il est visible par d'au- 1. a. 3. 4. Pr.

très endroits de son écrit, que ce n'est-là qu'une ficlion, qui lui

a paru ingénieuse, et qui convenoit à son génie.' 11 dit au reste >• t. pr.

assez clairement, qu'il étoit de la nation des Francs. Il ne nous

fournit rien de précis pour fixer le temps auquel il écrivoit. ' On Loo*. ib.

ne laisse pas toutefois déjuger parson style, qu'il ne l'a fait qu'au

XI siècle. Le fondement est bien léger. Mais ce qui donne plus

de poids à cetle opinion, ' c'est que l'Auteur fait mention de Rork. 1. 4. P. m.

Perpignan, qui n'a été connu qu'au X.

L'ouvrage de Roricon est intitulé : Gesta Francorum, Les Gestes, ou Exploits des François. Titre spécieux qui annonce beaucoup ; et néanmoins l'ouvrage n'est presque qu'un abrégé de l'historien anonyme, qui nous en a laissé un autre beaucoup plus ample sous le même titre, dont nous avons rendu compte aux pages 53-55 de notre IV volume. Roricon s'est proposé d'abréger cet Historien, depuis l'origine de la Nation jusqu'à la mort de Clovis inclusivement, et en copie toutes les fables et les erreurs. Il a divisé son ouvrage en quatre livres, et a mis à la tête de chacun une préface, où il a laissé des vestiges de son génie poétique. Le corps de l'ouvrage après tout n'est pas mal écrit. C'est seulement aommage que son Auteur n'ait pas travaillé sur un meilleur fonds.

'André du Chesne est le premier nui a imprimé cet abrégé, Da ctwi. »b. P, sur un ancien manuscrit de l'abbaïe de Moissac, et semble être 799"817, aussi le premier qui a donné à Roricon la qualité de Moine. Dom Bouquet l'a mis dans la suite sur l'édition précédente, à la tête du III volume de sa nouvelle collection des Historiens de France, avec de courtes remarques préliminaires.

Il se trouve trois sortes d'actes de S. Savin et S. Cypmen, .

Iue l'on suppose avoir été frères, et qui sont patrons titulaires e deux abbaïesde leurs noms, l'une à la porte de Poitiers, l'autre à dix lieues de là dans le diocèse. ' Les premiers imprimés ub. bib.nor.i. j îe sont que des extraits informes d'aulres actes plus prolixes, et p' *3* m'

e à di

ne sont que des extraits informes d'aulres actes plus prolixes, apparemment les suivants. Le P. Labbe les aïant tirés d'anciens Légendaires du Limousin, les a donnés au public, en l'avertissant qu'on n'y peut faire absolument aucun fonds. En effet, outre que c'est très-peu de chose que ces extraits, ils sont pleins de fautes contre la Chronologie. ' Nous en avons d'autres assés JJJ-|9J|* p> étendus, au onzième de Juillet dans la grande Collection des successeurs de Bollandus. Mais les sçavants Editeurs qui les ont

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