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loire de Nolger, hors l'inscription, est ce qui forme le premier chapitre ou la préface de l'ouvrage d'Heriger.
II n'y a donc point d'aulre moïen de concilier des preuves si manifestement opposées, qu'en disant que cette histoire des por.i f-i. p.r.To. Evêques de Liège est un ouvrage commun à Nolger et à Heîlei? '|,S**'« SV riger. 'C'est le tempérament que le docte Bollandus et les Ani)2 l> 'b' Bibliographes de la Gaule Belgique y ont apporté, et qui est fondé sur l'étroite union qui éloit entre ces deux grands hommes. Il ne seroit effectivement ni juste, ni raisonnable de regarder l'un ou l'autre comme plagiaire. Mais il sera arrivé que Nolger aïant recueilli les matériaux pour cette Histoire, aura laissé à Herigcr le soin de les mettre en ordre, lui abandonnant l'économie et la direction de l'ouvrage, lleriger de son côté, voulant rendre justice au travail de Notger, aura mis à la tête l'écrit où il marque la part qu'il y a eue. Dans cette hypothèse, qui a un juste fondement, tout s'accorde à merveille.
Il ne seroit plus question que de sçavoir pourquoi lleriger n'a pas poussé cette histoire jusqu'à l'Evoque Nolger, qui dit expressément qu'il avoit amassé les monuments jusqu'à son épiscopat. Mais c'est ce que les anciens Auteurs n'ont pas jugé à Bon. ib. propos de nous apprendre. ' Le judicieux Bollandus croit que la suite de l'ouvrage , qui comprenoil les actes des dixnuit Evoques, est du nombre de ces écrits que composa nôtre scavant Abbé, mais qu'il laissa dans l'obscurité sans les donner au public. On ne sçauroit dire non plus, si ces matériaux ont servi à Anselme, à* Alexandre et aux autres oui ont continué l'histoire des mêmes Evêques depuis S. Remacle. i.rci. hi*. i. i.p. ' Jean Chapeaville, Chanoine et grand Vicaire de Liège, ,'98' a publié l'ouvrage d'IIeriger à la tête des autres Auteurs, qui
ont écrit l'histoire des Evêques de celte Eglise. Le recueil est w ib. | Andr. en trois volumes in-4°. qui parurent à Liège en 1612. ' Les ,b' Bibliograhes de la Gaule Belgique , que nous venons de ci-
ter, et qui dévoient bien connoilre cette édition , la marque fcwe p. w». i i néanmoins de l'année 1613. ' M. Cave, Oudin, et ceux qui 2» 'i^upp.*' p- lesonl copiés sont tombés dans la même erreur. Nous avons 320- observé autre part, que celte même édition a été décorée d'un
frontispice poslichc, qui porte l'année 1618 afin d'en imposer au public, et lui faire croire, qu'il y en auroit eu une nouvelle édition. Mais c'est entièrement la même, sans le moindre changement , que le frontispice frauduleux. Le texte
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d'Heriger y est accompagné des observations de l'Editeur, et ' de Giles de Liège Moine d'Orval, comme faisant partie du texte, sans diversité de caractères, ce nui est capable de tromper un Lecteur peu attentif. ' Dom Martene et Dom Durand Mart. am. r.oii. t. avoient trouvé dans un manuscrit ancien de six cents ans, l'ou- *• p- **3, vrage d'Heriger beaucoup plus entier, que ne l'a donné Chapeaville. Mais ils n'ont pas cru qu'il valût la peine qu'on en marquât les variantes, encore moins qu'on le réimprimât, tant il est rempli de choses douteuses, incertaines et quelquefois fabuleuses. Il s'y agit des premiers Evêques de Tongres, de Mastrich et de Liège, sur quoi l'on n'a voit effectivement que des traditions fort éloignées de leur source, et par conséquent dénuées de vérité.
