AIMOIN
Lauret n'est pas mieux fondé à faire valoir la prétendue note d'hérésie, que Baronius a voulu faire tomber sur Aimoin, en le traitant d'Iconomaque. On en a vû plus haut la raison sans réplique.
5°. Un autre ouvrage 1 d' Aimoin, qui a mérité les éloges de tous les Sçavants, est la vie de S. Abbon, son Maître et Abbé de Fleuri, mis à mort, comme il a été dit, le treziéme de Novembre 1004. Persone n'étoit plus propre qu'Aimoin à réussir dans celte entreprise. 11 avoit été disciple du saint Abbé; il l'avoit accompagné dans son dernier volage ; il s'étoit trouvé présent à sa mort; il avoit enfin le talent de bien écrire pour son siècle. ' Aussi seroit-il difficile de décider, lequel des deux a été le plus heureux ; ou Aimoin d'avoir eu Abbon pour Maître, ou Abbon d'avoir eu Aimoin pour Historien de sa vie. 11 y mit la main aussi-tùl après sa mort, ' aux instances du B. Hervé, Thrésorier de S. Martin de Tours, autre disciple du saint Abbé. C'est ce qui engagea l'Auteur à la lui dédier par une épitre fort honorable à sa mémoire. Vient ensuite une courte préface ; emploïée particulièrement pour justifier le titre de Martyr, qu'on donna à S. Abbon, en conséquence de la mort violente qu'il avoit soufferte dans une occasion, où il s'agissoit de la reformation des mœurs.
Cet écrit est estimable, non seulement en ce qu'on y a une histoire exacte, bien ordonnée , dégagée d'épisodes, de lieux communs, de reflexions hors d'œuvre, mais encore parce qu'on y trouve plusieurs pièces originales, apportées en preuve, et q^ue les faits particuliers y sont liés avec d'autres, qui regardent 1 histoire générale de l'Eglise, et celle de France en particulier. ' Du Chesne a fait voir, qu'il en portoit le même jugement, pour en avoir fait imprimer la plus grande partie dans son recueil d'Historiens. ' Le P. du Bois nous a âonné l'ouvrage entier dans sa Bibliothèque de Fleuri, et y a intercalé des gémissements, ou espèce de lamentations de sa feçon, sur la décadence de la discipline régulière dans l'Ordre de S. Benoît. Dom Mabillon l'a publié depuis sur l'édition précédente, au'il a conférée au manuscrit de Fleuri, sur lequel elle avoit été laite. La sienne est beaucoup plus correcte, et illustrée de notes et de sçavantes observations.
0°. ' Aimoin nous apprend lui-même, qu'il avoit fait l'histoi-
Uxs. ib p.
Hor. bib
ib. P
Mab. ib. p. 30-38.
* Do Cang.
ind. auci.
I II «<l loul-à-faii iurprenani de voir que M. Du tiange transporte l'honcur de cet
oovra^ a un H union.
(I'Yoiy. qu'il nomme
MOINE DE FLEURI. 227 r,„uri9
re des Abbés de Fleuri. Mais cet ouvrage ne paroit plus nulle ~ part. Dom Mabillon en regretoit fort la perte. Ce n'étoit point le même ' dont parle Trithéme sous le titre de Chronique du Tm. chr. im. ih. même monastère, dans laquelle, aux termes de cet Auteur, Aimoin avoit mêlé en forme de digressions, plusieurs choses sur l'histoire des François. Il est visible par cette addition, que Trithéme entend parler de l'histoire des Francs écrite par Aimoin, de laquelle il n'avoit pas une assés juste idée.
7°. Outre le recueil des miracles de S. Benoit , dont nous avons rendu compte, ' notre Auteur se proposoit d'en faire un Aim a» m.r. s b. articulier des miracles qui s'étoient opérés en Neuslrie, par 1,1 c" ~* intercession du même Saint. Mais on ignore s'il a exécuté ce dessein projetté, quoiqu'il ait vécu quelques années depuis qu'il l'avoit annoncé.
' Helgaud, autre Moine de Fleuri, rapporte dans son histoire h«'k. ««. R<>»>du Roi Robert, quelques vers à la louange de ce Prince et de la p' Reine Constance son épouse. Il n'en nomme pas à la vérité l'Auteur, se contentant de le cjualifier un poêle de très-grande réputation. Mais, comme Aimoin se mêloit de poésie, ainsi qu'on l'a vû par son poëme sur la translation de S. Benoît, et que le montrent quelques vers qu'il a mis à la fin de la vie de S. Abbon, onpourroit penser qu'il est ce poète qu'Helgaud a ici en vûe. D'autres croient au contraire, que c'est plutôt Gérard, son confrère et son contemporain, dont on a deja parlé, ou enfin tout autre poète de ce même siècle, qui étoit fécond en versificateurs.
' Le manuscrit cotté 101, qui se voit à la bibliothèque de «»»• Fleuri , contient à la page 21 1 , et les suivantes, un commentaire sur l'Apocalypse sous le nom d' Aimoin. Mais le caractère de cet écrit est plus ancien que notre Auteur; et nous avons montré ailleurs, que l'ouvrage appartient à Remi d'Auxerre. L'erreur sera vrnue de ce qu'au lieu de Ray mon, ou Reimon, qui étoit le nom vulgaire de Remi. un Copiste aura écrit Heimon, comme il se lit à la tin du même manuscrit. Puis un autre s'imaginant que c'étoil Aimoin, l'aura ainsi nommé à la tête du commentaire.
