Tome VII. Bb
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i!H IIER IGER,
usé l'Auteur de la Légende de S. Germain d'Amiens, et l'ÏIistorien de S. Adalgise, desquels nous venons de parler. L'un a puisé dans la vie de S. Mercurial de b'rioul, l'autre dans celle de S. I "u rcy. comme on l'a remarqué.
Quelquefois ces Ecrivains allant encore plus loin, démembroienl les ancienes Légendes, et en tiroient tout ce qu'ils vouloicnl apprendre sur les Saints, dont ils entreprenoient de décrire l'histoire. Telle a été la conduite, comme on l'a vû, de l'Auteur de la Légende de sainte Eusebie, qui l'a prise de celle de sainte Rictrude, et de l'Historien du B. Pépin de Landen, nui a tiré ee qu'il en dit, de la plus ample vie de sainte Gertrude de Nivelle.
D'autrefois ces Historiens prétendus s'émaneipoient de travestir presque en entier les ancienes Légendes, alin de les aju- Lo Bauf, di*s. «. i. ster à leur dessein. ' l'Abbé le Beuf nous en a donné unexem- P. 51. 32. p|e frappant, à l'égard de l'histoire de S. Germain d'Auxerre par le B. Hoirie, Investie de la sorte en celle de S. Trophime, pre- Hisi. Lit.doia Fr. mier Evoque d'Arles. ' Nous en avons produit nous-mêmes a,6, p- a6°* 5U- d'autres assés singulières. Telle est l'histoire de sainte Gertrude travestie en celle de sainte Monlane. Telle est encore la vie de S. Evroul, Abbé d'Ouche, travestie en celles et de S. Ebremond, et de S. Albert. *
HERIGER,
Abbé de Laubes.
HISTOIRE DE SA VIE
si(t. «m. c. 137 1 ' F r EninER, ou Habiger, est regardé comme un Trit. scri. c. mm. £1 des principaux Ecrivains du commencement de ce siècle. Si l'en éloit assuré que la relation des miracles de sainte Bon. 3. fei). p. 383. Berlende lut son ouvrage, comme la vie qui les précède,' on " 12 ,5, auroit des preuves qu'il éloit né à Merbek, près de Ninove cam. ciir. p. 182. en Brabanl. Quoi qu'il en soit du lieu de sa naissance, ' il embrassa dès sa jeunesse la profession monastique à Laubes vers Hist. Lit. de li Fr. 9'k). ' Les Etudes v éloient alors florissantes, comme on l'a
Mab. art. t. 8. p. 1 Tous les anciens Auteurs lo nomment Hcriger. 11 n'y a quo quelques Modernes qui 599. n. 2. so sont avises U'ccriro Hariger.
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m ontré ailleurs. Heriger s'y appliqua avec tant de succès, qu'il ne tarda pas d'acquérir la réputation d'un des plus suivants hommes de son temps. Il fut chargé de la direction des Ecoles, dont \\ s'acquitta avec beaucoup d honneur. Olberl, <jui devint si célèbre dans la suite, lit ses premières éludes sous cet habile Maître, auquel il succéda depuis dans le même emploi. On peut aussi compter, ce semble, entre ses autres disciples, qui furent en grand nombre, Bouchard depuis Evêque de Wormes, dont il v a un fameux recueil de Canons, et Adelbolde, qui le fut d'Utrecht.
Souvent les plus grands hommes de Letres ne sont propres qu'à les cultiver pour eux mêmes, et les enseigner aux autres. Il n'en fut pas de même d'I (ériger. ' Notger, Evêque de Liège, Spw.i. 6. p. 390. aïant reconnu en lui une grande étendue d'esprit, et beaucoup d'intelligence pour les affaires et de dextérité à les manier, se servit utilement de ses conseils pour le gouvernement de sa maison et de son diocèse. Après ces premières épreuves, il mit encore ses talents à de plus grandes, qui furent aussi heureuses. Comme ce Prélat se trouvoit chargé des affaires d'Etat, pendant le jeune âge de l'Empereur Otton II, non seulement pour la Lorraine, mais encore pour l'Italie, il en partagea le soin avec Heriger, qui s'en acquitta en habile politique. Ce lui fut une occasion de faire connoitre dans les païs étrangers son scavoir et son mérite ; comme ils étoient déjà connus dans son propre pais.