2°. ' Un autre ouvrage d'Heriger, entre ceux que le Conti- spte. a>. i sig. tb. nualeur de Folcuin et Sigebert nous font connoitre, est la vie en vers héroïques de S. Ursmar, Evêquc et Abbé de Laubes, mort au VIII siècle. On a vû qu'Anson l'avoit déjà écrite en prose, qui fut ensuite retouchée par le fameux Rathier, et que Folcuin avoit amplement parlé du même Saint, et de ses miracles dans son histoire de l'abbaie de Laubes. Heriger avoit sans doute connoissance de tous ces monuments ; et il est à présumer qu'ils lui servirent de guide dans l'exécution de son dessein. Sigebert jugeoit qu'il y avoit assés bien réussi, laiidabilitcr. Mais cet Ecrivain n'étoit pas bon Juge en matière de Poésie. o«id. Scn. ib. p. ' Oudin au contraire n'en parle qu'avec un souverain mépris, et 48r blâme les successeurs de Bollandusde s'être arrêtés à imprimer quelques-uns de ces vers d'Heriger. 'Ce qu'ils en ont publié, Bon. ir. apr. P. se réduit à très-peu de chose, et se lit au dix-huitiéme de leur &58, n* *• mois d'avril. 'Dom Mabillon en a donné davantage, et jus- Mab. an. t. 4. p qu'à cent cinquante-quatre vers. Le poeme en contient un 608 6npeu plus de mille, ' et a été imprimé en entier l'an 1628, avec cave. ib. d'autres monuments, pour l'histoire de l'abbaie de Laubes, par les soins de Dom Giles Waulde Moine du lieu. 'Il sem- Bon. ib. ble que les doctes Bollandistes aient ignoré cette édition; puisqu'ils offrent la copie qu'ils en avoient tirée d'un manuscrit de Gemblou, à quiconque seroil curieux de publier la pièce. 'El- Mab. ib. P. 557. le se trouve aussi dans un autre manuscrit de l'abbaie de S. Van- "* *' ne, dans lequel elle est divisée en deux livres, selon Dom Mabillon, ' ou en quatre selon Oudin. oud. ib.
3°. 'L'Historien anonyme de Laubes et Sigebert, conti- spic.ib. |sig. a>. nuant le catalogue des écrits d'Heriger, marquent une letre à
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M art. anoc. I. 1 p. 412-118.
cive.ib. un certain Hugues sur diverses questions. ' M. Cave la croïoit perdue; mais Dom Martene et Dom Durand, l'aïant heureusement recouvrée, ' en ont fait présent au public. Elle est fort longue, quoiqu'elle ne soit pas entière; et sa prolixité lui mérileroit bien le titre de traité. L'Auteur y répond à quelques difficultés que Hugues lui avoit proposées, et y en ajoute d'auî*"*. 8Ï!'nn°28. '* tres qu'il résoud en parlie. 'Ce Hugues est probablement le même qui fut depuis Abbé de Laubes, et qui avoit été aupajart. ib. p. «7. ravant compagnon d'Etude, ou plutôt disciple d'Heriger. 'Les Editeurs ont donné un petit fragment de sa letre qui feroit juger qu'ils Tavoient en main.
Heriger dans sa réponse fait voir un homme de bon sens et d'une grande érudition, qui avoit quelque critique. Mais son discernement n'étoit ni assés éclaire, ni assés étendu. 11 laisse la plus part des difficultés sans y donner les éclaircissements nécessaires. Nous avons déjà rapporté ailleurs quelques traits de sa critique, qui pourroient suffire pour donner une notion de son écrit. En voici quelques autres, qui y contribueront encore.
Les premières questions de Hugues rouloient sur la célébration de la Pàque, et le comput ecclésiastique pour en trou-
p. h:m!5. ver ]e véritable jour. ' Heriger répond que ce jour étant fixé par le Concile de Nicée, ne souffre aucune difficulté. Mais que pour le trouver on doit préférer les supputations des Grecs a celles des Latins, et montre en conséquence que le Cycle
p- V* de Denys le Petit étant erroné n'est point à suivre. ' Il a glissé
par incident dans ce qu'il dit à ce sujet, une opinion assés singulière, touchant le paralytique de trente-huit ans guéri par J. C. Il prétend, que ce fut le même qui au temps de sa Pas-
p m- sion lui donna un soufflet. ' Il paroit que ce fut un des derniers ouvrages de l'Auteur, qui dit n'avoir pû lui-même le rédiger par écrit, à cause de l'affaiblissement de sa vùe. Spic. ib. i sig. ib. \o > ^ériger, selon les deux Ecrivains qui nous servent de guide, composa un Dialogue entre lui et Adelbolde, alors Clerc de l'Eglise de Liège, et depuis Evêque d'L'trecht. Le titre en étoit conçu en ces termes : De dissonantia Ecclesiœ de ra.W"' ,0" *" p" wlwntu Domin 'i. ' Titre que M. du Pin a rendu de la sorte : « De la discorde de l'Eglise, et de l'Avènement du Seigneur » ; ce qui est contre le dessein de l'Auteur, et le véritable sujet de l'ouvrage. Il s'y agissoit de la diversité qui étoit alors dans l'Eglise, touchant TAvent qui précède la fête de Noël ; les uns
le
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le commençant plutôt, les autres plus tard, comme nous l'avons exposé ailleurs. ' Bernon , Abbé de Richenow , est le Pcx. anec. I. 4. seul qui nous donne une juste idée de cet écrit, non pour l'a- j&flp a„. tn<;»7 1 voir lû par lui-même, mais sur le rapport de ceux qui en avoient 1 p- M7pris la lecture. Heriger y montrait par des raisons plausibles, que c'étoit aller contre l'institut des Pères, que d'admettre plus de quatre dimanches dans l'espace de ce saint temps , lorsque Noël tombe le lundi. Pour l'écrit en lui-même, il est encore enseveli dans l'obscurité , ou même perdu sans ressource.
