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publiés, ont eu soin de les accompagner d'une critique judicieuse, pour en faire sentir les anachronismes et autres erreurs palpables, et montrer que c'est la production d'un Imposteur, qui s'est caché sous le nom spécieux d'Asclepsius etValerius, Prêtres et amis des SS. Martyrs. Ces seconds actes, d'où les autres semblent avoir été tirés, ont été eux-mêmes tirés d'un Bréviaire de l'Eglise de Bresse en Italie, où S. Savin et S. Cyprien sont honorés comme censés natifs de la ville. 11 est néanmoins visible qu'ils ont été fabriqués en France. Aussi remarque-t-on qu'ils lurent portés à Bresse parl'Evêque Pierre de Monti vers le milieu du XV siècle. Mais quoiqu'ils appartiennent à quelqu'un de uos Ecrivains, ils ne valent p3s la peine qu'on en recherche l'Auteur, et qu'on s'y arrête davantage. Enfin il y a d'autres actes des mêmes Saints, mais encore Man. anee. 1. 1. manuscrits,' hors la préface, ou épitre dédicatoire, imprimée p' 151 au 1 volume des Anecdotes de Dom Martene et Dom Du-
rand. Elle a été copiée sur un manuscrit de l'abbaic de S. Cyprien de Poitiers, et suppose que le corps de l'ouvrage s'y trouve aussi. Les Editeurs n'en disent rien, et se sont bornésa n'en imprimer que ce morceau, qu'ils ont placé entre les monuments des premières années de ce XI siècle. Cette préface est en un style peu naturel, embrouillé et par conséquent obscur. Elle est adressée à deux Moines nommés Bason et Frideric, et porte le nom d'un Gauzbert, qui témoigne avoir entrepris d'écrire à la prière et aux instances des frères du monastère de S. Cyprien.
Sur ce principe elle peut fort bien être avec l'histoire, ou les actes qu'elle suppose, la production de la plume d'un des Mon. «an. i Mab. deux illuslres Abbés de ce nom qui florissoient alors. ' Le prein'si. n50.*)" 'jiîi-i. "lier fut un des Restaurateurs de l'ordre monastique à la fin du îo77.Co" 1 5 p' siecle précèdent, et soûlenoit cette fonction par une haute naissance. 11 descendoit des Comtes de Blois, et fut d'abord Abbé de S. Julien de Tours. Emme Comtesse de Poitiers, sa proche parente, aïant fondé en 990 les abbaies de Bourgueil et de Maillezais, choisit Gauzbert pour y établir la discipline régulière. Le relâchement s'étant glissé dans quelques autres monastères , nommément à la Coulture du Mans, et à Mar- Ai-im. eP. p. 4oo- moutier, Gauzhert y fit revivre l'esprit de S. Benoit. ' C'est à lui qu'Abbon de Fleuri adresse sa huitième lelre, au sujet des troubles fâcheux qui s'étoient élevés dans cette dernière Maillon, pu. son. ' En 999 il lit un voïage à Rome, et obtint du Pape Sil-
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II la confirmation des biens, droits et privilèges de son monastère de S. Julien. Soigneux et vigilant à maintenir le bon ordre qu'il avoit établi dans les autres, il les visitoit souvent, il finit ses jours dans celui de Bourgueil le 15 d'Octobre 1006, et fut enterré dans le chapitre, où l'on voit encore sa tombe sépulcrale. ' Dom Mabillon ne marque sa mort qu'en l'année sui- x»b. it>. i. 5*. n. vante, sans en indiquer le jour ; mais la date de Dom Michel l04, Germain paroît préférable, comme prise sur les lieux.
' 11 eut pour successeur à S. Julien un autre Gauzbert, se- lun. ïb. p. iots i cond du nom, grand homme de Letres, qu'il avoit étudiées lb|, M navec fruit : Hic perîtiis Literarum salis fuit, Philosophiœstudiis adomatus. Celui-ci n'eut ni moins de zélé, ni moins de vigilance que son prédécesseur pour le bien de son abbaïe. Il prit un soin particulier de l'instruction de la jeunesse qu'on y élevoit, et de faire copier les bons livres à quoi il travailloit lui-même. Après l'avoir sagement gouvernée dix-huit ans accomplis, il mourut plein de mérites, au commencement de 1025.
