Tome VIL Ll
XI SIECLE
Fulb. ep. pr. p.î. ' Fulbert fut enterré dans l'Eglise de l'abbaïe de S. Pére, où f . 1 * 4«6'. T' plusieurs de ses prédécesseurs et autres Prélats avoient été déjà inhumés. On érigea en sa mémoire deux épitaphes : l'une en prose, qui est plutôt un éloge abrégé Dour être inséré dans les Necrologes, et l'autre en vers, telle qu'on va la lire.
EPITAPHE
Onem tibi Carnotis concept fous bonilatis,
Doctrioœ fluvium duplicis egregium Ponliflcum 6idu8, Fulbertus fulgidus actu,
Vcstis pauperibus, victus et assiduus Inclausus jacet h!c factus de pulveiv pulvis,
Et prestolator surgere cam rcliquis.
Virtatum cullor, vitiorum mortificalor,
Auxiliante Ueo, praestitit à puero.
Bis denos annos, atque unura ditnidiumque,
Virgo Maria, luœ prafuit Ecclesia?.
Ingressurus erat Pliœbu? post lumina septem
Taurum, cum mœstura deseruit populura.
Tri», ehr. hir. ib. ' Jusqu'ici l'Eglise de Chartres n*a décerné aucun culte pui' r159 8560,iiab' ^ ce P'eux Evêque ; quoiqu'on dise que sa sainteté a été at- «'.'»%. pr | ub. testée après sa mort par plusieurs miracles. Bucelin dans son ib. t. 2. p. i3o. jflguQiogg ie qualifie Bienheureux. Grand nombre d'autres Ecrivains modernes lui donnent indifféremment le même litre, ou celui de Saint. C'est en cette qualité que M. de la Rochepozay, Evêque de Poitiers, l'a fait entrer dans les litanies des Saints de son diocèse.
Les Auteurs du siècle de Fulbert, et ceux des suivants sont pleins d'éloges, qu'ils donnent également à la sainteté de sa vie et à sa doctrine lumineuse, àson éminente vertu età sa grande érudition. 11 seroit trop long, et peut-être ennuieux de les rapporter ici. L'on en peut voir quelques-uns à la tête des éditions de ses ouvrages, où l'on n'en a copié qu'une partie. Ce qui contribua encore beaucoup à rendre célèbre le nom de Fulbert, fut le grand nombre de disciples qu'il forma aux Letres et à la pieté, il n'y eutgueres d'Eglises en France, qui n'eussent quelqu'un de ses Elevés. Ils se répandirent même en Italie et en Allemagne, où ils portèrent la doctrine de leur Mailre. Nous avons fait 1 ailleurs l'énumeralion des plus connus. Il y ib. 1.3. P. faut ojoûter ' Gérard, depuis Abbé de S. \andrille, un des
t Vaié* les nombres XVI, XVII et XVIII do Discours historique à la tete de ce volume.
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grands ornements de l'ordre monastique en son siècle, ' etBer- *« t ♦ »pp- p
nard Maître - Ecole d'Angers , qui dédia à son Maître son
écrit sur les miracles de sainte Foi, avec ce titre glorieux à sa
mémoire : Sanctissimo atque hominum doctissimo Fulberto
Carnoteno Episcopo. L'on ne peut mieux faire comprendre les
grands services que Fulbert rendit à la France en particulier,
tant par sa doctrine, que par l'honneur qu'il fit au Sacerdoce de
J. C. qu'en rapportant la pensée ' d'un Auteur contemporain, »• *• p «*
qui ne fait pas difficulté de dire, qu'à la mort de cet homme ad- °
mirable, l'amour delà Philosophie et la gloire dp l'épiscopat
semblèrent être ensevelis avec lui dans le tombeau.
g. II.
SES ECRITS
QUoique l'Eglise n'ait pas inséré dans ses Fastes le nom de Fulbert, on n'a pas laissé de le mettre au rang de ses Pères et de ses Docteurs. C'est un titre que lui ont mérité les productions de sa plume. ' Dès 1 585 Papire le Masson en donna bu>. c»rd. <ur. au Public un recueil, qui fut imprime à Paris chés Dupré en un petit volume w-8°. Mais ce recueil ne contient qu'une partie aes Letresde noire Prélat. ' Au bout de vingt-trois ans, c'est- ....<»• p.™ à dire, en 1608, Charles de Villiers, Docteur de la Faculté de Théologie de Paris, en publia en même volume un autre beaucoup plus ample, qui parut aussi à Paris chez Thomas Blaize. Cet Editeur y à fait entrer tout ce que les manuscrits du Collège de Navarre, et de MM. Petau et le Fèvre lui avoient fourni des ouvrages de Fulbert. De cette édition pleine de fautes, souvent assés grossières, on les a fait passer dans les diverses Bibliothèques des Pères, de Cologne, de Paris ' et de Lyon. .... pp. t. «* p Depuis ces dernières éditions, on a recouvré quelques autres écrits de notre Auteur, desquels nous rendions compte, après que nous aurons fait l'énumeration de ceux qui sont réunis ensemble.