' Quelques Bibliographes ont encore attribué à Aimoin de wion. u> i iw. Fleuri d'autres ouvrages, comme un écrit sur l'invention, ou la translation de S. Vincent, et un autre sur les miracles de S. Germain de Paris. Mais ils ne lui ont fait l'attribution de ces écrits, qu'en le confondant avec Aimoin de S. Germain des Prés, à qui ils appartienent. (ni.) F f ij
XI SIECLfc.
228 ADALARD, MOINE A GAND,
ADALARD,
Moine a Gand, ET AUTRES ECRIVAINS.
Mab. an i. 50. ' A i) a \. a n i) , Moine de Blandimbeng à Garni, lloriseoit 2. l] u»1 ^' l' iV au commencement de ce XI siècle. Dom Mabilkm en un endroit de ses écrits a cru qu'il en avoit r'té Abbé. Mais c'est une méprise, qu'il paroit avoir corrigée dans la suite. A la prière de S. Elfege, Archevêque de Cantorberi, Adalard composa un office pour la fête de S. Dunstan, un des prédécesseurs de ce prélat, qui aïant été exilé de son pais, passa la mer, et se retira quelque temps à Blandimberg. Il est aisé de découv rir le temps Mab. an. «. 8. p. auquel à peu près notre Auteur mit la main à cet écrit. ' S. Elit», n. :,. ^e fut Archevêque en 1006, et alla aussi-tôt après sa promotion à Rome demander le pallium. Il y a tout lieu de croire, que ce fut dans ce voïage, ou au retour, que passant à Gand, il engagea Adalard à entreprendre l'ouvrage dont il s'agit ici. Et comme il lui est dédié, il n'y a pas à contester qu'il fut fait avant l'année 1012, qui est celle de la mort de ce saint Archevêque. Angi. &ac. >b. ' L'écrit d'Aaalard consiste en un abrégé de la vie de S. Dunstan, divisé en douze leçons, avec autant de répons relatifs aux leçons, et une épitre dédicatoire, dans laquelle il rend compte Bon. » mai p. à S. Elfege de l'exécution de son dessein. ' Cet ouvrage se trouai t.' t. p. 5*1* ve dans plusieurs manuscrits, où il porte quelquefois pour ti- 5i3' tre : La vie de S. Dunstan , etc. Il est entier dans quelques-uns,
et sans les répons dans les autres, nommément dans ceux du Bec et d'Anvers. Quelques Ecrivains ont avancé qu'il étoit Angi. «e. ib. imprimé dans YAnglia sàcra ; ' mais on n'y a fait entrer que l'épitre dédicatoire. Adalard n'y nomme point l'Auteur qu'il a jjr. p.n^5|Oud. abrégé. ' L'on croit cependant, que c'est Bridferth, ou Bridfrith, Moine de Ramsey en Angleterre, et disciple d'Abbon de Fleuri, qui outre la vh de S. Dunstan, a encore composé un traité du Comput des Latins, suivant les Grecs, les He- Angi. »„c. ib. breux, les Egyptiens et les Anglois. ' On observe qu' Adalard a inséré dans son abrégé quelques traits historiques, qui n'étoient pas dans l'original. II s agit apparemment de quelques circonstances du séjour que S. DunBtan fitàBlandirabvrg, desquelles il étoit mieux instruit que les Ecrivains Anglois.
* Un Iscomsu de Vienne en Dauphiné, comme il paroi l , • iib. «m. 1. 1. a laissé de sa façon un catalogue des Archevêques et Evêques, p ,03-,°6*
3ui ont gouverné les Eglises de Vienne et de Grenoble penant l'espace de plus d'un siècle et demi, environ depuis 850 jusqu'en 1012. Ce catalogue est important pour remplir les vuides qui se trouvent dans les autres listes des Evêques de Grenoble, et pour connoitre le temps que ceux-ci et les Archevêques de Vienne ont occupé leurs sièges.
Le manuscrit sur lequel Dom Mabillon l'a publié, contenort trois autres pièces que l'Editeur a aussi imprimées, mais qui ne sont pas de même prix, i, ' Une formule d'excommu- p. snioo. nication portée à la fin du X siècle, par Theutbald Archevêque de Vienne, et Isarne Evêque de Grenoble, les deux pénultièmes Prélats du catalogue précèdent. 2 , ' Une liste des p- too-iw. Evêques de Grenoble, depuis la fondation de cette Eglise jusqu'au commencement du XII siècle. Mais celte liste, qui finit à S. Hugues, ne présente que les simples noms des Evêques. 3 , ' Enfin un autre catalogue des Archevêques de Vienne et p ,ommdes Evêques de Grenoble, qui parolt visiblement n'être (ju'un abrégé du premier, dont on a donné une notice, et qui n'est pas trop prolixe pour souffrir un abrégé. Celui qui l'a dirigé y a simplement ajouté les noms de quatre Archevêques, qui ne sont pas dans l'autre catalogue, et qui en continuent la suite jusqu à Gui inclusivement.
' Au commencement de ce siècle, et dès la fin du précèdent Ub!j|f},'b D0T- 1 ■ florissoit S. Israkl , grand Chantre de la Collégiale de Dorât p dans la basse Marche, au diocèse de Umoges. ' Il étoit né au pmême pais, d'une famille distinguée par ses exploits militaires, mais encore davantage par la ipieté dont elle faisoit profession. Dès son enfance ses parents le vouèrent à Dieu, et prirent soin de lui donner de bons Maîtres. Le jeune Israël fit beaucoup de progrès pour ce temps-là dans les Letres humaines et divines.