Si l'on a égard aux habitudes qu'avoil en Poitou Gauzbert I, on lui donnera l'écrit dont on vient de parler. Mais si l'on fait plus d'attention à la réputation de sçavoir où étoil Gauzbert II, on lui en transportera l'honeur.
' Dom Mabillon et les Continuateurs de Bollandus après lui, Malt art. t. 7. p. nous ont donné avec des remarques historiques et critiques, j J" J^ES».*1 ' une histoire de la translation des Reliques de S. Vandrille, S. Ansbert, S. Vulfram et autres, de la ville de Boulogne à Blandimherg, ou S. Pierre de Gand. L'ouvrage est incontestablement la production d'un Moine de cette abbaïe, comme il paroit par plusieurs endroits du texte. Mais il est très-difficile d'y apperccvoir au vrai, en quel temps précis il y a mis la main; et les Editeurs n'ont point dissimulé cette difficulté. La translation se fit en 94 i ; ' et l'Auteur semble en parler comme y aïant Bon. u>. p. *n. été présent. Ceci pourroit fixer, s'il n'étoit contredit dans la D' suite ' par un autre endroit, où l'Auteur parlantd'une merveille p. aw. tw. n. ». extraordinaire qui arriva alors, dit qu'elle coniinuoil depuis plusieurs siècles, longis post modum sœculis. Expression impropre et hyperbolique qu'il ne faut pas prendre à la letre, mais dans le même sens que celle dont nous nous servons, en disant qu'il y a une inlinité de temps, pour en marquer un long espace. Il s'agit des arbres du voisinage de Blandimherg, qui bien qu'en automne fleurirent à l'arrivée des SS. Reliques, ce qui se renouvelait tous les ans en la même saison depuis grand nombre
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d'années. On réussira à concilier ces deux endroits opposés entre eux, en plaçant l'écrit au commencement de ce XI siècle, lorsqu'il y avoit environ soixante ans que la merveille continuoit.
p. »i. 999. a». ' Cet écrit au reste n'est qu'un ample discours, qui semble 4 avoir été prononcé de vive voix au jour de l'anniversaire de la
P 991-993. translation dont il traite. ' L'Auteur y parle des autres translations qui avoient précédé celle qui se fit à Boulogne du temps de Charles le Chauve, en commençant par un éloge fort général de ces mêmes Saints, qui montre qu'il sçavoit peu de choses de leur histoire. Cette partie de l'écrit en fait comme le prélude. Elle est suivie de la description et de l'histoire abrégée du monastère de Blandimberg, qui en fait comme une autre partie : après quoi vient l'histoire de la translation, qui a donné occasion à 1 ouvrage entier. 11 est en un style assés pur et intelligible, quoiqu'un peu affecté. Le premier Editeur a retranché certaines choses du prélude, que les autres ont cru. devoir rétablir.
On peut rapporter aux premières années de ce siècle un autre ouvrage, qu'il suffit d'indiquer, parce qu'outre qu'il n'est Mob. ib. t. 3. p. encore que manuscrit, on n'en peut tirer aucune utilité. ' C'est *6*" **' la vie de S. Erme, ou Erminon, Abbé de Laubes, retouchée par un Moine de ce monastère. Dom Mabillon l'avoit tirée d'un manuscrit de l'abbaïe de Compiegne. Mais il a eu la sage précaution de n'en point grossir son recueil. Seulement il en a hul Lii.^deiaPr. extrait ce qui pouvoit éclaircir la vie originale ' écrite par Ant. . P. *w. soi. gon^ tuteur presque contemporain, de laquelle nous avons
rendu compte en son lieu.