'Tel étoit Heriger, lorsqu'en 990 le monastère de (.aubes iimi.
1)erdit Folcuin son Abbé. ' Après une vacance de plusieurs mois, cam. dur. P. tsi. es Moines élurent unanimement Heriger pour remplir sa place, et écrivirent aussi-tôt à Rothard Evêque de Cambrai, et à Notger de Liège , pour les prier de confirmer leur élection et de bénir l'Elu. On s'adressa aux deux Prélats conjointement, parce que Laubes étoit du diocèse de Cambrai, et dépemloit de celui de Liège pour le spirituel. En genre de letre, 'celle P. m-m. qui fut écrite à cette occasion, est un des beaux monuments de ce temps-là. Elle est à lire pour avoir une juste idée de tout le mérite d'IIeriger. On y voit que l'administration des affaires publiques n'avoit affoibli ni altéré sa vertu. Il y est représenté sous tous les caractères que S. Benoit fait entrer dans 1<- portrait d'un Abbé. C'est beaucoup dire; car on seail que ce saint Législateur a réussi à le tirer avec toutes ses perfections. Heriger, disent ses Electeurs, y ressembloit d'autant mieux, qu'il croïoit
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lui-même y avoir moins de ressemblance. Et ce qui le rendoit encore plus digne de remplir la place qu'on lui destinoit, c'est qu'il ne l'avoit ni ambitionnée ni recherchée par les voies delà iiart. »nec. t. 3. simonie, qui étoit alors si commune. ' La véritable raison de la p' 14!6* longue vacance après la mort de Folcuin, fut sans doute l'ab-
sence cTHeriger, qui n'éloit pas apparemment encore de retour du voïage qu'il avoit fait à Rome l'année précédente, en la compagnie de l'Evêque Notger.
spie. t. 6. p. 5oo. ' L'élection eut son effet ; et l'Elu reçut la bénédiction Ab- Sab ,an,*rl5iibD Dal'a^e 'e vingt-un de Décembre, jour de la fête de S. Thomas w. ' Apôtre de la même année 1 990. Ileriger devenu Abbé, donna
ses premiers soins à l'embellissement et à la décoration de l'église de son monastère. Il ne perdit point de vûe pour cela son occupation favorite, oui étoit l'Etude. On va voir par la liste de ses écrits, avec quel fruit il la cultiva. Enfin après avoir gouverné sagement son abbaïe pendant l'espace de aix-sepl ans presque entiers, il mourut en odeur de pieté le trente-unième d'Octobre 4007. C'est par erreur que d'autres mettent cette spic. ib. p. 69i. mort dès le jour précèdent. 'Le Continuateur de Folcuin dit clairement, qu'elle arriva le dernier jour d'Octobre, pridie Ka- S» t- *' p' ^en<^' Nw&nbris. ' Oudin la renvoie jusqu'en 1009, ou même * 1010. Il appuie son opinion sur ce que le Dialogue entre Ileri-
ger et Adelbolde étant le dernier écrit de notre Abbé, et Adelbolde n'aïant été fait Evêque qu'en 1008, cette mort ne peut être arrivée qu'un ou deux ans après. Mais c'est ici un pur paralogisme. En premier lieu il n'est point certain que ce Dialogue soit le dernier écrit d'IIeriger. D'ailleurs, quoiqu'en l'annonçant Sigebert qualifie Adelbolde Evêque d'Utrecht , il nq spic. ib. le fut que dans la suite. ' C'est ce que le Continuateur de Fol-
cuin, plus ancien de quelques années que Sigebert, explique de façon à n'y laisser aucune difficulté, en disant qu'Adelbolde étoit alors Clerc de l'Eglise de Liège, ibid. ' Heriger fut enterré dans la chapelle de S. Thomas , qu'il
avoit fait construire. Il paroît qu'il avoit une vénération particulière pour cet Apôtre, parce qu'il avoit été béni au jour de sa fête. La tradition de son siècle portoit, qu'il s'étoit opéré quelques miracles à son tombeau. Sur quoi l'un de ses Histo-
Gall chr noy 13 1 ' Quc,Ilne* Ecrivains renvoient celle fil en 990. comme la marque la Chronique
p y ' cérémonie à l'année suivante 991, prul-elrc do Lauhe<, et que le supposent les du-sepi
»ur la longue vacaucc depuis la mort «le ans qu Herig«r fut Ail*, étant mort des
Folcuin. Mais il est incontestable qu'elle se 1007, le 31 d'Octobre.