1°. ' A la tête de tous est placé le recueil de ses letres, le plus p. 3-36. intéressant de tous ses ouvrages. On n'y en marque que cent trente-quatre divisées en deux classes ; mais il y en faut compter cent trente-huit, par la raison que les chiffres, ou nombres, de la 62, de la 96, de la 97 et de la 118 s'y trouvent répétés. Elles n'appartiennent pas toutes à Fulbert, comme on va s'en convaincre par le détail suivant. ' Les Editeurs les ont accom- p w-»
Llij
pagnées de quelques notes, où se trouvent de bonnes choses . mais elles en demandoient de plus amples et de plus instructives.
p. 3-6. ' La première de ces letres, qui est la plus prolixe, comme
la plus importante, est une letre dogmatique sur trois points essentiels de la foi Chrétienne, suivant les propres expressions de l'Auteur : le mystère de !a Trinité, la nature du Baptême et la vérité du mystère de l'Eucharistie. Fulbert y explique avec autant de solidité que de lumière ce que l'on doit croire sur ces trois grandes vérités de la Religion. Ce qu'il dit sur l'Eucharistie en particulier, montre évidemment que Berenger, un de ses disciples, avoit reçu sur ce point du dogme une doctrine p*gi, «n. iom. toute opposée à celle qu'il enseigna dans la suite. ' On croit q^ue Fulbert entreprit de traiter dans cette letre ce qui concerne 1 Eucharistie, à 1 occasion de l'erreur où étoit à ce sujet Leu- Hei«. tu. Rob. p. theric son Métropolitain. ' Erreur, ou abus, qu'on peut voir dans l'Historien Helgaud, qui en parle en détail. Rien de plus judicieux, rien de plus sage, rien de plus utile pour tous les bu>. pp. ib. p. 3. t. temps ' que les principes généraux qu'établit ici Fulbert, au sujet de nos mystères. Nous 1ns avons deja rapportés 1 ailleurs, Egas. Bol. t. i. p. et ne les repéterons pas ici. ' Cette letre a paru si belle à M. du 357. 358. Boulay, qu'il l'a fait entrer presque entièrement dans son His-
toire de l'Universitéde Paris. On la trouve aussi imprimée dans quelques éditions, à la suite du traité de Pascase Radbert sur 1 Eucharistie. Les Auteurs de l'office du S. Sacrement en ont tiré aussi la cinquième leçon du trente-septième office. Plusieurs manuscrits la représentent seule, et quelquefois avec la seconde, et les titres suivans : De la perfection chrétiene, ou, Des trois choses les plus nécessaires au salut. ba. pp/ib.p. 6. ' La seconde roule sur la cérémonie de l'hostie consacrée, qu'on donnoit autrefois aux Prêtres nouvellement ordonnés. Fulbert, à l'occasion de la diversité de cette cérémonie suivant les divers lieux, dit de belles choses, pour ne pas s'embarrasser de la diversité qui règne dans la discipline , pourvû que la foi soit la même. Elle est adressée à Einard, mal nommé Fidnard dans les imprimés.
Entre les autres, plusieurs sont écrites au Roi Robert, une à Canut Roi d'Angleterre, quelques-unes au Comte d'Anjou , a Richard II Duc de Normandie, plusieurs à Guillaume V
1 Volés le nombre CLXXVH du Discours historique à la tôte de ce
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Comle de Poitiers, la plûpart à des Evêaues, nommément à Leutheric Archevêque de Sens. Dans ceiles-ei, comme dans fjuelques autres, Fulbert donne de justes décisions sur les cas qu'on lui proposoit, et de sages avis à ceux qui le consultoient sur leurs doutes et leurs difficultés. En gênerai ces letres font voir que Fulbert étoit un des premiers hommes de son siècle. On y trouve quantité de faits propres à éclaicir l'histoire ecclésiastique et civile de ce temps-là. ' C'est pourquoi Du Ches- Du chu. t. *. p. ne en a inséré jusqu'à soixante-cinq dans le recueil de ses Histo- 1TM97 riens. Baronius, les Editeurs de la Bibliothèque de Cluni et ciun. bib. p. 3**. Dom Marlot en ont usé de môme ; en aiant fait imprimer plu- 3Msieurs dans leurs ouvrages. Outre l'utilité qu'on en peut tirer pour l'histoire, on y a plusieurs traits lumineux sur le Dogme, la Morale, la Discipline, et particulièrement au sujet des empêchements de mariage.
La huitième ne regarde point Avisgaud, maisAzelin Evêque de Paris, ce qui a trompé quelques Sçavants, même du premier ordre. ' La vingt-unième à Abbon de Fleuri est honora- Bib. pp. u». p. ti. ble à la mémoire de ce pieux et sçavant Abbé. Fulbert n'étoit point encore Evêque , non plus que lorsqu'il écrivit ' la qua- p. n. ranle-septiéme, où il est parlé de remèdes : Ce qui montre qu'on n'a point suivi l'ordre chronologique en imprimant ces letres. La quatre-vingt-quinzième, qui devroit être la quatrevingt-seizième , est du Roi Robert à Gauslin Archevêque de Bourges, et la suivante est la réponse de ce Prélat au Roi. Dans l'inscription de l'une et de l'autre, Gauslin est nommé Guarlin par corruption. Celle qui pour la seconde fois se trouve marquée la quatre-vingt-seizième, et qui devroit être la quatrevingt-dix-huitième, est du Comte Eudes au Roi Robert. La cent huitième, ou plutôt la cent onzième suivant notre manière de compter, est de S. Odilon à Fulbert. Les vingt-six suivantesn'appartiennent point ànotre Prélat, aïantétéécrites après sa mort, ou en son absence, soit par son Chapitre, soit par des particuliers.