5°. ' Le Continuateur de Folcuin et Sigebert attestent spk.ib. |Og. u>. encore, qu'Heriger avoit composé un traité du Corps et du Sang de Jésus-Christ, dans lequel il avoit recueilli grand nom- Are de passages des Pères de l'Eglise contre Pascase Radbert. La notice que ce titre nous donne de l'ouvrage, convient parfaitement' à l'écrit imprimé sans nom d'Auteur par les soins on. M§. c«t. p. <fa P. Cellot, à la suite de son Histoire de Gothescalc. il n'est MI'M8 don c pas surprenant, ou plutôt il étoit tout naturel que Dom ^i>illon prît ce traité anonyme pour celui d'Heriger. Mais ^ré cette grande ressemblance entre l'un et l'autre, et tou- .e* les raisons de Dom Mabillon, on est obligé de reconnoîl'écrit publié par le P. Cellot appartient au Pape Sil-
e^*-*ell. ' C'est ce (jue nous avons montré par des preuves m», lu. de u Fr. V ne souffrent point de réplique. Quant à celui d'Heriger il *• 6- p 587 588 eu le même sort que son Dialogue sur la durée du temps VA vent. On sçait au reste, qu'en ces écrits sur l'Euchansil ne s'agissoit point du fonds du dogme, mais seulement la manière que s'étoit exprimés quelques Auteurs en trai- ^*TU de ce mystère. ' Possevin, et d après lui Casimir Oudi n Pots. app. t. 1. p. ^ï"étendent, que celui d'Heriger n'étoit point contre Pascase }f *ri' 1 Radbert, mais contre Ramier Evêque de Vérone. Prétention frivole qui vient se briser, ' contre l'autorité de nos deux spie. a>. | Kg. ib. garants presque contemporains, qui nomment expressément Hadbert, et non Ratliier.
6°. Heriger a aussi composé la vie de sainte Berlende, ou Bellende , mal nommée Herdelende par d'autres. C'étoit u Long, bft. k. une Vierge de Merbek en Brabant , morte vers le commen- p Mcernent du VIII siècle. ' Bollandus avoit déjà publié cette Boii. 3. f«b. P. vie comme un écrit anonyme , avec de suivantes observations, 377'381 au troisième jour de février. ' Mais Dom Mabillon l'aïant trou- m«j>. «t. t. 3. p. vée dans un manuscrit avec la petite préface, qui manquoit Tome VI î. Ce
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dans ceux dont s'étoit servi Bollandus, l'a rendue à son véritable Auteur. Heriger ost effectivement designé dans cette préface par la première letre de son nom, et s'y qualifie le dernier des Moines de Laubes : ce qui montre qu'il fit cet écrit avant qu'il en fût Abbé. Oulre ces caractères qui découvrent Heriger, ceux de l'écrit annoncent un Auteur qui écrivoit sur
p. n. n. 3. la fin du X siècle, ce qui lui convient aussi. ' On y voit que le roïaume de Lothaire avoit alors des Ducs, et portoit le
p. 16-îi. nom de Lorraine. ' Dom Mabillon a fait réimprimer l'ouvrage d'après l'édition de Bollandus, collationée au manuscrit, dont il a été parlé, et l'a accompagnée de quelques notes historiques et lopographiques.