11 embrassa ensuite l'institut des Chanoines dans lamômeCol- p- 567 • legiale, ' où il brilla par sa vertu, son sçavoir, sa prudence et le p- 566 • talent de parler avec grâce et facilité. ' Tant de belles qualités p 567 portèrent Aldouin Evêque de Limoges à l'appeller près de sa personne. Il l'ordonna Prêtre, et se déchargea sur lui en partie du gouvernement de son diocèse.
' Une des actions les plus connues d'Israël dans l'exercice de CoiL^ni. um. ses fonctions , fut le rétablissement de l'Eglise collégiale de *' S. Junien, dont il devint Prévôt. ' Cependant le grand Chantre «■• de Dorât étant mort, les Chanoines le revendiquèrent pour lui
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230 ADALAKD , MOINE A GAND
Coll. ib.
confier cette dignilé. Israël la remplit avec une réputation éclatante de sainteté, soutenue par une vie pénitente, qu'il finit le vingt-deuxième de Décembre 1014. On compte entre ses disciples S. Gautier, depuis Abbé de l'Esterp, dont on a fait plus haut connoitre le mérite, p. m>7. 569. ' Au bout de quelques années un Chanoine de Dorât, com-
me on en juge par le texte , écrivit la vie de S. Israël , que le P. Labbe a publiée au second volume de sa nouvelle Bibliothèque de manuscrits. Quoiqu'elle soit fort succinte, le Saint y est fort bien caractérisé. C estde-là cjue nous avons tiré presque G»ii. chr. nov. t. tout ce que nous venons d'en dire. Au siècle dernier M. Collin, Docteur de Sorbone, en composa une autre plus prolixe, dont on a parlé avec éloge. Elle se trouve manuscrite à l'abbaïe de l'Esterp. M. Collin nous y apprend, que S. Israël avoit misen vers et langue vulgaire * l'histoire de J. C. pour l'instruction du peuple. Ce Docteu rétoit donc persuadé, puisqu'il en apporte une preuve, qu'on avoit employé avant le XII siècle la langue romancière à écrire pour la postérité. M. Blondel, qui adonné dans son recueil de vies des Saints celle de S. Israël, prétend même qu'il mit en cantiques toute l'Histoire Sainte, depuis la création du monde jusqu'à l'Ascension de Notre Seigneur, afin que les paroles jointes à l'agrément du chant devinssent plus instructives. fc>u. io *pr; p. Nous avons eu occasion de parler ailleurs ' d'un S. Ma- 87». s?», d. «». CA|R£^ Archevêque d'Antioche en Pisidie, qui après divers voïages se retira en 1011 dans les Païs-Bas, et y mourut de peste le dixième d'Avril de Tannée suivante, au monastère de S. Bavon deGand. Dès 1014 un Moine de cette abbaïe entreprit d'écrire sa vie par ordre d'Eremboldson Abbé, et l'exécuta suivant la connoissance qu'il put avoir de ses actions. La reserve scrupuleuse qu'il y a apportée doit faire estimer davantage p. 87<s. n. î. le peu qu'il nous apprend de ce saint Prélat. ' S'agissant de ses divers pèlerinages, il se défend d'en parler en détail, parce, dit-il, que la vérité est préférable aux traditions incertaines. Aussi p. me. 877. s'est-il borné à n'avancer que ce qu'il sçavoit par lui-même. ' A la suite de la vie du Saint, il a mis une relation des miracles p. 873-877. opérés après sa mort jusqu'en 1014. ' Les Successeurs de Bollandus nous ont donné cet écrit, avec leurs sçavantes observations, au dixième d'Avril de leur grand recueil.
Du Cari):, gl. ttov. I. Cette histoire eii*U> encore. ' puie- Isaae, Abbé de l'Erierp, qui ne Tut jamais,
t. 6. p. I6V3. 1718. qu'elle «et citée daoa le nouveau Glossaire L'Aniour do mémoire aura la dans le ma-
Je Du Caoftt!. liais on l'y cilc a»rr. une nu m; ni Isaac pour i»r*fl.
faute énorme en l'attribuant à un prétendu
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• Le manuscrit sur lequel ils l'ont publié, et qui semble être , p „ s l'original, contient d'abord l'histoire de la découverte du corps de S. Bavon, et la relation de quelques-uns de ses miracles. L'Auteur qui est incontestablement le même que le précèdent, y a laissé trois feuillets en blanc, afin de pouvoir continuer la suite de sa relation, à mesure que les miracles s'operernient. Après quoi vient 1 histoire de S. Macaire, qui commence par annoncer la découverte du corps de S. Bavon, comme faite au même temps que le saint Archevêque se retira au monastère où il mourut. On doit s'attendre, que les Editeurs du premier écrit nous donneront aussi l'histoire de celle découverte, lorsqu'ils en seront au premier jour d'Octobre consacré à la mémoire de S. Bavon.
' A la vie de S. Macaire, dont on vient de rendre compte, wm. ils en ont joint une autre plus prolixe, ' que Surius avoit déjà $«• 10 «Pr p. publiée, après en avoir change le style suivant sa mauvaise coutume. Mais les derniers Editeurs lui ont rendu sa première intégrité. ' Cette seconde vie a été écrite par un autre Moine de ^ ib 874 S. Bavon, sous l'Abbé Siger à lYcrasion de l'élévation du corps •> *ï p .■»"■• 3 de S. Macaire, qui se fit en 1067. Outre cet événement principal, et les circonstances qui l'accompagnèrent, elle ne nous apprend rien de bien avéré qui ne soit dans l'autre, dont elle n'est qu'un commentaire. 'On n'a pas laissé d'en faire desabre- p mt n 4 gés qui se trouvent dans les manuscrits. Mais ils ne valent pas la peine qu'on en parle. Le meilleur de tous ces abrégés, est la première vie. ' Il y a une autre vie du même Saint, écrite en Fia- m n rnand, et imprimée à (îand en 1641, dans laquelle on a fait entrer quelque chose de la seconde, sur ce qu'en avoit traduit en la même langue Dom Olivier de Langhe, Prieur de S. Bavon, dès 1435.