Boii^r jon. p*g. Il y a quelques indices pour placer vers le même temps ' la vie de S. Adalgise, ou Algise, Prêtre en Thierache au VII siècle. Il est certain, d'une part, que l'Auteur ne l'a écrite que fort long temps après la mort du Saint ; et il est visible de l'autre, que le Saint étoit déjà reconnu pour Patron de l'abbaïe de S. Michel au même pais, lorsqu'on entreprit de le faire connotp. 999. a. i. tre à la postérité. ' Ce fut vers 970 que le Comte Eibert, fondateur de ce monastère, l'enrichit des Reliques de S. Algise. Son Historien ne parlant point de ce fait, c'est une preuve qu'il ne prit pas la plume à cette occasion, ce qu'il n'auroit pas certainement oublié. Ainsi il put écrire trente à trente-cinq ans après, lorsqu'on crut nécessaire d'avoir quelque chose à lire au jour de la tête du Saint.
ET AUTRES ECRIVAINS. 191 vtcrprtr
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' Cet Ecrivain, qui se représente assés clairement comme • P. s». Pr. Moine de S. Michel, assûre que ce qu'il rapporte, il l'a tiré des écrits des Anciens, mal dirigés, dit-il, inconvenienter tamen dïctata, et de la tradition de ses pères. ' Mais ces écrits où il p. n. 4. a puisé ne sont au sentiment des meilleurs Critiques, que l'anciene vie de S. Fursy, et l'histoire du vénérable Bede, où il n'est pas dit un mot de S. Algise. D'ailleurs une tradition déplus de trois siècles étoit trop éloignée de sa source, pour être pure. Tout cela porte à juger que l'écrit de notre Auteur n'est d'aucune autorité. Aussi Henschenius vouloit-il le laisser dans l'obscurité, où il avoit été jusqu'à lui. Mais ses Associés ont cru devoir le donner au public, afin qu'il jugeât lui-même de son mérite. C'est vraiment dommage que cet Anonyme n'ait pas eu de meilleurs mémoires. Il auroit réussi à nous donner une bonne pièce ; ayant le talent de bien écrire pour son siècle, et d'écrire avec pieté et un certain bon goût qui n'étoit pas commun.
Le jugement qu'Henschenius portoit de l'écrit précédent, ' Bollandus l'avoit déjà porté de la Légende de S. Germain, r *ip. m. 1. Evêque d'Amiens, qu'on suppose avoir souffert le martyre au V siècle. ' Ce sçavant Hagiographe ne laissa pas cependant de »*• l'illustrer de ses notes et de ses observations , à la prière du P. Jean Cauchie, Prémontré et Curé de S. Germain d'Amiens, qui prit soin.de le faire imprimer en 1645, et d'en donner encore une autre édition au bout de vingt ans. Cette édition diffère de l'autre, en ce que le P. Cauchie y a ajoûté quelques remarques de sa façon, avec un office du Saint, et sa vie en notre langue.
' Dans l'espace du temps qui s'écoula entre ces deux éditions, ub.ub^nov. 1. 1. le P. Labbe aïant déterré la môme Légende, mais sans la préface de l'Auteur, la publia dans sa nouvelle Bibliothèque de manuscrits. 'Enfin les successeurs de Bollandus l'ontdonnée à leur Boit. a>. p. ts9 tour, telle qu'elle avoit paru en 16G5. Seulement ils y ont joint m l'histoire de la translation du Saint, faite parle P. Cauchie, et le jugement qu'ils portent de l'ouvrage de notre Ecrivain anonyme.
11 est clair par la critique qu'ils en font, qu'ils n'en avoient pas une idée plus avantageuse que Bollandus. Ce n'est en effet qu'un tissu de prodiges, qui n'ont d'autre garant que des traditions populaires, et par conséquent tout au moins fort incertaines. La pièce au reste n'est pas mal écrite ; quoiqu'elle ne paroisse l'avoir été qu'après le X siècle, et tout au plutôt dans les premières années du suivant.
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