P. te. n. i. ' L'Auteur l'adresse à un ami nommé Gérard , qui le lui avoit demandé depuis longtemps, et s'excuse de ce délai, sur ce qu'il n'avoit pû avoir à sa volonté les mémoires nécessaires pour l'exécution de ce dessein. 11 avoit besoin de ce secours , pour écrire sur des événements arrivés depuis trois siècles presque entiers. Cependant les mémoires fournis n'étoient rien
P m. n. i8. moins qu'exacts, ' comme il paroît en ce que l'Auteur dit sur S. Audbert Evêque de Cambrai, et d'un Norbert qu'il suppose Evèque de Tournai, où il n'y en eut jamais de ce nom. Us ne contenoient non plus rien de fort intéressant pour l'Histoire. Celui qui les avoit dirigés s'étoit laissé aller au génie de ces temps-là , qui étoit tourné aux choses extraordinaires et aux prodiges. Cette sorte de faits y sont cependant assés bien circonstanciés, et rapportés sans affectation. Ce qui nous y a
n. i6. paru de plus remarquable, ' est l'endroit qui prouve, que la
Cathédrale de Toul étoit deservie par des Moines, peu de temps après la mort de sainte Berlendc. Bon ib. p. 38i- A la suite de cette histoire,' Bollandus a imprimé une rela-
f lion des miracles de la Sainte, qui n'appartient point à Heri-
ger. C'est la production de quelque Clerc de Merbek, qui assure les avoir appris de persones dignes de foi, ou les avoir vûspar lui-même. Il n'écrivoit qu'un certain temps après notre Abbé ; et c'est tout ce qu'on peut dire de moins équivoaue touchant le temps auquel il a fleuri. Sa préface est fort édifiante, et montre un Ecrivain bien instruit de sa religion. Mais ce qu'il a fait entrer dans sa relation, n'est guères intéressant.
Mab. ib. i. 4. p. 7e. ' A la suite de la vie de S. Ursmar en vers héroïques, 4 dans le manuscrit de S. Vanne, dont on a parlé, vient une
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histoire de S. Landclin, premier fondateur de Laubes, en ir.ême genre de versification. Quoiqu'elle ne porte pas le nom d'Heriger, Dom Mahillon ne laisse pas de croire qu'elle lui appartient, tant à cause qu'elle est placée immédiatement après un autre de ses ouvrages dans le même manuscrit, qu'à raison du même génie de versification qui règne dans l'un et l'autre, et de la même étymologie qu'on y donne au mot de Crespin, un des monastères que fonda S. Landclin en Hainaut. Du reste, ce poëme n'a rien au-dessus de celui sur S. Ursmar, soit pour l'histoire, ou pour la poésie. L'Auteur y aura apparemment été dirigé pour les faits qu'il y a fait entrer,' par les deux h», lu. do u Fr. vies du Saint écrites en prose dès le VIII siècle, desquelles 1 *' v' 70 71 nous avons rendu compte en leur lieu.
8°. ' On donne aussi à Heriger la vie de S. Landoald, Prê- Mab. a>. i. s. P. tre, un des compagnons de S. Amand de Mastricht, et l'his- jg^ p'ai^ytoire de la translation de ses reliques, et de celles de ses Asso- v°«- «»• ^Jciés, de Windohaim à Gand. Mais cette attribution souffre t. s. p. mparmi les Critiques presque les mêmes difficultés , que celle *87' de l'Histoire des Evêques de Liège. Il y a cependant plus de lumière pour les éclaircir. Il est incontestable que l'épitre dédicaloire est l'ouvrage de TEvêque Notger. Il ne l'est pas moins,
Sue le reste de l'écrit est la production de la plume de l'Abbé e Laubes. 'C'est un Auteur contemporain, Moine de S. Ba- Bon. 19. dut. p. von de Gand, oui nous en assure, en écrivant sur le même su- 45 ■ ■• 15 jet. 11 n'v a qu à rapporter en abrégé ce qu'il en dit pour lever toute difficulté. L'Abbé de S. Bavon, qui étoil alors Womar, aiant reçu les reliques des Saints dont il est ici question, députa des frères de sa communauté vers TEvêque de Liège, pour le prier de sçavoir de ses Ecclésiastiques, s'ils avoient quelque connoissance'de ces Saints et de leurs miracles, et de vouloir bien lui envoïer par écrit ce qu'il en apprendroit. Notger assembla son synode, et lui lit part de la prière de Womar. Les Clercs qui étoient au fait des miracles de ces Saints, soit pour les avoir vus par eux-mêmes, ou les avoir appris sur le rapport d'autrui, en rendirent témoignage. Tout fut écrit par ordre du Prélat, qui chargea Heriger , mialifié ici Maître, parce qu'il enseignoit , ou avoit déjà enseigné , 'et habile Musicien , d'y donner la forme : ce qu'il exécuta, ajoute l'Ecrivain anonyme, en un style concis, clair et avec éloquence. Rien de plus trenchant que ce témoignage en faveur d'Heriger. Si Vossius et Oudin a\oient lû cet endroit, 'le premier n'auroit pas insis- a,. P. m
Ccij
•Oud. ib.