' Nous avons un autre monument des premières années de „4b ^ 1 4 p; ce XI siècle, que Dom Mabillon a publié avec quelques re- 349-374. marques pour eclaircir certains endroits C'est un dialogue au sujet des plaintes qu'on faisoit alors sur la rareté des miracles, qu'on ne voïoit plus s'opérer par l'invocation du grand S.Martin . On s'attendoit d'en voir quelqu'un à la dédicace de sa nouvelle église, que le B. Hervé, qui avoit commencé à élever cet édifice dès 1001, fit faire en 1008. Mais il n'y en eut point d'autre qu'une vision mystérieuse que ce B. Trésorier eut ce jour-là même, du pouvoir accordé à S. Martin pour la délivrance d'une multitude dames des peines du Purgatoire. Hi>
v. «.,r.. 23* ADALARD, MOINE A GAND,
\I SI h t Le..
gues, Archidiacre (te l'Eglise métropolitaine de Tours, sous l'Archevêque Hugues de Châteaudun, en prit occasion décomposer le dialogue dont il s'agit, et le dédia à un de ses amis nom-
P. 3Ti. mé Fulbert. ' L'Editeur ne doute point que ce ne soit le même
que l'Evêque de Chartres de ce nom. Et il faut avouer que ce sentiment paroit appuyé d'une part, sur ce que dans le manuscrit oui a fourni la pièce, elle y est suivie immédiatement de
P. 37*. deux ietres de ce Prélat ; ' et de l'autre, sur ce que S. Fulbert
dans une letre à Abbon de Fleuri, se plaint lui-même que S. Martin ne faisoit plus de miracles. 11 souffre néanmoins une
p. 373. grande difficulté. ' 11 est certain que l'écrit fut fait après la dé-
p. 357. 373. dicace dont on a parlé, c'est-à-dire après 1008, ' et même après la mort du B. Hervé, que Dom Mabillon place ici en 1012. Or
p. si» 356 S. Fulbert étoit dès-lors sur le siège de Chartres. ' Hugues cependant ne le qualifie point Evêque, et ne lui donne d'autre titre que celui d'ami. Un simple Archidiacre en auroit-il ainsi usé à l'égard d'un Evêque célèbre ?
Quoi qu'il en soit, les Interlocuteurs du dialogue sont l'Auteur même, et l'ami à qui l'écrit est dédié. 11 n'y faut pas au reste chercher l'élégance et les saillies ingénieuses, qu'on admire dans les dialogues de S. Severe Sulpice. On y trouve toutefois quelques traits d'érudition ; mais l'Auteur y est trop diffus pour
Gub. i. 3 e. *. nous y apprendre si peu de choses. ' Raoul Glaber semble l'avoir lû, et y avoir puisé une partie de ce qu'il dit en un endroit de son Histoire.
Brumon, Evêque de Langres, a aussi laissé à la postérité
spw. 1. 1. p. 499. quelques productions de sa plume. ' Il étoit d'une grande nais-
4. p. 54«. "0> sance, et proche parent du Roi Lothaire. ' RagenaJd son père, Seigneur de Rouci, portait le titre de Comte de Reims; et sa mere étoit fille de Gcrberge et de Gislebert Duc de Lorraine.
spic. ib. ' Bru non fut d'abord Chanoine de Reims, où il prit des leçons
de Gerbert, qui dirigeoit alors les Ecoles de cette Eglise. En 980, n'aïanl encore que vingt-quatre ans, Lothaire lui donna
hoi. fi. cbr. p. l'Evêché de Ungres. ' Il fut ordonné l'année suivante par
• spic. u». Bouchard Archevêque de Lyon, a et entra en possession de son Kglise. Dès-lors il fit son capital de remplir tous les devoirs
ub^bib.no». t.i. d'un DOn Pasteur. ' Il s'en aquita si dignement, qu'il ne fut in-
6P «m. ferieur à aucun autre Evêque de ee siège, b et qu'il a mérité d'être regardé comme un excellent Prélat, Prœsul exirmus.
p' 4^.'4ioe'433' ' ^n ^e ses P1"6111*6*8 soins fut de rétablir dans le spirituel et ie temporel l'abbaïe de S. Bénigne de Dijon, où il mit la reforme
me de Cluni, et pour Abbé le B. Guillaume, qui devint dans la suite le Réformateur de plusieurs autres monastères. On peut voir ce que nous avons dit de l'Ecole de langres sous Brunon, dans notre Discours historique, n. XL. ' Les Auteurs sont par- Gs.ii. <hr. u>. p. . tagés sur l'année de la mort de ce grand Evêque. Mais on peut M* s'en rapporter à la chronique de S. Bénigne, ' qui la place au spie. su. P. «6. trente-unième de Janvier 1016, après trente-cinq ansa'épiscopat. ' Le Necrologe de la même abbaïe, qui fait en peu de l»»». >•> p «■**• mots l'éloge de Brunon, ajoûte qu'il étoit alors dans la soixantième année de son âge, et la trente-sixième de son ordination, ce qui confirme la supputation du Chroniqueur. On n'a qu'imparfaitement le peu décrits de Brunon.