La cent seizième, selon l'imprimé, appartient à Hugues p. 31. n de Chateaudin Archevêque de Tours, depuis 1003 jusqu'en 1023, qui fut l'année de sa mort. Elle est écrite à un Evêque d'Angers, qui étoit alors Hubert de Vendôme. Ce Prélat refusoit de garder l'interdit auquel son Archevêque l'àvoit condamné, pour avoir porté les armes, et ravagé les terres de l'Eglise de Tours, et lui en avoit écrit pour s'en plaindre. Hugues
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lui fit la réponse dont il est ici question, et lui montre par l'autorité de S. Grégoire en particulier, que le refus qu'il faisoit de se soumettre, le rendoit coupable, et méritoit la peine dont il se plaignoit, quand même il ne l'auroit pas autrement méritée. La letre est assés bien écrite, et prouve que son Auteur n'ignoroit pas les règles de l'Eglise.
p. 33. Entre les autres lelres de la seconde classe, qui n'appartien-
nent pas à Fulbert, il y en deux, la 118 et la 122 d'IsEMbert 1, Evêque de Poitiers, depuis 1019, ou environ, jusques vers 1047. L'une est écrite à l'Evêque d'Angers, dont on vient de parler, pour s'excuser de ne pouvoir assister à la dédicace de son église. L'autre est encore une letre d'excuse ; mais le nom de la persone à qui elle est adressée, se trouve tronqué. L'une et l'autre est écrite avec une précision, une netteté et une certaine politesse qui n'étoient pas alors fort communes.
P. 30. 3t. 33-36. ' On en compte jusqu'à douze écrites par Hildegaire , disciple de Fulbert, tel qu'il se qualifie lui-même dans l'inscription
M&b. an. i. 50. n. de la M i 2. ' Cet Hildegaire, au sentiment de Dom Mabillon , n'est autre que le célèbre Hildier, dont nous avons fait ailleurs 1 l'éloge d'après Adelmanne, qui l'avoit connu personel-
ui. t. i. p. lement. ' Fulbert, avec qui il avoit beaucoup de ressemblance, tant pour les manières, que pour la doctrine et le fonds d'éru-
F.iib. ep. i8. -9- dition, ' l'avoit envolé à Poitiers pour gérer les affaires de sa Thrésorerie de S. Hilaire. Emploi qui ne l'empêcha pas d'y ouvrir une Ecole qu'il dirigea lui-môme avec l'aide d'un sous-
eP. j»-i3o. Maître. ' Hildegaire quitta enGn Poitiers, et retourna à Char-
Conc. t. 9. p. 939. 1res, où il eut un Canonicat, ' et se trouvoit sous-Doien du Chapitre en 1040. Mais avant son départ il engagea Raginald , ou Rainald Doïen de S. Hilaire à se charger du soin de la Thrésorerie en sa place.
Les letres qui appartiennent à Hildegaire, sont la cent onzième avec les quatre suivantes, écrites à des amis particuliers sur des sujets peu intéressants : la 120, la 121, la 123, la 127, la 129 et la suivante avec la dernière, qui devroit être la 138 par les raisons qu'on a alléguées, au lieu qu'elle n'est marquée que la 1 34. Quatre de ces dernières letres sont écrites de Poitiers à Fulbert, au sujet de sa Thrésorerie, et contienent néanmoins divers traits qui concernent l'histoire publique. Deux autres ont été écrites de Chartres à Raginald, Doïen de S. Hi-
1 Vtffo les nombres XVII el LX1V du Discours historique 4 la Ute dr ce Tolome.
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laire. 11 s'agit dans la dernière, d'écrits et de conseils que Raginald avoit demandés à l'Auteur. Hildegaire, en répondant aux conseils, cite ce qu'il avoit appris sur le sujet en question, de la bouche de Fulbert son Maître, qui n'étoit plus alors au monde. Il s'y montre un fidèle disciple de ce grand homme, non seulement sur ce point, mais encore par ses sentiments sur l'Eucharistie et sur la grâce de J. C. Il nous y apprend que Raginald avoit un neveu nommé Herebcrt qui etoit alors â Chartres.
Quant aux autres letres étrangères, réunies à celles de Fulbert, il y en a six de Guillaume Duc d'Aquitaine, desquelles nous parlerons en particulier ; une autre qui lui est écrite par Léon Evêque de Verceil ; et cinq ou six du Chapitre de Chartres à diverses persones. Nous sommes entrés dans ce détail , en vùe d'abréger le travail de ceux qui entreprendront de remettre sous la presse ce recueil de letres. Elles auroient grand besoin d'être revues sur de bons manuscrits. ' Celui du Vatican Bar. an. ion. n où elle se trouvent avec celles de S. Sidoine , seroit d'un grand 5 secours pour l'exécution de ce dessein. Il s'y est glissé des fautes presque sans nombre, soit par la négligence de» Copistes, ou celles des Imprimeurs. Il y en a des plus grossières, même dans les inscriptions , ce qui est de plus grande conséquence, et qui a jeté dans l'erreur plusieurs Ecrivains. Nous en avons deja donné quelques exemples, auxquels nous ajouterons le suivant, pour rendre la chose plus sensible. L'inscription de la quinzième letre écrite au Roi Robert par Fulbert, est conçue en ces termes : Dominosuo Hegi Fulbert. Adegavaru m Cornes . Celles que Du Chesne a réimprimées , sont beaucoup plus correctes.