Itolt. ib.
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lé à refuser cet ouvrage à notre Abbé ; " et l'autre n'auroit pas adopté cette opinion. L'écrit étant sorti des mains d'Heriger, ' Notger lui donna son approbation, le munit de son sceau, et l'envoya à Womar.
' Celle approbation n'est autre que l'épitre dédicatoire qui se lit à la tête sous le nom de Notger. Elle est en date du dix-neuviéme de Juin 980, indiction huitième, la neuvième année de son épiscopal, et la huitième du règne d'Olton II depuis la mort de son pere. Il n'est point d'ouvrage dont l'époque soit plus clairement marquée.
On distingue dans celui-ci quatre parties, comprises en autant dè chapitres, dont on a fait une division plus générale en les partageant en deux livres. ' La première partie est employée à rapporter ce que l'Auteur sçavoit des actions de S. Landoald et ses Compagnons : c'est-à-dire, le peu qu'il en avoit tiré de la Légende de S. Amand, et appris d'une tradition populaire, éloignée de sa source de plus de trois siècles. Aussi Heriger y fait-il beaucoup de fautes contre la chronologie et la vérité de l'histoire, desquelles les Editeurs ont pris soin de faire la censure. 'Dans la seconde partie, l'Auteur fait l'histoire des diverses translations de ces Saints à Windohaim , ou Wintershoven ; ' dans la troisième partie, la relation des miracles qui s'y opérèrent ; ' et enfin il décrit dans la quatrième la translation qui se fitàGand, et les miracles qui l'accompagnèrent, et la suivirent en partie. 'Heriger nous indique cependant une des sources où il avoit puisé, moins éloignée que le siècle où vivoit S. Landoald, mais qui n'étoit apparemment guéres plus pure que les traditions populaires. C est le rapport que faisoit un Prêtre nommé Sarabert, sur ce qu'il en avoit appris de deux autres personnes, qui disoient avoir lû la vie du Saint et de ses compagnons, laquelle avoit été réduite en cendres depuis quelques années dans les dévastations des Hongrois.
Heriger ne s'élant pas assés étendu, au gré de quelque Ecrivain postérieur, sur la dernière translation, 'celui-ci entreprit d'y suppléer par une histoire plus prolixe, que les Editeurs ont publiée en forme d'apendice à l'ouvrage de notre Abbé. Celle histoire est fort bien écrite ; mais ce n'est qu'un abrégé d'un autre écrit, dont on va rendre compte. Dans quelques manuscrits, nommément celui de Hougeval, on l'avoit cousue à l'ouvrage d'Heriger, dont on avoit retranché certaines choses, et dont elle fuiissoit le premier livre, et commençait le second.
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' En 982 le treizième de Juin, trois ans après la translation i». «.v*7. des Saints à Gand, Lindulfe Evêque de Noïon en fit l'élévation avec grand appareil. Un Moine anonyme de S. Bavon, témoin oculaire de tout ce qui se passa à celte cérémonie, entreprit au bout de quelque tems d'en écrire l'histoire pour la postérité. Et afin de rendre son ouvrage plus intéressant, il y fit entrer une histoire de la translation même et de quelques miracles, beaucoup plus détaillée que celle qu'en avoit publiée Heriger, et queJ'Ànonyme avoit sous les yeux. C'est de cet Auteur, qui avoit le talent de bien écrire pour son siècle, que nous avons copié le trait historique qui concerne le travail d'Heriger.