1°. ' Dom Martene et Dom Durand nous ont donné le corn- Mut. >»*. m. mencement d'une de ses letres, adressée à Heldric, ou Hil- p* 10r dric, Abbé de S. Germain d'Auxerre, et à toute sa communauté. Ce fragment est si court qu'il n'est pas possible de deviner quel étoit le sujet de la letre. Le manuscrit des Prêtres de l'Oratoire de Troïes, d'où il a été tiré, n'en conlenoit pas davantage. La letre suivante fait regreter, qu'on n'ait pas celleci en entier. Brunon y emploie cette formule, qui est devenue depuis si fort en usage : Evêque par la grâce de Dieu.
2°. ' Les mêmes Éditeurs on publié entre les monuments p. ww. du X siècle, sur un manuscrit de l'abbaïe de S. Allire en Auvergne, une autre longue letre. Elle est sans nom d'Auteur ; mais les caractères dont elle est revêtue, font voir que c'est un Evêque de Langres qui y parle. En effet, elle est non seulement écrite aux jeunes Clercs qu'on élcvoit dans l'église de S. Mammès, sous l'invocation duquel la cathédrale de Langres est dédiée ; mais l'Auteur y adresse aussi la parole à ceux qui étoient chargés de les instruire et former à la pieté. De tout cela il resuite une juste vraisemblance qu'elle appartient à l'Evêque Brunon.
Après quelques avis généraux l'Auteur vient au but principal, le soin que cette jeunesse devoit avoir de recourir souvent au remède du Sacrement de Pénitence. C'est à quoi il les exhorte par toute sorte de motifs, avec une tendresse de pere, et une onction capable de remuer les cœurs. De sorte que la letre pourroit porter pour titre : De confessione Clericorum comme nous avons déjà un traité, De sitigularitate Clericorum. Ce dernier n'étoit point inconnu à l'Auteur de la letre , qui semble l'avoir pris pour modèle en quelques endroits, et qui l'aeffecti-
Tom. VIL Gg
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Gall. chr. ib. p.
234 ADALARD, MOINE A GAND,
vement imité en ce qu'il n'emploie que l'autorité de l'Ecriture et le raisonnement. On n'a point d'écrit de pieté de ces temps-là, qui soit au dessus de celui-ci.
Brunon écrivit quelques autres letres, qui ne sont pas venues jusqu'à nous, comme il parott nommément par les deux que lui adresse le Pape Benoît YIll. Il y a de lui deux chartes dignes de remarque. 'Dans l'une, qui est en date de 1006 ou 1007, il prend en parlant de lui-même le titre de Majesté, Ul'n ** Fr mstram adiens Majestalem. ' On a vû que Gerbert donnoit le même titre à de simples Evêques. Mais il est réservé depuis Ga'i38hr* ,pp' 'onÉHemPs aux seules Têtes couronnées. ' L'autre charte de Brunon en date de 1008, confirme les pouvoirs qu'avoienl les Moines de S. Bénigne de prêcher et d'entendre les confessions des Fidèles.
«nui 8 inl' p ^es C°nunuateurs de Bollandus nous ont donné au dixhuitiéme de Juillet, une vie de S. Frédéric Evêque d'Ulrecht, qui souffrit une mort violente vers l'an 838. Cet écrit fut fait peu après l'année 1015, ainsi plus de cent soixante et dix ans après la
i» <r,7. 458. n. ». mort du Saint. ' L'auteur se fait connoître dans de mauvais vers ' qu'il a mis à la tête. Il s'y nomme /Elbert, et nous y apprend, que PEvêque Adelbolde l'ayant appellé à Utrecht, il y composa son écrit, sur ce qu'il put apprendre de la tradition du pais. Le ruisseau étoit trop éloigné de sa source pour être bien pur. Aussi le commentaire dont les Editeurs ont accompagné cette vie est préférable au texte, pour nous instruire au vrai de l'histoire de S. Frédéric. Ils y témoignent avoir eu la pensée
ÎmVEtbertqui s'en déclara l'Auteur, pourroît être le même que e célèbre Olbert; mais il ne se sont point arrêtés à cette idée, et avec raison. Outre que le nom n est pas le même, Olbert étoit alors occupé à reformer le monastère de Giblou, dont il étoit Abbé.
His. Lii. d« ia Fr. ' Nous avons déjà parlé en deux differens endroits de notre p. 'ai?.' Si!. ' 6' ouvrage, de deux vies de S. Josse, Patron et premier fondasor. *oPp. P. ioo7- teur de l'abbaie de ce nom en Ponthieu sur la mer. ' Il y en a une troisième écrite par Florent Abbé du lieu, et imprimée dans le Supplément de Mosander, qui en a respecté le style Dom Mabillon ne dit rien de cet Aûbé dans le cours de ses Mab. aci. i. 2 p Annales, ' et ne fait que le nommer dans ses observations sur la
Mm.
f)remiere vie de S. Josse, en supposant par erreur, qu'il a été e second Historien du Saint. ' Mais nous apprenons de quelques manuscrits de Gorbie, qu'il en avoit été tiré pour être Abbé
XI SIECLE
de S. Josse, après les premières années de ce siècle, el qu'il vivoit encore en 1015. Il y est représenté comme un homme d'esprit et de sçavoir, qui avoit du talent pour gouverner les ames; et son style fait voir, qu'il nécrivoit pas mal pour ce temps là 11 put parvenir à la dignité d'Abbé, après que le B. Richard de S. Vanne, à qui le monastère de S. Josse avoit été confié, y eut établi la reforme.