Depuis l'édition de Charles de Villiers, ' Dom d'Acheri a spie. l i p. «r publie une letre de Fulbert, que les derniers Editeurs de la *' Bibliothèque des Pères auroient pû réunir aux précédentes. Elle est adressée à Hildegaire , qui avoit consulté notre sçavant Prélat sur l'administration des biens ecclésiastiques, et l'usage qn'on peut faire des vases sacrés en certains cas. Sur le premier point Fulbert lui montre par l'autorité des Pères, sur-tout de S. Jérôme, qu'on ne sauroit apporter trop de précaution et de
{)ieté dans la distribution des revenus de l'Eglise. C'est ce qu'il ortifîe par cette belle Sentence : Que les biens ecclésiastiques sont le patrimoine des pauvres, non de ceux qui en jouissent. A l'égard du second point, Fulbert expose les cas où il est per-
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mis de vendre les vases sacrés, suivant les Canons et la doctrine de S. Ambroise.
Mut. note. t. 1. ' Dom Martene et Dom Durand ont encore publié une autre P. 130-135. jelre Albert, sur un manuscrit de S. Remi de Reims. Elle fut écrite avant la précédente, puisqu'elle y est citée. C'est encore une réponse à Hildegaire , qui avoit souvent pressé son Maître de lui dire ce qu'il pensoit des Evêques qui alloient à la guerre. Fulbert lui prouve par plusieurs passages bien choisis de l'Ecriture et des Pères , que cette profession est indigne de l'épiscopat, sous quelque prétexte que ce puisse être. Il y cite p. 134. Origene avec les Pères Latins, Haimon d'Àlberstat, ' et un
Capitulaire de Charlemagne, qui défend aux Evêques et Clercs inférieurs le port des armes. ' En y citant le traité des douze abus du siècle, il l'attribue à S. Cyprien. Cette lettre est des plus belles et des mieux écrites de toutes celles de p. i». 135. Fulbert. ' Il y trace en peu de mots les principaux devoirs d'un Evêque, en quoi il n'a fait que copier ce qu'il pratiquoit luimême.
Il peut sans difficulté se trouver encore d'autres letres de Fulbert, ensevelies dans l'obscurité des bibliothèques. Telle
Sand. wb. beig. peut être, par exemple, ' celle qu'on voyoit autrefois dans un
mi. par.i. P. ios. manuscrji je g. Martin de Tournai, adressée à Guillaume Abbé de Fécain, dont voici les premières paroles : De notione altaris, vel parietum ecclesiœ. On peut joindre à ces letres un diplôme du même Evêque en faveur de l'abbaïe de Marmoulicr , publié par M. Baluze, dans ses noies sur les Conciles de Nar- Donne pages 77 et 78.
Bib. pp. ib. p. 2°. ' Après les lettres de Fulbert viennent ses sermons au nombre de dix. Les deux premiers sont très-courte, et conlienent les premières instructions qu'on donne aux Fidèles sur les mystères de la Trinité et de l'Incarnation, sur la fuite du péché et l'obligation d'en faire pénitence. Il est visible, que le premier n'est qu'un simple fragment d'un plus lon^ discours. Le troisième est une explication succincte de l'origine et de la manierequ'on doil célébrer la fête delà Purification de la Sainte Vierge. Les trois suivants roulent sur sa Nativité, dont on a vu que Fulbert avoit établi la fête dans l'Eglise de Chartres. Dans le second des trois, l'Auteur fait une espèce de généalogie et un abrégé de la vie de celte bienheureuse Mere de Dieu.
voj». hi«. i*t. i. *. C'est ce qui a fait, ' que ces sermons portent quelquefois le titre
EVÊgUE DE CHARTRES. 273
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ire de Légendes dans les manuscrits, et même dans des impri- c. 43. P 115 més. On y voit que l'usage étoit alors tout commun de donner aux parents de la Sainte Vierge les noms de Joachim et d'Anne. ' Fulbert dans le troisième sermon parle en homme >»«i>. i-p. ib. P 40. judicieux d'une prétendue relation, supposée à S. Jérôme, sui- * vant laquelle l'Lvangeliste S. Mathieu auroit composé une généalogie de la Sainte Vierge, et une histoire de l'enfance de J. C. Dans la critique qu'il en fait, il se borne h dire que l'Eglise ne reconnoit point cet ouvrage prétendu, et qu'il s'y trouve des faits et des sentiments insoutenables. A la fin du sermon se lit une courte prière à la Sainte Vierge en deux grands vers. ' Le premier de ces trois sermons est marqué avec éloge "*n. «n, par Henri de Gand et l'Abbé Trithéme, entre les autres écrits 370. ' m" $auf' de Fulbert. * Le P. Jean du Bois en a imprimé dans la Biblio- * Fi«r. bii>. par. t. théque de Fleuri un fragment considérable, qu'il avoit trouvé p 51*" 5,7 dans une anciene feuille volante.