' Les successeurs de Bollacdus ont publié ces trois écrits, à p m-c. la suite les uns des autres, avec des observations préliminaires et des notes, qui y répandent une grande lumière. ' Surius les sur. 19. mu P avoit déjà imprimés, mais non pas si entiers, et en attribuant a Nolger Evêque de Liège celui qui appartient à Heriger. Il a retranché de l'ouvrage de l'Anonyme de S. Bavon, presque toute la première partie, oui contient l'histoire de la translation, et n'a retenu que celle de l'élévation par l'Evêque Lindulfe. En rapprochant le texte de celle-ci du texte de l'édition des derniers Editeurs, on y découvre quelques variantes, au sujet des Conciles tenus à Heims et à Noïon, pour vérifier les Reliques des Saints dont il s'agit. Cependant Surius ne dit point avoir touché au texte de l'ouvrage.
9°. On croit aussi devoir transporter à Heriger la vie de S. Remacle Evêque de Mastricht, ' que Surius a publiée au ' "pt. p «. » troisième de Septembre, sous le même nom de Notger Evêque de Liège. Mais cet honeur n'appartient à notre sçavant Abbé au'à proportion de la part qu'il a eue à l'histoire des Evêques de la même Eglise. ' Cette vie en a été effectivement tirée, et Jjod. w* » * pen fait la dernière partie. Surius en a défiguré le style dans son édition ; et c'est là toute la différence qui se trouve entre l'une et l'autre, comme on l'a déjà observé plus haut. Cet écrit dans Surius est adressé à Werenfride Abbé de Stavelo, par une épitre dédicatoire qu'on a transportée , hors l'inscription, ' à la p tête de Phistoire des Evêques de Liège.
A la page 94 de notre V volume, nous avons donné une notice d'une autre vie de S. Remacle, beaucoup plus anciene gue celle d'Heriger. Si celui-ci l'a connue, comme il lui étoit facile, puisqu'elle se trouvoità l'abbaïe de Stavelo, en faveur de
Itoll.
.v.s.ecle. 206 HERICER ,
laquelle elle avoit été principalement écrite, il ne parolt pas ii. » jan. p. qu il en ait fait grand usage. ' Il a beaucoup plus puisé pour les
i|u ii m» ui b iuii giuuu iioago< u u u^uuvuuu jiiuu |/ui>» uvus
trois premiers Evêques de Tongres, dans 1 Historien Goldscher, Moine de Trêves.
« H»i p. aïs. sis. 10°. 'Les Continuateurs de Bollandus, parmi les monuments
pour servir à l'histoire de S. Servais Evôque de Tongres, en i.eod. las. 1. 1. p. ont imprimé un sous le nom d'Heriger. Mais ' ce n'est qu'un
fragment de son recueil sur les Ev êques de la même Eglise, qui P. 3i-48. comprend tout ce qu'il a dit de ce même Prélat, ' ji quoi Giles
de Liège, Moine dOrval, a fait des additions beaucoup plus Don. e. feb. p. amples que le texte original. ' Les mêmes Hagiographes, ou
plutôt Bollandus leur chef, en a usé de même dans l'histoire de i.*od. h», u.. p. S. Amand,Evêque de Mastricht ; y ayant fait entrer' ce (jue
ituii. ie. jni. p. notre Abbé dit de ce Prélat dans le même recueil. ' Ce que 1 on S.' ibf P! ità'. trouve au seizième de Juillet de la continuation de Bollandus, sur S. Monulphe, est encore tiré de l'ouvrage d'Heriger, quoique publié sous le titre d'un Anonyme. Il en est de même d'une vie de S. Perpétue, Eyêoue de Liège, citée quelquefois sous le nom d'Heriger dans le nouveau Glossaire de Du Cançe. Ce n'est que ce que notre Abbé en a écrit dans son Histoire générale.
11°. Quoique Heriger donnât sa principale application à l'étude des sciences ecclésiastiques, il ne laissa pas d'étudier les Mathématiques. Il cultiva particulièrement l'Arithmétique, qui est la première aile du Mathématicien, et fit au moins un écrit hu. ut. de 1» Fr. sur cette faculté de Literature. ' Son ouvrage tendoit à explit. e. p. 578-580. qUer YAbaçu^Qu Tables de Gerbert, qui paroissoient inintelligibles à plusieurs, comme il a été dit en donnant une notice de cet Abacus. Cette explication d'Heriger porte divers titres ood. ib. p. 488. dans les manuscrits où elle se trouve. ' Dans celui in-folio de la Bibliothèque de l'Université de Leide elle est intitulée : Ra- Aibw. cbr. par. «. tio Abaci seamdum divum Harigerttm. 1 Alberic de Troisfonp- w- taines, qui en parle avec un certain mépris eu égard à son objet,
qui est peu intéressant, la nomme : Regulœ numei vnim super « * • Abacum Gerberti. ' Dom Pez, qui l'avoit vûe dans un manuscrit de l'abbaïe de S. Emmeram à Ralisbone, en donne le titre en ces termes : Incipiunt Regulœ hertgeri in Abacum . Et afin de la mieux faire connoitre, il rapporte les premiers mots du corps de l'ouvrage, tels que nous les copions ici : Sidividitur vtique major per minorera, dividendus accipit denominationes aut ex loto dividendûy aut ex partibus, aut ex neutro ; sed denominantur per différent ias divisons.
