‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 41 sur 214 · Mai p · texte numérisé non relu

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192 RORICON, HISTORIEN,'

Il n'en est pas de même de l'histoire de l'invention du corps de Sainte Mastidie, vierge à Troies en Champagne, et des miracles qui la suivirent. ' Cette découverte se fit en 988, lorsque l'Evêque Milon faisanl aggrandir sa cathédrale et renouveller le maître autel, on déterra le corps de la Sainte en démolissant l'ancien autel. Dieu opéra plusieurs miracles alors et dans les années suivantes. Cependant l'Auteur de l'écrit dont il est ici question, s'est borné à ceux dont il avoit été témoin oculaire. Il en a joint la relation à l'histoire de la découverte du saint corps, qu'il a faite en peu de mots. Ces miracles arrivèrent en Avril del année 1007, auquel temps il est visible qu'il composa son écrit. L'Auteur étoit suivant toute apparence Chanoine de la cathédrale, qu'il nomme le monastère de S. Pierre, en donnant aux Chanoines la qualité de frères : ce qui montre c»mi.i. prom. P. qu'on y suivoit encore la vie commune, ' que l'Evêque Ma-1 56 nasse y avoit établie au siècle précèdent, à la persuasion de

S. Aderalde, Chanoine et Archidiacre de la môme Eglise. Bon. ib. P. us. ' Notre Ecrivain se plaint de n'avoir pû avoir les actes de la ' Sainte, soit qu'on eût négligé de les écrire pour la postérité, ou

qu'ils se fussent perdus dans la suite. C'est ce qui 1 a tenu sur la reserve à l'égard des actions de sa vie, comme des miracles P. 143. o. «o. qu'il n'avoit pas vûs par lui-même. Ainsi il étoit fondé ' à prendre J. C. à témoin, comme il fait, qu'il n'avance rien qui ne soit exactement vrai. Son écrit ne paroit pas fini ; parce apparemment qu'il se proposoit d'y ajoûter une suite de miracles, qui pouvoient encore s'opérer sous ses yeux. Le style n'en est point naturel ; et il s'y trouve des consonances presque à toutes les périodes. On s'y sert de circonlocutions pour exprimer les choses les plus communes. Par exemple, pour exprimer les yeux, on dit les fenêtres du visage, camut. ib. p. m- ' Camusat est le premier qui a publié cet écrit. Il l'a accom- 58, pagné de quelques observations sur la vie et le culte de la Sain-

P. se. te, ' dans lesquelles il a inséré une très-petite histoire, ou pour

mieux dire, un petit éloge de S. Aderalde, dont on vient de dire un mot. C'est probablement l'écrit de notre Auteur tel que l'a- Boii. ib. P. m. voit donné Camusat, ' qu'on traduisit en françois, et qui parut D- *• à Troïes en 1 625, sous le titre de vie de S. Mastidie, à laquelle

p ut t44. on ajouta celle de sainte Hélène. ' Depuis, les Continuateurs de Bollandus ont fait réimprimer le texte original sur l'édition de Camusat, après l'avoir illustré de leurs observations et de leurs notes.

XI SIECLE

■ Les mêmes Editeurs ont long-temps balancé, sçavoir s'ils • i. joi. P. m. pufclieroient une Légende de S. Linuere, que d'autres nom- n> 8-9-10ment Lunaire, et les Latins Leonorius. C'étoit, ce semble, un Fa&juc Regionaire qui passa de la Grande-Bretagne dans l'Armorique après le milieu du VI siècle, du temps de S. Samson et de S. Magloire. La retenue* de ces laborieux Hagiographes étoit établie sur le mauvais fonds de cette Légende, qui n'est qu'un tissu de prodiges plus extraordinaires les uns que les autres, et dénués de toute vraisemblance. ' Du Chesne, qui n'a Du Che$. 1. i. p. pas laissé d'en imprimer une partie dans son recueil des Histo- 533' Mx riens de France, et le sçavant Usserius, ont cru qu'elle avoit été écrite dans la Grande-Bretagne. ' Mais il y a beaucoup plus Bon. n>. p. 110. d'apparence que c'est la production de quelque Armoricain, n- 5* ou François d'ailleurs inconnu, et qu'il importe peu de connoilre. La raison en est, que cet écrit ne paroît avoir été fait, qu'à l'occasion de la translation des Reliques du Saint à Paris, sur la fin du X siècle, et de là à Beau mont sur Oise au diocèse de Beauvais. Il pourrait fort bien être de la façon de quelque Clerc de cette petite ville. Ce qu'il y a de vrai, c'est qu'alors la France et la Normandie jouissoient d'une paix profonde, ce qui convient au temps où nous le plaçons.

' A sa suite les Editeurs ont mis une autre Légende, qui n'est n. m. tw. t. proprement qu'un abrégé de la précédente, dirigé pour servir de leçons à la fête du Saint, et déjà imprimé dans le Bréviaire de l'Eglise de S. M;\lo de l'année loi 7, mais qui en a été retranché dans une édition postérieure. Cet abrégé ne diffère du fonds de l'original, qu'en ce qu'on y a substitué quelques nouveaux prodiges à ce qu'on a cru devoir retrancher de l'autre. ' Ces deux mauvaises pièces sont imprimées au premier jour de p. hb-i». Juillet dans le grand recueil des Bollandistes, avec des remarques historiques et critiques, qui valent incomparablement mieux que le texte.

Avant de passer outre il est bon d'avertir qu'on verra encore des Plagiaires dans le cours de ce siècle, comme au précèdent, parmi les Ecrivains de Légendes. II arrivoit effectivement, que plusieurs de ces Auteurs entreprenant de faire connoitre des Saints dont ils ignoroient l'histoire, avoient recours aux actes d'autres Saints, où ils puisoient suivant leur génie et le genre de leur entreprise.

Le plus souvent ils se bornoient à n'en tirer que certains traits, qu'ils cousoient à des traditions populaires. C'est ainsi qu'en ont

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