' Les trois sermons qui suivent dans les éditions des œuvres i»«t»-, it. r de Fulbert, sont intitulés : Contre les Juifs. Mais c'est mal-à- ,a b' propos qu'on les a séparés en trois, et qu'on leur a fait porterie titre de sermons. Il ne s'y lit pas un mot qui marque qu'ils aient été prononcés de vive voix. Ce n'est autre chose ' que le traité jjoo. cw^-^-J contre les Juifs, que Henri de Gand et l'Anonyme de Molk 0 hat c 93 attribuent à notre sçavant Evêque. La notice qu'en donne le premier de ces deux Bibliographes, ne laisse aucun lieu d'en douter. L'Auteur, dit-il, l'entreprit pour prouver contre le sentiment commun des Juifs, que cette célèbre prophétie de Jacob : ' Le sceptre ne sera point été à Juda, etc. avoit eu son ac- Gcn. w. 10. complissement en la personne de J. C. ' Henri de Gand ajoûte, Hcn. ^wi. ii>. ce qui est vrai, que Fulbert y a fort bien exécuté son dessein, en y employant l'autorité des SS. Ecritures et la force du raisonnement.
' Enfin le dixième et dernier sermon du recueil est intitulé de Bii>. n». P. 4*5 la sorte : Dieu est un en trois personnes. Titre suffisant pour annoncer ce que contient la pièce ; puisqu'elle roule non seulement sur la Trinité, mais aussi sur l'Incarnation du Verbe, les autres mystères de J. C. et la nécessité de faire pénitence. Ce sermon n'est point entier. L'Exorde, et peut-être une autre partie considérable du commencement y manquent. La fin nou* paroi t aussi y manquer. Ce n'est au reste qu'un tissu de passages de l'Ecriture, mais bien choisis, auxquels l'Auteur a joint deux
Fonte VU.
\ i sir.cu:.
petits endroits des Pères, l'un de S. Fulgence, l'autre de S. Isidore de Scville.
Bib n\ jb p. n. ' A la suite des sermons viennent deux listes des différents degrés des pèches capitaux, avec les pénitences canoniques qui v étoient attachées encore alors. L'une de ces listes regarde les
p. 4T. *s hommes, l'autre les femmes. ' Ce qui se lit ensuite, est un frag-
ment détaché de quelque sermon , soit de Fulbert, ou de quelque autre Auteur, qu'un Copiste aura mis dans son manuscrit, on ne sçauroil dire par quel motif, dans le même ordre qu'il se trouve dans l'imprimé. L'Auteur, quel qu'il puisse être, y montre d'ahord, en se servant principalement des paroles de S. Augustin, en quel sens ces deux versets du VI chapitre de l'Evangile de S. Jean : Si vous ne mangés la chair du hits de l'homme, etc. Celui qui mangcmachair,etc, conlienentune ligure. Après quoi il prouve par l'autorité du Concile d'Ephese et d'Haimon, que celte enair sacrée est réellement le corps de J. C.
Auc -,fr. ai»|, p. 'Plusieurs manuscrits attribuent à Fulbert le sermon sur l'Assomption de la Sainte Vierge, qui fait le 208 de l'appendice de ceux qu'on a supposés à S. Augustin. Mais nous avons montré ailleurs, qu'il appartient au B. Ambroise Autpert, à qui d'autres manuscrits le donnent.
Fpr. Locr. p. si. ' Locrius est beaucoup mieux fondé à lui faire honeur du second sermon sur l'Annonciation , qui fait le 191 du même appendice, et dont on a tiré, en le tronquant, les leçons du second Nocturne pour la fête de la Nativité et le 'second jour de l'octave, dans le Bréviaire romain et l'ancien bénédictin. Ce sermon commence par les mêmes mots que celui sur l'Assomption, et en a emprunté quelques autres traits. Il finit par la célèbre Antiene que l'Eglise emploie pour la commémoration de la Sainte Vierge : Sancta Maria, succurre miseris, etc. Ce qui a fait regarder Fulbert comme Auteur de cette prière.
san.i. iii. y. 334. Personne ne nous apprend si ' les homélies qui se trouvent sous le nom de Fulbert, dans un manuscrit de la Maison professe des Jésuites d'Anvers, avec le traité d'Arnauld de Boneval sur les paroles de J. C. à la croix, sont différentes des sermons dont nous venons de rendre compte : ou si ce recueil en contient d'autres que ceux qui sont imprimés. L'Anonyme de Molk annonçant les sermons de notre Auteur contre les Juifs, ajoùte qu'il en avoit fait aussi contre les mauvais Chrétiens.
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Expression qui suppose des sermons de Morale. Il ne s'en trouve " " point de cette nature parmi ceux de Fulbert, qui sont ou des panégyriques, ou des instructions sur nos mystères, ou enfin des pièces de controverse, si l'on veut comprendre au rang de ses sermons son traité contre les Juifs.
3°. ' La Chronique de Maillerais, ou plutôt de S. Maixenl, Ua.\im. dm. ,,. porte que Fulbert, outre ses écrits en prose, avoil encore laissé de sa façon plusieurs pièces notées pour les offices divins. ' A quoi thi. soi. :m i Trilhémeajoûle,nu'il y avoit de lui des hymnes,diverses prières, 159. "r ' ' p' des chants à la gloire de Dieu, et quelques autres pièces de pieté. ' Le principal Editeur de Fulbert a recueilli tout ce qu'il bii>. «i* p «a pû déterrer de ses écrits en ce genre, et les a mis à la suite M de ses sermons. Le recueil est divisé en deux parties. Il s'y trouve des hymnes, des proses, tant rimées qu'autres, des litanies et autres prières, des antienes, des répons, tant sur quelques-uns de nos mystères, comme Noël, la Trinité, qu'à l'honneur de divers Saints. On y lit un Invitaloire, une Prose et des répons pour l'office de S. Gilles. C'est suivant toute apparence, ce qui aura l'ait avancer à l'Anonyme de Molk, et à quelques •»>• .Modernes, que Fulbert avoit composé une vie de ce Saint.