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12°. Heriger fit usage de la connoissance qu'il avoit de l'Arithmétique, pour écrire sur les cycles de Pâque. ' Au temps de S^nd. Iii!». bel; Sanderus on voïoit encore entre les manuscrits de l'abbaïe de ""• par- 2 p 24 Liessies en Hainaut, un de ses ouvrages en ce genre et sous ce titre: E pis to taris responsio de Cyclo Pascali, et ejusmodi contra Dionysium exiyuum Abbatem. Mais si ceux qui sont à portée d'examiner ce manuscrit, vouloient se donner la peine de le faire, nous sommes presque persuadés qu'ils reconnoltroient que ce n'est que la partie de la Réponse de notre Abbé aux questions du Moine Hugues, dans laquelle il montre que le Cycle pascal de Denys le Petit est erroné, comme nous l'avons remarqué plus haut, et dans laquelle il fait observer la différence qu'il y a entre cet ancien Auteur et le vénérable Bède, touchant l'année de la Passion du Sauveur. Peut-être est-ce la Réponse en entier. Dans ce cas on auroit formé son inscription de ce qui en fait le sujet principal.
13\ ' Trilheme et Possevin, peut-être d'après lui, attribuent Jru. «ri.c. aoe i encore à Heriger un traité des divins Offices. Quoique ni le oss ' 1 ' Continuateur de Folcuin, ni Sigebert n'en fassent pas mention dans le catalogue des écrits de notre Abbé, ' Oudin ne doute oud. ib. p. tti. point qu'il n'ait travaillé sur ce sujet. 11 prétend même que le 488 traité qui porte le même titre dans Alcuin que celui qu'on donne à Heriger, est son propre ouvrage. Il est certain, que ce traité qui n'est qu'un composé de pièces de rapport, appartient à un Compilateur postérieur au X siècle. Mais on n'a pas la même certitude qu il soit de la façon d'Heriger. On peut consulter 'ce que nous en avons déjà dit ailleurs en divers endroits h«. Lit. -icia Fr.
de nos volumes précédents. p. ht. *oi.
Seulement il y a des preuves que notre Auteur a composé quelques pièces pour enrichir l'ofnce divin ; et comme il étoit habile Musicien, il est à croire qu'il les nota aussi. ' Telle est spk. ib. l'hymne à l'honneur de la Sainte Vierge, qui commence par ces mots : Ave per quam. Telles sont les deux antienes à l'noneur de l'Apôtre S. Thomas : 0 Thoma Didyme, et 0 Thoma Apostote !
En parlant des poésies d'Heriger, on a fait observer qu'elles retiennent tous les défauts de celles de son temps. Sa prose vaut un peu mieux, et peut lui mériter de tenir le milieu entre ceux de ses Contemporains qui avoient le talent de bien écrire, et ceux qui le faisoient mal. Quant au choix des choses et à la manière de les rapporter, 'd'habiles Critiques remarquent, qu'il Boiue.jui.p.wjM.
¥i€f.ri, 208 NOTGER.
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aimoit mieux dire vrai, que d'affecter de passer pour éloquent en débitant des choses fabuleuses. Que s'il en a avancé d'incertaines sur les premiers Evêques de Tongres, il l'a fait avec reserve; et d'ailleurs il n'avoitrien de meilleur sur des temps aussi éloignés de lui.
NOTGER,
Eyéque de Liège.
1YT^TGER 1 r^UIHSS°iï à une grande naissance une émilm4. us. t. i.p. 1^1 nenle vertu, et beaucoup d'érudition pour son temps. f°p.°4«' Kn' l" H nâquit en Souabe d'une anciene noblesse. Si l'on en croit un Moderne, il étoil neveu de l'Empereur Otton I, et cousin germain d'Olton II, pere d'Otton III. 'Dieu avoit mis en lui de L«od. bis. ib. si heureuses dispositions, que dès sa première jeunesse il alla toujours de vertu en vertu, se portant du bien au mieux, et du mieux au parfait. Après avoir fait avantageusement de bonnes études, il passa à la Cour, où il se distingua par son sçavoir et la probité de ses mœurs.