' L'ouvrage de Florent au reste n'est qu'un abrégé de ce sar. u>. p. 1010. qu'on avoit deja écrit sur l'histoire de S. Josse. C'est l'Abrevia- n' 10 teur qui nous le déclare lui-même. Seulement il y a ajoûté à la fin quelques miracles choisis, entre ceux qui s'étoient opérés de son temps. ' Il l'adresse à tous les Fidèles, mais particulière- p. 1007. pr. ment à tous les Confrères de S. Josse répandus en France el en Allemagne. C'était ceux-ci qui le lui avoient demandé , afin d'avoir une connoissance suffisante d'un Saint qu'ils honoroient d'un culte spécial. De sorte que la dévotion pour S. Josse avoit dès-lors formé ce qu'on a depuis nommé confrérie, ou association. Florent y parle tant en son nom qu'en celui de sa communauté, et s'y qualifie Abbé par la miséricorde de Dieu : Divtna miseratione Abbas indignus.
'On a dans le recueil des Bollandistes, avec un sçavant Bou. îojui. p et très-ample commentaire, une très-mauvaise Légende de S. Etton, Evêque et Confesseur, connu dans le vulgaire sous le nom S. Zé, et honoré à l'abbaïe de Liessics en Hainaut. Tout ce que l'on peut dire de cet Inconnu, c'est qu'il ne méritait pas l'honeur que lui ont fait ses Editeurs. Ausi n'en parlons-nous que pour montrer que nous ne l'oublions pas. A peine peut-on tirer de tout ce qu'il dit, que le Saint vivoit vers le milieu du VII siècle. Quand au temps de l'Auteur, ses fréquentes consonances, ses vers intercalés, et autres caractères de sa pièce font juger qu'il pouvoit écrire dans le cours des premières années du siècle qui nous occupe.
/ Isembaro, Moine de Fleuri, dont nous avons parlé sur la h», lu. Je u Fr. fin du siècle précèdent, ' vivoit encore sous l'abbé Gauzlin , V o/ctS'.*?'. qui succéda à S. Abbon en 1003, et qui fut depuis Archevê- «w. t. e. p. mi. que de Bourges. C'est ce que nous apprenons de la vie encore manuscrite de ce Prélat, dans laquelle Isembard est représenté comme un homme d'une éminente vertu et d'un sçavoir peu commun. André, autre Moine de Fleuri, qui en est Auteur, y pari» avec éloge d'un écrit d'Isembard, qu'il faut joindre aux autres du même Ecrivain dont nous avons deja rendu compte.
Ggij
XI SIECLE
236 DUDON
Il ètoitintitolè: Spéculum » le Miroir des enfants. On
n'en a point d'autre connoissance. C'étoit apparemment une règle de conduite pour l'éducation de la jeunesse qu'on élevoit à Fleuri.
'Ingomar, Ecrivain de l'Àrmorique, est qualifié Prêtre dans quelques monuments, et vivoit sous le règne du Duc Geofroi I, mort en 1008, et sous celui de son fils Alain 111. Il laissa de sa façon une généalogie des Rois Bretons, c'est-àdire des Princes de la Domnonée, ou partie Septentrionale de la même province , avec une vie de S. Judicaël Roi de Bre-
quelques fragments dans la chronique de S. Brieuc et dans l'histoire de Pierre le Baud.
DUDON
Doïen de S. Quentin.
Nor. teri. aot. pr.
M«b. act. t. T. p.
Hem. Conc. c. II.
Nor. aerl. ut. ib.
p *• noine chard
HISTOIRE DE SA VIE
DUdon s'est rendu moins fameux par ses ouvrages, que par la manière singulière dont il a écrit. ' Dès sa jeunesse il entra dans le Clergé de la collégiale de S. Quentin en Vermandois, dont il devint Chanoine, puis Doïen. L'histoire du X siècle nous fait connoître deux Dudons. ' L'un fut envoïé vers 956 par le Roi Otton I, en qualité de son second Ambassadeur, à Abderarae, Prince des Musulmans en Espagne. ' L'autre étoit vassal du Prince Charles, fils de Louis d'Outremer, et engagea le Prêtre Adalger à livrer la ville de Reims, au commencement de l'épiscopat de l'Archevêque Arnoul, c'est-à-dire en 990. Il y a trop loin de l'époque du premier Dudon jusqu'au Doïen de S. Quentin de ce nom, pour croire que ce soit le même. Mais l'identité de persone pourroit bien avoir lieu, par rapport au second, et à celui qui fait le sujet de cet article.
Quoi qu'il en soit, ' Dudon n'étoit encore que simple Cha-
, lorsqu'Albert Comte de Vermandois le députa vers Ri- 1 Duc de Normandie, afin d'engager ce Prince à inter-
DOIEN DE S. QUENTIN. 237
poser sa médiation pour le reconcilier avec le Roi Hugues Capet. Si le voïage de Dudon n'eut pas d'autre réussite, ce lui fut au moins une occasion de se faire connottre du Duc Richard,
' et d'entrer bien avant dans l'honeur de ses bonnes grâces. Dud. «i. Nor. i.
p*. Im.