' Parmi ces petits écrits de pieté il y a deux courtes 1 prières Bib. ?? ib P. .m. à Dieu, dans lesquelles l'Auteur en nous apprenant son extraction, a laissé de grands traits d'une profonde humilité. On y trouve aussi un poëme sur l'année, les mois, les jours, les heures, la manière de trouver le bissexte, les épactes, etc. qui est comme un abrégé du Comput. Ce poëme est suivi d'un autre rimé, mais sous une seule rime, dans lequel Fulbert fait l'éloge du rossignol. ' La pénultième pièce du recueil est une hymne 1» w. en vers saphiques sur le S. Esprit, où l'on découvre des beautés poétiques dignes d'un meilleur siècle. ' La dernière pièce, p m intitulée Répons, quoique ce soit une hymne sur Pàque, se trouve séparément à la page Si7 du huitième tome de la Bibliothèque des Pères, édition de Paris i6i"», où elle est fort déplacée.
La pièce intitulée : Hymne de la Trinité, qui commence p par ces mots, Yerbum Det\ ' est plus entière dans un manuscrit • ai^i de la bibliothèque du Roi d'Angleterre. On juge par ce ma- nM " 17 *
1 La première comm.Mife.Uns maniKcrii «lu Vatican par le ver* Mmant, qui manque Bur an IOV7 n <l*i.< l'imprimo. 3.
Anirclo ronsilii niagni, le consulo, C.liri*ti>.
M m ij
Ouil. scri. r. 4. 1 5«.
Pei, anec. I. S.
nuscrit , qu'il manque dans l'imprimé une page entière.
4°. ' Casimir Oudin, aiant déterré dans un manuscrit de Long-pont, abbaïe de Citeaux au diocèse de Soissons, un traité de Fulbert sur ces premières paroles du XII chapitre des Actes des Apôtres : Le Moi Herode emploïa sa puissance pour maltraiter quelques-uns de f Eglise, le fit imprimer avec d'autres opuscules d'anciens Auteurs, tant en France que de la Belgique. Ce recueil a été imprimé en 1602 à Leyde chés Pierre Vander Meerche en un volume in-S°.
5°. ' Dom Bernard Pez dans le cours de ses recherches litepr.'p. *«. n. s. paires, a découvert un catalogue dressé vers le XII siècle, de livres qui étoient alors à Kabbaie de S. Pierre de Saltzbourg. Entre les titres de ces livres se lit le suivant : Compotus Wicperti. L'on a fait observer, que le nom de Fulbert a été si diversement défiguré, qu'on en a fait ceux d'Ulbert et de Vilbert. Il esl fort aisé qu'on en ait fait également celui de Wicpert. De sorte que nous regardons comme fort vraisemblable, qu'il s'agit ici d'un traité du Comput, composé par noire Prélat. Nous sommes confirmés dans notre opinion, en voïant cité dans le nouveau Glossaire de Du Cange au mot Regulares> un semblable traité sous le nom de Fulbert. Ce n'est point l'abrégé du Comput imprimé entre ses écrits, qui est ici cité ; puisque ce mot ne s'y trouve pas, quoiqu'on y lise celui de Normales. 0°. Le raisonnement qu'on vient de faire au sujet du traité i. i. |.r. p. le. ». précèdent, doit s'appliquer par les mêmes principes à un ' poème, qui se trouve dans un manuscrit- de. l'abbaïe de Weichenstephen en Bavière, ancien de quatre cents ans environ, sous ce titre : Wu/pertilibellus metricus de vita clauslrali. Cette découverte est encore dûe aux recherches de Dom Bernard Pez. Le poëme est en vers élegiaques, et commence ainsi :
Oui cupis immundi vitare pericula mundi,
Tequc si lis Dio traderc servitio, Cursu non pigro claustro sociabere nigro, Vellft relinque tuum, fer monachale jugum.
Ouoiqu'il n'y ait pas de preuves positives que Fulbert ait été Moine, il étoit assés afîeclioné à l'ordre monastique, pour avoir invité à y entrer par cette pièce de poésie. Les expressions du troisième vers qu'on vient de lire, semblent confirmer le sentiment qui la rapporte aux premières années de ce siècle, lors-
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qu'on ne connoissoit d'autres monastères que de Moines Noirs,
ce qui convient au temps de Fulbert. On sçait que peu de temps après vinrent les Camaldules, les Chartreux, les Cisterciens.
Nous prendrons de ce poème occasion d'en faire connoilrr un autre sur le même sujet, et peut-être du même siècle, mais d'un prix beaucoup au-dessus du précèdent. Il pourroit arriver qu'on n'aura pas d'autre occasion d'en parler. ' Ce poëme, qui Goir. vind. #P. i. contient soixante vers élegiaques, est intitulé : Laus vitœ mo- 4- nou p- 69'7inasticœ, l'Eloge de la vie monastique, et commence par les deux vers suivants qui donneront une idée de toute la pièce.