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riens ajoûte, que comme il nedoutoit point de sa sainteté dévie,
il ne douloit point non plus qu'il n'en eût reçu la récompense
devant Dieu, ' S. Geraud, fondateur de la Sauve-Majour, at- Mah. aci.t.6. Pi.
teste qu'Heriger passoit pour un des plus célèbres entre les sca- " *7'
vants de son siècle : inter sapientes habehalur celeberrimus.
' Sigebert dit aussi, qu'il s'éloit rendu illustre par son érudi- sig. scri. c. 137
tion, ' etTrilheme, qu il avoit un aussi grand fonds de Lileralure Mi. «cri. c. aw.
profane que sacrée. 'Bernon,Abbé de Ilichenow, presque con- Pez. ancc. t. 4.
temporain d'IIeriger, nous le donne pour un homme d'une pr' p- 7' n' 7l
grande autorité en son siècle.
SES ECRITS
Sigebert de Gemblou, qui florissoit dès la fin de ce siècle, et Sif. ib. | Spic. t. 6. le Continuateur de l'histoire de Laubes, qui écri\ oit quel- p' 591 * ques années avant lui, ne nous font connoitre en particulier que cin j ouvrages de notre seavant Abbé. Mais ce dernier Ecrivain lui en attribue plusieurs autres en général , qu'Heriger ne publia pas de son vivant, et qu'on n'a reconnu lui appartenir que . dans la suite.
1°. ' Le plus intéressant est l'histoire, ou les Gestes des Evô- Lcod. bis.t.i.p.i. ques de Tongres, de Mastrich et de Liège, qui suivant l'opinion commune, n'ont fait successivement qu une seule et même Eglise. L'ouvrage commence à S. Materne, qui passe pour en avoir été le premier Evêque et conduit la suite de l'histoire jusqu'à S. Remacle qui en est compté pour le vingl-sepliéme.
Quoique la possession de cet ouvrage soit assurée à Heriger par l'autorité des deux Ecrivains cités, et l'adhésion des siècles suivants, on est cependant obligé de reconnoître, qu'il lui est commun avec Notger, Evêque de Liège. En voici la raison. ' Ce Prélat dans sa préface, ou épitre dédicatoire à la tête de la sur. 3. »oP. P. n vie de S. Remacle, assure qu'il a recherché de toutes parts, et 18recueilli avec soin les actes non seulement de ce saint Evêque, mais aussi de tous ses prédécesseurs et successeurs jusqu'au temps qu'il écrivoit, et que c'est de là qu'il a tiré l'histoire de S. Remacle. Or celte histoire est la même que celle du même Saint dans l'ouvrage d'Heriger, dont elle fait la dernière partie, depuis la page 81 jusqu'à la 97. 11 n'y a de différence aue celle qu'y a mis Surius par les changements, et peut-être les additions qu'il a faites dans son édition. D'ailleurs répitre dédica-
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