Attentifà les cultiver, il fut soigneux de lui faire souvent sa cour. J,; p 51
Il avoue avec reconnoissance, qu'elles lui furent avantageuses; lui aiant valu plusieurs bienfaits de la part de ce Duc. Dans une audience qu'il eut de lui deux ans avant sa mort, qui arriva en 1002, Richard l'accabla de tant decaresses, qu'il le fit consentir à écrire l'histoire des Normans. Dudon se mit aussi-tôt en devoir d'exécuter ce dessein. Mais la mort de Richard le jetta dans une telle consternation, qu'il abandonna son projet, et ne le reprit que long-temps après, aux sollicitations de Richard II, et de Raoul Comte d Ivri. C'est donc par erreur, ' que quel- Mir. »«. p. io« i
ques Modernes supposent, qu'il écrivit son histoire dès 996. p.°3i5?vi»»*Ti*.
Dudon devint dans la suite Doïen de S. Quentin. Claude Ç^.'i. 4lp l'Hemeré, dans sa table chronologique des Doïens, Gardiens, Chanoines, etc. de cette collégiale page 27, le place dans cette dignité dès 1015. ' Mais elle étoit remplie par Vivien, comme Mart. „. i. 5». il paroi t par un acte public, signé de lui en cette qualité. Du- °* don encore alors simple Chanoine, obtint cette même année en faveur de son Eglise un Diplôme du Duc Richard II. On ignore en quelle année précisément il succéda à Vivien, et s'il
j-temps après. Ce qu'il y a de certain, ' c'est qu'il ne Uod
vécut long-temps après. Ce qu'il y a de certain, ' c'est qu'il ne D*d. u>. Pr. P publia son histoire, que lorsqu'il fut parvenu à la dignité de Doïen. Richard II, à qui il la présenta, et Adalberon Evôque de Laon, ami particulier de l'Auteur, qui le pria de la revoir, étoient encore au monde. C'étoit par conséquent quelques années avant l'an 1026.
SES ECRITS
L'Unique ouvrage qu'on sçache qui soit sorti de la plume de Dudon, est sa fameuse histoire des Normans. On vient de voir à quelle occasion il l'entreprit, et en quel temps il y mit la dernière main. La manière dont il a exécuté son dessein, est plaisante. Certains Modernes, beaux esprits d'ailleurs, mais difficiles à se laisser persuader, refusent de croire, que le génie romancier ait commencé dès le X siècle à saisir quelques-uns de nos Ecrivains. L'ouvrage de Dudon vient grossir
M SIECLE
DUDON
Pith. op. rar.
713 | Vo»s. ib.
Dod. ib. pr. p. as. mere
WiU. Gem.
pr. p. 815.
WiU. G«m. ib.
le nombre des preuves que nous en avons deia données dans tant de Légendes qu'on vit alors éclore, et qui sont autant de pieux Romans écrits en mauvais latin. Son Auteur a fait réellement dans le civil, ce que ces Légendaires avoient déjà fait dans l'Ecclésiastique. ' Pithou, Vossius et tous les bons Critiques qui sont venus depuis, conviennent qu'il a écrit plutôt en Romancier qu'en Historien, et qu'il n'y a pas plus de fonds à faire sur son histoire, que sur la Théogonie d'Hésiode, et l'Iliade d'Homere. ' Aussi nous apprend-U lui-même, qu'il n'y a point eu d'autre guide, que ce qu'il avoit appris de la bouche du Comte Raoul, frère du Duc Richard I : ' Ce oui est confirmé par Guillaume de Jumiege, qui l'a suivi de près.
Cette mauvaise manière de traiter 1 histoire , est assortie à un style qui ne vaut pas mieux. L'un el l'autre suffît pour constater, que l'Auteur étoit homme de beaucoup d'imagination et de peu de jugement. Rien de plus déplacé, rien de plus bizare, rien de plus obscur, que les poésies, souvent mêlées d'expressions gréques et de termes latins, fabriqués exprès en faveur de la mesure, dont il a rempli son ouvrage. On y compte plus de cinquante apostrophes en vers, ' outre les autres poésies de presque toutes les sortes, héroïques, élegiaques, ïambiques, épodes, etc. oui se lisent à la têle du premier livre. Sa prosen est pas meilleure que sa versification, sur-toutlorsau'ila pris le ton d'Orateur. A peine trouveroit-on dans toute la fausse éloquence de la basse latinité, quelque chose d'un gout plus fade et d'un style plus guindé, ' que son épitreà Adalberon Evêque de Laon, pour le prier de revoir son histoire. C'est ici que les mots extraordinaires et de nouvelle fabrique ne sont pas épargnés. La prose au reste, qu'il emploie dans le corps de l'ouvrage, seroit tolerable.
Dudon a divisé ce bel ouvrage en trois livres, et lui a donné pour titre : Des mœurs et des exploits des premiers Ducs de Normandie. ' Le premier livre, qui est très-court, est emploïé à traiter de l'origine des Normans, et de leurs brigandages sous leur Duc Hasling. ' Le second contient les exploits du Duc Rollon. ' Le troisième est destiné partie à l'histoire de Guillaume I, partie à celle de Richard, son fils et son successeur, et finit à sa mort en 1002. Celte dernière partie est plus prolixe que toutes les autres ensemble. Mais la vérité n'y est pas plus respectée.
Guillaume de Jumiege avoue lui-même, qu'il a pris» le eonv
DOÏEN DE S^QUENTIN. 239 xl S1ECLK
mencement de son histoire jusqu'au Duc Richard H inclusive-
ment, de l'ouvrage de Dudon, et lui donne par reconnoissance
le titre de sçavant. 'Ordric Vital reconnolt qu'il avoit quelque oni. va. 1. ,Pr.