Félix grex hominura, qui Christi dogma sequentea, Contemtis opibus ni! proprium retinent.
Le P. Sirmond, l'aïant découvert dans un manuscrit de l'abbaïe de S. Melaine à Rennes, lui a donné place dans ses notes sur les letres de Geofroi, Abbé de Vendôme. On n'en connoit point l'Auteur; mais le poëme n'en est pas moins estimable en lui-même.
7°. Democharès au chapitre 1 5 de la célébration des saints mystères, et M. Bellorte Chanoine de Laon d'après lui, supposent un Evêque de Poitiers nommé Walbert , et lui attribuent cinq proses à l'honneur de divers Saints. Jamais l'Eglise de Poitiers n'a eu, que l'on sçache, d'Evêque de ce nom : ce qui nous fait naître la pensée que ce Walbert n'est autre que 1 Evêque de Chartres dont il est ici question. Si de Fulbert on a fait \Vicpert et Wilbert, on en aura pû également faire Walbert : et si on l'a qualifié Evêque de Poitiers plutôt que de Chartres, cela se sera fait v raisemblablement en conséquence d'une de ces proses, qui est en l'honeur de S. Hilaire, de l'Eglise duquel Fulbert fut assés long-temps Thrésorier. Josse Clichtoùe, qui a fait un recueil de proses, n'y a point fait entrer celles qui portent le nom de Walbert.
8°. ' Bellarmin attribue aussi à Fulbert un traité de la variété b*ii wi. p. «7 des offices divins, et ajoûte qu'il est imprimé au troisième tome de la Bibliothèque des Pères, seconde édition de Paris. Nous ne le trouvons ni dans la première, ni dans la pénultième édition de cet endroit, ni même dans l'édition de Lyon.
9°. ' La plupart des Bibliographes s'accordent à donner Aid. bib. w* p à notre Prélat la vie de S. Aubert, Evêque d'Arras et de K.'jEjtà* j Cambrai, mort en 669. Ce qui parolt favoriser ce sentiment , cwi. p.'fi».
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est d'une pari qu'elle a été («cri le de son temps : c'est-à-dire, sur. n fiec. p. quelques années ' après que Gérard, Evêque de Cambrai, eul 901 transféré les Reliques du Saint au monaslere qui porte son
nom, ce qu'il lit en 1015. D'ailleurs la Chronique de Cambrai, aïanl occasion de parler de cette vie, dit qu'elle avoil pour Auteur le célèbre Docteur Fulbert, auquel il ne donne point le titre d'Evêque. Malgré ces preuves spécieuses, nous avons de la peine à la regarder comme un ouvrage de l'Evêque de Charlres. Outre que l'on ne connoit point d'occasion ,,. tm. *m. où il ait pù prêter sa plume à un écrit de cette nature, ' l'Auteur s'y représente visiblement comme un Clerc, ou un Moine du pais, qui faisoit partie du troupeau dont S. Auberl avoil été le Pasteur, et dont il étoit encore le protecteur par son pouvoir auprès de Dieu. Il pouvoit se faire, que cel Auteur se nommât Fulbert, et qu'aïant de la Literalure et du talent pour écrire, comme il paroil par l'histoire dont il s'agit, on lui eût donné le titre de célèbre Docteur, p 894-901. ' Surius a publié cette vie sur un manuscrit, qui ne portoit
Mm i;a».i. iii. le nom d'aucun Auteur en particulier. ' Le Mire avertit qu'elle est tronquée dans l'imprimé, et qu'elje se trouve plus entière dans les manuscrits, nommément celui de la Collégiale de S. Buii. c. <*i». p. Aubert à Cambrai. ' Bollandus en a imprimé un fragment pour donner une plus ample connoissance de la translation des Reliques de S. Vaast. Ses doctes successeurs la publieront un jour en entier, et nous instruiront pleinement de tout ce qui i,ib. m? . la concerne. ' Sandcrus en avoil vû une autre dans un manuscrit de la Cathédrale d'Arras. Celle-ci commence par ces mots : Sanctus vir Dni Autbertus, ce qui fait juger qu'elle est différente de celle qui est imprimée, p.u. AnKi. srri. Peut-être ne sera-l-il pas hors de propos d'avertir, ' que Pitseus en parlant de Fuldebert, ou FudeLert, Abbé de Pershore au diocèse de Worchestre en Angleterre, et voulant l'élever à la dignité d'Ecrivain, quoiaue vraisemblablement il n'ait jamais écrit pour la postérité, lui lait honeur d'ouvrages qui appartienent incontestablement à Fulbert de Chartres. du i>»n, n, w. A l'égard de sa manière d'écrire, ' les Critiques convienent av.* V i» '1 10 qu'elle est au-dessus de celle des autres Ecrivains de son temps.
Le style de ses letres en particulier est plus châtié. 11 s'y trouve de l'esprit, un tour et une délicatesse dignes des bons siècles. M. du Pin ne juge pas aussi avantageusement à beaucoup près des poésies de notre Prélat. 11 a raison, s'il ne l'entend
soi
Sjii.) in*.
E Y È <J U E D E Cil A H T R E S. 270 , ,
que du plus grand nombre. Mais il y en a quelques-unes qui méritent notre estime, pour les beautés qu'elles enferment.