Ses Historiens ne font aucune mention de sa profession Mab. «et. t. 7.p. monastique. Mais elle se trouve attestée par d'autres, qui mé- !i ! ?. 'S'iïàr!; ritent d'en être crus. Ce fut à l'abbaïe de S. Gai que Notger mi', m": Loi4.' p* se consacra à Dieu. Au moins est-ce de là qu'Odillon Abbé de Stavelo le fit venir pour lui confier la direction des Ecoles de sa maison. Notger y eut vraisemblablement pour disciples Adelmanne, qui fit par son sçavoir et sa vertu l'ornement de ce monastère, et peut-être aussi le Philosophe Eggihard, autre Moine du lieu, avec Wolbodon, depuis Evêque de Liège. Au bout de quelque temps il retourna à son premier monastère, dont il tut Prévôt, ou Prieur claustral. Ainsi ce fut de S. Gai qu'il passa à la Cour, où il y a toute apparence que l'attira Brunon frère d'Otton 1, qui avoit la noble émulation d'y
appeler,
Garb. «p. par. 1. 1 O Prélat e$l presque aosti souvent fois le nom deKotcher. ' Cerberi le nomme ■p 30. 39. 41 49. nommé Notlvr. que Notger dans tes anciens plus ordinairement Notegaire. monuments. Ils loi donnant aussi quelque-
appeller, comme on l'a yû, tous les sçavants de sa connoissance.
Everacle, Evêque de Liège, étant mort en 971, après une Mart. anec. i 3. vacance de quelques mois, on élut Notger pour remplir sa Shr.UJf. û 3G"p. place. Il fut ordonné l'année suivante avant le mois de Juin, 8*5par S. lieréon, Archevêque de Cologne son Métropolitain. Le nouvel Evéque fit monter avec lui sur le siège de son Eglise, toutes les éminentes qualités qui font les plus grands Prélats. Il seroit difficile de décider en quoi il excella davantage, ou dans l'heureuse administration du temporel de son Eglise, ou dans le bon gouvernement du spirituel.
' Pour ce qui regarde le temporel, il entourra de murs sa Lcod. \m. it>. P. ville épiseopale ; la délivra des insultes et brigandages d'une *^r.'2 J11^forteresse voisine, don! il se rendit maître, par un stratagème CaU- chr- •*»• qui ne mérite pas les louanges qu'on lui donne, el qu'il rasa entièrement ; rebâtit sa cathédrale, et la rendit beaucoup plus belle et plus grande qu'elle n'étoit; répara, ou bâtit même de nouveau plusieurs autres églises, nommément celle de S. Jean l'Evangéliste. En un mot, il orna et embellit de telle sorte la ville de Liège, qu'au sentiment de ses Contemporains, il méritait d'en porter le litre de fondateur, plutôt que la qualité de restaurateur. C'est ce qu'on a voulu exprimer par les deux vers suivants :
Legia, le»c ligans cura Pnulatis sibi legi*. Notperum Christo, Not^ero cœtcra debes.
Ce renouvellement dans les édifices matériels fut accompagné d'un autre encore plus excellent, qui s'opéra dans les temples spirituels du S. Esprit. ' Notger mêlant la douceur avec Man. «m. eu. la sévérité, selon les besoins, déclara au vice une guerre irré- 2i"r.p"iJ?V aï!", conciliable, et lit voir qu'il n'aimoit et ne pouvoit aimer que mla vertu. Sa prudence, ses instructions, sur-tout son exi-mple et ses bonnes manières lui gagnèrent le cœur de son peuple. ' Il n»b. ana. ». *. p. réussit à l'établir si solidement dans l'amour et la pratique des mprincipales vertus chrétiennes, qu'il en retenoit encore de précieux resles plus de quarante ans après la mort du Prélat.
La jeunesse faisant une des plus solides espérances des Eglises, elle attira particulièrement l'attention de Notger. ' On a hul lu je uFr. parlé ailleurs du soin extrême qu'il prenoit de l'instruction des ' p enfants, et des autres plus avancés en âge. Il poussoit la complaisance en faveur de leur progrès dans les Letres, jusqu'à en