éloquence; mais il lui reproche une Buperfluité de paroles, de p' 468-
poésies et de louanges.
' Du Chesne a publié parmi ses autres Historiens de Nor- Nor. scri. »m. p. mandie, cet ouvrage de Dudon, sur deux manuscrits, l'un ap- 5I"160 1 pr' p partenant à François d'Amboise, l'autre plus entier au célèbre P. Sirmond. 'lise trouve d'autres manuscrits de cette histoire, Momf. i>.t>. bib. qui différent de l'imprimé en plusieurs choses, suivant la re- p" 1814 " marque de ceux qui nous font connoltre ces manuscrits. L'un d'entre eux est relié avec un autre imparfait sur les exploits des Normans, oui contient les livres V, VI et VII. Mais si l'on y avoit regaraé de plus près, on se seroit apperçu que c'est apparemment l'ouvrage, ou la suite de l'ouvrage de Guillaume de Jumiege, qui a continué l'histoire de Dudon.
' Au Collège de S. Benoit à Cantbrige, se voïoit autrefois un vom. ib. p. mi. manuscritavec ce titre : LibriXVl. Hitoriœ Rom. etNormanorum per Dudonem. Cette inscription ne suppose sans doute autre chose, sinon qu'on a recueilli ensemble dans ce manuscrit treize livres de l'histoire romaine, avec les trois de Dudon sur celle des Normans. Saxon , Historien Danois du commencement du XIII siècle, en citant Dudon, le qualifie Ecrivain de l'histoire d'Aquitaine. 11 a voulu dire incontestablement de Neustrie, ou de Normandie.
VALCANDE,
Moine de Moïenmoiitier.
Vàlcande, inconnu à tous nos Bibliographes, mérite néanmoins de tenir rang entre le Ecrivains Ecclésiastiques. On scait peu de chose de sa persone ; mais on est plus instruit des productions de sa plume. ' Il était Moine de Moïen- Mari. mm. t. 3. mou lier, au diocèse de Toul en Lorraine, et florissoit encore p' im' après l'an 1014. Les preuves de ceci se tirent de ses propres écrits. En parlant de S. Hidulfe, fondateur de cette abbaïe, il le nomme son pere et son nourricier. Ailleurs il rapporte plusieurs miraclesopéréssous l'épiscopatde Berthold, et le gouvernement de l'Abbé Nardulfe, qui commença en 1011, et finit en 1026,
Cal. ib.p.86.
Mart. tb. p. 1091-
240 VALÇANDE,
XI SIECLE
« cai. hù. de Lor. ou l'année suivante. ' Parmi ces événements il y en a un arrivé c. 4. par. p. 6i. en 1014, ce qui montre que l'Auteur n'écrivoit qu'après cette Mart. ib. p. epoque- Si cependant on s'arrêtoit à un autre endroit, ' où il »«- est parlé de Lambert un des successeurs de Nardulfe, vers le mi-
lieu du même siècle, on croiroit que Valcande auroit vécu jusques-là. Mais 'Dom Calmet, aïant imprimé cet endroit entre deux crochets et en letres italiques, nous fait juger que c'est une addition faite aprèscoup. C'est aussi ce qui parott visiblement par la lecture de l'ouvrage. ' Le nom de notre Auteur n'a été connu du public, qu'en l'année mil sept cents vingtquatre. Pour ce qui est de ses écrits:
1°. On a de lui une vie de S. Hidulfe, d'abord Evêque de Trêves , puis fondateur et Abbé de Moïenmoutier. ' Cet ou- •uf* 1 J*'ln ÎV m8e (lans les manuscrils ne porte le nom d'aucun Auteur ; et i"ai.Pi'b. '"' Jean Jacques Chifflet a tenté de le donner à Brunon, depuis Pape sous le nom de Léon IX, de quoi Dom Martene et Dora Durand, les premiers Editeurs, ne paroissent pas éloignés. Mais c'est un sentiment purement hazardé, et qui ne peut se soutenir. Brunon n'étoit point encore en âge d'écrire pour la postérité, lorsque l'ouvrage est sorti des mains de son Auteur. 11 est plus juste de s'en rapporter à Dom Humbert Belhomme , Abbé de Moïenmoutier, qui aïant travaillé à l'histoire de son abbaïe, et fait à ce sujet des recherches particulières, a découvert que l'Auteur qu'il croïoit d'abord anonyme, n'est autre que Valcande.
Bon. ib. p. m. Son écrit est proprement un commentaire d'une vie de w.'a. !-«. S. Hidulfe, faite en 964 sur une autre beaucoup plus anciene, et fort prolixe du même Saint, dont elle n'est qu'un simple abrégé. Cette première vie, qui passoit pour être une production des disciples de S. Hidulfe, et que Dom Mabillon souhaitoit extrêmement de recouvrer, est perdue depuis qu'elle fut abrégée. De sorte qu'il ne nous reste plus que l'abrégé, qu'en firent en 964 les Moines de Moïenmoutier, et le commentaire dont Valcande l'a illustré, en y conservant presque tout le texte de l'abrégé fait par ses confrères. Il y en a à la véritéencore un autre beaucoup plus court, maisqui ne mérite presque pas qu'on en parle.
sur. «pp. n. jai. Celui-ci, dont on ignore le temps et l'Auteur, a été d'abord p. sis. stb. imprimé dans le supplément de Surius, par Mosander son confrère, qui en a changé le style. ' En 1723 les Continuateurs de Bollandus l'ont réimprimé, au III volume de leur mois de Juillet,
Boll. ib. p.