Barlhius admiroit pour sa justesse et sa douceur l'Hymne de lunii. a.iv. i. i«. S. Martin en vers ïambiques, à laquelle on a fait porter mal ;'i c' 13 6,8 propos le titre de Prose. Celle en vers saphiques sur le sainl Esprit n'est pas inoins estimable. ' Des le siècle de Fulbert on a^i. sJt. i.->. \>. avoit pris tant de goftt f)our les Hymnes et les Proses de ce Pré- 48 lat, qu'on les chanloit publiquement dans les églises d'Angleterre, (vu.)
G A UZ L I N,
A R C II E V t O. U E DE B O 1 R (i E S .
HISTOIRE DE SA VIE
'/i A r z 1. 1 n , ou G a i s l i n , ou même G a i; sceun, M»b. ^i. i s. P \fi passoit pour un des grands Philosophes de son temps, 31 n 3 et un Prélat de grande autorité : toi tus scient t'œ viryravisquc uuctoritatis. ' 11 étoit fils 1 naturel de Hugues Capet, depuis A.i«m. \>. m. Hoi de France, qui le fit élever dès sa plus tendre jeunesse au monastère de Fleuri. ' Là Gauzlin trouva d'excellents Maîtres }j^Hul p pour le temps; et a l'aide d'un bel esprit, il acquit un grand 7"' fonds de Literature sacrée et profane. Il seul si bien profiter des instructions du sçavant Abbon en particulier, que les aïanl profondément gravées dans son cœur, elles passoienl comme naturellement dans ses discours. 11 ne fit pas moins de progrès dans la pieté que dans les Letres, et réussit tellement à les allier ensemble, ' que ceux qui le connoissoient le mieux, ne »•'»"> «r *>>■ louoient point sa science, qu'ils ne louassent aussi sa vertu. Gauzlin se disposa par-là à devenir un jour ' l'appui 'de la foi Mub. iu orthodoxe , et le soûtien de la pieté Chrétiene , pour parler d'après un Auteur contemporain.
' Tant de belles qualités contribuèrent encore plus que la Hel,f ,!' proximité du sang, à le rendre cher au Roi Robert. Ce Prince aïant connu son mérite, prit tant de confiance en ses conseils , qu'il ne faisoil presque rien d'important sans son avis. A
I Dom Pierre du S. Rorauald Feuillant, de Hugurs Capel, contre l'aulorilu des Aud«u>? son Trésor chronologique cl hi*U>riquo leurs contemporains, tome 2, p. 639, fait GausUn frère naturel
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280 GAUZLIN
la mort d'Abbon, qui arriva, comme on l'a vu, le treizième ib. de novembre 1004, Robert lui donna l'abbaïe de Fleuri. ' Les Moines firent beaucoup de difficulté de le recevoir, à raison Foib. op. 7). du défaut de sa naissance ; mais la volonté du Roi prévalut. ' A peine Gauzlin fut-il tranquille dans la possession de cette dignité, qu'il se vit aux prises avec Foulques Evêque d'Orléans , au sujet de la dépendance de son monastère. Différend qui avoit déjà divisé Abbon son prédécesseur, et l'Evêque Arnoul II. Cependant Fulbert de Chartres, ami de Gauzlin, lui conseilla de donner au Prélat la satisfaction qu'il croïoit lui être dûe. Et ce fut apparemment par cette voie que l'affaire s'assoupit. L'abbaïe de Fleuri étoit célèbre depuis longtemps; Mah. ib. i. 6. p. ' mais elle acquit un nouveau relief sous le gouvernement de 4,3 Gauzlin , par le concours de plusieurs persones qualifiées, tant
d'Espagne que de France, qui renonçant à leurs richesses, aux honeurs du siècle, et même aux dignités ecclésiastiques, se rcp 3S6. tirèrent dans ce pieux asyle, pour y finir leurs jours. ' Le Moi-
ne Aimoin, oui en faisoit un des plus grands ornements , voulut honorer les premières années du nouvel Abbé , dont il avoit été condisciple sous Abbon, par la dédicace d'un de ses ouvrages.
m i. sa. a. h. ' Il y avoit huit à neuf ans, que le Roi Robert avoit conféré on Ïm.T 4ibp. celte a^baïe à Gauzlin son frère, lorsqu'en 1013 l'Eglise de w Bourges étant venue à vaquer par la mort de Dacbert, il lui
donna encore cet Archevêché. Les ciloïens de Bourges, frappés comme les Moines de Fleuri, du défaut de la naissance de Gauzlin, se récrièrent contre sa promotion, et refusèrent de nu» le reconnoîlre pour leur Pasteur. ' Refus qui obligea Gauzlin
à faire le voiage de Rome , comme nous l'apprenons de sa vie encore manuscrite. Il y fut reçu avec honeur du Pape Benoît VIII, et y gagna l'estime de tous les Romains qui le connurent. Après y avoir fait admirer son éloquence, par un discours qu'il eut occasion de faire en public, il en revint avec un rescrit du Pape à Geofroi Comte de Bourges , au moïen de quoi il fut inthronisé dans son siège, et en demeura paisible possesseur.
coik.i. a. p 8«. ' En 1020 il assista au grand Concile d'Airy, convoqué pour rétablir la paix et la tranquillité en Bourgogne. Au bout
m„. de deux ans, ' le Roi Robert en aïant assemblé un autre à
Orléans, pour juger une espèce de rejetton des anciens Manichéens, qui troubloient l'Eglise de France, notre Prélat s'y
trouva